Grossesse transgenre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

La grossesse transgenre est l'incubation d'un ou de plusieurs embryons ou fœtus par des personnes transgenres.

La grossesse masculine est a priori impossible chez les mammifères, même si « ce phénomène est un mode de reproduction universel chez les syngnathes, les hippocampes et les dragons de mer »[1].

Femmes trans[modifier | modifier le code]

Les personnes ayant été assignées homme à la naissance n'ont généralement pas naturellement l'anatomie permettant le développement embryonnaire et fœtal[2]. À l'heure actuelle, on ne compte aucun cas de succès de greffe d'utérus pour une femme transgenre ou un homme cisgenre. La question théorique de la grossesse extra-utérine (grossesse à l'extérieur de la cavité utérine), pour les personnes n'ayant pas naturellement l'anatomie le permettant, a été abordée par les spécialistes du domaine de la médecine, qui soulignent que la notion d'implantation extra-utérine, bien que théoriquement plausible, n'a jamais été tentée et qu'il serait difficile de la justifier, même pour les femmes cisgenres, en raison des risques encourus pour la santé de la mère et de l'enfant[3],[4].

Robert Winston, l'un des pionniers de la fécondation in vitro, a dit au Sunday Times que « la grossesse masculine serait certainement possible » par l'implantation d'embryon dans l'abdomen ; le placenta étant attaché à un des organes internes tel que le côlon et, plus tard, livré par césarienne[5],[6],[7]. L'implantation d'embryon extra-utérine le long de la paroi abdominale, et ainsi la croissance du placenta, pourrait cependant être très dangereuse et potentiellement mortelle à l'accouchement ; il est donc peu probable qu'elle soit étudiée chez l'Être Humain[5],[8].

Hommes trans[modifier | modifier le code]

Certains transgenres FtM peuvent devenir enceints s'ils ont pu préserver leurs ovaires et leur utérus, notamment grâce à la stérilisation non obligatoire de certains pays[9],[10],[11]. Malgré le traitement hormonal, la grossesse et l'accouchement sont généralement les mêmes que ceux qui s'identifient comme femmes cisgenres. Toutefois, les hommes enceints sont souvent soumis à des préjugés ; la grossesse étant traditionnellement considérée comme exclusivement féminine. Selon l'étude « Transgender Men Who Experienced Pregnancy After Female-to-Male Gender Transitioning » par Le Collège Américain des Obstétriciens et Gynécologues[12], il y a un manque de sensibilisation, de services et d'assistance médicale pour les hommes enceints, ce qui peut conduire à de mauvais accès aux soins prénataux. En outre, l'étude a également montré que certaines personnes ont expérimenté une dysphorie de genre et des sentiments d'isolement dus aux changements importants lors de la grossesse tels que l'hypertrophie des seins, une différence de considération sociale, une mauvaise perception de leur identité de genre. Les termes utilisés pour décrire les hommes au cours de la grossesse ont notamment été : « Papa », « Transporteur », et « Parent gestationnel », pour affirmer que la grossesse peut aussi être une expérience masculine.

Matt Riz, un homme transgenre, a enfanté un fils nommé Blake en octobre 1999[13] grâce aux dons de sperme de trois amis cisgenres[14] au cours d'une relation avec l'écrivain transgenre Pat Califia[14].

Thomas Beatie, un autre homme transgenre, a donné naissance à trois enfants. Il a choisi de devenir enceint après l'annonce de la stérilité de sa femme Nancy, grâce à un don de sperme cryogénique et une seringue ; le processus global ayant été réalisé à la maison. Thomas a écrit un article sur l'expérience dans The Advocate[11]. The Washington Post a développé l'histoire le 25 mars, quand le blogueur Emil Steiner a appelé Beatie le premier homme « légalement » enceint[15], en référence à certains états ayant reconnu juridiquement Beatie en tant qu'homme[10],[11]. En 2010, le Guinness World Records a reconnu Beatie comme le « First Married Man to Give Birth »[16]. Beatie a donné naissance à une fille nommée Susan Juliette Beatie, le [17],[18]. Barbara Walters a annoncé la deuxième grossesse de Beatie sur The View[19], et Beatie a donné naissance à un garçon nommé Austin Alexander Beatie, le [20]. Beatie a donné naissance à son troisième enfant, un garçon, nommé Jensen James Beatie, le [21],[22].

Yuval Topper, un homme transgenre israélien, a donné naissance à un enfant le [23].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Male pregnancy ».
  2. Sur les exceptions, voir notamment la Lettre aux auteurs de ce journal sur un événement extraordinaire dans le Journal historique et politique (Genève) du 20 février 1775, p. 296-299.
  3. William Leith (2008-04-10).
  4. Dick Teresi (1994-11-27).
  5. a et b "Babies borne by men 'possible'".
  6. Meryl Ro,thstein (2005-07-31).
  7. « Men can have babies; Study still in infancy though: Expert ».
  8. « A Womb Of His Own ».
  9. FTM Transgender.
  10. a et b Labor of Love website.
  11. a, b et c Thomas Beatie, « Labor of Love: Is society ready for this pregnant husband? ».
  12. [1]
  13. NNDB Pat Califia http://www.nndb.com/people/573/000118219/
  14. a et b Pat Califia (20/06/2000).
  15. Thomas Beatie: The First Man to Give Birth?
  16. «First Married Man to GIve Birth », Guinness World Records 2010 edition, page 110.
  17. The Pregnant Man Gives Birth people.com, Originally posted Thursday July 03, 2008 02:55 PM EDT.
  18. 'Pregnant man' gives birth to baby girl named Susan Juliette Beatie at guardian.co.uk.
  19. « Pregnant man pregnant again ». www.meeja.com.au. 2008-11-14.
  20. « 'Pregnant Man' Gives Birth Again ».
  21. "First known transgender man to give birth delivers third child". perth now. 2010-08-03.
  22. http://tv.yahoo.com/blogs/upshot/pregnant-man-thomas-beatie-splits-wife-222259218.html.
  23. "Israeli man gives birth".