Géostratégie de la mer Noire

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Carte de la mer Noire et de ses ports principaux.

La géostratégie de la mer Noire est l'étude de la mer Noire en tant que territoire partagé ou disputé entre les États. La cause principale de ces tensions est la présence d’hydrocarbures. La majorité des ressources de pétrole et de gaz se trouvent à l'ouest de la mer Noire, sur le plateau continental face aux bouches du Danube, et dans la mer d'Azov, qui fait partie des eaux intérieures de la Russie et de l’Ukraine, le partage de ces espaces mettant en tension les intérêts de chaque riverain.

Enjeux anciens[modifier | modifier le code]

C'est une zone historiquement frontalière de grands espaces géostratégiques : au nord, les nomades des steppes (Cimmériens, Scythes, Sarmates, Roxolans, Huns, Avars, Onogoures, Khazars, Bulgares, Magyars, Alains, Pétchénègues, Coumans, Mongols, Tatars...), au sud les royaumes et empires organisés (hittite, perse, hellénistique, romain, byzantin, ottoman...). À l’ouest et à l’est, des « zones tampon » au contact de ces deux mondes (bouches du Danube, Scythie mineure, Caucase...), ont depuis toujours été à la fois disputées, et en même temps des refuges pour les perdants, donc multiethniques. Ce fut aussi le cas de la Crimée.

Toutefois le pourtour de la mer Noire a connu de longues périodes d’unité culturelle, linguistique et commerciale, d’abord grecque (du VIe siècle av. J.-C. au XIIIe siècle), ensuite turque (du XIVe siècle au XVIIIe siècle), d’où de nombreux toponymes issus du grec et du turc. À partir de la fin du XVIIIe siècle la mer Noire devient le théâtre d’affrontements entre l’Empire russe et ses alliés orthodoxes d’une part, et l’Empire ottoman musulman d’autre part. Au XIXe siècle, l'Empire russe, se posant en protecteur des chrétiens orthodoxes de l'Empire ottoman, convoite les bouches du Danube et surtout les détroits du Bosphore et des Dardanelles.

Enjeux modernes[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, les deux empires sont abattus, laissant place à l’URSS et à la république Turque ; le « Rideau de fer » passe ensuite par la mer Noire, l’URSS regroupant ses alliés au sein du Pacte de Varsovie, alors que la Turquie devient un bastion de l’OTAN. Cette fois c'est la Turquie qui se pose en protectrice des musulmans de Russie méridionale (Abkhazes, Adjares, Adyguéens, Avars, Balcares, Caratchaïs, Circassiens, Ingouches, Meskhètes, Tatars, Tchétchènes)... Héritages de ce passé, quelques litiges territoriaux et maritimes subsistent entre les pays riverains : Bulgarie, Géorgie, Roumanie, Russie, Turquie et Ukraine.

Après la dislocation de l'URSS, les pays riverains ou proches de la Mer Noire ont pu faire des choix et nouer de nouvelles alliances économiques, militaires et culturelles. Le tableau suivant montre les places actuelles de l'Ukraine, de la Crimée, et de autres pays riverains ou limitrophes, dans les organisations liées à la Communauté des États Indépendants de l’Europe de l'Est (CEI, EURASEC, OTSC); dans les organisations proches des pays de l'ouest (OTAN, CECA et GUAM), et aussi dans l'Organisation internationale de la Francophonie ; tous sont membres (parmi d'autres) de l'Organisation de coopération économique de la mer Noire (OCEMN) :

Pays CEI (1991)
Communauté des États indépendants
- Adhésion -
Ratification  CEI  et
Charte
Statut actuel
dans la CEI
EURASEC (2000)
Communauté économique eurasiatique
OTSC (1992)
Traité de sécurité collective
  
   OTAN (1949)
Organisation du traité de l'Atlantique nord
  
Communauté CECA (1994)
Communauté éco. centre-asiatique
Alliance GUAM (1996)
Organisation Démocratie et développement
OIF
Flag of La Francophonie.svg
(1970)
  
Drapeau de l'Ukraine Ukraine (Nord)
dont au Sud du pays, la Crimée russe de facto
8 décembre 1991 10 décembre 1991
Charte : Non ratifiée ?
Membre fondateur (1991-1993),
puis État participant (depuis 1993)

puis ancien membre (depuis 2014)

État observateur (depuis 2000) Non encore ratifié    Renonce à adhérer le
Simple partenariat pour la paix
État observateur
(depuis 2002)
Membre fondateur
(depuis 1997)
OUI
Drapeau de la Russie Russie (Nord-Est) 8 décembre 1991 12 décembre 1991
Charte : 20 juillet 1993
Membre fondateur Membre fondateur (depuis 2000) MEMBRE
15 mai 1992
   Simple partenariat pour la paix Membre
(depuis 2004)
Projet d'union douanière
- NON
Drapeau de la Géorgie Géorgie (Est)
dont au Nord-Ouest du pays, l'Abkhazie séparée de facto
3 décembre 1993 3 décembre 1993
Charte : 19 avril 1994
puis annulation en 2008
Membre à part entière (1993-2008),
puis ancien membre (depuis 2008)
- 9 décembre 1993, puis annulation en 1999    CANDIDAT
et
Partenaire pour la paix
État observateur
(depuis 2002)
Membre fondateur
(depuis 1997)
OUI
Drapeau de la Moldavie Moldavie (Nord-Ouest, accès par le Danube) 21 décembre 1991 8 avril 1994
Charte : 27 juin 1994
Membre État observateur (depuis 2002) Non encore ratifié    Simple partenariat pour la paix - Membre fondateur
(depuis 1997)
OUI
Drapeau de la Roumanie Roumanie (Ouest) - NON - - NON - - - -    MEMBRE - - OUI
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie (Ouest) - NON - - NON - - - -    MEMBRE - - OUI
Drapeau de la Turquie Turquie (Sud) - NON - - NON - - - -    MEMBRE État observateur
(depuis 2002)
- NON

Détroits[modifier | modifier le code]

La mer de Marmara avec les Dardanelles au sud-ouest et le Bosphore au nord-est.

Le Bosphore et le détroit des Dardanelles sont les « détroits » par excellence. Le mot « bosphore » signifie d’ailleurs détroit en langue scythe. Ils ont été l’objet de nombreux conflits depuis l’Antiquité, car leur gestion a toujours été convoitée : ils contrôlent les passages commerciaux et stratégiques de la mer Noire à la mer Méditerranée.

En 1918, à la suite de la défaite de l’Empire ottoman, les détroits furent placés sous le contrôle d’une Commission internationale des Détroits. Après la victoire turque dans la guerre gréco-turque de 1920-1922, le traité de Lausanne (24 juillet 1923) mit en place la démilitarisation des détroits et la liberté de passage et de navigation. La Convention de Montreux en 1936 définit les bases du système actuel : la Turquie a retrouvé la pleine souveraineté sur les détroits et le droit d’y installer des forces militaires, les navires de commerce ont le droit de libre circulation à n’importe quelle heure de la journée, tandis que le passage des navires de guerre peut être restreint en cas de conflits armés.

Outre des milliers de navires de tout type, les deux détroits voient tous les jours passer plusieurs centaines de navires pétroliers, tankers et supertankers, dans les deux sens, au point que le passage d’espèces animales (surtout de grande taille, comme les cétacés ou les thons) est devenu rarissime. Plusieurs accidents aux lourdes retombées, à cause d’erreurs de manœuvre et de la faible largeur de passage, ont provoqué des marées noires et des incendies : la ville d’Istanbul (plus de 12 millions d’habitants) borde les deux rives du détroit du Bosphore et il a fallu réglementer et contingenter la circulation maritime. Pour diminuer les traversées des détroits par bateau, en travers de la grande circulation maritime, des ponts suspendus spectaculaires ont été construits et des tunnels sont à l’étude[1].

Bouches du Danube et île des Serpents[modifier | modifier le code]

Les hydrocarbures de l’ouest ont envenimé un ancien litige entre la Roumanie, et l’Ukraine en tant qu’état héritier de l’URSS. Le partage entre l’Ukraine et la Roumanie de la ZEE et l’exploitation des hydrocarbures présents dans le sous-sol marin a été porté devant la Cour internationale de justice de la Haye en 2004. L’Ukraine, alors gouvernée par des pro-russes, avance ses revendications plus près des côtes roumaines que des siennes, de sorte qu’en 2009 la cour attribue 80 % de la zone litigieuse à la Roumanie (9 700 km2). Ce partage apparemment inégal s’explique d’une part par le désir de la Cour de tenir compte du Traité de paix de Paris de 1947 par rapport auquel la Roumanie avait été territorialement lésée au profit de l’URSS en 1948, et d’autre part par le tracé des côtes des deux pays : « La Cour s’assure enfin que le résultat auquel elle est parvenue concernant la ligne de délimitation envisagée n’entraîne pas de disproportion marquée entre les longueurs respectives des côtes et les espaces répartis par ladite ligne ». En conclusion de son arrêt, « la Cour estime que la ligne qu’elle a tracée ne doit pas être modifiée »[2].

Emplacement de l’île des Serpents par rapport aux côtes ukrainiennes et roumaines.

Située à se trouve à environ 45 km du port roumain de Sulina et du littoral du Delta du Danube, l’île des Serpents (0,17 km2 : Zmiinyi en ukrainien), roumaine jusqu’en 1948 (et, de jure, jusqu’en 2009), soviétique de facto depuis 1948, est aujourd’hui proche de la ligne de partage de la ZEE commune des deux pays. En 1991 cette île est passée aux mains de l'Ukraine qui évidemment ne souhaite pas la rendre à la Roumanie, notamment parce qu’elle y maintient une base d’hélicoptères. Le problème a été réglé en 2009 lorsque la CIJ a prononcé sa décision. L'Ukraine a gardé l’île et la Roumanie a obtenu une partie des eaux territoriales de l’île (un accord conclu entre les deux parties a entériné la décision de la CIJ). Une bande d’eaux territoriales reste cependant en litige dans le Golfe de Musura et au large de celui-ci[3].

Place de la Russie en mer Noire[modifier | modifier le code]

Un sous-marin russe à Sébastopol en 2005.

La Russie n’a jamais vraiment quitté le bassin pontique car elle est restée militairement présente en Transnistrie théoriquement moldave[4], dans les ports de Sébastopol (ukrainien jusqu’en 2014) et de Batoumi en Géorgie (dans ce dernier jusqu’en 2007), ainsi qu’en Abkhazie, théoriquement géorgienne[5].

Sébastopol, au sud de l’Ukraine, est le port le plus important, le mieux placé stratégiquement et aussi un des plus anciens de la côte septentrionale de la mer Noire. Bien que situé en Ukraine jusqu’en 2014, il est resté une base de la marine russe. À la suite de la division de l’URSS, l’Ukraine, au terme d’un long conflit territorial qui concernait d’ailleurs toute la Crimée, a accepté que cette dernière forme une « république autonome » de langue russe, et a laissé à la Russie l’accès au port militaire. Moscou avait considéré que le port de Sébastopol, base militaire créée par la Russie, n’a jamais vraiment appartenu à l’Ukraine. Le contrat signé en 1997 avait prévu un bail de vingt ans, pour 100 millions de dollars par an. En 2010, après d’âpres négociations, l’Ukraine, menacée de se voir priver du gaz russe, a accepté de prolonger le bail de la Russie sur une partie du port de Sébastopol jusqu’en 2042.

Situation de la mer Noire dans le jeu stratégique entre Russie et OTAN, entre la CEI et l'UE.

L’Abkhazie est une partie du territoire de jure de la Géorgie, au sein de laquelle elle formait une « république autonome ». Avant 1992, sa population était aux deux tiers géorgienne. Elle forme les 2/3 de l’accès à la mer de la Géorgie. Mais de facto elle est depuis 1992 en guerre contre la Géorgie, son indépendance autoproclamée ayant été reconnue par la Russie et quelques autres pays amis de celle-ci, depuis le 26 août 2008. La population géorgienne en a été expulsée et la densité y est désormais très faible ; de nombreuses localités sont à l’abandon, ainsi que les voies ferrées. Cela a permis à Moscou d’élargir son accès à la mer Noire, car seule sa présence militaire maintient la séparation entre l’Abkhazie et le reste de la Géorgie.

Toutefois, la dislocation de l'URSS représentait un affaiblissement de cette présence russe que les média décrivaient comme résiduelle. Or, depuis la crise financière mondiale débutant en 2007 et les multiples signaux de faiblesse de l’Union européenne et de l’OTAN[6], la Russie revient en force dans le bassin pontique, militairement à travers l’annexion de la Crimée et la guerre du Donbass au détriment de l’Ukraine, coupable aux yeux des autorités russes d’avoir tenté de quitter leur zone d’influence[7] et politiquement à travers les élections présidentielles bulgare et moldave du , gagnées par des candidats pro-russes déclarés : Igor Dodon et Roumen Radev[8]. Ce retour en force permet à la Russie de contrôler l’approvisionnement de l’Europe en hydrocarbures, car plusieurs gazoducs et oléoducs traversent les territoires qu’elle contrôle, de jure ou de facto. Ce contrôle est l’enjeu d’une lutte d’influence régionale entre États-Unis (par Turquie interposée) et Russie, lutte dans laquelle l’Union européenne a évité de s’impliquer. Pour tenter de résister à la pression russe et éviter d’être entièrement occupée par l’armée russe (qui tient non seulement l’Abkhazie, mais aussi l’Ossétie du sud et les cols du Caucase), la Géorgie a tenté de développer des rapports privilégiés avec la Turquie et les États-Unis à travers des accords avec ces pays. Mais l’élection de Donald Trump qui affirme son amitié pour la Russie[9] et l’aplanissement des divergences russo-turques en raison de l’hostilité apparue entre le gouvernement d’Erdogan et les islamistes syro-irakiens[10], favorisent un retour de l’influence russe en Géorgie.

Conséquences du trafic et de l’industrie[modifier | modifier le code]

Navires de pêche roumains désarmés rouillant dans le port de Limanu (Mangalia, Roumanie) à la suite de l’effondrement des stocks de poisson.

La pollution industrielle de la mer Noire, l’eutrophisation (due aux abus d’engrais agricoles) des limans qui constituaient d’importantes frayères et le transport des hydrocarbures entraînent des modifications de l’écosystème marin de cet espace. On estime que chaque année, le Danube, à lui seul, y déverse environ 60 tonnes de mercure, 240 tonnes de cadmium et 4 000 tonnes de cuivre.

Sur les 26 espèces commerciales pêchées dans les années 1960, il n’en reste plus que 5. Depuis 1999, même les anchois se raréfient : la pêche y est devenue impossible et des flottes entières rouillent dans les ports. Le caviar de la mer Noire, jadis très réputé, a disparu. La chaîne alimentaire s’est effondrée au profit d’espèces très résistantes (comme les méduses) ou invasives (comme le Mnemiopsis). La dégradation de l’écosystème local de la mer Noire constitue un modèle de ce qui peut se passer à plus grande échelle en Méditerranée et, à terme, dans l’Océan mondial.

Pour remédier à ces problèmes et faire face à l’avenir, l’Europe tente de créer une Eurorégion pour un développement durable avec les États membres. Elle propose aussi à ces États de soutenir les projets visant à développer le tourisme durable.

Depuis 1996, le 31 octobre est la Journée internationale pour la protection de la Mer Noire[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cahiers de Géographie du Québec, volume 48, no 135, décembre 2004, pages 311-334.
  2. [PDF] Extrait du rapport de la Cour internationale de justice p. 5
  3. Ortolland Didier et Pirat Jean-Pierre, Atlas géopolitique des espaces maritimes, Paris, éd. Technip, 2010, p. 89-90.
  4. Depuis l'accord de paix moldo-russo-ukrainien de 1992 consécutif à la guerre du Dniestr, il est prévu le rapatriement des forces russes présentes le long du Dniestr, mais en fait, ce rapatriement n'a jamais eu lieu car, Selon Andreï Devyatkov, expert senior au Centre de Recherches post-soviétiques de l'Académie des Sciences de la Fédération de Russie, il est important pour la Russie de maintenir une présence militaire sur le Dniestr, capable d'intervenir rapidement en Moldavie si celle-ci risquait de basculer du côté occidental (U.E. et OTAN) et de prendre à revers l'Ukraine en cas d'extension de la guerre du Donbass vers l'ouest : [1].
  5. « Géopolitique des mers et des océans », Diplomatie, Les grands dossiers n° 10, août-septembre 2012, p. 55.
  6. Attitude vis-à-vis de la Grèce, non-intervention dans le drame ukrainien, Brexit, passage de relais à la Russie en Syrie, accueil fait aux migrants, déclarations isolationnistes de divers dirigeants européens et de Donald Trump...
  7. Lire La Russie au XXIe siècle dans Russia in the 21st Century - Cambridge University Press.
  8. Lire « Les Bulgares et les Moldaves élisent des présidents pro-russes », LExpress.fr,‎ (lire en ligne).
  9. [2]
  10. [3]
  11. Source : [4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Grigore Antipa, La mer Noire, éd. de l'Académie roumaine, 1939.
  • (en) Neal Ascherson, Black Sea, ed. Vintage, 1996, (ISBN 0-09-959371-8).
  • Cahiers de Géographie du Québec, Volume 48, no 135, décembre 2004, Pages 311-334.
  • Géopolitique des mers et des océans, Diplomatie, Les grands dossiers no 10, août-septembre 2012.
  • (en) Petre Gâştescu, Vasile Sencu : The kingdom of limans (préface de Geo Dumitrescu), éd. Meridiane, Bucarest, 1968.
  • (fr) Stella Ghervas, Odessa et les confins de l'Europe : un éclairage historique, in Stella Ghervas et François Rosset (dir.), Lieux d'Europe. Mythes et limites, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 2008, (ISBN 978-2-7351-1182-4).
  • (en) Charles King, The Black Sea: A History, 2004, (ISBN 0-19-924161-9).
  • Ortolland Didier et Pirat Jean-Pierre, Atlas géopolitique des espaces maritimes, Paris, éd. Technip, 2010.
  • (fr) Natalie Nougayrède, « Mer Noire : une zone de tensions géostratégiques », Le Monde, .
  • (fr) Oleg Serebrian, Autour de la Mer Noire, géopolitique de l'espace pontique, Artège, Perpignan, 2010.

Sites Internet[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]