Yi (ethnie)

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Yi
Costume traditionnel Yi dans le district de Butuo, Sichuan, Chine

-Les Yi (chinois : 彝族 ; pinyin : Yìzú) sont un groupe ethnique moderne de Chine. Leur ancien nom, Lolo ou Luóluǒ[1] (倮倮, luóluǒ, « dénudé »), est maintenant considéré comme péjoratif en Chine, mais est toujours utilisé de façon officielle au Viêt Nam (Lô Lô) et en Thaïlande (Lolo, โล-โล) où la langue ne garde pas cette signification.

On dénombrait 7,8 millions d'individus en 2000[2], qui représentent le sixième plus grand groupe ethnique des 56 officiellement identifiés par la République populaire de Chine. Ils vivent principalement dans des secteurs ruraux du Sichuan, du Yunnan (notamment Xian autonome yi d'Eshan), du Guizhou et du Guangxi, habituellement dans des régions montagneuses. Les Yi parlent une langue tibéto-birmane, le yi, dont il existe de nombreuses variétés et qu'ils écrivent avec le syllabaire yi.

Le groupe ethnique des Lolo est aussi implanté dans les provinces du Houakhong et de Phongsaly au Laos.[réf. nécessaire]

Sous-groupes[modifier | modifier le code]

Tandis que les groups de Yi se réfèrent par les noms différents (y compris Nisu, Sani, Axi, Lolo, Acheh) et parfois parlent des langues qui ne sont pas réciproquement compréhensibles, l’état chinois les nomme comme un ethnie singulier.  Les trois groupes localisés peuvent s’appeler comme ci-dessous:

Ni (ꆀ).  Les noms Nuosu, Nasu, Nesu, Nisu, etc. sont considérés comme dérivés du nom “ꆀ” (Nip) avec le suffixe -su qui veut dire “un peuple.”  Ce group inclue aussi le nom “Sani.”  De plus, on croit que les noms chinois 夷 et 彝 (pinyin: Yí) sont dérivés du nom “Ni.”

Lolo. Les noms Lolo, Lolopu, etc. sont reliés à la vénération des tigres parmi les Yi; dans leurs dialectes, le mot “lo” signifie “tigre.”  “Lo” est aussi le base du nom Chinois pour le groupe, Luóluó (猓猓, 倮倮, ou 罗罗).  Le caractère original, 猓, avec le radical de chien (犭) et le symbol phonétique guǒ (果), est un péjoratif graphique.  On peut le comparer au nom chinois guǒrán (猓然) qui signifie “singe à longue queue.”  Deux fois, les réformes linguistiques au RPC ont remplacé le caractère 猓 dans le nom des Lolo, la première fois par 倮 (luó) avec un radical humain (亻), mais celui-ci est une variation du caractère 裸 (luǒ) qui signifie “nu.”  Plus tard un réforme l’a remplacé par 罗 (luó), qui veut dire “filet pour attraper les oiseaux.”  Paul K. Benedict (anthropologiste américain) a noté, “un linguiste chinois influent a remarqué que le nom ‘Lolo’ est offensif uniquement quand il est écrit avec le radical de chien.”[3]

Autre. Plusieurs autres groupes de Yi, y compris quelques-uns qui appartiennent aux autres ethnies mais que les Chinois reconnaissent comme les Yi, se trouvent dans ce groupe-ci.  Le “Pu” peut être pertinent à un ethnie ancien qui s’appelle Pu (濮).  Dans les légendes des Yi du nord, les Yi ont vaincu les Pu et leur territoire dans le nord-est de Liangshan.

Les groups affichés ci-dessous sont mis dans leurs groupes linguistiques générales et leurs emplacements géographiques. Dans chaque classification, les groupes plus grands apparaissent en premier.

Classification Population totale (estimée) Groupes
Sud 1,082,120 Nisu, Southern Nasu, Muji, A Che, Southern Gaisu, Pula,

Boka, Lesu, Chesu, Laowu, Alu, Azong, Xiuba

Sud-est 729,760 Poluo, Sani, Axi, Azhe, Southeastern Lolo, Jiasou, Puwa,

Aluo, Awu, Digao, Meng, Xiqi, Ati, Daizhan, Asahei, Laba, Zuoke, Ani, Minglang, Long

Central 565,080 Lolopo, Dayao Lipo, Central Niesu, Enipu, Lopi, Popei
Est 1,456,270 Eastern Nasu, Panxian Nasu, Wusa Nasu, Shuixi Nosu,

Wuding Lipo, Mangbu Nosu, Eastern Gepo, Naisu, Wumeng,

Naluo, Samei, Sanie, Luowu, Guopu, Gese, Xiaohei Neisu,

Dahei Neisu, Depo, Laka, Lagou, Aling, Tushu, Gouzou,

Wopu, Eastern Samadu

Ouest 1,162,040 Mishaba Laluo, Western Lolo, Xiangtang, Xinping Lalu,

Yangliu Lalu, Tusu, Gaiji, Jiantou Laluo, Xijima, Limi, Mili,

Lawu, Qiangyi, Western Samadu, Western Gepo,

Xuzhang Lalu, Eka, Western Gaisu, Suan, Pengzi

Nord 2,534,120 Shengba Nosu, Yinuo Nosu, Xiaoliangshan Nosu, Butuo Nosu,

Suodi, Tianba Nosu, Bai Yi, Naruo, Naru, Talu, Mixisu, Liwu,

Northern Awu, Tagu, Liude, Naza, Ta'er

Non-classifié 55,490 Michi (Miqie), Jinghong Nasu, Apu, Muzi, Tanglang, Micha,

Ayizi, Guaigun

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Yi sont des descendants du peuple antique des Qiang de l'ouest de la Chine, peuple que l'on pense être l'ancêtre des peuples tibétain, naxi et qiang actuels. Ils ont émigré du sud-est du Tibet au Sichuan et dans la province de Yunnan, où la majorité de leur population réside maintenant. Ils y auraient fondé[4], à l'est du royaume de Dian, le royaume agricole de Zina, appelé en sanscrit Cīna चीन[5], et en mandarin Yelang[6], importante puissance militaire[7] assujettie en -183, en même temps que le Minyue et peu avant l'Âu Lạc, par le Nanyue.

Culture[modifier | modifier le code]

Les Yi pratiquent une forme d'animisme sous la direction d'un prêtre chaman connu sous le nom de Bimaw.

Leur religion inclut également beaucoup d'éléments du taoïsme et du bouddhisme. Beaucoup de Yi du nord-ouest du Yunnan ont pratiqué l'esclavage

Une de leurs fêtes est la fête de la torche

Fête de la torche

Personnalités Yi[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Stevan Harrell (dir.), Perspectives on the Yi of Southwest China, University of California Press, Berkeley, 2001, 321 p. (ISBN 0-520-21989-9)
  • Aurélie Névot, Comme le sel, je suis le cours de l'eau : le chamanisme à écriture des Yi du Yunnan, Chine, Société d'ethnologie, Nanterre, 2008, 316 p. (ISBN 978-2-901161-83-7) (texte remanié d'une thèse d'ethnologie)
  • (en) Shi Songshan (dir.), The costumes and adornments of Chinese Yi nationality picture album, Beijing Arts and Crafts Pub. House, Beijing, 1990, 190 p. (ISBN 7-8052-6033-8)
  • Ouvrages de Paul Vial (1855-1917)
  • Annie Reffet, "Sur les chemins des Yi de Chine" co-édition Éditions Derrier-Annie Reffet, 2015,180 p, 180 photos, (ISBN 2-916630-42-2)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lorsque deux caractères au 3e ton se suivent en mandarin, le 1er passe au second temps par sandhi tonal
  2. 7 762 272 selon le recensement de 2000 : (en)(zh) China Statistical Yearbook 2003, p. 48
  3. (en) Paul K. Benedict, « Autonyms: ought or ought not », Linguistics of the Tibeto-Burman Area, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant
  4. S.P. Chen, The Yelang Kingdom and the Yi People, in Journal of Guizhou University For Nationalities, College of Cultural Communication de l'Université de Guizhou, Guiyang, janvier 2005.
  5. Wade, Geoff, The Polity of Yelang and the Origin of the Name 'China', in Sino-Platonic Papers n° 188, mai 2009.
  6. http://www.dictall.com/indu57/51/575155902FE.htm
  7. Chinese Archeologists Search for Clues on Lost Kingdom, in Le Quotidien du Peuple en ligne, 25 octobre 2002.