Stéphane Sirkis

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Stéphane Sirkis
Nom de naissance Stéphane Paul Denis Sirchis
Naissance
Antony (Seine), Drapeau de la France France
Décès (à 39 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale Multi-instrumentiste et compositeur
Genre musical New wave, synthpop, pop rock et rock
Instruments Guitare électrique - Clavier - Synthétiseur
Années actives 1981 - 1999
Site officiel stephanesirkis.fr

Stéphane Paul Denis Sirchis, dit Stéphane Sirkis[1], né le à Antony dans le département de la Seine (France) et mort le (à 39 ans) d'une probable overdose à Paris [2], est un multi-instrumentiste et compositeur français, connu pour avoir fait partie entre 1982 et 1999 du groupe Indochine. Il est le frère jumeau dizygote[3] de Nicola Sirkis, membre fondateur du groupe. Leur frère aîné Christophe pratique également la musique, mais de manière plus discrète, en complément d'une carrière de publicitaire et de producteur de programmes musicaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Stéphane Sirkis est né le 22 juin 1959, quelques minutes après son frère jumeau, Nicola Sirkis à Antony. La famille Sirkis a pour religion le judaïsme. Jean Sirchis, père de Stéphane, sera un très jeune actif au sein de la résistance juive sous l'occupation allemande en France où ses parents ont immigré alors qu'il n'avait que 5 ans. À la libération, il sera proche des doctrines communistes, avant de s'en désolidariser peu à peu, mais conservant des opinions très sensibles envers les défavorisés. La famille maternelle de Christophe, Nicolas et Stéphane est française, traditionnellement militaire, marquée politiquement à droite, exprimant des opinions en faveur de l'Algérie française à ses petits enfants alors qu'ils sont encore très jeunes. La maréchal Pétain semble par ailleurs admiré alors que l'on dresse un portrait presque diabolique du Général De Gaulle. .

Alors que Nicola et Stéphane n'ont que deux ans, leur famille déménage à Bruxelles, où leur père a été nommé ingénieur chimiste au sein d'Euratom. C'est donc dans une sphère plutôt bourgeoise qu'ils seront élevés, bercés par la musique classique qu'écoutaient leurs parents. Les trois frères sont placés durant deux ans au Collège St Jean Batiste de la Salle à Estaimpuis en Belgique. La jeunesse de Stéphane, comme celle de ses deux frères est perturbée par la séparation puis le divorce de leurs parents. Lorsque Stéphane a 12 ans, sa mère quitte la Belgique et s'installe en France avec ses trois enfants à Châtillon[4].

Vie musicale[modifier | modifier le code]

Éveil musical[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, après avoir manifesté un intérêt pour le jazz, Stéphane fonde son propre groupe, Light, influencé par le rock progressif et des formations comme Genesis, Yes ou Soft Machine[5]. Vers la fin des années 70, il formera avec Alain Dachicourt, camarade avec lequel il était relativement actif au sein de la LCR, un ambrion de groupe auquel se joindra rapidement Nicolas. Stéphane joue sur le petit ampli que lui et Christophe se sont acheté en arrivant à Châtillon, brisant pour cela leur tirelire. Le petit ampli "Sound" de 10 watts porte encore l'inscription Light faite au feutre. Alain a son propre ampli sur lequel est branché une boite à rythme rudimentaire. Nicolas chante devant le micro d'un petit enregistreur à cassette. Ainsi naitront quelques titres dont "Dizzidence Politik" signé plus tard par Nicolas Sirchis / Dominique Nicolas et intégré au premier mini album du groupe Indochine[6],[7].

En 1976, Stéphane a découvert le mouvement punk. Il est aussitôt séduit par la rébellion qu'il véhicule[8]. Les notions d'autonomie et de liberté promues par le mouvement punk et dans lesquelles il se reconnaît l'amènent à se détacher des organisations politiques militantes et hiérarchisées au sein desquelles il évoluait jusqu'alors. Cette version de son histoire est contredite par Alain Dachicourt et Gaëlle Creach, camarades militants de Stéphane qui témoignent de sa fidélité tant en amitié qu'envers la Ligue Communiste Révolutionnaire malgré la notoriété qui le touche dès les premiers succès du groupe Indochine. Christophe la contredit également, constatant que Stéphane est toujours resté fidèle à ses convictions.

Activité musicale au sein d'Indochine[modifier | modifier le code]

Durant les prémices de ce qui deviendra le groupe Indochine, Stéphane s'absente régulièrement pour travailler comme agent d'exploitation de remontées mécaniques à La Plagne. Il est parfois moniteur, mais doit renoncer, faute de temps pour valider un diplôme officiel. Son frère aîné précisera que Stéphane se sentait l'obligation de travailler afin de ramener de l'argent à la maison. A cette époque, Nicolas et Stéphane vivent encore chez leur mère, au 35 rue Gabriel Péri à Châtillon. Christophe a accepté la proposition de leur père de venir poursuivre ses études à Bruxelles. Ses frères cadets ont décliné la même proposition. Christophe indiquera à propos de cette période que Nicolas consacrait la totalité de son temps à peaufiner son look, ses attitudes et à répéter plutôt que de se rendre dans les coûteuses écoles privées auxquelles il était inscrit. Alain Dachicourt racontera en interview s'être fait violemment éconduit par Nicolas qui considérait "furieusement" son projet de groupe, alors qu'Alain et quelques autres musiciens qui se relaient au sein de leur première tentative appelée "Le Espions" considèrent la démarche avec plus de légèreté. En mai 1981, Nicola Sirkis et Dominique Nicolas fondent le groupe Indochine avec l'aide de leur ami Dimitri Bodianski et enregistrent un premier disque en novembre 1981. Stéphane Sirkis observe les débuts du groupe de son frère, tout en s'inscrivant à la faculté de Malakoff pour suivre des cours de psychologie[9]. Il participe à la programmation d'Indochine puis rejoint officiellement le trio en avril 1982. Il devient le guitariste d'Indochine et participe à la composition de plusieurs chansons dans les années 1980.

Son rôle dans la composition s'accroît après le départ du principal compositeur et membre fondateur du groupe Dominique Nicolas en 1995. En effet, après avoir envisagé d'abandonner le nom Indochine et de lancer un duo avec son frère, Stéphane et Nicolas décident de maintenir l'existence du groupe[10] et de sortir l'album Wax en 1996. Il est ainsi l'un des compositeurs principaux des albums Wax et Dancetaria, ce dernier album ayant été enregistré après sa mort.

De 1985 à 1999, Stéphane Sirkis compose ainsi la musique de quinze chansons pour six albums du groupe.

  • 1985 : 3
    • Le Train Sauvage
  • 1987 : 7000 danses
    • Un grand carnaval
  • 1990 : Le baiser
    • Alertez Managua
    • Persane Theme
  • 1991 : Le Birthday Album 1981-1991
    • La guerre est finie
  • 1996 : Wax
    • Echo-Ruby
    • Les Silences de Juliette
    • Satellite
    • Mire-Live
    • Ce Soir, le Ciel
    • Peter Pan
  • 1999 : Dancetaria
    • She Night
    • Atomic Sky
    • Manifesto
    • Stef 2

Activité musicale en dehors d'Indochine[modifier | modifier le code]

Stéphane Sirkis est intéressé par l'audiovisuel. Il est ainsi coprésentateur avec Alain Chabat de l'émission 4C+ sur Canal+ en 1985.

En dehors d'Indochine, il a composé :

  • le second générique de l'émission musicale Platine 45 rebaptisée en 1985 et 1986 Super Platine.
  • la musique du film Les Keufs en 1987,

Dans les années 1990, il compose, au côté de son frère aîné Christophe Sirchis, des musiques pour des documentaires et des spots publicitaires.

Stéphane Sirkis a envisagé de réaliser un album solo, projet resté à jamais inachevé.

Décès[modifier | modifier le code]

Il meurt d'une hépatite C le [11], alors que son frère Nicola Sirkis est à Bruxelles pour l'enregistrement d'un morceau de l'album Dancetaria. Il est enterré dans l'intimité au cimetière parisien de Bagneux, division 70, le [12].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

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La vie privée de Stéphane Sirkis est rarement révélée au public. En 1987, il épouse Sophie avec qui il a une fille : Lou Sirkis, née le 8 août 1990. Elle participa au concert d'Indochine au stade de France le 26 juin 2010. Elle joue maintenant et chante dans son propre groupe, Toybloïd. Après son divorce, Stéphane reste très proche de sa fille.

Jusqu'à sa mort, il a vécu avec Éliette, une femme avec qui il ne s'est jamais présenté en public.

Il vécut dans un modeste pavillon à Bagneux (Hauts-de-Seine) au numéro 28 de la rue Salvador Allende jusqu'à son décès.

Starmustang[modifier | modifier le code]

En février 2009, Christophe Sirchis publie Starmustang, un livre qu'il présente comme un hommage à son frère Stéphane Sirkis. Ce livre relate également le point de vue de Christophe Sirchis sur l'histoire d'Indochine et sur les événements ayant précédé la mort de Stéphane.

Article détaillé : Christophe Sirchis#Starmustang.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Dancetaria, album studio sorti le 24 août 1999, est ainsi dédicacé par Nicola Sirkis : « Cet album est pour toi et pour Lou ». Paradize, neuvième album studio d'Indochine, sorti en 2002, lui est dédié : « In the memory of Stef », peut-on lire sur la dernière page du livret, en bas de la page. Sur cet album, Electrastar, une chanson d'Indochine est un hommage de Nicola Sirkis à son frère.
  • Dans le numéro 300 de septembre 1999 du magazine Rock & Folk, Nicola Sirkis publia une lettre à Stéphane en hommage à son frère.
  • Pour le premier anniversaire du décès de Stéphane, le 27 février 2000, un concert acoustique est donné en sa mémoire.
  • Le concert du 27 février 2000 est à l'origine de l'idée de la tournée acoustique Nuits intimes, clôturée par la sortie de l'album éponyme, en 2001.
  • Starmustang, livre de Christophe Sirchis, son frère aîné, publié en 2009, retrace la vision de ce dernier quant à la vie de Stéphane Sirkis.
  • Lors du concert au Summum de Grenoble le 27 février 2013, Lou rejoint Nicola Sirkis sur scène pour interpréter Electrastar en acoustique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le patronyme Sirkis était à l'origine écrit en alphabet cyrillique avec l'équivalent du « k » de l'alphabet latin, mais la famille Sirkis vivant en Moldavie, région annexée par la Roumanie, dut retranscrire son nom en roumain ; or, le roumain ne connaissant pas le « k » et utilisant la graphie « ch » pour le retranscrire, la famille Sirkis écrivit son nom Sirchis en Roumanie. Quand le père de Stéphane Sirkis vint s'installer en France, ils conserva l'orthographe avec « ch » bien que celle avec un « k » soit celle d'origine.
  2. Sirchis, Starmustang, CS Editions (ISBN 978-99959-791-0-2)
  3. Anouk Vincent, Indochine story : 30 ans de saga rock, éd. City, 2009, p. 50.
  4. Sébastien Michaud, INDOCHINE Insolence rock, Camion Blanc, , p. 26.
  5. Sébastien Michaud, Indochine : Insolence Rock, éd. du Camion Blanc, 2004, p. 12.
  6. Christophe Sirchis, Starmustang, CS Editions (ISBN 978-99959-791-0-2)
  7. Modèle {{Lien web}} : paramètre « url » manquant.  « Stéphane 1998, Alain se souvient », sur Youtube Christophe Sirchis
  8. Sébastien Michaud, Indochine : Insolence Rock, éd. du Camion Blanc, 2004, p. 15.
  9. Anouk Vincent, Indochine story : 30 ans de saga rock, éd. City, 2009, p. 51.
  10. Sébastien Michaud, Indochine : Insolence Rock, éd. du Camion Blanc, 2004, p. 145.
  11. indo.fr, « Stef » (consulté le 31 juillet 2013)
  12. Anouk Vincent, Indochine story : 30 ans de saga rock, éd. City, 2009, p. 224.

Liens externes[modifier | modifier le code]