Christianisme en Arabie saoudite

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Les chrétiens d'Arabie saoudite sont une minorité religieuse dans ce royaume. Ce sont principalement des expatriés établis dans le pays (Philippins, Indiens, Libanais, Palestinien, Irakiens, Syriens, Égyptiens, Jordaniens, Maghrébins, Européens, Américains, Suisses, etc.) mais il existe aussi des Saoudiens convertis au christianisme. Ils sont estimés à 1,5 million, soit environ 4 % de la population.

Histoire ancienne[modifier | modifier le code]

Le christianisme dans l'actuelle Arabie Saoudite commence à se répandre, surtout au sud de la péninsule, à partir de 80 après Jésus-Christ, dans les régions de Najran, de l'Asir. Il est importé de l'empire éthiopien, chrétien de longue date, et du Yémen voisin, plus ou moins vassal de l'Abyssinie (Ethiopie), alors pays à forte communauté chrétienne au sein de sa population. Plus tard, l'Ethiopie est le premier pays chrétien à donner l'asile à de nombreux musulmans persécutés par les Mecquois aux débuts de l'islam, avant la conquête et la soumission de la ville de La Mecque.

Au nord du pays, le christianisme arrive par les commerces caravaniers et caravanes parties de Syrie, certainement dans les premières années du christianisme, entre 33 et 45 après Jésus Christ. Le royaume des Nabatéens, au nord, devient chrétien. L'influence des chrétiens, alors présents en Mésopotamie (actuelle Irak), n'était pas aussi négligeable.

Avant 622, et la naissance de l'islam, si les Arabes d'Arabie étaient fétichistes ou animistes, dans les proportions de 80 à 85 % de la population, 10 à 15 % étaient juifs ou chrétiens. On trouvait des chrétiens autant chez les nomades que chez les citadins. L'importance des chrétiens était visible chez les commerçants caravaniers du nord du pays. Le Coran retient de nombreuses figures de la Bible : Jésus Christ, Moïse, Abraham, etc. alors que les autres croyances animistes et fétichistes de la péninsule ne retenaient aucune figure de la Bible et étaient sans liens avec les juifs et les chrétiens.

En 1986, à Jubail, ont été découvertes les fondations d'une église chrétienne nestorienne.

Histoire récente[modifier | modifier le code]

En 1932, lors de la naissance de l'Arabie Saoudite, l'islam du nouveau Royaume, très influencé par le Wahhabisme, particulièrement intolérant envers les juifs et les chrétiens encore présents, va voir les départs de nombreux chrétiens vers l'Irak ou la Jordanie. Les derniers juifs partent pour Israël, vers 1947-1949, surtout les juifs de Najran et de l'Asir.

Le a lieu une visite du roi saoudien Abdallah au Vatican. Il rencontre le pape Benoît XVI[1].

Politique religieuse et législation[modifier | modifier le code]

L'islam est la religion d'État. Aucune pratique religieuse non musulmane n'est autorisée en public et est même très difficile en privé. Il existe néanmoins des paroisses plus ou moins cachées ainsi que des groupes organisés.

L'importation et l'impression de matériel religieux non musulman sont interdites.

Les chrétiens n'ont le droit d'aller ni à La Mecque ni à Médine.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

L'Arabie saoudite est formellement rattachée au vicariat apostolique d'Arabie septentrionale de l'Église catholique romaine, dont le siège est au Koweït.

Le , le quotidien d’information britannique The Guardian a fait part de discussions en cours pour la construction d'une église catholique à Riyad[2].

, Le cheikh Abdul Aziz ben Abdallah, le grand mufti d'Arabie Saoudite, a déclaré qu'« il est nécessaire de détruire toutes les églises de la région ». Le mufti a basé sa décision sur un hadith rapportant que sur son lit de mort, Muhammad a déclaré : « Il ne doit pas y avoir deux religions dans la péninsule [arabe] »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]