Grenade (pays)

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Grenade

Grenada (en)

Drapeau
Drapeau de la Grenade.
Blason
Armoiries de la Grenade.
Description de l'image Grenada in its region.svg.
Devise nationale Ever conscious of God, we aspire, build and advance as one people
Hymne national Hail Grenada
Administration
Forme de l'État Monarchie constitutionnelle
Reine Élisabeth II
Gouverneur Cecile La Grenade[1]
Premier ministre Keith Mitchell
Langues officielles Anglais
(créoles grenadiens anglais et français reconnus)
Capitale Saint-Georges

12°03′N, 61°45′O

Géographie
Plus grande ville Saint-Georges
Superficie totale 344 km2
(classé 200e)
Superficie en eau 1,6 %
Fuseau horaire UTC -4
Histoire
Indépendance Royaume-Uni
Date
Démographie
Gentilé Grenadien[2]
Population totale (2017) 110 694[3] hab.
(classé 183e)
Densité 316 hab./km2
Économie
Monnaie Dollar des Caraïbes orientales (XCD​)
Divers
Code ISO 3166-1 GRD, GD​
Domaine Internet .gd
Indicatif téléphonique +1473

La Grenade (anglais : Grenada) est un pays des Antilles. Sa capitale est Saint-Georges.

Cet État insulaire de la mer des Caraïbes comprend l'île de la Grenade, l'île Ronde, l'île de Carriacou et l'île de Petite Martinique, toutes situées dans la partie méridionale de l'archipel des Grenadines. En y incluant les îles désertes, le pays possède une superficie de 350 km2. En 2015, on comptait 110 694 Grenadiens. La langue officielle est l'anglais.

L'île de la Grenade est située à moins de 150 kilomètres au nord des côtes du Venezuela et de Trinité-et-Tobago. L'île de Carriacou est à quelques kilomètres au sud de l'île d'Union de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

Peuplée par les Caraïbes avant l'arrivée des Européens, la Grenade est d'abord une colonie du royaume de France de 1649 à 1763. À la suite de la guerre de Sept Ans, elle est léguée au royaume de Grande-Bretagne par le traité de Paris. Reconquise par la France durant la Révolution américaine, elle redevient britannique grâce au traité de Versailles de 1783. Le pays accède à son indépendance du Royaume-Uni le . La Grenade devient le Gouvernement révolutionnaire populaire de la Grenade, un État communiste, de 1979 jusqu'à l'invasion américaine de 1983.

Après avoir été épargnée par les cyclones pendant 49 ans, l'île est touchée en 2004 par l'ouragan Ivan, qui causa d'importants dommages, suivi en 2005 par l'ouragan Emily.

La Grenade est surnommée « l'île aux épices » (Island of Spice) pour sa cannelle, ses clous de girofle, son curcuma et surtout le macis et la noix de muscade.

La Grenade est membre de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) depuis le .

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Grenade.
Montagnes de l'île de la Grenade vues de la mer.

La Grenade est un pays des Antilles. La Grenade est située à 109 km au sud-sud-ouest de l'île Saint-Vincent (Saint-Vincent-et-les-Grenadines), à 132 km au nord-ouest de l'île de Tobago (Trinité-et-Tobago) et à 139 km de la punta Mejillones, sur la côte nord-est du Venezuela. D'une superficie de 344 km2, ce pays compte environ 110 000 habitants (2012) et est composé de l'île principale, la Grenade, et de quelques îles parmi les Grenadines, Carriacou, Petite Martinique et l'île Ronde. Saint-Georges est la capitale de la Grenade.

La Grenade est située à 200 km au nord du Venezuela, le pays continental le plus proche.

Le mont Sainte-Catherine est le point culminant avec 840 m. Le littoral de l'île principale mesure 121 km de long.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Grenade.

Avant l'arrivée de Christophe Colomb, en 1492, l'île était habitée par les Caraïbes. Christophe Colomb baptisa cette île Concepción. Une compagnie fondée par le cardinal français Richelieu acheta l'île aux Anglais en 1650. Grenade resta sous domination française jusqu'en 1762. Grenade devint officiellement britannique en 1763 par le traité de Paris qui met fin à la guerre de Sept Ans. Les Français se réemparèrent de l'île en 1779, mais les Britanniques la reprirent peu après. La paix fut rétablie lors de la signature par les deux camps du traité de Versailles en 1783. Provoquée par Victor Hugues une révolte pro-française éclata en 1795 mais fut matée par les troupes britanniques. De 1958 à 1962, la Grenade devint une province de la Fédération des Indes occidentales qui éclata rapidement.

L'île accéda à l'indépendance le , devenant un royaume du Commonwealth, avec Eric Gairy comme Premier ministre. Mais le gouvernement de celui-ci devint progressivement autoritaire, se lie aux dictatures militaires chilienne et sud-coréenne et s’appuie sur des groupes de miliciens semblables aux Tontons macoutes d’Haïti, le Mangoose Gang, pour assassiner des adversaires politiques. Il se bâtit une fortune considérable en accumulant les propriétés d’hôtels et de restaurants[4].

L'opposition se rassemble principalement au sein du New Jewel Movement (NJM) dirigé par Maurice Bishop (dont le père a lui-même été assassiné par le régime). Devant l’impossibilité de manifester légalement, celle-ci commence à organiser une branche militaire, l'armée révolutionnaire du peuple. Lorsque les dirigeants du mouvement apprennent qu'Eric Gairy s’apprête à les faire assassiner, ils choisissent d’opérer un coup d’État : le 13 mars 1979, un groupe de militants s'empare de l'unique caserne de la Grenade et désarment les soldats qui n'opposent que très peu de résistance[4].

Le NJM constitue un Gouvernement révolutionnaire du peuple présidé par Maurice Bishop, qui exprime son objectif : « Nous sommes un petit pays, nous sommes un pays pauvre, avec une population de descendant d'esclaves africains, nous faisons partie du tiers-monde exploité et, définitivement, notre défi est de chercher la création d'un nouvel ordre international qui mette l’économie au service du peuple et de la justice sociale ». Le nouveau gouvernement inquiète les États-Unis, qui avaient précédemment soutenu Eric Gairy, et dont l’ambassadeur avertit : « Le gouvernement des États-Unis verrait avec déplaisir toute inclinaison de la part des Grenadins à développer des liens plus étroits avec Cuba[4]. »

Le régime s’emploie en particulier à développer des politiques sociales : un Centre pour l'éducation populaire est créé pour coordonner les initiatives du gouvernement en matière d'éducation, notamment des campagnes d'alphabétisation. L'apprentissage du créole de la Grenade est autorisé à l'école. Néanmoins, la tendance du gouvernement de Bishop à marginaliser le rôle de l’Église dans l'éducation contribue à la dégradation des relations avec le clergé. Dans le secteur de la santé, les consultations médicales sont rendues gratuites avec l'aide de Cuba qui fournit des médecins, du lait est distribué aux femmes enceintes et aux enfants. En économie, les autorités mettent en place un système de prêts financiers et de matériel à l'attention des agriculteurs, et des coopératives agricoles sont mises en place pour développer l'activité. Le gouvernement de Bishop s'emploie également à développer les infrastructures, notamment en construisant de nouvelles routes et en modernisant le réseau électrique. Enfin, le gouvernement s'attaque aux cultures de marijuana pour favoriser l'agriculture vivrière et faire baisser la violence[4].

À l'international, la Grenade est de plus en plus isolée. Le Royaume-Uni suspend ses aides économiques et les États-Unis usent de leur influence pour bloquer les prêts du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. La situation se dégrade également sur le plan intérieur : le 19 juin 1980, une bombe explose pendant un meeting au cours duquel Bishop devait intervenir. L'engin fait trois morts et vingt-cinq blessés. Bishop accuse ouvertement « l’impérialisme américain et ses agents locaux ». La responsabilité réelle de la CIA est cependant incertaine ; si elle avait en effet imaginé des opérations de déstabilisation, l’administration Carter y était opposée. En 1983, Bishop se rend finalement à Washington pour essayer de "négocier la paix". Au sein du gouvernement socialiste, des dissensions opposent une faction pro-soviétique et les partisans de Bishop. Le voyage à Washington de celui-ci est désavoué par le comité central du parti qui le destitue.le 14 octobre 1983 et le remplace par une direction collégiale. Le 19 octobre, une grève générale est déclenchée par les partisans de Bishop qui conduit à l'arrestation de ce dernier. Alors que les manifestants tentent de franchir les barrages pour le libérer, Il est assassiné par l'armée le [4].

Six jours après la prise de pouvoir par l'armée en , la Grenade est envahie par une coalition menée par les États-Unis. Cette intervention est demandée par l'Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO). La requête est rédigée à Washington[5]. L'opération est le plus grand déploiement américain depuis la guerre du Viêt Nam. La guerre est rapide et la coalition américaine (7 000 soldats américains et 300 hommes d'Antigua, la Barbade, la Dominique, la Jamaïque, Sainte-Lucie et Saint-Vincent, qui n'ont pas participé aux combats) vient rapidement à bout des forces grenadiennes (800 soldats, assistés par 784 Cubains - pour la plupart des ouvriers qui participaient aux travaux de construction d'un aéroport - et quelques instructeurs provenant d'URSS et d'autres pays communistes). Après la chute du PRG, des élections sont tenues en 1984, et voient la victoire du Nouveau Parti national.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Musées et autres institutions[modifier | modifier le code]

Liste du Patrimoine mondial[modifier | modifier le code]

Le programme Patrimoine mondial (UNESCO, 1971) a inscrit dans sa liste du Patrimoine mondial (au 17/01/2016) : liste du patrimoine mondial à la Grenade.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique à la Grenade.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions de la Grenade.
Carte administrative des six paroisses.

La Grenade est divisé en six paroisses (parishes) et une dépendance (dependency).

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de la Grenade.
Séchage de la noix de muscade à Gouyave.
St Georges, rhum de l'île Grenade, Paris-Noël, 1886

L'agriculture représente environ 24 % du produit national brut (PNB).

La noix de muscade, qui orne le drapeau national, a fait la fortune de l'archipel : jusqu'en 2004, la Grenade en était le deuxième producteur mondial derrière l'Indonésie et l'ensemble de ses épices faisait vivre plus de 3 000 exploitants. Mais cette année-là, l'ouragan Ivan, dit « le terrible » a ravagé 60 % des plantations. Si bien que la noix de la Grenade ne devrait pas retrouver son rang avant 2012, le temps que les milliers de muscadiers replantés arrivent à maturité.

Le , l'ouragan Ivan a dévasté la Grenade. 90 % des habitations ou immeubles ont été détruits. Plus de 90 % des bateaux ancrés régulièrement ou réfugiés à la Grenade pour échapper à Ivan ont été coulés ou endommagés. Ivan, cyclone de force 5 (« catastrophique », maximum sur l'échelle de Saffir-Simpson) a fait 37 morts, 500 blessés et laissé 60 000 personnes sans abri. Il fut l'ouragan le plus redoutable ayant frappé les Caraïbes en un demi-siècle. Le , la Commission européenne a accordé une aide de 1,5 million d'euros en faveur des victimes de la Grenade.

La Grenade utilise comme sept autres pays de la région la même banque centrale et la même devise.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Grenade.
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

La plupart des habitants sont d'ascendance africaine. Les indigènes, Caraïbes et Arawaks, ne constituent qu'une minorité. Environ 50 % des habitants ont moins de 30 ans (2000).

L'anglais est la langue nationale, mais quelques personnes connaissent encore le créole à base lexicale française proche de celui de la Martinique.

La population de Grenade est estimée à 110 694 habitants en 2015. Sa densité est de 316 hab./km2. Elle est composée à 24,35 % de personnes de 0 à 14 ans, à 66 % de personnes de 15−64 ans et de 9,62 % de personnes de 65 ans ou plus. L'espérance de vie des hommes est 71,5 ans et celle des femmes est de 76,9 ans. La même année, le taux de croissance de la population est 0,48 %, avec un taux de natalité de 16,03 , un taux de mortalité de 8,08 , un taux de mortalité infantile de 10,21 , un taux de fécondité de 2,06 enfants/femme et un taux de migration de −3,13 .

Selon le Pew Research Center, en 2010, 96,6 % des habitants de la Grenade sont chrétiens, principalement catholiques (51,9 %) et dans une bien moindre mesure protestants (43,4 %). De plus, 1,3 % de la population pratiquent une religion populaire[6].

Langues[modifier | modifier le code]

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L'anglais est la langue officiel du pays mais dans la vie quotidienne, les deux langues parlées sont deux créoles : le créole grenadien anglais et le créole grenadien français, reflets de l'héritage européen, africain et indien à Grenade.

Le créole grenadien français (ou patois) est surtout parlé en zone rurale, mais il tend à se restreindre à quelques portions de l'île.

Il existe une importante communauté indienne à Grenade, et des termes en hindi se retrouvent chez les descendants d'immigrés indiens.

Les langues indigènes sur l'île étaient l'Iñeri et le Karina.

Culture[modifier | modifier le code]

Tout comme les autres îles caribéennes le principal événement culturel de la Grenade est le carnaval qui se déroule tous les ans au mois d'août. Localement appelé Spice Mas le carnaval dure deux jours. Durant les festivités les Grenadins défilent vêtus de costumes très colorés faisant référence à l'héritage africain, britannique et français de l'île. La fête est très populaire et la majorité de la population y participe. L'île de Carriacou organise également son propre carnaval[7].

Sports[modifier | modifier le code]

La Grenade remporte son premier titre olympique le grâce à Kirani James, qui obtient à 19 ans la médaille d'or au 400 mètres homme des Jeux olympiques de Londres[8].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Codes[modifier | modifier le code]

La Grenade a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Grenada Names First Female Governor General, Cecile La Grenade », Caribbean Journal, 10 avril 2013.
  2. Commission d'enrichissement de la langue française, « Recommandation concernant les noms d’États, d’habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires (liste établie par le ministère des affaires étrangères et européennes) », sur culture.fr, (consulté le 14 mars 2018).
  3. (en) « The World Factbook — Central Intelligence Agency », sur www.cia.gov (consulté le 7 avril 2018).
  4. a b c d et e Maurice Lemoine, Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d’Etat modernes et autres tentatives de déstabilisation, Don Quichotte, , p. 95-107
  5. Jeff MacMahan, Reagan and the World: Imperial Policy and the New Cold War, 1985, p. 206.
  6. (en) « Religions in Grenada », sur www.globalreligiousfutures.org (consulté le 23 février 2018)
  7. http://www.spicemasgrenada.com/mas/.
  8. Article sur Le Monde.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]