Hainan

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Hainan
海南
Vue satellite de Hainan.
Vue satellite de Hainan.
Géographie
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Localisation mer de Chine méridionale (océan Pacifique)
Coordonnées 19° 06′ 24″ N 109° 34′ 03″ E / 19.106667, 109.5675
Superficie 33 920 km2
Point culminant Mont Wuzhi (1 840 m)
Géologie île continentale
Administration
Statut zone économique spéciale

Province Hainan
Démographie
Population 8 671 518 hab. (2010)
Densité 255,65 hab./km2
Plus grande ville Haikou
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+08:00
Site officiel http://www.hi.gov.cn

Géolocalisation sur la carte : Chine

(Voir situation sur carte : Chine)
Hainan
Hainan
Îles en Chine
Carte de Hainan du début du 19e siècle.

Hainan (海南 (Hǎinán), « au sud de la mer ») ou Hainan dao (海南島/海南岛 (Hǎinán Dǎo), « île du sud de la mer ») est une île tropicale au sud de la Chine. Elle forme une province, la plus petite du pays, à laquelle le gouvernement chinois rattache des petites îles du Pacifique dont elle revendique la souveraineté. Hainan qui bénéficie d'un climat agréable et d'attractions naturelles de qualité (plages...) est une zone touristique très prisée par les chinois. Sa population, qui atteint 8,7 millions d'habitants en 2010, est en forte croissance. L'île héberge la principale base de sous-marins nucléaires chinoise ainsi que la base de lancement de Wenchang inaugurée en 2014 qui est amenée à jouer un rôle central dans le programme spatial chinois. Hainan est une zone économique spéciale, une région bénéficiant d'avantages fiscaux pour attirer les investissements étrangers.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'île de Hainan est située est située à l'extrême sud de la Chine ce qui lui vaut d’être surnommée en Chine "la queue du dragon". Hainan se trouve au nord-est de la mer de Chine méridionale et ferme le golfe du Tonkin à l'est. Elle est séparée de la Chine continentale au nord par le détroit de Qiongzhou large d'environ 25 km. Elle fait face à la pointe méridionale de la péninsule de Leizhou rattachée dans la province du Guangdong. Hainan est à 300 km à l'est du Vietnam, à 500 km au sud-ouest de Hong Kong et à peu près à la même distance de Canton capitale de la province de Guangdong. L'île est comprise entre les longitudes 108°30' et 111° est et entre les latitudes 18 et 20,31° nord[1].

Hainan a une forme ovale ; l'axe le plus long va du nord-est au sud-ouest et est long de 309 km tandis que la largeur maximale atteint 221 km. La superficie totale est de 34 077 km2 une valeur proche de celle de la Belgique ou de Taïwan. Par sa taille elle se classe au 40e rang des îles de la planète[1]. L'île est constituée d'une région centrale élevée entourée de terrains bas et on peut la subdiviser en trois zones concentriques. La zone centrale dominée par les monts Wuzhishan (1 867 m) et Yinggeling (1 811 m) est constituée de montagnes et de collines dont l'altitude est supérieure à 400 mètres. Elle représente 25,5 % de la superficie. Elle comporte des pentes abruptes sujettes à une forte érosion. Une deuxième zone est constituée par des collines et des plateaux dont l'altitude est comprise entre 20 et 400 mètres et qui représente 45,8 %. La couronne extérieure qui représente 28,7 % de la surface est constituée de plaines côtières dont l'altitude ne dépasse pas 20 mètres dans laquelle sont concentrés l'essentiel des activités humaines[2].

Hainan se trouve à la limite nord des tropiques et elle bénéficie d'une pluviométrie abondante favorable aux activités agricoles. La température annuelle moyenne est de 23 à 25°C et les précipitations sont comprises entre 900 et 2 600 mm. Celles-ci sont particulièrement abondantes en été et en automne et plus faibles en hiver et au printemps. Les typhons sont fréquent et comptent pour un tiers de la pluviométrie. Les pluies sont particulièrement abondantes sur la partie est de l'ile vers Wanning et Qiongzhong (2 000 mm ou plus) et elles plus réduites dans le sud ouest (1 200 mm)[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

La colonisation de l'île par les Hans[modifier | modifier le code]

Des sources anciennes évoquent vaguement l'existence de Hainan mais le premier écrit mentionnant explicitement l'île est l'acte d'annexion de celle-ci par la Chine rédigé en 111 avant JC sous le règne de Wu Ti empereur de la Dynastie Han. L'île était à l'époque peuplé par les Lis une des nombreuses ethnies de cette région de l'Asie, dotée de sa propre langue. L'occupation de l'île par les Hans se limite durant 700 ans à la côte nord (face à la Chine continentale) car les envahisseurs s'intéressent essentiellement à la culture des perles et les Li retranchés dans les terres opposent une résistance farouche à leurs envahisseurs. Les chinois découpent l'île en deux divisions administratives ; la préfecture de Tan-urh au sud occupée par les Li et dont les chinois sont pratiquement exclus et la préfecture de Chu-yai plus petite et recouvrant la partie nord dans laquelle les colons chinois pratiquent la culture des perles. Celles-ci acquièrent une grande réputation à la Cour impériale entrainant un fort courant de migration de colons chinois attirés par les perspectives commerciales suscitées par cet engouement. Sous l'empire des Han on compte ainsi 23 000 foyers de hans soumis à l’impôt. Progressivement le Trésor Royal met la main sur les plus belles perles transformant un commerce lucratif en un tribut du au pouvoir central. Malgré cela la réputation des perles de Hainan se maintient jusqu'à l'épuisement des bancs de moules perlières qui intervient à la fin du 15e siècle[3].

Motivés par les richesses supposées de l'intérieur de l'île, les souverains des dynasties chinoises successives montent régulièrement des expéditions militaires pour tenter de briser la résistance des Li. Mais ces campagnes, couteuses en hommes et en argent, ne débouchent sur aucun succès durable et les Han restent cantonnés durant près de 1000 ans sur la côte nord avec des éclipses complètes de leur influence sur des périodes de 90 ans ou plus. La réputation d'île aux trésors des débuts se transforme en celle d'un pays empoisonné, humide et inadapté aux besoins d' "hommes normaux". L'île devient une terre d'exil pour les intellectuels comme le poète Su Shi ou les fonctionnaires de haut rang tombés en disgrâce auprès des souverains chinois comme Li Deyu. Ces personnages ont fourni des témoignages écrits (en prose ou en vers) sur le Hainan de leur époque[4].

Intégration et révoltes des Lis[modifier | modifier le code]

Ce n'est qu'avec l'arrivée au 13e siècle des dynasties mongols sur le trône chinois que Hainan (en chinois au sud de la mer), qui constituait jusque là un nom collectif attribué à l'ensemble des terres bordant la frontière sud de l'empire chinois, désigne spécifiquement l'île. L'administration de l'empereur mongol Kubilai Khan rattache l'île à la province de Guandong. L'île reçoit alors le nom officiel de Hai-pei Hainan Tao (intendance du détroit et du sud de la mer) mais dans la mesure ou Hai-pe était déjà utilisé pour désigner la partie de la côte du continent chinois faisant face à l'île, l'usage s'impose d'appeler celle-ci Hainan. Ce nom ne deviendra officiel qu'en 1921. En 1370 le statut administratif de l'île est normalisé par les souverains mongols : la dépendance coloniale devient la préfecture de K'iungchou Fu du nom de la principale ville (aujourd'hui Haikou)[5].

L'intégration des colons Hans et des indigènes Li fait quelques progrès sous les dynasties des Tang et des Sung (618-1280) grâce à l'émergence d'échanges commerciaux entre les Li qui fournissent du coton et de l'encens à base de bois d'aloès contre des haches, du sel et du bétail. Il se forme une sous-population de Li désignés par les chinois Shu li (Li civilisés par opposition aux Sheng Li les Li sauvages) qui accepte la suprématie des Hans et adopte leurs mœurs. Ils labourent les champs et gardent les troupeaux de leurs maitres chinois. Leur nombre croissant est toutefois source d'inquiétude pour les administrateurs chinois car, contrairement aux Li "sauvages" qui descendent rarement de leurs montagnes, les Li civilisés se révoltent fréquemment car ils sont victimes de la rapacité des marchands et des injustices de l'administration chinoise. Pour réduire ces insurrections, l'administration chinoise est obligée de maintenir d'importantes garnisons dans des villes fortifiées et doit parfois faire venir des renforts militaires de l'extérieur. Ainsi pour réprimer les révoltes de 1501, 1541 et 1550 les autorités chinoises doivent mobiliser plus de 10 000 soldats et dépenser plusieurs centaines de milliers de taels. Pour limiter ces dépenses, Hai Jui, un haut fonctionnaire respecté natif de l'île et exilé dans celle-ci, propose de construire deux routes nord-sud et est-ouest se croisant au centre de l'île au cœur de la région occupée par les li permettant ainsi des interventions militaires rapides et l'ouverture au commerce de l'intérieur de l'île. Mais ces suggestions ne sont pas écoutées et l'intérieur de l'île restera jusqu'au 20e siècle une zone à la fois mal connue et incontrôlée. La première route desservant le centre montagneux de l'île ne sera construite qu'en 1952[6].

Déclin du commerce et piraterie[modifier | modifier le code]

Le commerce de l'île avec le continent est progressivement réduit par la corruption des fonctionnaires et la piraterie. Les fonctionnaires imposent des taxes croissantes dont l'assiette repose sur la taille des navires chargés de transporter les marchandises. Cette base de calcul défavorise les échanges de biens de consommation courante et entraine une concentration des échanges sur les biens de luxe que la classe des privilégiés de l'île peut s'offrir. Ces riches cargaisons attirent les pirates qui sévissent à l'époque en toute impunité dans les mers bordant la Chine méridionale. Au 17e siècle la piraterie est tellement répandue que les navires marchands sont obligés d'emprunter la seule route maritime à peu près sure constituée par la courte traversée du détroit de Qiongzhou sous forte escorte militaire. Les marchandises doivent être ensuite convoyées par voie terrestre jusqu'à Canton, un itinéraire qui prend au moins un mois. Ce contexte entraine pratiquement l'arrêt de tout commerce et Hainan plonge dans la pauvreté. Les pirates, privés de leurs proies habituelles, trouvent de nouvelles sources de revenus en débarquant sur les côtes nord et est de l'île et en pillant les villages et les villes sans que les garnisons parviennent à les en empêcher. Malgré la destruction du royaume pirate de Taïwan en 1684 qui chasse la piraterie des côtes du Guandong, Hainan reste un havre pour les boucaniers et les actes de piraterie se poursuivent dans l'île jusqu'au début du 19e siècle[7].

Interventions étrangères et reprise du commerce[modifier | modifier le code]

L'intervention croissante des pays européens dans les affaires chinoises met fin à ce phénomène. C'est la marine de guerre anglaise, disposant désormais d'une base à Hong Kong et équipée avec des canonnières à faible tirant d'eau, qui parvient à chasser définitivement les pirates de Hainan. Des navires de même type avec des équipages encadrés par des officiers anglais sont fournis aux autorités de la province du Guandong pour empêcher la reprise de la piraterie. La disparition de celle-ci entraine un redémarrage du trafic commercial avec le continent. Celui-ci attire en retour l'attention des marchands étrangers qui obtiennent en 1976 l'ouverture au commerce international du port de K'iungchow (aujourd'hui Haikou). Une ligne régulière avec Hong Kong permet l'exportation de sucre brut, d'huiles végétales et de bétail produits sur l'ile. Revers de la médaille, les marchands étrangers contribuent également à favoriser la consommation de l'opium. De nombreuses entreprises à capitaux étrangers ou cantonais sont créées pour tenter d'exploiter le riche potentiel agricole et minier de l'île. Des plantations d'hévéas (caoutchouc), de caféiers sont créées et de riches gisements de cuivre sont mis en exploitation dans les montagnes jusque là interdites par l'hostilité des Lis. Mais ces entreprises rencontrent souvent un succès mitigé du fait du climat tropical, de tracasseries administratives et du manque d'expérience des investisseurs. L'activité la plus rentable est organisée par des représentants de l'ethnie Hakkka ayant émigrés à Hainan vers 1750. Ceux-ci ont su établir des relations cordiales à la fois avec les Lis et les Hans. Ils ont mis sur pied une activité de collecte d'herbes médicinales, de rotin, de thé sauvage et d'arbres à encens à l'aide des aborigènes Li[8].

Influences étrangères[modifier | modifier le code]

Des religieux occidentaux (jésuites) s'étaient installés dès le 16e siècle sur l'île et avaient commencé à convertir des autochtones mais, persécutés, leur influence reste réduite et ils laissent peu d'informations sur l'île qui reste largement inconnue. Les premiers ouvrages décrivant la géographie, l'histoire, la faune et les populations de Hainan sont rédigés par les consuls britanniques en poste dans l'île qui avaient pu mené des expéditions d'exploration en 1871 et 1872. Des éléments complémentaires sont recueillis par les missionnaires protestants américains qui arrivent sur l'île à la fin du 19e siècle. En 1919 ces missionnaires avaient construits 29 lieux de culte, deux hôpitaux et convertis environ 5 000 personnes. Plusieurs scientifiques occidentaux séjournent longuement dans l'île pour l'étudier au début du 20e siècle. Le plus notable est F.A. McClure, un botaniste américain, qui collecte au cours d'expéditions menées en 1927,1928, 1929 et 1932 un grand nombre de plantes indigènes[9].

Chute du régime impérial et guerre civile[modifier | modifier le code]

Le soulèvement de Wuchang, le à Wuhan, déclenche la révolution Xinhai ui entraîne l'abdication du dernier empereur Qing. La République de Chine est proclamée en 1912. Mais le nouveau gouvernement central a du mal à imposer son autorité aux gouverneurs régionaux et aux généraux et la Chine est plongée dans une guerre civile sanglante. La province de Guandong à laquelle Hainan est rattachée et dans laquelle est née le mouvement républicain, déclare son indépendance. Sun Yat-sen, le père de la république chinoise, part de cette base et commence à réunifier le pays avec l'assistance du petit Parti communiste chinois. Un de ses lieutenants Tchang Kaï-chek prend le contrôle de son parti, le Kuomintang et réussit à contrôler l'essentiel de la Chine du Sud et du Centre. Le conflit a des répercussions limitées à Hainan où elle ne touche pas les civils. Ayant vaincu les seigneurs de la guerre du Sud et du Centre, Tchang Kaï-chek obtient l'allégeance formelle de ceux du Nord. À partir de 1927, il se retourne contre les communistes, s'attaquant à leurs chefs comme à leurs troupes dans leurs bases du Sud et de l'Est, ce qui déclenche la guerre civile chinoise. Le parti communiste chinois soulève la paysannerie chinoise contre le Kuomintang accusé de pas remplir les réformes promises concernant la redistribution des terres et l'allègement des taxes. À Hainan ce soulèvement se traduit par l'apparition d'une guérilla communiste qui persistera durant 33 ans jusqu'à la conquête de l'ile par l'Armée populaire chinoise. Conséquence de ce nouveau conflit dans le nord de Hainan de nombreux villages sont abandonnés ou pillés et de nombreux terrains agricoles sont abandonnés. L'un des huit opéras révolutionnaires chinois Le Détachement féminin rouge est basé sur un épisode de ce conflit qui s'est déoulé à Hainan en 1931[10].

Occupation japonaise[modifier | modifier le code]

Le Japon que la perspective d'une Chine unie inquiète débarquent en 19928 à Shanghai pour affaiblir les forces de Tchang Kaï-chek. Puis ils occupent la Mandchourie en 1931 avant de mener des opérations de débarquement tout au long de la côte de la Chine en 1937 coupant les principales artères de ravitaillement et affaiblissant définitivement le pays. Dans le cadre de ce ces opérations ils attaquent Hainan en aout 1937 et occupent la bande côtière de l'île. En février 1939 Hainan comme la Chine continentale est complètement sous le joug des japonais. Dans l'ile la guérilla communiste harcèle l'occupant depuis des bases installées immédiatement derrière leurs lignes concentrées près de la côte tandis que l'armée du Kuomintang s'est retranchée dans les montagnes au centre de l'île. Un pacte de non agression est signé entre ces derniers et les japonais alors que communistes et le Kuomitang sont officiellement alliés contre le Japon. Deux chefs Li à la tête de 20 000 hommes mènent une guerre de harcèlement contre les tropes du Kuomintang retranchées dans la montagne des cinq doigts. Les actions de la guérilla obligent les japonais à maintenir en permanence deux divisions dans l'île. Les occupants ont transformé celle-ci en camp d'entrainement pour les divisions qui se lancent à l'attaque de la Thaïlande et de la Birmanie. Les japonais, en manque de matières premières, ouvrent une mine de fer à ciel ouvert à Shi Lu Shan qui fournit 2 millions de tonnes de minerai par an. Pour l'exporter vers le Japon, deux ports et une ligne de chemin de fer sont construits dans l'île. Après la défaite des japonais en 1945 les troupes du Kuomitang reprennent le pouvoir[11].

L'après guerre[modifier | modifier le code]

Haikun capitale de l'île.

Sur le continent les troupes du Kuomintang sont rapidement défaites par les armées communistes et Tchang Kaï-chek se replie sur Taiwan. Plus de 100 000 hommes du Kuomintang choisissent de fuir vers Hainan. Aussi alors que la République populaire de Chine est proclamée en octobre 1948, il faut attendre un an pour qu'un débarquement militaire chasse les vaincus de l'île. Après 27 ans de guerre civile et une longue occupation japonaise, l'île est dévastée. Les installations industrielles créés par les japonais ont été détruites par le conflit entre communistes et le Kuomintang qui s'est poursuivie après la fin de la guerre, les liaisons routières et ferroviaires ainsi que les installations portuaires sont ruinées. La mise en place du nouveau régime s'accompagne de la création de 120 fermes d'état et de 380 communes tandis que 100 000 chinois d'outremer reviennent pour construire la "nouvelle Chine". le gouvernement chinois investit 4,33 milliards de yuans dans l'industrie et l'agriculture sur une période de 30 ans en échange des matières premières de l'ile (bois, poivre, sel, caoutchouc et café). A la fin des années 1950 14 000 km de routes ont été construites et le chemin de fer créé par les japonais fonctionne à nouveau après avoir été mis à l'écartement normal. D'importantes surfaces agricoles sont consacrées au riz (225000 hectares en 1965) afin que l'île atteigne l'autosuffisance et la production de caoutchouc représente en 1965 la deuxième production en surface agricole (4 millions d'arbres). Toutefois malgré des progrès importants, seulement 20% de la surface cultivable était mise en culture à cette date. Les progrès de l'industrie, quasiment inexistante jusque là sur l'île, sont encore plus importantes. De nombreuses machines agricoles sont désormais produites sur place. Des usines agroalimentaires, des raffineries de sucre, des usines textiles sont notamment mises sur pied[12].

Le conflit au Vietnam qui oppose les communistes d'abord aux armées coloniales françaises puis aux forces du Vietnam du sud aux armées américaines puis l'extension de ce conflit au Laos et au Cambodge avec l'appui de l'Union soviétique entrainent une concentration importante des forces militaires chinoises dans l'île de Hainan. L'importance de la présence militaire est encore accrue avec la guerre sino-vietnamienne de 1979 et la découverte de gisements de pétrole et de gaz naturel dans le sud de la mer de Chine méridionale par des sociétés françaises et américaines accroissent encore le caractère stratégique de l'île. La Chine maintient en permanence 300000 militaires rattachés aux forces navales à Hainan et dans la péninsule de Leichow et des bases de missiles sont installées. Les troupes jouent un rôle important dans l'amélioration du réseau routier, l'installation de réseaux de télécommunications et la construction de positions défensives. Malgré ces progrès la croissance du niveau de vie et de l'économie à Hainan reste à la traine par rapport aux chiffres nationaux[13].

Carte topographique de l'île.

Villes[modifier | modifier le code]

Sources : GeoHive[14]
Ville Nom en chinois Population 2010
1. Haikou 海囗 2 046 189
2. Sanya 三亚 685 408
3. Wenchang 文昌 69 691
4. Wanning 万宁 65 871
5. Danzhou 儋州 932 362

Populations[modifier | modifier le code]

Carte linguistique de l'île.

Les Li, 1,4 million de personnes, sont considérés comme les premiers habitants de Hainan.

Le peuplement Han s'est imposé depuis le XIVe siècle sur l'île essentiellement par les Mins du Sud du Fujian (ou peuple Hokkien) originaires de la région de Xiamen. C’est probablement le peuple de Chine qui a fait preuve de la tradition maritime la plus précoce[15].

Les Hmong, au nombre de 70 000, sont arrivés plus tard, sous l'empereur Ming, mercenaires importés aux XVIe et XVIIe siècles pour lutter contre les rebelles Li.

Économie[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1980, Hainan est une zone économique spéciale de Chine. Avant cela, la province avait la réputation de ne pas être touchée par l'industrialisation, et aujourd'hui la région possède encore relativement peu d'usines. Le tourisme joue un très grand rôle dans l'économie de Hainan grâce à ses plages tropicales et à ses forêts.

Au sud de Hainan, à Yulin, la marine chinoise a installé une base de sous-marins nucléaires ; au nord, à Wenchang, c'est un site de lancement de satellites qui est en construction depuis 2009.

Le PIB nominal en 2006 était de 105,2 milliards de yuans (13,6 milliards de dollars) ; il ne contribue qu'à 0,5 % de l'économie du pays. Le PIB par habitant s'élève à 12 650 yuans (1 640 dollars), soit moins que celui de la Chine dans son ensemble.

Agriculture[modifier | modifier le code]

C'est dans cette province qu'on produit des noix d'arec (ou « noix de bétel »), consommées dans toute la Chine sous forme de bétel à mâcher. La culture du palmier à bétel y a commencé pendant les dynasties Tang (618-907) et Song (960-1279), pendant lesquelles la noix était considérée comme un cadeau précieux.

Tourisme[modifier | modifier le code]

L'île d'Hainan est devenue en dix ans le nouveau paradis touristique des Chinois. En 2010, plus de 22 millions de personnes se sont rendues sur l'île. Hainan jouit d'un climat tropical doux, d'immenses plages de sable fin, de la meilleure qualité d'air sur la façade maritime chinoise et d'un accès facile par bateau ou avion. Dans toutes les agences de voyages, des brochures vantent les hôtels de « classe mondiale » qui y ont ouvert leurs portes. Mais Hainan est surtout le lieu de villégiature des nouveaux milliardaires.

Hainan dispose aujourd'hui de deux aéroports internationaux, l'un à Haikou, la capitale administrative, au Nord ; l'autre à Sanya, au Sud. Des lignes régulières les relient à Pékin, Singapour, Hong Kong et Macao mais aussi à la Russie et au Japon.

Le gouvernement central est décidé à faire de Hainan une « destination touristique de niveau international » d'ici à 2020.

Langues et cultures[modifier | modifier le code]

La situation linguistique de Hainan présente une grande diversité, puisqu'aux côtés de langues sino-tibétaines ou y trouve des langues austronésiennes et tai-kadai.

Côté sino-tibétain, on trouve :

Côté tai-kadai, on trouve les langues suivantes :

Le tsat est une langue austronésienne.

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

Hainan
海南省
Carte indiquant la localisation de Hainan (en rouge) au sein de la Chine.
Carte indiquant la localisation de Hainan (en rouge) au sein de la Chine.
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Autres noms chinois : 海南
pinyin : Hǎinán
« Sud de la mer »
Abréviation 瓊 / 琼 (qióng)
Statut politique province
Capitale Haikou
Démographie
Population 8 671 518 hab. (2010)
Densité 256 hab./km2
Rang 28e
Nationalités Hans (83 %)
Li (16 %)
Hmong (0,8 %)
Zhuang (0,7 %)
Géographie
Superficie 33 920 km2
Rang 29e
Économie
PIB (2013) 314 650  (28e)
PIB/hab. 36 285 Ұ (23e)

Hainan était rattachée autrefois sur le plan administratif à la province de Guangdong. Elle a été promue en 1988 au rang de province rendant directement des comptes au Conseil des affaires de l'État de la République populaire de Chine. En surface c'est la plus petite des provinces chinoises (hors municipalités) mais ce n'est pas la moins peuplée. Elle comprend quatre villes-préfectures, subdivision administrative de niveau 2 c'est-à-dire immédiatement inférieure à celle de la province. Le reste de son territoire est découpé en structures de niveau 3 qui présentent la particularité d'être directement rattachées à la province et non à une ville préfecture : il s'agit de cinq villes-districts, quatre xian et de six xian autonomes dont la population est dominée par les ethnies Li ou Miao.

Liste des divisions administratives de Hainan
Découpage administratif de l'île.
Nom Niveau Subdivision administrative Superficie Population (2010) Nom chinois / transcription pinyin Remarque
Hainan 1 Province 33 920 km² 8 671 518 海南省 (Hǎinán)
1 Haikou 2 Ville-préfecture 2 305 km² 2 046 189 海口市 (Hǎikǒu Shì) Comprend la capitale de l'île et inclut 4 districts (non détaillés)
2 Sanya 2 Ville-préfecture 1 911 km² 685 408 三亚市 (Sānyà Shì)
19 Sansha 2 Ville-préfecture 13 km2 1 443
(2013)
三沙市 (Sānshà Shì) Regroupe des archipels dont la possession est contestée par les pays riverains
3 Danzhou 2 Ville-préfecture 3 235 km² 932 362 儋州市 (Dānzhōu Shì)
4 Qionghai 3 Ville-district 1 710 km² 483 217 琼海市 (Qiónghǎi Shì)
5 Wanning 3 Ville-district 4 443 km² 545 597 万宁市 (Wànníng Shì)
6 Wuzhishan 3 Ville-district 1 129 km² 104 122 五指山市 (Wǔzhǐshān Shì)
7 Dongfang 3 Ville-district 2 267 km² 408 309 东方市 (Dōngfāng Shì)
8 Wenchang 3 Ville-district 2 488 km² 537 428 文昌市 (Wénchāng Shì)
9 Lingao 3 Xian 1 317 km² 427 873 临高县 (Língāo Xiàn)
10 Chengmai 3 Xian 2 068 km² 467 161 澄迈县 (Chéngmài Xiàn)
11 Ding'an 3 Xian 1 196 km² 284 616 定安县 (Dìng'ān Xiàn)
12 Tunchang 3 Xian 1 224 km² 256 931 屯昌县 (Túnchāng Xiàn)
13 Changjiang 3 Xian autonome 1 596 km² 223 839 昌江黎族自治县 (Chāngjiāng lízú Zìzhìxiàn) minorité li
14 Baisha 3 Xian autonome 2 117 km² 167 918 白沙黎族自治县 (Báishā lízú Zìzhìxiàn) minorité li
15 Qiongzhong 3 Xian autonome 2 704 km² 17 406 琼中黎族苗族自治县 (Qióngzhōng lízú miáozú Zìzhìxiàn) minorités li et miao
16 Lingshui 3 Xian autonome 1 128 km² 320 468 陵水黎族自治县 (Língshuǐ lízú Zìzhìxiàn) minorité li
17 Baoting 3 Xian autonome 1 161 km² 146 684 保亭黎族苗族自治县 (Bǎotíng lízú miáozú Zìzhìxiàn) minorités li et miao
18 Ledong 3 Xian autonome 2 763 km² 174 076 乐东黎族自治县 (Lèdōng lízú Zìzhìxiàn) minorité li

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Michalk 1984, p. 115
  2. a et b (en) Zhao, Y. G.,1 , G. L. Zhang, Z. Wen-Jun, and Z. T. Gong, « oil characteristics and crop suitability of sandy soils in Hainan, China »,‎ ~1984 (consulté en 25 huin 2016)
  3. Michalk 1984, p. 116-117
  4. Michalk 1984, p. 117
  5. Michalk 1984, p. 117-118
  6. Michalk 1984, p. 118-119
  7. Michalk 1984, p. 119-120
  8. Michalk 1984, p. 121-122
  9. Michalk 1984, p. 124-125
  10. Michalk 1984, p. 125-127
  11. Michalk 1984, p. 127-128
  12. Michalk 1984, p. 127-130
  13. Michalk 1984, p. 130-131
  14. http://www.geohive.com/cntry/cn-46.aspx
  15. La Diaspora chinoise, Que sais-je ?

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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