Christianisme en Chine

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Cet article traite du christianisme en république populaire de Chine.

Les statistiques du "Chinese Spiritual Life Survey" pour l'an 2010 ont trouvé 33 millions de chrétiens sur 1,3 milliard d'habitants (2,4%), 30 millions protestants et 3 millions catholiques[1]. Une analyse des religions des provinces à majorité chinoise Han réalisée par les "Chinese Family Panel Studies" pour l'an 2012 a trouvé 1,8% de protestants et 0,4% de catholiques dans cette population[2]. Ces chrétiens se divisent entre les églises officiellement reconnues par l'État et des églises non enregistrées.

Histoire[modifier | modifier le code]

haut : Matteo Ricci, Adam Schaal, Ferdinand Verbiest ; bas : les deux premiers convertis : un ministre et sa petite-fille

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire du christianisme.

Le nestorianisme fut introduit en 635, par le biais du prêtre Alopen, qui fait construire une église à Chang'an en 638, événement transmis par la Stèle nestorienne de 781[3]. Les nestoriens chinois furent persécutés sous le règne de Tang Wuzong, au IXe siècle.

Au XIIIe siècle, les franciscains, à la suite de Jean de Montecorvino, entamèrent parallèlement aux nestoriens une activité missionnaire à laquelle le gouvernement Ming mit fin au début du XIVe siècle.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Saint François Xavier fut à l'origine de la première mission jésuite vers la Chine en 1552. Il mourut cependant cette année-là sur l'île de Sancian, sans avoir atteint le continent.

En 1555, le Dominicain Gaspar de la Croix, originaire d’Évora et religieux du couvent d'Azeitao[4], et l’un des douze dominicains qui passèrent les premiers du Portugal aux Indes, réussit à pénétrer dans l’empire chinois[5],[6].

En 1582, la Compagnie de Jésus tenta de nouveau de gagner la Chine, avec succès cette fois. Elle introduisit la science occidentale, les mathématiques et l'astronomie. En 1601, l'un des jésuites installés en Asie, Matteo Ricci, se rendit à Pékin. Les jésuites entreprirent une évangélisation par le haut en s’intégrant au groupe des lettrés. Ils y obtinrent des conversions, mais donnèrent l’impression d’avoir des objectifs cachés, et le christianisme fut bientôt déclaré « secte dangereuse ». La Querelle des Rites leur porta le coup de grâce ; en 1773, le Pape ordonna la clôture de leurs missions.

XIXe siècle à nos jours[modifier | modifier le code]

Dès les années 1830, les missionnaires lazaristes, à partir de leur base de Macao, implantèrent des communautés chrétiennes dans une semi-clandestinité. En 1844, dans un acte additionnel au traité de Whampoa, la France obtint du gouvernement impérial un semblant de légalisation[7].

Au milieu du XIXe siècle, après la Première guerre de l'opium (1842), les missions catholiques reprirent et les protestants se joignirent en force, particulièrement les méthodistes, dans les zones côtières. Le chef de la révolte des Taiping s’inspira partiellement des enseignements des missionnaires pour construire l'idéologie de son mouvement. Jusqu'à l'avènement de la République populaire de Chine, de nombreux échanges culturels sino-occidentaux se firent par l'intermédiaire des missions chrétiennes, qui fondèrent des institutions éducatives.

Le christianisme est de nouveau légal depuis 1978, mais uniquement dans le cadre d’« associations patriotiques » sous contrôle de l’État. Le Vatican reconnaissant toujours la République de Chine (Taïwan), l’Association patriotique catholique chinoise a dû désavouer officiellement le Pape. Les éléments les plus actifs du christianisme seraient les « églises à domicile » (très majoritairement protestantes évangéliques) qui, bien qu'elles ne fonctionnent plus dans la clandestinité et l'illégalité, sont objet de méfiance. Dans ces conditions, l’estimation du nombre de pratiquants est une entreprise hasardeuse.

« Catholicisme » a été traduit par « École du Seigneur du Ciel » (tianzhujiao 天主教) et « protestantisme » (présent essentiellement sous ses versions anglo-saxonnes) par « École du Christ » (jidujiao 基督教). Il est fréquent que les Chinois, en majorité peu familiers du christianisme, considèrent que ces deux confessions adorent des dieux différents.

Au Tibet[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Christianisme au Tibet.
L'église catholique de Cizhong près de la rivière de Lancang (Mekong) à Cizhong, dans la Province du Yunnan, Chine. Elle a été construite par un missionnaire français au milieu du XIXe siècle, mais a été brûlé pendant le mouvement anti-étranger en 1905, et reconstruite dans les années 1920.[réf. nécessaire] Les membres de l'église sont principalement des Tibétains. La région étant ethniquement diverse, il y a aussi six autres groupes ethniques, les Han, Naxi, Lisu, Yi, Bai et Hui.

En 2011, 11 chrétiens ont été arrêtés par la police chinoise à Lhassa, constituant peut-être la première persécution de chrétiens dans la région autonome du Tibet selon ChinaAid. Selon Song Xinkuan, un chrétien de la province de Henan arrêté le 7 octobre à Lhassa, la police a répété que « la religion chrétienne était non seulement illégale au Tibet mais constituait un prétendu culte qui sapait l'unité ethnique et la stabilité sociale »[8].

Catholicisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catholicisme en Chine.

Actuellement, deux Églises catholiques coexistent en Chine, qui tendent à se rapprocher de plus en plus : l'Église patriotique, officielle, dont le clergé est directement nommé par le Parti Communiste ; et l'autre, Église souterraine dont les évêques sont secrètement nommés par le Vatican.

La Chine populaire et le Saint Siège n'ont, jusqu'à maintenant, pas encore établi de relations diplomatiques, malgré les tentatives réitérées des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI. La nonciature reste donc encore à Taïwan.

Église orthodoxe[modifier | modifier le code]

Les Eluosi, transcription phonétique de « Russe », sont une minorité ethnique russe de religion orthodoxe. Au nombre de 13 000[réf. nécessaire], ils habitent dans le Heilongjiang, le Xinjiang et la Mongolie-Intérieure.

Autres confessions[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Handbook of Christianity in China. Volume One: 635-1800, (Handbook of Oriental Studies: Section 4 China), Edited by Nicolas Standaert, Brill: Leiden - Boston 2000, 964 pp., (ISBN 978-9004114319)
  • Handbook of Christianity in China. Volume Two: 1800 - present. (Handbook of Oriental Studies: Section 4 China), Edited by R. G. Tiedemann, Brill: Leiden - Boston 2010, 1050 pp., (ISBN 978-90-04-11430-2)
  • Guillaume Arotçarena, Paul Jobin, Jean-François Sabouret, Démocratie, modernité et christianisme en Asie, Les Indes savantes, 2009, 208p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 2010 Chinese Spiritual Life Survey conducted by the Purdue University’s Center on Religion and Chinese Society. Statistics published in: Katharina Wenzel-Teuber, David Strait. People’s Republic of China: Religions and Churches Statistical Overview 2011. Religions & Christianity in Today's China, Vol. II, 2012, No. 3, p. 29-54, (ISSN 2192-9289).
  2. The World Religious Cultures 2014: 卢云峰:当代中国宗教状况报告——基于CFPS(2012)调查数据.
  3. René Grousset, Histoire de la Chine, Club des Libraires de France, , (.pdf) 344 p. (présentation en ligne, lire en ligne)
  4. Apologie des Dominicains missionnaires de la Chine ou response au livre du Pere Le Tellier Jesuite, 1700
  5. L'Evangélisation de l'Indochine
  6. Le christianisme en Chine, en Tartarie et au Thibet, tome 2, Père Huc
  7. Evariste Huc, L'empire chinois, chapitre 2, 1854, réédition Omnibus 2001
  8. Arrestations de chrétiens au Tibet par les autorités chinoises, Le Monde et Reuters, 13 décembre 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]