Langues sino-tibétaines

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Langues Sino-tibétaines (en couleur) :

Les langues sino-tibétaines sont une famille de langues originaires d'Asie (Asie de l'Est, Asie du Sud-Est, Asie centrale, Asie du Sud). Elle regroupe les langues chinoises (10 langues et 1,35 milliard de locuteurs) et les langues tibéto-birmanes (330 langues pour 70 millions de locuteurs).

L'idée de ce groupement date de la fin du XIXe siècle et les recherches sont encore balbutiantes. Le rapprochement se fait surtout entre les langues tibéto-birmanes et le chinois archaïque.

Le chercheur Laurent Sagart propose d'inclure dans un ensemble « sinotibétain-austronésien (en) » (STAN) les langues sinotibétaines d'une part, et les langues austronésiennes (dans lesquelles il propose d'inclure les langues tai-kadai) d'autre part. Les langues austronésiennes, dont l'aire d'extension est exceptionnelle (de Madagascar jusqu'à l'île de Pâques) sont toutes originaires de Taïwan, et partagent avec les langues formosiennes (langues aborigènes de Taïwan) de nombreux cognats.

Le terme de « langues sino-tibétaines » est sujet à controverse par l'absence d'accord sur la structure de l'arbre (Van Driem), et par le manque de références écrites du tibétain ancien, car si l'écriture chinoise a plus de 3 500 ans, les écritures tibétaines n'en ont que 1 500, l'écriture tibétaine ayant été créée au VIIe siècle, par une adaptation du devanagari, alphasyllabaire indien.

Des langues telles que le vietnamien (austroasiatique) ont acquis des mots communs, par emprunt, du fait de sa proximité et de son intégration temporaire à l'empire chinois ; au-delà de ces emprunts, une origine commune a été avancée, mais reste hypothétique (conjecture « est-asienne » de Starosta-Sagart).

Origine[modifier | modifier le code]

Au début du xxie siècle, deux théories contradictoires avaient cours[1] :

  • la langue ancestrale (le proto-sino-tibétain) aurait son origine dans le nord de la Chine il y a 4 à 6 milliers d'années[2],[3] ;
  • elle serait apparue dans le sud-ouest de la Chine ou le nord-est de l'Inde il y a environ 9 000 ans[4],[5].

En 2019, une étude associant la linguistique, la génétique des locuteurs actuels, la bio-informatique, l'archéologie, l'anthropologie et l'histoire de l'agriculture conclut que les langues sino-tibétaines sont nées dans le nord de la Chine il y a environ 5 900 ans[1],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Randy J. LaPolla, « The origin and spread of the Sino-Tibetan language family », Nature, vol. 569,‎ , p. 45-47 (DOI 10.1038/d41586-019-01214-6).
  2. (en) R. J. LaPolla, « The role of migration and language contact in the development of the Sino-Tibetan language family », dans A. Y. Aikhenvald et R. M. W. Dixon, Areal Diffusion and Genetic Inheritance: Problems in Comparative Linguistics, Oxford University Press, , p. 225-254.
  3. (en) D. Bradley, « Subgrouping of the Sino-Tibetan languages », 10th International Conference on Evolutionary Linguistics, Université de Nanjing,‎ (lire en ligne).
  4. (en) G. van Driem, « Trans-Himalayan », dans T. Owen-Smith et N. W. Hill, Trans-Himalayan Linguistics. Historical and descriptive linguistics of the Himalayan area, de Gruyter, (lire en ligne [PDF]), p. 11-40.
  5. (en) R. J. LaPolla, « Once again on methodology and argumentation in linguistics. Problems with the arguments for recasting Sino-Tibetan as “Trans-Himalayan” », Linguistics of the Tibeto-Burman Area, vol. 39,‎ , p. 282-297 (DOI 10.1075/ltba.39.2.03lap).
  6. (en) Menghan Zhang, Shi Yan, Wuyun Pan et Li Jin, « Phylogenetic evidence for Sino-Tibetan origin in northern China in the Late Neolithic », Nature, vol. 569,‎ , p. 112-115 (DOI 10.1038/s41586-019-1153-z).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]