Église catholique en Chine

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L’Église catholique en Chine (en chinois simplifié : « 天主教会在中国, Tiānzhǔ Jiào huì zài zhōngguó » littéralement « religion du Seigneur des cieux en Chine » ), désigne la communauté locale catholique et son organisme institutionnel en Chine[1].

Bien que depuis toujours le Vatican stipule[2] qu'il n’y a qu’une seule Église en Chine et que depuis septembre 2018, le Saint-Siège a le pouvoir d'opposer son veto à tout évêque recommandé par la Chine, dans les faits, depuis 1957 le gouvernement chinois a essayé de nationaliser l’Église, obligeant les prêtres et évêques chinois désirant rester fidèle au Saint-Siège, de vivre clandestinement, créant en conséquence une deuxième Église dite « souterraine ».

Cette Église souterraine, bien qu'elle couvre tout le territoire de la Chine, n'est donc pas une église nationale soumise à une juridiction nationale, mais est une union de communautés locales, qui en 1949 (date de la dernière mise à jour des annuaires pontificaux suite à l'interdiction [3] ,[4] ,[5],[6] de l'Église par le gouvernement chinois) étaient rassemblées en 150[7] diocèses (20 archidiocèses métropolitain, 85 diocèses et 39 préfectures apostoliques), répartis en 20 provinces ecclésiastiques, soumises à la juridiction universelle du pape, évêque de Rome, au sein de « l'Église universelle[8] ». Ses évêques clandestins ne peuvent prendre le risque de se réunir dans une instance de concertation, et n'ont donc pas de « conférence épiscopale »[9] .

L'Église dite « patriotique de Chine », « officielle » ou « Association patriotique des catholiques chinois » est une église nationale crée en 1957[Lien à corriger] et soumise à une juridiction nationale, le gouvernement chinois qui jusqu'à septembre 2018 refusait de reconnaître une autorité étrangère, celle du Saint-Siège, en nommant ses évêques sans demander l'avis du Saint-Siège. Cependant certains de ses évêques affirmaient secrètement leur fidélité au Saint-Siège qui reconnaissait régulièrement ses nominations[10]. Le Congrès national des représentants catholiques élit les représentants de l’« Association patriotique catholique chinoise » et de la « Conférence des évêques de Chine »[11].

Les estimations du nombre de catholiques « patriotiques » et « clandestins » sont très variables étant donné que la majeure partie sont en même temps secrètement dans les deux églises, rendant complexe toutes mesures statistiques. L’ensemble des catholiques des deux églises sont minoritaires dans une population de 1,3 milliards d'habitants, majoritairement athées (35,3%), bouddhistes (18,2%) ou ayant une religion populaire (21,9%) [12]. Selon l'Agence d'information des missions étrangères de Paris, il y avait en 2010[13], 5 710 000 catholiques[14] en République populaire de Chine. D'autres sources estiment qu'il y aurait entre 12 et 14 millions de Chinois catholiques[15].

Historiquement, l'Église catholique en Chine se développa réellement à partir des premières missions jésuites au XVIe siècle et fut autorisée jusqu'à l’avènement en 1949 de la République populaire de Chine qui interdit toute ingérence étrangère dans le fonctionnement des religions[3].

Histoire du catholicisme en Chine jusqu'à l'avènement de la République populaire[modifier | modifier le code]

Les pères Matteo Ricci, Adam Schaal, Ferdinand Verbiest, Paul Siu, colao ou Premier ministre d'État, Candide Hiu, petite-fille du Colao Paul Siu.

Premières traces[modifier | modifier le code]

Les plus anciennes traces de christianisme dans la civilisation chinoise est la présence de chrétiens nestoriens du VIIe siècle, attestée par une stèle retrouvée en 1625 à Chang'an (Xi'an), dite la « stèle nestorienne ». Une première mission franciscaine avec Jean de Montecorvino est présente en Chine entre le XIIIe siècle et le XVIe siècle, durant la dynastie mongole des Yuan. Ceux-là ont dû partir lorsque la dynastie a été renversée. Le christianisme prêché alors ne se préoccupait pas de questions d'inculturation.

Mission jésuite en Chine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mission jésuite en Chine.

Saint François Xavier fut à l'origine de la première mission jésuite vers la Chine en 1552. Il mourut cependant cette année-là sur l'île de Sancian, sans avoir atteint le continent. En 1582, la Compagnie de Jésus tenta de nouveau de gagner la Chine, avec succès cette fois. Elle introduisit la science à l'occidentale, les mathématiques et l'astronomie. En 1601, l'un des jésuites installés en Asie, Matteo Ricci, se rendit à Pékin. Les jésuites entreprirent une évangélisation par le haut en s’intégrant au groupe des lettrés. Ils y obtinrent des conversions, mais donnèrent l’impression d’avoir des objectifs cachés, et le christianisme fut bientôt déclaré « secte dangereuse ». La Querelle des Rites leur porta le coup de grâce ; en 1773, le pape ordonna la clôture de leurs missions.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les missions catholiques reprirent au milieu du XIXe siècle avec les lazaristes (dont une figure notable est Jean-Gabriel Perboyre), ou encore les jésuites[16], et surtout après la première guerre de l'opium, dans les zones côtières. Le chef de la révolte des Taiping s’inspira partiellement des enseignements des missionnaires pour construire l'idélogie de son mouvement. Des émeutes xénophobes ont lieu régulièrement contre les concessions étrangères et en premier lieu contre leurs œuvres sociales (massacre de Tientsin par exemple), fondées par les missionnaires. Le point culminant est atteint avec la révolte des Boxers en 1900 et les cinquante-cinq jours de Pékin. Les pavillons noirs sèment la terreur. De plus le pays, frappé par la pauvreté et la violence, est régulièrement ravagé par des inondations, typhons, disettes, famines, épidémies de peste ou de choléra, consommation de psychotropes (opium) et par le phénomène des infanticides (notamment féminin). Chaque crise est l'occasion d'accuser dans la population les « diables de chrétiens ».

De 1900 à 1949[modifier | modifier le code]

Séminaristes chinois d'une mission jésuite du Tché-Ly en 1900.

Jusqu'à l'avènement de la République populaire de Chine, de nombreux échanges culturels sino-occidentaux se font par l'intermédiaire des missions chrétiennes, qui fondèrent des institutions éducatives, des hôpitaux, des dispensaires, des orphelinats, des asiles de vieillard, des sanatoriums, des universités (comme la célèbre université l'Aurore), des ateliers dans le domaine du bâtiment, de la mécanique, de la charpenterie, des imprimeries, des organes de presse, et également des domaines agricoles, etc.

La France occupe la première place en Chine depuis la fin du XIXe siècle en nombre de missionnaires. Par exemple les évêques (à la tête des vicariats apostoliques et donc recrutant la majorité de leurs missionnaires) sont au nombre de 57 en 1926; parmi eux 25 sont Français, 11 Italiens, 4 Hollandais, 5 Espagnols, 5 Allemands, 4 Belges, 1 Portugais et 2 Chinois[17]. La politique du Saint-Siège et de Pie XI est d'accélérer dès les années 1920 l'indigénisation du clergé (comme le prévoyait le père Vincent Lebbe) et surtout de donner une hiérarchie chinoise, le tournant étant l'année 1946[18]. En 1926, les évêques issus des Missions étrangères de Paris (et donc leur clergé missionnaire formant dans leurs séminaires des prêtres chinois) étaient au nombre de 13; les évêques issus des lazaristes 12; des franciscains 9, des scheutistes 6; des jésuites 3; des Missions étrangères de Milan 3; des dominicains 2; des verbistes 2; des capucins 1; des augustiniens 1; des bénédictins 1, des Missions étrangères de Parme 1; des Missions étrangères de Rome 1[19] et du clergé séculier 1 [20]. En 1922, une délégation apostolique est érigée en Chine dont le premier délégué est Mgr Costantini. Il préside en 1924 le « concile de Shanghai » qui regroupe les évêques missionnaires (dont le fameux Mgr de Guébriant favorable à une plus grande prise de responsabilité du clergé chinois) afin de mettre en avant l'urgence de la meilleure formation du clergé chinois et de l'obligation de consacrer des évêques chinois, face à la propagation de l'idéologie communiste qui gagne du terrain et la concurrence des missions protestantes. En octobre 1926, Pie XI consacre à Rome les six premiers évêques chinois. En 1928, le Saint-Siège reconnaît enfin la nouvelle république de Chine.

On estime qu’il y avait, avant octobre 1949 (date de la prise de pouvoir du régime communiste dans tout le pays), une douzaine de sociétés missionnaires de plus de dix pays[21]. Parmi les cent trente-sept diocèses dans le pays, seules vingt-neuf étaient gérés par des évêques chinois. Le pays comptait alors trois millions de pratiquants catholiques, concurrencés par les missions protestantes issues souvent de pays anglophones et disposant de fonds financiers plus importants. Tous les missionnaires du pays sont chassés entre 1949 et 1953.

La République populaire de Chine et les associations patriotiques[modifier | modifier le code]

Tous les missionnaires du pays sont chassés entre 1949 et 1953, certains sont emprisonnés ou trouvent la mort. La politique de persécution des religions et du christianisme en particulier se poursuit jusque dans les années 1980-1990, pour laisser la place à une politique autoritaire de contrôles et de restrictions administratives, les emprisonnements ne se faisant plus qu'à la marge. La période 1966-1980 avec la révolution culturelle est la plus sévère pour les pratiquants chinois avec la fermeture des lieux de culte et l'éradication systématique de toute référence religieuse dans la société maoïste de l'époque.

1949-1957[modifier | modifier le code]

En 1949, la Chine devient communiste et déclare officiellement[22] avoir un athéisme d'État. La Chine n'a donc plus de religions d'État ni officielles et verse dans la persécution religieuse[23]. Malgré cette interdiction du gouvernement chinois, quelques millions de Chinois restent fidèles au Saint-Siège et forment une Église souterraine ou « clandestine ».

D'un point de vue structurel, l’avènement de la République populaire de Chine avec son gouvernement communiste qui considérait la religion comme « opium du peuple » va mettre en place une politique de persécution systématique des religions ː déportation dans des camps, emprisonnement et parfois condamnations à mort. Le régime va très vite s’organiser (entre 1949 et 1952, les missions sont surtaxées et les missionnaires rapidement expulsés).

Concernant les relations entre les catholiques et le Saint-Siège, les autorités mettent en place dans les années 1950 un mouvement dit « patriotique » (comme dans d'autres pays communistes par exemple en Tchécoslovaquie, mais en Chine cette formule rencontre un certain succès), souhaitant que les Églises catholiques chinoises soient gérées par les Chinois eux-mêmes, en dehors de la tutelle du Vatican.

En 1957, certains catholiques chinois quittent l'Église souterraine pour former l'« Église patriotique de Chine » dite « officielle » en s'affiliant à une association nationale, l'« Association catholique patriotique de Chine » mise en place à Pékin par les autorités chinoises qui ne reconnaissent pas l'autorité du Saint-Siège.

La Révolution culturelle lancée en 1966 va accélérer l'éradication des religions. Les religions sont vivement opprimées, et on peut observer une dissension au sein du catholicisme de Chine entre ceux qui obéissent à Rome et ceux qui obéissent à l’Église patriotique.

1978-2000[modifier | modifier le code]

La politique d'ouverture et de modernisation inaugurée par Deng Xiaoping au troisième plénum du XIe Congrès du Parti en décembre 1978, permet un changement important dans les rapports de l'État communiste avec les religions. Ainsi cinq religions ont été officiellement reconnues : le bouddhisme, l'islam, le taoïsme, le protestantisme et le catholicisme, car elles sont fondées sur des Écritures canoniques et enseignent une discipline morale. Les croyants ont ainsi été invités à participer à la modernisation de la Chine. Cependant là encore cette ouverture ne doit se faire que dans le cadre d’« associations patriotiques », qui ne sont pas gérées et organisées directement par l’État, mais sous son contrôle, toute critique de la politique ou du régime étant très sévèrement sanctionnée. De plus l’Association patriotique catholique chinoise doit officiellement désavouer le pape.

En 1982, l'article 36 de la Constitution stipule que « Les groupements religieux et les affaires religieuses ne sont assujettis à aucune domination étrangère » autorisant ainsi autorisant l'Église dite « patriotique de Chine », mais interdisant l'Église souterraine.

Selon la terminologie officielle des autorités chinoises, l'indépendance du christianisme chinois est préservée contre toute ingérence étrangère (expression qualifiant Rome). L'article 36[3] de la Constitution de la République populaire de Chine met en garde les religions contre la soumission à toute « domination étrangère » et en fait vise à assujettir toutes les religions au contrôle gouvernemental. Ceci vise les catholiques en particulier dont la liberté religieuse est dans les faits rendue impossible.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Les relations restent très tendues entre le régime chinois et le Saint-Siège. Cependant Benoît XVI, dans une lettre de mai 2007, demande l’unité des catholiques de Chine[24], ne reconnaissant pas la division entre les « deux Églises de Chine », l’une patriotique, l’autre clandestine. On peut cependant constater que cette lettre a été censurée en Chine par le gouvernement[25]. On estime en 2007 qu'il y a entre douze et quatorze millions de catholiques en Chine, cette estimation n'étant pas exacte du fait de la non prise en compte des catholiques dit « clandestins », de l'augmentation de la population chinoise, mais aussi du contrôle du gouvernement chinois[26].

De 2006 à 2010, on observe une forme d'apaisement relatif, tous les nouveaux évêques sont consacrés avec la double approbation des autorités chinoises et du Saint-Siège. Parallèlement, des évêques qui avaient été consacrés sans l’accord du pape reconnaissent son autorité et obtiennent son approbation. Le schisme semble sur le point de se résorber[27]. Mais la situation se détériore à nouveau à partir de 2010, l'Association patriotique des catholiques chinois commençant à mettre à exécution sa menace d'effectuer une dizaine d'ordinations illicites d'évêques. Une première ordination a lieu en novembre 2010, une seconde prévue en juin 2011 est temporairement reportée grâce à la pression des fidèles et aux protestations du secrétaire de la congrégation pour l'évangélisation des peuples, le Chinois Savio Hon Tai-Fai[28]. Elle a finalement lieu et est suivie d'autres, provoquant une réponse musclée du Vatican, qui rappelle que de telles ordinations entraînent une peine automatique d'excommunication (latae sententiae) pour les nouveaux consacrés, et pour les consécrateurs s'ils n'ont pas agi sous la contrainte[27].

Après cette période de réchauffement, l'Église catholique chinoise fait de nouveau face à des mesures de rétorsion de la part du régime. Désigné en 2012 à la suite d'un compromis entre l'« Église officielle » et l'« Église souterraine », Thaddeus Ma Daqin devient évêque. Il annonce néanmoins rapidement son retrait de l'Association patriotique, organe permettant au Parti communiste de contrôler les catholiques. Il est par la suite arrêté, le séminaire où il travaillait, fermé, puis envoyé à Shanghaï suivre des cours de socialisme, un « lavage de cerveau » explique l'un de ses amis[29].

En septembre 2018, un accord est signé entre le Saint-Siège qui a reconnu sept évêques de l'Église patriotique et la Chine qui ne nommera plus d'évêques sans l'accord du Vatican[30].

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • "monseigneur" Fang Xingyao est le président de l'Association patriotique au niveau national[31]
  • Yue Fusheng est vice-président de l'Association patriotique et représentant de la province du Heilongjiang. il est excommunié par l'Église en juillet 2012[32],[33].
  • Paul Lei Shiyin est l'un des vice-présidents de l'Association patriotique[34]. Il est excommunié latae sententiae par le Vatican en juillet 2011 après s'être fait consacrer évêque sans mandat pontifical, mais est reconnu en tant qu’évêque de Leshan par l'Association et l'Église officielle[35],[36].

Relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et le Vatican[modifier | modifier le code]

L'église du Sauveur (Xishiku) à Pékin

Le gouvernement de la République populaire de Chine refuse de reconnaître le Vatican et pose deux conditions préalables à l'établissement de relations diplomatiques. Le Saint-Siège devrait d'abord rompre avec le gouvernement de la République de Chine installé à Taïwan. Il devrait ensuite renoncer à toute ingérence dans les affaires intérieures chinoises. Ce dernier point formalise en fait l'interdiction de la nomination des évêques en Chine par le Saint-Siège, ce dernier suivant l'avis en général des communautés locales.

Le samedi est finalement signé un premier accord entre le Saint-Siège et la république populaire de Chine en présence de Mgr Antoine Camilleri et Wang Chao vice-ministre des affaires étrangères de Chine. La salle de presse du Saint-Siège précise que cet accord n'est pas politique mais se veux pastoral car il ouvre la porte aux nominations d'évêques reconnus par le pape et la Chine. L'accord prévoit aussi la reconnaissance par le pape de sept évêques chinois nommés avant le début de son pontificat[30].

Églises de Chine ?[modifier | modifier le code]

Le fait qu’il y ait des catholiques qui reconnaissent le pape, et d’autres qui ne le reconnaissent pas tend à montrer qu’il y a deux Églises catholiques en Chine. Cependant le pape Benoît XVI, qui refuse cette division[2], reconnaît régulièrement les nominations des évêques de l’Église dite officielle comme l'affirme Joseph Zen[10], tout en ne niant pas son autorité sur l’Église dite clandestine. Ainsi pour le pape il n’y a qu’une Église de Chine, cependant le caractère officiel de l’Église change dans la pratique beaucoup de choses pour les catholiques selon qu’ils appartiennent ou pas à l’Église officielle.

Benoît XVI est vivement préoccupé de la situation en 2010, à cause de l'ordination d'un évêque, le 20 novembre 2010 de l'Association patriotique sans le consentement de Rome[37], dans le diocèse de Chengde (Hebei). Cette ordination, qui fait suite à dix ordinations épiscopales en 2010 de l'Église officielle approuvée à la fois par le gouvernement chinois et par le Saint-Siège, brise le difficile consensus qui avait été adopté. Le pape emploie des expressions inhabituellement fortes qui contrastent avec les traditions diplomatiques du Vatican.

Diocèse de Hong Kong – Macao[modifier | modifier le code]

Le statut du diocèse de Hong KongMacao est très particulier, avant la Déclaration commune sino-britannique sur la question de Hong Kong et sa rétrocession en 1997, il était autonome et n'appartenait pas à la Chine dans la mesure où les deux villes étaient indépendantes. Aujourd'hui ce diocèse appartient officiellement à la Chine. Cependant la liberté religieuse y est beaucoup plus importante et les problèmes que l'on rencontre en République populaire de Chine n'existent pas dans la mesure où ces villes ont un statut particulier, ayant une très grande liberté religieuse. Les catholiques de Hong Kong fonctionnent comme la majorité des diocèses du monde, les évêques étant nommés par le pape et il n'y a pas d'Église clandestine. On estime à deux cent cinquante mille le nombre des catholiques que compte le territoire sur les sept millions d’habitants[38]. L'évêque émérite de Hong Kong, Joseph Zen Ze-Kiun, considéré comme très critique envers le régime communiste et comme un défenseur de la démocratie, a été nommé cardinal par le pape Benoît XVI le [39], afin de renforcer le poids des Chinois dans la hiérarchie catholique.

Église clandestine de Chine[modifier | modifier le code]

Le rejet officiel de l'autorité du pape explique l'existence de communautés catholiques « clandestines » qui refusent de se soumettre au contrôle et aux exigences de l'Association patriotique des catholiques. Ces clandestins dénoncent avec plus ou moins de vigueur les catholiques qui collaborent avec les autorités civiles et se soumettent aux directives de l'association patriotique.

Des organismes internationaux tels Amnesty International et Human Rights Watch, ou encore les Missions étrangères dénoncent les cas de tortures que les autorités infligent aux "Églises non officielles". En effet, les catholiques reconnaissant l'autorité du pape et refusant l'Église officielle sont persécutés et taxés de "sectes hérétiques", de la même façon que la totalité des cultes qui ne sont pas reconnus par le parti communiste chinois.

Église officielle de Chine[modifier | modifier le code]

L’Association patriotique des catholiques est chargée de faire le lien avec les organismes gouvernementaux et d'assurer le respect de la ligne politique officielle à l'intérieur de l'Église. Le contrôle de l'activité religieuse en Chine demeure sans doute très serré mais se développe considérablement depuis un quart de siècle[40]. Le Congrès national des représentants catholiques élit les représentants de l’« Association patriotique catholique chinoise » et de la « Conférence des évêques de Chine ».

On peut noter différentes situations au sein des personnes de l’Église officielle[41] : une partie des évêques des diocèses de l’« Église officielle » seraient nommés par l’Association patriotique catholique, mais ont demandé secrètement la reconnaissance de Rome et l’ont obtenue ; ils sont fidèles à Rome. Le nombre d’évêques dans cette situation serait important[42], mais il reste difficile à vérifier dans la mesure où il est tenu secret par le Vatican, qui a cependant reconnu officiellement l'existence de cette pratique[43]. Une autre partie des diocèses auraient un évêque nommé par l’Association patriotique catholique, sans l'aval du Saint-Siège et l'évêque ne demandant pas de reconnaissance (et se plaçant ainsi en marge de l'Église catholique).

Michael Fu Tieshan était le directeur de l'association patriotique chinoise.

Liste des diocèses officiels en Chine[modifier | modifier le code]

Il est important de souligner que ceci est la liste des diocèses de l'Église patriotique de Chine qui ne sont pas les mêmes que ceux mis en place par le Saint-Siège avant la période maoïste. Pour l'Église patriotique de Chine, il n'existe que des diocèses, alors que selon l'organisation originelle, il existe des archidiocèses, des diocèses, des vicariats apostoliques et des préfectures apostoliques, en nombre plus élevé que celui des diocèses de l'Église patriotique. Les évêques reconnus à la fois par Rome et le pouvoir chinois ont donc généralement deux titres, un au regard de l'organisation officielle, et un au regard du Saint-Siège. Par exemple l'archevêque de Pékin pour le Saint-Siège n'est qu'évêque de cette ville pour l'Église patriotique, et il existe des diocèses où l'évêque et ses auxiliaires pour le pouvoir chinois sont pour Rome titulaires de sièges épiscopaux séparés.

Évêques reconnus par Pékin et Rome[modifier | modifier le code]

Intérieur de la cathédrale catholique de l'Immaculée-Conception de Pékin en 2003.

Liste non exhaustive des prélats :

Cardinaux chinois[modifier | modifier le code]

Il y a eu dans l'histoire seulement sept cardinaux chinois. Dans l'ordre chronologique[45], il s'agit de :

Liste des cathédrales de Chine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des cathédrales de Chine.

Recensement non exhaustif des principales cathédrales de Chine[46].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rémy Lebold, Saint André Bauer : Jardinier, franciscain, martyr en Chine, Editions Franciscaines, coll. « Profils franciscains », (ISBN 978-2850203756)
  • Jean-Baptiste Piolet et Ch. Vadot, L'Église catholique en Indo-Chine, Hachette Livre BNF, coll. « Religion », 2013 - édition originale 1905 (ISBN 978-2012833609)
  • (en) Anthony E. Clark, China's Saints : Catholic Martyrdom During the Qing (1644-1911), Lehigh University Press, (ASIN B01M12I0J7)
  • (en) Luxian Luxian, William Hanbury Tenison et Anthony E. Clark, The Memoirs of Jin Luxian: Learning and Relearning, 1916-1982 by Luxian Luxian, Hong Kong University Press, (ASIN B01K0R4IHS)
  • Benoît Vermander, Les jésuites et la Chine : De Matteo Ricci à nos jours, Editions Lessius, coll. « Petite Bibliothèque Jésuite », (ISBN 978-2872992256)
  • Matteo Nicolini-Zani, Nos frères de Chine : Les communautés catholiques dans la Chine contemporaine, Parole et Silence, coll. « Doc Essai Signa », (ISBN 978-2845738362)
  • Dorian Malovic et Simon Leys (sinologue), Le Pape jaune : L'évêque de Shanghai, le jésuite Mgr Jin Luxian, Perrin, coll. « Asies », (ISBN 978-2262019501)
  • Jean Laporte, Les traditions religieuses en Chine, Cerf, coll. « Initiations », (ISBN 978-2204071383)
  • Mgr John Tong, Défis et espérance : témoignages de l'Église catholique en Chine, Editions de l'AED, coll. « Témoins », (ISBN 978-2905287205)
  • Claude Soetens, L'Église catholique en Chine au XXe siècle, Editions Beauchesne, coll. « L'histoire dans l'actualite », (ISBN 978-2701013497)
  • Jean-Marie Planchet, Les Missions de Chine et du Japon, Imprimerie des Lazaristes, Pékin, 1916-1933

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Quelques saints ou bienheureux de Chine[modifier | modifier le code]

Quelques missionnaires notables[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. République populaire de Chine, Taïwan exclu.
  2. a et b Lettre du Pape sur le site du Vatican : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/letters/2007/documents/hf_ben-xvi_let_20070527_china_fr.html.
  3. a b et c « Article 36 – Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté religieuse. Aucun organisme d'État, aucun groupement social, aucun individu ne peut contraindre un citoyen à épouser une religion ou à ne pas la pratiquer, ni adopter une attitude discriminatoire à l'égard du citoyen croyant ou du citoyen incroyant. L'État protège les pratiques religieuses normales. Nul ne peut se servir de la religion pour troubler l'ordre social, nuire à la santé des citoyens et entraver l'application du système d'enseignement de l'État. Les groupements religieux et les affaires religieuses ne sont assujettis à aucune domination étrangère. » http://mjp.univ-perp.fr/constit/cn1982.htm.
  4. « Chine Constitution de 1982 », sur mjp.univ-perp.fr, (consulté le 10 octobre 2018)
  5. (en) « Freedom in the World 2015 China », sur freedomhouse.org, (consulté le 2 octobre 2018)
  6. (en) « Bureau of Democracy, Human Rights and Labor International Religious Freedom Report for 2014 China », sur state.gov, (consulté le 3 octobre 2018)
  7. Annuario Pontificio 1949, Città del Vaticano : LEV
  8. « Catéchisme de l'Église Catholique », sur vatican.va (consulté le 10 octobre 2018)
  9. « L'observatoire de la liberté religieuse Chine », sur liberte-religieuse.org (consulté le 10 octobre 2018)
  10. a et b « En réalité, les Chinois font toujours plus référence au Saint-Siège : 85 % des évêques de l'Église officielle ont demandé et obtenu d'être reconnus par Rome », cardinal Zen, le 30 mai 2006 dans un entretien accordé au quotidien italien La Stampa.
  11. « Appel pour l’Église de Chine », sur paris.catholique.fr, (consulté le 14 octobre 2018)
  12. (en) « The world factbook China », sur cia.gov (consulté le 5 octobre 2018)
  13. Voir site EDA : [1], consulté le 28 décembre 2016.
  14. http://eglasie.mepasie.org/asie-du-nord-est/chine/2010-01-01-une-etude-statistique-indique-que-le-nombre-des
  15. Article de la Croix sur le catholicisme en Chine, http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2307893&rubId=28342.
  16. Les jésuites en 1842
  17. (en) China - revue missionnaire de la Société des missions étrangères de Scarboro -, n° d'avril 1926, page 51
  18. Avec la bulle Quotidie Nos de Pie XII qui érige la plupart des diocèses chinois, certains évêques missionnaires laissent la place à un évêque chinois
  19. La fusion des Missions étrangères de Milan avec celles de Rome a lieu en mai 1926
  20. (en) China, n° avril 1946, page 51
  21. Le catholicisme
  22. Samuel Samson, « Tous ensemble pour le Québec de demain. Quelle charte des valeurs ? », 2013, (ISBN 2981342525 et 9782981342522), p. 36.
  23. Hristo Xiep, « Un monde de religion d’état », sur medias-presse.info, (consulté le 10 octobre 2018)
  24. Lettre du pape Benoît XVI en mai 2007 sur le site du Vatican : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/letters/2007/documents/hf_ben-xvi_let_20070527_china_fr.html.
  25. Article du site FSJ faisant part de la censure de la lettre du pape : http://www.fsj.fr/La-lettre-du-Pape-interdite-sur.html.
  26. Article de la Croix sur le catholicisme en Chine : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2307893&rubId=28342.
  27. a et b Sandro Magister, Chine. Le Concile avait vu loin en ce qui concerne les pouvoirs des évêquese, Chiesa, L'Espresso, 22 juillet 2011
  28. Sandro Magister, Évêques ou mandarins? Le dilemme de l'Église chinoise, Chiesa, L'Espresso, 10 juin 2011
  29. Patrick Saint-Paul, « Mgr Ma Daquin, évêque chinois en résistance », in Le Figaro, samedi 28 / dimanche 29 décembre 2013, page 7.
  30. a et b Jean-Marie Guénois, « Le Vatican annonce un accord préliminaire historique avec la Chine », sur lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le 22 septembre 2018)
  31. http://www.lefigaro.fr/international/2012/07/09/01003-20120709ARTFIG00482-pekin-se-choisit-un-nouvel-eveque.php responsables
  32. http://religion.blog.lemonde.fr/2012/07/11/nouvelles-tensions-entre-le-vatican-et-la-chine/ Yue Fusheng excommunié
  33. Pékin se choisit un nouvel évêque, Le Figaro, 9 juillet 2012.
  34. http://www.aed-france.org/pays/chine/
  35. http://www.catholicnews.com/data/stories/cns/1102658.htm
  36. http://eglasie.mepasie.org/asie-du-nord-est/chine/2012-06-29-ordinations-episcopales-provisoirement-repoussees-a-harbin-et-shanghai
  37. cf Déclaration du pape le 1er décembre 2010
  38. http://www.cardinalrating.com/cardinal_214__article_5778.htm.
  39. Article du 29 mars 2006 annonçant la nomination du cardinal Joseph Zen : http://www.cardinalrating.com/cardinal_214__article_3472.htm.
  40. Article de 2002 sur le développement des catholiques de Chine sur le site Religioscope : http://www.religioscope.com/notes/2002/079_china_cathoff.htm.
  41. Article du père jésuite Marc Zhu de l'Université catholique Fujen à Taïwan publié dans les numéros du 28 mars et du 4 avril 2004 du journal catholique Jiaoyou Shenghuo.
  42. « En réalité, les Chinois font toujours plus référence au Saint-Siège : 85 % des évêques de l'Église officielle ont demandé et obtenu d'être reconnus par Rome », cardinal Zen, le dans un entretien accordé au quotidien italien La Stampa.
  43. « D’autres, surtout soucieux du bien des fidèles et regardant vers l’avenir, ont consenti à recevoir l’ordination épiscopale sans mandat pontifical, mais, par la suite, ils ont demandé de pouvoir être accueillis dans la communion avec le Successeur de Pierre et avec leurs autres Frères dans l’Épiscopat. », ibid. « Considérant la complexité de la situation et désirant profondément favoriser le rétablissement de la pleine communion, le pape a concédé à beaucoup d’entre eux "le plein et légitime exercice de la juridiction épiscopale". », note explicative de la lettre de Benoit XVI aux Chinois de mai 2007 sur le site du Vatican, http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/letters/2007/documents/hf_ben-xvi_let_20070527_china-note_fr.html.
  44. Rome reconnaît officiellement un évêque en Chine, La Croix : [2].
  45. Chronologie trouvée dans l'article du 22 février 2006 de l'agence de presse Zenit : http://www.zenit.org/article-12226?l=french.
  46. (en) Cathedrals, China (www.gcatholic.org).