Doom metal

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Doom metal

Origines stylistiques Heavy metal (celui de Black Sabbath en particulier)
Origines culturelles Europe
Au milieu des années 1970
Instruments typiques Guitare, basse, batterie, synthétiseur
Popularité Insubstantielle

Genres dérivés

Death/doom, drone, funeral doom, sludge/doom, stoner/doom

Genres associés

Heavy metal, rock psychédélique, stoner rock, gothic metal, dark metal

Le doom metal est un sous-genre du heavy metal qui tire ses origines dans le heavy rock, le proto doom rock et le heavy rock psychédélique des années 1960 et 1970 et émergea dans les années 1980. Caractérisé principalement par des sonorités lourdes et des tempos allant le plus souvent du lento au moderato, a contrario du reste du metal alors en recherche de vélocité et d'agressivité, le doom metal a fusionné avec d'autres sous-genres durant les années 1990 avant de connaître un regain de popularité relatif depuis les années 2000. Il comprend à présent plusieurs courants plus ou moins distincts aux caractéristiques spécifiques.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup de sous-genres du heavy metal, le doom metal comprend une instrumentation basée principalement sur la voix, la guitare électrique, la basse électrique et la batterie. L'usage des claviers est également de mise dès les années 1980 et plus ou moins répandue depuis selon les divers courants du doom metal où d'autres caractéristiques peuvent être préférées, notamment pour l'utilisation de la voix.

Les tempos de type lento sont assez répandus mais ne constituent pas une caractéristique de base au genre qui a toujours utilisé principalement des mid-tempos (moderato) et même l'allegro. Le registre instrumental est généralement assez grave afin de donner une impression de lourdeur et créer une ambiance pesante en rapport aux textes souvent désespérés, et l'utilisation du mode mineur est de rigueur pour y parfaire (voir l'utilisation de l'atonalité dans certains groupes). Le son des guitares est généralement très saturé, l'utilisation d'effets comme le fuzz est très répandu. Le but recherché est donc la lourdeur et la puissance.

Les caractéristiques vocales sont des techniques de chant clair empruntées au heavy rock et au heavy metal, avec une prédilection pour un timbre nasillard (hérité principalement de Ozzy Osbourne et Burke Shelley). Cependant il ne s'agit pas d'une règle et de nombreux groupes, notamment amalgamés à d'autre genres depuis les années 1990, usent de techniques allant du grognement (grunt - death metal) au hurlement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Racines du mouvement[modifier | modifier le code]

Black Sabbath eut une influence importante sur les groupes pionniers de doom metal.

Les racines du doom metal sont diverses selon les pays et dates d'émergences. Elles se situent surtout dans le heavy blues (Cream, Blue Cheer), le heavy rock (Sir Lord Baltimore, Budgie), le proto-doom (Toad, Night Sun) et le heavy rock psychédélique (Iron Butterfly, Vanilla Fudge) des années 1960 et 1970. Mais l'histoire montre que Black Sabbath reste l'influence principale de la majorité des groupes de doom metal, plus particulièrement leurs trois premiers albums (Black Sabbath, Paranoid et Master of Reality).

Dans les années 1980, après la déferlante NWOBHM et l'essor d'un heavy metal de plus en plus speed, des groupes tels que Saint Vitus, Trouble puis Candlemass choisissent le retour aux sources de la musique heavy avec un son plus lourd et massif, sans renier les apports plus récents, et accèdent à une certaine notoriété dans les circuits underground auprès d'un public Metal moins demandeur de rapidité et désireux de réentendre une musique à la fois mélodique et puissante. En 1986, le groupe Candlemass sort son premier album nommé Epicus Doomicus Metallicus, popularisant ainsi le terme Doom Metal auprès du public et le fidélisant pour la première fois autour de cette étiquette.

Au début des années 1990, à la suite de formations doom metal plus extrêmes comme Death Mask et Dream Death, le groupe britannique Cathedral se pose en précurseur d'une hybridation doom metal/death metal avant d'opter pour une tendance stoner metal.

Le label discographique allemand Hellhound Records (en), actif de la fin des années 1980 jusqu'à la seconde moitié des années 1990 est d'une importance capitale dans le développement du doom metal. Des groupes majeurs se font enfin connaître internationalement et peuvent dès lors jouir d'une relative exposition dans la presse spécialisée grâce à une distribution plus large de leurs albums. C'est le cas de Saint Vitus, Count Raven, The Obsessed, Revelation, Unorthodox, Iron Man, Blood Farmers ou encore Internal Void.

Diversification[modifier | modifier le code]

À la toute fin des années 1980, plusieurs groupes (Winter, Necro Schizma, disEMBOWELMENT et une partie du death metal néerlandais) commencent à utiliser les ambiances lourdes du doom metal avec le style vocal et la musicalité du death metal, sous-genre alors tout juste naissant. Les trois groupes phare de ce mouvement, baptisé death/doom, sont les trois groupes britanniques Paradise Lost, My Dying Bride et Anathema. Ces groupes usent alors d'une esthétique et de thématiques gothiques, s'éloignant à la fois du death metal de leurs débuts et de leurs influences doom metal. Ce courant sera largement vulgarisé par des groupes comme Novembers Doom, Saturnus, Morgion ou Katatonia.

Au fil des années 1990 l'essor du death/doom popularise le sous-genre au sein du heavy metal et une vague de groupes apparaît progressivement avec la médiatisation grandissante. Parallèlement à cette mode, d'autres courants combinant d'autres sous-genres au doom metal font leur apparition dans l'underground : le sludge doom (hybride de hardcore, metal et doom metal, avec des groupes tels que Crowbar et Iron Monkey ), le funeral (forme plus atmosphérique du death/doom, avec des groupes tels que Thergothon et Skepticism), le stoner/doom (hybride de stoner rock et doom metal, avec des groupes tels qu'Acrimony et Sleep), le drone (musique expérimentale mettant l'accent sur la lourdeur, avec des groupes comme Earth et Sunn O)))), ainsi que des formes de black metal plus lentes associés populairement au death/doom (des groupes tels que Deinonychus ou Tristitia.

De nos jours, le style de doom metal originel est appelé doom traditionnel, il est communément admis qu'il regroupe aussi en son sein le doom dit épique, popularisé notamment par Candlemass dès leur deuxième album, Solitude Aeturnus, Solstice ou encore Forsaken (faisant un pont direct entre doom, heavy metal et power metal). S'il est resté relativement confidentiel dans les années 1990 malgré des groupes actifs comme Count Raven, Penance et la vague du Maryland, il connut un renouveau dans les années 2000 grâce à quelques groupes comme Reverend Bizarre, The Gates Of Slumber et Warning, au moment où le death/doom commençait à s'essouffler et que les deux courants sludge et drone gagnaient en popularité.

Sous-genres[modifier | modifier le code]

Au fil de son développement, le mouvement doom metal a donné naissance à plusieurs sous-genres, dont le drone doom, l'epic doom, le sludge doom, et le stoner doom[1].

Avantgarde doom[modifier | modifier le code]

L'avantgarde doom est un sous-genre qui rassemble des groupes de doom metal aux styles indéfinissables, atypiques et expérimentaux, avec des petites touches artistiques. Quelques exemples sont Esoteric et Unholy. L'avantgarde doom peut aussi inclure des groupes d'avant-garde metal qui ne sont pas doom metal au sens strict du terme, mais qui ont des connexions et/ou des influences depuis/vers le doom metal. Ces groupes peuvent aussi être classés en tant que sludge atmosphérique ou sludge mélodique. Mais la plupart des groupes de ce sous-genre ont évolué vers ce qui est décrit comme du post-metal, qui est largement influencé par le son de l'avantgarde doom et du sludge doom.

Black/doom[modifier | modifier le code]

Le black/doom est une combinaison des éléments du black metal et du doom metal. Comme dans le funeral doom, les thèmes tournent souvent autour de la nature, de la mélancolie, de la tristesse ou encore de la dépression. La musique est caractérisé par l'utilisation de cris propres au black metal, des riffs de black metal ou de doom metal soumis à une distorsion ainsi que des riffs de guitare clean. Des exemples de groupes généralement associés à ce sous-genre sont Dolorian, Mourning Dawn, Beatrik, Dark Inferna, Nortt, Forgotten Tomb et Cantar. D'autres groupes de black metal expérimental comme Agalloch sont arrivés à un style similaire. Apparemment, ce sous-genre du doom metal s'est développé à la fin des années 1990.

Death/doom[modifier | modifier le code]

Le death/doom (ou "doom-death") est un mélange des éléments du death metal, en particulier le grunt associé avec le genre, et de la lenteur du doom metal. Beaucoup considèrent Cathedral comme le pionnier du sous-genre avec son album Forest of Equilibrium. Cela dit, comme indiqué plus haut dans l'article, Winter, un an auparavant, avait aussi mixé death metal et doom. Généralement, les trois groupes reconnus pour avoir fait évoluer le sous-genre sont My Dying Bride, Paradise Lost, et Anathema (sur leurs deux premiers albums, Serenades et The Silent Enigma) sans oublier d'autres précurseurs comme disEMBOWELMENT, Paramaecium, Morgion, Thorr's Hammer, Katatonia… Il faut néanmoins distinguer metal gothique et death/doom, bien que les précurseurs de ces deux mouvements aient été les mêmes.

Drone doom[modifier | modifier le code]

Article connexe : Drone (musique).

Le drone doom est un sous-genre du doom metal nommé d'après la technique musicale du bourdon (drone en anglais). Aussi connu sous le nom de drone metal, le drone doom est un genre encore plus minimaliste et inaccessible que le funeral doom. Généralement influencée par la musique bruitiste et la musique ambiante, la musique du drone doom n'est souvent composée que de guitares et de basses graves soumises à distorsion, généralement avec beaucoup de reverbe appliquée au mixage final. Les thèmes clairs (mélodiques) sont rares dans ce style. Les morceaux de drone doom sont généralement longs : leur durée moyenne est généralement entre dix minutes et une demi heure. Certains CD de drone doom ne comptent qu'une seule piste. Un exemple est Sun Baked Snow Cave, un album de Boris et Merzbow, d'une durée totale de 62 minutes. Le chant et la batterie sont souvent absents, et la musique manque souvent de rythme au sens traditionnel. Comme dans le funeral doom, le drone doom met généralement l'accent sur le désespoir et le vide, bien que des thèmes cryptiques et apocalyptiques soient aussi fréquents. La création du drone doom en tant que sous-genre est souvent attribuée à Stephen O'Malley, l'innovateur du genre très influencé par Earth, qui a participé avec beaucoup d'actes du même genre, y compris Burning Witch, Khanate et Sunn O))). Sunn O))) et leur prédécesseur Earth peuvent être considérés comme les deux groupes les plus influents du style.

Exemples de groupes de Drone

Doom épique[modifier | modifier le code]

Le doom épique est comparable au doom traditionnel, avec de plus fortes influences médiévales et/ou fantastiques dans les paroles. Celles-ci sont chantées d'une manière beaucoup plus narrative, épique, et parfois même théâtrale. Le doom épique est inspiré principalement du metal traditionnel comme Manowar et Iron Maiden, ainsi que par Black Sabbath. Les groupes les plus influents jouant de ce style sont Candlemass et Solitude Aeturnus. Un certain nombre de groupes qui ont adopté ce style venaient de la région du West Yorkshire, en Angleterre, vers la fin des années 1990.

Funeral doom[modifier | modifier le code]

Le funeral doom est un style qui pousse la lenteur du doom metal à l'extrême et met l'accent sur une atmosphère de désespoir et de vide. Ce style peut être vu comme un départ du death/doom, ralentissant la musique encore plus, et incorporant fréquemment des influences de la musique ambiante, en créant un son qui est distordu et apeurant, mais souvent aussi rêveur. Les paroles sont généralement growlées, beaucoup plus effacées par les instruments que dans les autres styles et plutôt utilisées comme une texture additionnelle. Ce style fut d'abord fondé par Thergothon, puis plus tard repris par Skepticism et Funeral. Des exemples modernes sont Evoken, Monolithe, Mournful Congregation, Shape of Despair, Worship, ou encore Tyranny.

Sludge doom[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sludge metal.

Combinant les riffs lents et le pessimisme du doom metal avec l'approche directe et les cris du hardcore, le sludge doom est aux frontières du doom metal et du punk. Bien que les premiers groupes de sludge eussent plus l'apparence de groupes de stoner rock, ils n'avaient pas le regard positif sur la vie des musicien du stoner rock. Ils chantaient des textes typiquement centrés sur la misère, la haine et le nihilisme. Des exemples de groupes sont Eyehategod, Corrupted, Grief, Buzzov.en, Soilent Green, Cavity, Acid Bath, Iron Monkey et Crowbar. Ces thèmes lyriques sont spécifiques au "sludgecore" et n'ont généralement rien à voir avec ceux utilisé dans les autres genres de doom metal.

Stoner doom[modifier | modifier le code]

Le stoner doom est un style musical hybride entre le doom traditionnel et le stoner rock. Parmi les groupes caractéristiques du genre on peut citer Cathedral, Sleep, Electric Wizard, Acid King, High on Fire, Om et YOB.

Doom traditionnel[modifier | modifier le code]

Le doom 'traditionnel' est le doom metal dans sa forme la plus pure. C'est un metal lent, basé sur des riffs fortement influencés par Black Sabbath ainsi que le NWOBHM. Quatre vagues ont été jusque là reconnues dans l'histoire du doom traditionnel. La première commença avec les originateurs du genre, les groupes proto-doom Black Sabbath et Pentagram. La seconde vague était au milieu des années 1980 surtout dans les travaux de Saint Vitus, Trouble, Witchfinder General, Pagan Altar, The Obsessed et Candlemass. La troisième vague commença avec le succès du premier album de Cathedral, Forest of Equilibrium. Citons aussi Count Raven et toute la vague des groupes du Maryland: Spirit Caravan, Iron Man, Unorthodox, Revelation, Wretched, Internal Void… La dernière vague fut la plus récente et est souvent associée aux groupes tels que Reverend Bizarre, Warning, The Lamp Of Thoth, The Gates Of Slumber

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Chad Bowar, « Description des sous-genres du metal », About.com (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

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