Tourisme durable

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Tapantí National Park.
Tapantí National Park, situé dans la Área de Conservación La Amistad Pacífico, dans la partie sud du Costa Rica.

L'expression tourisme durable décrit généralement toutes les formes de tourisme alternatif qui respectent, préservent et mettent durablement en valeur les ressources patrimoniales (naturelles, culturelles et sociales) d'un territoire à l'attention des touristes accueillis, de manière à minimiser les impacts négatifs qu'ils pourraient générer.

L'écotourisme n'en est qu'une des formes, plus centrée sur la découverte des écosystèmes, agrosystèmes ou aspects ethnoculturels de la biodiversité, incluant un tourisme de proximité qui cherche à réduire son empreinte écologique[1].

Définition[modifier | modifier le code]

Un groupe de travail européen[Lequel ?] a défini le concept de « tourisme durable » comme cherchant à « concilier les objectifs économiques du développement touristique avec le maintien de la base de ressources indispensables à son existence. Plus précisément, il s’agit d’un tourisme qui assure un développement économique inscrit durablement dans le long terme, à la fois respectueux des ressources environnementales et socioculturelles et respectueux des hommes, visiteurs, salariés du secteur et populations d’accueil ».

L'Organisation mondiale du tourisme le définit comme suit :

Le « Développement touristique durable satisfait les besoins actuels des touristes et des régions d’accueil tout en protégeant et en améliorant les perspectives pour l'avenir. Il est vu comme menant à la gestion de toutes les ressources de telle sorte que les besoins économiques, sociaux et esthétiques puissent être satisfaits tout en maintenant l'intégrité culturelle, les processus écologiques essentiels, la diversité biologique, et les systèmes vivants. » (OMT). Sous la condition que tous les acteurs concernés participent activement et s’engagent à respecter la mise en œuvre effective du tourisme durable (GTD) »[réf. nécessaire].

Le tourisme durable s'inscrit donc dans une dynamique qui articule des modes de déplacements, de production et de consommation éco-responsables, tout en associant étroitement les populations qui vivent, travaillent ou séjournent dans l'espace concerné au projet de développement touristique et aux retombées socioéconomiques équitablement réparties.

Ce développement suppose un aménagement et une gestion intégrée des ressources, une maîtrise des flux (d'énergie, de biens et des personnes), ce qui implique donc la participation étroite des acteurs locaux, et une écoresponsabilité des touristes, afin de concilier la mise en œuvre du tourisme avec les besoins et capacités d'accueil du territoire.

Tourisme durable
Atelier voyage responsable 35.jpg

Méthode[modifier | modifier le code]

Un principe général découlant de la définition ci-dessus est que les promoteurs du tourisme durable cherchent, au cas par cas, à évaluer les impacts locaux et globaux, immédiats et différés d'une situation ou d'un projet touristique, de l'aval à l'amont d'une filière, avec une approche de type développement durable, et sur au moins les bases suivantes :

  • État initial des lieux : il inclut des données économiques, sociales, foncières et environnementales (état actuel des écosystèmes, potentiel écologique s'il s'agit d'un site déjà dégradé)[réf. nécessaire];
  • Évaluation de la vulnérabilité du milieu naturel et des populations : dans certains cas, le tourisme est source d'un choc culturel ou peut induire des risques sanitaires par contact de pathogènes non reconnus par le système immunitaire d'une population autochtone longtemps isolée, ou du touriste lui-même..) face au tourisme et à ses conséquences secondaires. La vulnérabilité des milieux impose d'étudier sa capacité à cicatriser (résilience écologique), s'il est exposé à une fréquentation accrue (afin que celle-ci n'atteigne pas les limites de la surfréquentation ou de la surexploitation des milieux, notamment dans le cas du tourisme sportif[réf. nécessaire].
  • Des mesures de précaution, compensatoires et conservatoires sont mises en œuvre et évaluées, pour limiter et compenser ces impacts sur la qualité de vie des populations locales et sur l'environnement. Ce principe peut inclure une écotaxe ou une « éco-contribution »[2] financière, reversée pour réparer les dégâts environnementaux et pour la qualité de vie des populations locales[réf. nécessaire].

Le tourisme durable fait partie d'une cible de l'Objectif de développement durable no 12 de l'ONU[réf. nécessaire].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Canoë-kayak dans les gorges de l’Isère, en aval d’Aime en Tarentaise, Savoie.(Photo prise le 12 juin 2011)
Oisillons dans un nid
Tétras lyre

Le tourisme de masse présente un risque de dégradation de l'environnement qu'il s'agit de minimiser au maximum dans une démarche de protection de l'environnement, incluant notamment la protection des espèces végétales et animales en voie de disparition, objectifs que se donne le tourisme durable.

Ainsi, le tourisme de type « sport-nature » ou impliquant certaines activités pratiquées dans la nature (randonnée, canyoning, escalade, canoë-kayak, deltaplane, camping sauvage, ski de randonnée, etc.) peut avoir des impacts significatifs, par exemple sur les oiseaux nicheurs ou la reproduction des poissons, des animaux des berges et lisières massivement fréquentées par les touristes ; de même qu'en montagne, où le dérangement est une des causes importantes de raréfaction ou de disparition d’espèces animales comme le Tétras lyre[3].

Le tourisme littoral pose des problèmes particuliers, comme la plaisance, la plongée sous-marine, la pêche (halieutique) et des afflux souvent massifs et saisonniers de touristes[réf. nécessaire].

Il en va de même pour le tourisme rural, dans des zones où le foncier est essentiellement privé, et où les animaux domestiques ou les cultures peuvent parfois souffrir de la fréquentation de touristes non formés à la connaissance et au respect de ces éléments de la vie rurale[réf. nécessaire].

Tourisme et chasse sont souvent source de heurts et de difficultés en matière de gestion de la sécurité, notamment concernant les promenades en forêt ou en périphérie de forêt en fin d'été et en automne au moment de la chasse[réf. nécessaire].

Le tourisme hivernal avec les sports d'hiver génère des impacts environnementaux importants via l'urbanisme touristique, la consommation d'espace, le déboisement pour la création de pistes, le détournement de ressources en eau, par exemple pour alimenter les canons à neige, le dérangement de la faune à une période difficile de l'année, etc[4].

Enfin, le tourisme implique des déplacements motorisés de plus en plus fréquents, et en particulier en automobile et en avion, deux moyens de transports parmi les plus polluants et ayant le plus d'impact climatique[réf. nécessaire]. Le tourisme « classique » augmente la demande en infrastructure et en particulier en parkings, routes et autoroutes dont l'impact en termes de fragmentation écologique ne cesse de croître, et dont l'impact en termes de roadkill semble pouvoir être très exacerbé par le tourisme[réf. nécessaire].

Le tourisme durable cherche à valoriser des transports plus sobres, l'usage du train et du vélo en particulier. Il cherche aussi à valoriser les produits locaux et limiter les infrastructures à fort impact environnemental[5].

L'importance des touristes européens dans le Monde[modifier | modifier le code]

Venise filmée depuis les canaux en 2002.
Affiche du festival Icare du tourisme responsable de Brive la Gaillarde
Le Salon international de l'écotourisme, du voyage solidaire et participatif - Grenoble 2018

Aux alentours de l'an 2000, le tourisme était la première des activités de services en Europe, première destination touristique au monde, avec 60 % du total des visiteurs. Il y assurait 9 millions d'emplois directs, répartis dans 2 millions d’entreprises, à 98 % constituées de moins de 250 salariés.

La France, l'Espagne et l'Italie sont respectivement première, troisième et quatrième destination mondiale, les États-Unis arrivant deuxième.

Les touristes internationaux en Europe sont à 88 % des européens et en majorité de cette origine dans le reste du monde.

Les très importants impacts environnementaux du tourisme pourraient s'accroître car les voyages ont tendance à être moins longs mais plus fréquents et emmenant les voyageurs plus loin.

La récente crise liée à la Covid19 est en passe de modifier considérablement, et probablement durablement ces données qu'il conviendra de réactualiser lorsqu'elle appartiendra au passé.

Les initiatives de l'Union Européenne et prévisions[modifier | modifier le code]

La Charte européenne du tourisme durable dans les espaces protégés[modifier | modifier le code]

Une Charte européenne du tourisme durable dans les espaces protégés (CETD)[6] a été créée en 1995 par la Fédération Européenne des Espaces Protégés (EUROPARC)[7], dans l'objectif d’intégrer le tourisme durable dans les sites naturels, de valoriser, faire découvrir et protéger l’environnement.

Elle comporte plusieurs volets. Le volet 3 concerne les tours opérateurs et les agences de voyages qui développent leurs activités dans les espaces protégés.

Aujourd'hui, plusieurs Parcs nationaux et naturels régionaux sont signataires de cette charte. Afin de mettre en application le volet 3 de la CETD, les parcs nationaux ont créé Esprit Parc[8], et les parcs naturels régionaux : Valeurs parc[9].

Les opérateurs de voyage ayant présenté un dossier complet sont évalués in-situ et "labellisés" dès lors qu'ils remplissent les critères.

En matière de tourisme durable, ces deux labels[10] représentent les seuls à ne pas avoir été conçus par des organismes privés afin de mettre en avant leur propre démarche.

Les prévisions de 2001

Alors que le traité de Maastricht de 1992 ne formulait qu'une vague allusion au tourisme[11], les premières réflexions dans l'Union européenne sur le tourisme durable se sont renforcées au cours d'une conférence réunie à l'initiative de la présidence luxembourgeoise en 1997[11]. Geoffrey Lipman, président de l'Organisation mondiale du tourisme déclare alors " Si vous avez trop de touristes, vous finirez par avoir un problème, à la place d'un bénéfice ! "[11].

Vers la fin de l'année 2000, le tourisme durable devient une préoccupation au centre de deux congrès : l'un, fin novembre à Lille (Nord), réunissant des professionnels dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, le second, début décembre, à Chamonix[11]. Lors du congrès à Lille Margarita Najera Aranzabal, maire de Calvia (Baléares) fait forte impression en déclarant recevoir chaque année plus de 2 millions de visiteurs et en reconnaissant que ce tourisme de masse avait « rapidement généré des problèmes » dès les années 1980[11]. Le document de synthèse de la conférence se prononce pour "encourager une politique de développement touristique durabl " avec une liste d'une quinzaine de chantiers potentiels[11].

Peu après, en 2001, l’Organisation mondiale du tourisme prévoit que sur une période de vingt ans, entre 2000 et 2020, le tourisme allait augmenter d'environ 10 %, en grande partie par le biais d'un doublement des arrivées internationales en Europe, à 717 millions par an contre 393 millions en 2000[11]. Cette prévision a incité l'Europe à réfléchir aux impacts[12].

L'Agenda 21 du tourisme européen se donne 4 objectifs[13] :

  1. Prévenir et réduire les impacts territoriaux et environnementaux du tourisme dans les destinations ;
  2. Maîtriser la croissance des transports liés au tourisme et ses effets négatifs sur l’environnement ;
  3. Encourager un tourisme favorable à un développement local durable maîtrisé par les acteurs du secteur ;
  4. Promouvoir un tourisme responsable, facteur de développement social et culturel.

Pour ce faire, il prévoit d' associer tous les acteurs concernés (administrations et leurs agences, comités et observatoires du tourisme, chambres consulaires de commerce et d'industrie, partenaires sociaux, industries impliquées (Hôtellerie/hébergement, restauration, loisirs, culture, transports, tours-opérateurs et agences de voyages), les services d'information (guides, accompagnateurs), chercheurs (universités et autres organismes de recherche), consultants, associations de consommateurs, d'usagers, et de conservation de la nature, organismes financiers, banques et assurances.

Les initiatives depuis 2020[modifier | modifier le code]

En 2020, dès la fin du premier confinement, un collectif composé d'acteurs et de scientifiques reconnus, lance une pétition intitulée "Pour que l'après COVID19 favorise des voyages soutenables, durables et responsables"[14]. Elle définit les enjeux du futur, notamment la lutte contre le greenwashing (verdissement) par certains acteurs se référant au secteur, et le lancement de la compensation territoriale© [15].

Cette même année, du fait de la crise du Covid 19, et dans l'anticipation d'une reprise qui sera longue pour les salariés et entrepreneurs du tourisme, l'Union européenne et le Parlement européen ont voulu relancer ce secteur sinistré sans tarder, grâce à des recommandations mettant en lumière l'utilité concrète pour les Européens du tourisme durable. Le but est alors de « valoriser des destinations et des entreprises » afin de promouvoir les pratiques d'un tourisme « respectueux de l’environnement et socialement responsable ». L'Union européenne et le Parlement européen souhaitent en cette occasion que les entreprises, petites et grandes, contribuent par des propositions concrètes à un débat prévu à la rentrée 2020[16].

L'une des premières étapes a été la conférence "European Tourism Convention" organisée le par l'équipe de la députée européenne française Karima Delli, présidente de la commission tourisme et transport, en lien avec la Commission européenne. Une dizaine d'agences de voyage de différents pays d'Europe[17] ont voulu en cette occasion promouvoir le concept de "séjour Slow Tourism", déclinaison au tourisme du concept de "Slow Food", avec l'Agence française de la biodiversité[16] et décrire des expériences pilote dans un ouvrage[16].

Un mois et demi plus tard, le nombre de voyagistes a doublé, une vingtaine réunis derrière ce qui est devenu un "Manifeste européen pour un tourisme durable"[18] de voyagistes globalement déçus par cette conférence du [18]. Le , il est présenté par Jean-Luc Madinier, fondateur de Sardaigne en liberté, membre de l'Association des Voyageurs et Voyagistes Éco-responsables[19] et de l'Association italienne du tourisme responsable, et Prosper Wanner, fondateur d'Oiseaux de passage, membre d'Acteurs du tourisme durable[20], l'un des un réseau nationaux regroupant associations et entreprises du tourisme durable, créé en 2011 par Mathieu Duchesne et divers journalistes. Le réseau permet à des collectivités de devenir "destination touristique durable" comme ce fut le cas pour le département de Haute-Garonne[21], à condition que les salariés y soient formés au tourisme durable.

Les voyagistes signataires du "Manifeste européen pour un tourisme durable" interviennent devant la commission tourisme et transport du parlement européen. Ils reçoivent le soutien du journal L'Echo Touristique[18]. Leur manifeste est présenté à tous les députés européens qui doivent les auditionner aux côtés des représentants des voyagistes, l'European Travel Agents' and Tour Operators' Associations (ECTAA) et de l’hôtellerie (HOTREC)[18]. Des fonctionnaires de la Commission européenne et une quinzaine de députés représentant « plusieurs États membres et un large éventail politique » les auditionnent[18] et ils formulent six propositions de coopération, ainsi que des amendements au rapport sur le tourisme durable de la députée portugaise Cláudia Monteiro de Aguiar[22],[18].

Leurs propositions font valoir que le tourisme durable ne peut « se limiter à un tourisme sans avion » et insistent sur les « circuits courts avec le monde agricole local », une compensation carbone à impact direct sur les secteurs d'accueil plutôt que reversant quelques euros[18]. Ils illustrent le fait que la pandémie a accentué un fossé constaté entre des offres touristiques conçues pour la seule clientèle internationale et les besoins d’accueillir d'autres publics : soignants, télétravailleurs, rapatriés, personnes en quarantaine ou vulnérables[18], ou concernées par l’essor du voyage de proximité[18].

D'autres acteurs du tourisme durable, en revanche, n'adhèrent pas au principe de la compensation carbone, qui, telle qu'elle est organisée à ce jour par les voyagistes qui la pratiquent revient à s'octroyer un "droit à polluer[23]" car les émissions dues aux transports utilisés ont bien eu lieu. Cette position est également celle de scientifiques reconnus[24].

En 2021, ont débuté, et vont se dérouler jusqu'en septembre, les États généraux de la transition du tourisme en montagne, organisés par l'association Mountain Wilderness. De nombreux acteurs de terrain y participent, ce qui est à noter car ils ont été régulièrement exclus des démarches citées précédemment. Ainsi le Syndicat National des Accompagnateurs et Montagne[25], et le Syndicat National des Moniteurs de Ski figurent parmi ces derniers.

Le lancement de ces États généraux a eu lieu dans la station de Métabief (Jura)[26].

Les pays innovants dans le tourisme durable[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

En 2004, l'Association "Agir pour un tourisme responsable" (ATR), a été créée par un regroupement d'agences d'aventure. Elle a lancé une certification, destinée aux opérateurs de voyages respectant certains critères, garantis par l'AFNOR. Elle est aujourd’hui dirigée par Julien Buot[27]. Actuellement seize entreprises françaises ont été labellisées par un nouveau label garanti par Ecocert[28].

Dès sa création de fortes oppositions se sont créées à l'encontre de cette démarche, elles perdurent jusqu'à aujourd'hui[29]. L'un des points d'achoppement étant constitué par la question des guides employés par ces agences, soulevée par le Collectif Coprels (Collectif pour un encadrement légal et sécurisé) [30].

Un peu plus tôt, en 1998, un groupe de personnes issues du tourisme rural, du développement local et de l'économie sociale et solidaire avait eu l'idée de la création de l'association Tourisme et développement solidaire[31] puis effectué en 1999 les premiers séjours tests dans le village de Doudou au Burkina Faso.

Ensuite, une Charte nationale d'éthique du tourisme, a été élaborée par le gouvernement avec l'Union nationale des associations de tourisme et de plein air[32].

En 2007, L'Association des Voyageurs et Voyagistes Éco-responsables (V.V.E), tout juste créée, a édité la Charte des voyageurs éco-responsables©[33] dans le but d'inciter les voyageurs à modifier leurs comportements et à avoir un regard sur les conséquences de certains d'entre eux. Car, très souvent, ces derniers ne sont juste pas conscients des effets induits d'attitudes qu'ils ne jugent pas néfastes, mais qui cumulées en nombre le deviennent.

En 2010, l'association organisa le premier Forum National du Tourisme Responsable (FNTR)[34], invitant tous les acteurs identifiés du secteur, mais également des anthropologues et scientifiques. Ils furent 65 intervenants à débattre durant trois jours à Chambéry.

La même année, sous l'égide le l'Association Territoires Responsables, présidée par Alain Laurent (aujourd'hui disparue), et de V.V.E, a été créée la notion de compensation territoriale©, déposée à l'INPI par Messieurs Alain Laurent, Pascal LLuch (aujourd'hui décédé) et Jean-Pierre Lamic[35]

Depuis, sa mise en œuvre est difficile, car elle suppose la constitution d'un comité d'experts scientifiques, et le soutien de l'ensemble des acteurs du secteur, ce qui est freiné par diverses ambitions personnelles et des divergences de vues, notamment à propos de la compensation carbone préférée par certains voyagistes. L'association Cybelle planète est le premier voyagiste européen à avoir clairement affiché à ce jour sa volonté d'y participer[36].

En 2012, V.V.E a organisé le second FNTR[37] à Montpellier en lien avec les universitaires de la ville, et au-delà (Mende, Perpignan, etc.).

Le Salon international de l'écotourisme, du voyage solidaire et participatif[38], organisé également par V.V.E s'est tenu à Grenoble en décembre 2018. En modifiant l'intitulé de l'événement, les organisateurs cherchaient à toucher le grand public, l'un des principaux enjeux, et le plus difficile à réaliser.

Au cours de cet événement ont eu lieu les premières rencontres internationales de l'écovolontariat ; elles donnèrent naissance à la Charte de l'écovolontaire©[39] faisant suite à la Charte de l'écovolontariat© créée en 2015[40].

La crise sanitaire causée par le Covid 19 et les aides financières aux professionnels, qui sont devenues indispensables pour leur survie[27], a par ailleurs en France accéléré la réflexion née lors des "Entretiens de Vixouze" de et consacrés au tourisme du futur[41] sur la notion de « surtourisme »[27] et son corollaire, celle de « tourismophobie »[27], qui ont émergé dans des endroits très fréquentés par les visiteurs étrangers, qu'il s'agisse du temple cambodgien d’Angkor ou des grands parcs nationaux aux USA, mais aussi dans de grandes capitales européennes où les habitants supportent de plus en plus mal ces afflux de touristes[42], tendance qui s'est retrouvée sur tous les continents[42],[27]. En cette occasion, l’association Acteurs du tourisme durable (ATD) a publié au printemps un "Manifeste pour un plan de transformation du tourisme"[27]. Ses membres expérimentent de nouvelles pratiques ou espèrent le faire après le confinement[27] et ne veulent plus mesurer les performances d’une destination « seulement par le nombre de nuitées et le montant des dépenses des visiteurs », selon son président Guillaume Cromer[27].

L'association V.V.E ne partage cependant pas certains points dudit manifeste, notamment les trois premiers, représentant des intentions difficilement chiffrables et réalisables, à son avis.

Le concept de "Tourisme durable" a séduit aussi dans plusieurs écoles de commerce françaises, telles que l’Edhec[43], qui a pris en compte que la crise sanitaire causée par le Covid 19 a constitué « un aiguillon professionnel et existentiel » pour certains de ses futurs diplômés[43], et qui a décidé d'organiser des ateliers spécialisés[43], pour accompagner les élèves qui souhaitent s’engager dès le début de leur future carrière commerciale dans des secteurs comme celui-ci[43] en s'inspirant du succès d'un ancien élève, Stanislas Gruau, sorti de l’école en 2009[43], qui avait abandonné un poste dans le commerce pour fonder une agence de voyages d’aventures responsables, ayant parié sur la clientèle du grand public attiré par le tourisme durable[43].

Il est à noter cependant, qu'en dépit de ces avancées, la France reste très en retard sur la question en raison de nombreux freins : désintérêt et méconnaissance des pouvoirs publics, gouvernance inappropriée et éclatée, absence de considération pour les acteurs de terrain, communication tout juste naissante de la part des entités les plus concernées : Parcs naturel régionaux et nationaux, syndicats représentant les accompagnateurs en montagne, ou enseignants des loisirs sportifs ; à l'inverse, présence trop importante sur ces sujets de voyagistes aux valeurs non prouvées, et labellisations multiples aux critères trop souvent définis en fonction d'intérêts particulier[44].

Italie[modifier | modifier le code]

L'Association italienne du tourisme responsable[45],[32] a produit une charte nationale regroupant 63 associations et coopératives œuvrant dans le tourisme durable. Elle comptait 86 membres en 2009 et s’est impliquée via le voyagiste Sardaigne en liberté dans la valorisation de l'âne sarde comme figure de la randonnée en Sardaigne, à travers les chemins de transhumance, depuis la reconnaissance de transhumance en Sardaigne et en Italie par l'UNESCO.

Cependant, il est à noter de sévères disparités dans le pays, notamment en raison de sa division en provinces. Si la Sardaigne et la Calabre présentent des réalisations remarquables, il en va tout autrement en Sicile par exemple, notamment dans les iles Éoliennes en général, et sur le Stromboli, livré aux intérêts privés, en particulier.

Suède[modifier | modifier le code]

La Suède a été le premier pays européen à créer son propre écolabel de tourisme durable[46]. Appelé "Naturens Bästa" et lancé en 2002 lors du "rassemblement international de l’écotourisme"[46], il propose une liste de voyagistes, de circuits et d’activités qui garantissent le respect de certaines conditions éthiques et environnementales, basées sur six principes de base[46]: respect des lieux et de leurs limites géographiques, soutien aux économies locales, préservation de la nature et des cultures locales, promotion de la connaissance, qualité et sécurité de chaque voyage[46].

Espagne[modifier | modifier le code]

Sur le terrain l'Espagne est très en avance dans de nombreuses régions (Catalogne, Minorque, îles Canaries, etc.) notamment dans le domaine de l'écotourisme.

Le gouvernement est en cours d'élaboration d'une stratégie de tourisme durable à l'horizon 2030, sous une forme participative associant les différentes "comunidades autonomas", c'est-à-dire les différentes provinces. Il s'agit de transformer peu à peu le tourisme de "soleil et plages" en tourisme plus soutenable, tout en maintenant un maximum d'emplois et sa position sur le marché mondial.

Cuba[modifier | modifier le code]

L'image donnée à ce pays par la presse nationale, voire internationale, n'est pas celle-ci. Pourtant Cuba a développé un remarquable réseau d'aires protégées composées de réserves naturelles, parcs nationaux, paysages naturels protégés, réserves écologiques, refuges pour la faune, et réserves floristiques[47]. En outre, la démarche effectuée dans le cadre de leur mise en tourisme, lorsqu'elle est permise, correspond aux standards de l'écotourisme : analyse et recensement des biotopes ou espèces à protéger par des scientifiques, à partir desquels est calculée la capacité de charge (touristique)[48] du lieu. Dans le cas où des infrastructures d'accueil : pavillon, hébergements, etc., doivent être construits, ils le sont en fonction de cette donnée, et la plupart du temps avec des matériaux naturels pour des édifices de type paillotes. Ces parcs ou réserves sont ensuite donnés en gestion à des personnes issues de la région, formées à cet effet, leur garantissant un emploi stable et pérenne[49]. Par ailleurs le pays qui subit un embargo depuis 60 ans, importe très peu, pas d'engrais chimiques, et a donc développé une économie de proximité.

Cependant, en raison de divers particularismes, pratiquer un tourisme se voulant durable à Cuba nécessite une bonne connaissance préalable du pays et du réel niveau de vie des habitants[50].

Année internationale[modifier | modifier le code]

L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a décrété l'année 2017 : « Année internationale du tourisme durable pour le développement »[51].

Atelier voyage responsable 31.jpg

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. voir la bibliographie, les liens externes de cet article et les figures 1 et 2, page 10 du document, qui présente les différentes formes de tourisme durable (ONU 2002)
  2. L'écocontribution est une des préconisations de France Nature Environnement (FNE), notamment portée aux 3e rencontres nationales du routisme et des loisirs sportifs de nature, septembre 2007, Besançon, voir Lettre FNE no 228 pages
  3. « État des lieux de la nature dans les Alpes et les Cévennes – Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie », sur jne-asso.org (consulté le )
  4. Jean-Pierre Lamic, Sports d'hiver durables : les pistes du possible, Yves Michel, (ISBN 978-2-913492-80-6 et 2-913492-80-0, OCLC 717225982, lire en ligne), p. 57 - 62
  5. Le Media du voyage durable, « États généraux de la transition du tourisme en montagne : acte 1 | Le Média du Voyage Durable », sur levoyagedurable.media, (consulté le )
  6. « Charte Européenne du tourisme durable dans des espaces protégés. Parlement Européen Bruxelles », 7. 12 .2015
  7. « http://www.parcs-naturels-regionaux.fr/partenaires/europarc »
  8. « Esprit parc national - La marque des parcs nationaux de France », sur www.espritparcnational.com (consulté le )
  9. « Valeurs Parc naturel régional, la marque collective au réseau des Parcs », sur Fédération des Parcs naturels régionaux (consulté le )
  10. Le Media du voyage durable, « Parcs naturels et parcs nationaux : l’exception qui confirme la règle | Le Média du Voyage Durable », sur levoyagedurable.media (consulté le )
  11. a b c d e f et g "Tourisme et développement durable" par François Bostnavaron, dans Le Monde du 18 décembre 2000 [1]
  12. Rapport intitulé « Vers un Agenda 21 européen du tourisme », sur « la promotion de la protection de l’environnement et du développement durable en matière de tourisme » (2001)(fr) (46p)
  13. p11/46 du rapport (cité ci-dessus)
  14. « Pour que l'après COVID19 favorise des voyages soutenables - Médiaterre », sur www.mediaterre.org (consulté le )
  15. Mediaterre, « La Compensation territoriale© représente-t-elle la solution à l'après Covid19 ? - Médiaterre », sur www.mediaterre.org, (consulté le )
  16. a b et c "Pistes et propositions pour un tourisme durable et solidaire en Europe" par Prosper Wanner, le 26 octobre 2020, surVoyageons Autrement [2]
  17. Les oiseaux de passage (France), Sardaigne en Liberté (Italie), Centro Español de Turismo Responsable (Espagne), Anderswo (Allemagne), For Family Reisen (Allemagne), Women Fair Travel (Allemagne), ReNatour (Allemagne), Familien Reiseblog, Planet Hibbel (Allemagne), Ekitour (France), Chemin solidaires (France), Babel voyage (France), Positive Puglia – Sustainable Travel (Italie)
  18. a b c d e f g h et i Tribune : manifeste européen pour un tourisme durable", article dans le journal L'Echo Touristique du 27 novembre 2020 [3]
  19. « Association | VVE Ecotourisme », sur www.vve-ecotourisme.com (consulté le )
  20. « Accueil Acteurs du Tourisme durable | Tourisme durable », sur www.tourisme-durable.org (consulté le )
  21. "La Haute-Garonne va devenir une destination touristique durable" dans La Dépêche le 09/02/2021 [4]
  22. "Establishing an EU Strategy for Sustainable Tourism" rapport sur le tourisme durable de Cláudia Monteiro de Aguiar, 6 mars 2020 [5]
  23. Jean-Pierre Lamic, « Compensation carbone des voyages : un droit à polluer ? | Le Média du Voyage Durable », sur levoyagedurable.media, (consulté le )
  24. Augustin Fragnière, La compensation carbone illusion ou solution ?, Suisse, P.U.F, , 208 p. (ISBN 978-2-13-057750-8, 2-13-057750-4 et 978-2-13-074072-8, OCLC 1225108734, lire en ligne)
  25. Le Média du voyage durable, « Le SNAM rejoint les États Généraux de la transition du tourisme en montagne | Le Média du Voyage Durable », sur levoyagedurable.media (consulté le )
  26. Le Média du voyage durable, « États généraux de la transition du tourisme en montagne : acte 1 | Le Média du Voyage Durable », sur levoyagedurable.media, (consulté le )
  27. a b c d e f g et h "Voyager responsable : vers la fin du tourisme de masse ?", par Sébastien Desurmont, le 23/11/2020 dans Géo [6]
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  29. Jean-Pierre Lamic, Tourisme durable : de l'utopie à la réalité, Chambéry, Kalo taxidi, , 440 p. (ISBN 978-2-490038-06-0 et 2-490038-06-0, OCLC 1129118243, lire en ligne), p. 341 - 353
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  31. « Les grandes étapes du tourisme solidaire », L'Humanité, 3 septembre 2004.
  32. a et b "Un autre tourisme est-il possible ?: Éthique, acteurs, concepts, contraintes, bonnes pratiques, ressources" par Marie-Andrée Delisle et Louis Jolin, en 2008 aux Presses de l'Université du Québec (PUQ) [7]
  33. Association des voyageurs et voyagistes éco-responsables, « Nos chartes | VVE Ecotourisme », sur www.vve-ecotourisme.com (consulté le )
  34. Association des voyageurs et voyagistes éco-responsables, « Le Forum National du Tourisme Responsable 2010 | VVE Ecotourisme », sur www.vve-ecotourisme.com (consulté le )
  35. Le Média du voyage durable, « http://levoyagedurable.media/articles/quest-ce-que-la-compensation-territorialec », sur www.mediaterre.org (consulté le )
  36. Le Media du voyage durable, « Compensation territoriale@ : Cybelle Planète, premier opérateur de voyages en Europe à y souscrire ! | Le Média du Voyage Durable », sur levoyagedurable.media (consulté le )
  37. Association des voyageurs et voyagistes éco-responsables, « Le Forum National du Tourisme Responsable 2012 | VVE Ecotourisme », sur www.vve-ecotourisme.com (consulté le )
  38. Association des voyageurset voyagistes éco-responsables, « Sol & Écotourismo 2018 | VVE Ecotourisme », sur www.vve-ecotourisme.com (consulté le )
  39. Le Media du voyage durable, « La charte de l’écovolontaire(©Cybelle Planète) | Le Média du Voyage Durable », sur levoyagedurable.media, (consulté le )
  40. Cybelle Planète, « Charte éthique de l'écovolontariat », sur www.cybelle-planete.org (consulté le )
  41. "L’urgence de concilier voyage et développement durable" par Annie Kahn, dans Le Monde du 31 août 2018 [8]
  42. a et b Selon le cabinet de conseil McKinsey, cité par le quotidien Le Monde, dans une étude consacrée à la gestion de la surpopulation dans les destinations touristiques [9]
  43. a b c d e et f "A l’Edhec, finance verte et tourisme durable pour une nouvelle génération d’étudiants"Par Sophie Viguier-Vinson le 21 novembre 2020   dans Le Monde [10] 
  44. Le Média du voyage durable, « Tourisme durable en France : après 15 ans de blabla, au moins autant de retard sur les pays qui avancent… | Le Média du Voyage Durable », sur levoyagedurable.media, (consulté le )
  45. Site officiel de l'Association italienne du tourisme responsable [11]
  46. a b c et d "Naturens Bästa : le premier écolabel d’Etat vient de Suède" par Mélusine Lau, le 7 janvier 2016 sur Voyageons autrement [12]
  47. (es) Vacuba.com, « Parques nacionales en Cuba », sur VaCuba, (consulté le )
  48. Jean-Pierre Lamic, Tourisme durable : de l'utopie à la réalité, Chambéry, Kalo taxidi, , 440 p. (ISBN 978-2-490038-06-0 et 2-490038-06-0, OCLC 1129118243, lire en ligne), p. 251 - 256
  49. Jean-Pierre Lamic, « Écotourisme et tourisme solidaire à Cuba, une réalité ? - Association Cuba Cooperation France », sur cubacoop.org, (consulté le )
  50. Le Média du voyage durable, « Écotourisme et voyage responsable à Cuba – Comment faire ? | Le Média du Voyage Durable », sur levoyagedurable.media (consulté le )
  51. « Organisation Mondiale du Tourisme OMT | Institution spécialisée des Nations Unies », sur www2.unwto.org (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Tourisme durable en montagne, ouvrage collectif, AFNOR éditions, 2007
  • revue Téoros
    • Liste d'articles sur le sujet, dont
    • Michèle Laliberté, « Le tourisme durable, équitable, solidaire, responsable, social…: un brin de compréhension », Téoros, vol. 24, no 2,‎ , p. 69-71 (lire en ligne).
  • Laurence Dupont, Le guide de l'écovolontariat : 200 adresses pour agir pour la planète dans le monde entier, des astuces pour bien choisir sa mission d'écovolontariat..., Publishroom factory, (ISBN 979-10-236-1383-4, OCLC 1194559382)
  • Jean-Jacques Fasquel, Carnets de wwoofing : partager le quotidien des fermes bio, Mens, Terre vivante, (ISBN 978-2-36098-345-2, OCLC 1085129705)
  • Jean-Pierre Lamic, Tourisme durable : de l'utopie à la réalité, Chambéry, Kalo taxidi, , 440 p. (ISBN 978-2-490038-06-0, OCLC 1129118243)
  • Jean-Pierre Lamic (préf. Sylvie Brunel), Sports d'hiver durables : les pistes du possible, Chambéry, Le Souffle d'or, , 284 p. (ISBN 978-2-913492-80-6, OCLC 717225982)
  • Alain Laurent, Tourisme responsable, Clé d'entrée du développement territorial durable : Guide pour la réflexion et l'action, Chronique sociale, , 511 p. (ISBN 978-2-85008-728-8, OCLC 470948273)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Chartes[modifier | modifier le code]

Institutions[modifier | modifier le code]