Banksy

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Banksy
Banksy lovers.jpg

Naked Man, Park Street (Bristol) en 2006.

Naissance
(41-42 ans)
Bristol, Angleterre
Nationalité
Activités
Autres activités
Mouvement
Distinctions
Toronto Film Critics Association Awards – Meilleur Long-Métrage 2010
Film Independent's Spirit Awards - Meilleur Documentaire 2010
Washington D.C. Area Film Critics Association – Meilleur Documentaire 2010
Site web
Œuvres réputées
Yello Flower, Pollard Street (Londres) en 2007.

Banksy est le pseudonyme d'un artiste connu pour son art urbain (ou street art) et également comme peintre et réalisateur. Dissimulant sa véritable identité, Banksy est entouré de mystère. Des spéculations sont faites, fondées sur des images prises par des caméras de vidéosurveillance ; il serait originaire des environs de Stoke au Royaume-Uni[1], il serait né en 1974[2] et se nommerait Robert Banks[3], ou encore Robin Gunningham. Son identité aurait été découverte en 2016 grâce à une méthode scientifique[4].

Cet artiste combine les techniques de Warhol et l'œuvre in situ pour faire passer ses messages, qui mêlent souvent politique, humour et poésie comme Ernest Pignon-Ernest, Miss.Tic, Jef Aérosol ou Blek le rat. Les pochoirs de Banksy sont des images humoristiques, parfois combinées avec des slogans. Le message est généralement antimilitariste, anticapitaliste ou antisystème. Ses personnages sont souvent des rats, des singes, des policiers, des soldats, des enfants, des personnes célèbres ou des personnes âgées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étant jeune, il a fait partie d'un groupe de graffeurs, le Bristol's DryBreadZ Crew (DBZ). Il aurait été influencé par la scène underground de Bristol et par ses relations entre artistes et musiciens, cette ville ayant donné naissance au mouvement trip hop. C'est à cet endroit que Banksy réalisa ses premières œuvres. Aujourd'hui on peut trouver certaines de celles-ci en galerie[N 1].

Il se forge une certaine notoriété dans les milieux alternatifs et les médias traditionnels s'intéressent aussi à lui. Il participe au festival de graffitis Walls on Fire (en 1998, dans le quartier portuaire de Bristol. En 1999, il crée la fresque The Mild Mild West[1]. En 2000, il expose l'ensemble de son œuvre au restaurant Severnshed de Bristol[1]). Il a notamment travaillé sur le film Les Fils de l'homme[7] et a réalisé en 2003 la pochette du disque de Blur, Think Tank.

En 2004, il fait imprimer des faux billets de 10 livres. À la place de l'effigie de la Reine d’Angleterre, se trouve celle de Lady Diana. Il change également le « Bank of England » par « Banksy of England ». Il en disperse la plupart lors du carnaval à Notting Hill[8]. En 2005, lors de son exposition Crude Oils, il détourne les tableaux de Claude Monet ou de Vincent van Gogh et à cette occasion, il libère 200 rats[1].

Banksy a fondé le projet « Santa's Ghetto » en réalisant des peintures sur le mur de Bethléem et aux abords du camp d'Aida afin de « redonner espoir aux habitants palestiniens »[9]. En 2005, avec l'aide d'autres artistes, comme Ron English, un Américain, le mur de séparation devient peu à peu une toile artistique géante, comme avec l'image de la petite Vietnamienne brûlée au napalm qui tient par la main Mickey Mouse et Ronald McDonald.

Concernant ce projet, Banksy raconte dans son livre Wall & Piece, qu'un jour, alors qu'il peignait sur le mur de séparation, un habitant est venu lui dire : « vous embellissez le mur ». Banksy, flatté : « Merci, c'est gentil », fut aussitôt coupé par le vieil homme : « On ne veut pas que ce mur soit beau, on ne veut pas de ce mur, rentrez chez vous ».

En , il place une poupée gonflable en taille réelle à Disneyland (Californie) qui porte un uniforme orange comme ceux de Guantanamo[10].

Au cours de l'été 2009, une importante exposition lui a été consacrée au Musée de Bristol, en Angleterre, avec plus de 100 œuvres, et qui aura accueilli plus de 300 000 visiteurs pendant 12 semaines[11].

En 2010 sort le film Faites le mur ! (Exit Through the Gift Shop), réalisé par Banksy lui-même et présenté au Festival du film de Sundance[12], ainsi qu'à la Berlinale. Il fut d'ailleurs nommé grâce à celui-ci pour l'Oscar du meilleur film documentaire en janvier 2011. Le film présente des artistes comme Invader et Shepard Fairey, tous supposément filmés par Thierry Guetta, qui tente lui aussi de devenir un artiste urbain. Il s'attaque aux studios de la Fox, en détournant le générique des Simpson[1].

En 2011, juste après les émeutes qui ont secoué le Royaume-Uni, il diffuse sur Channel 4 un documentaire sur la désobéissance civile intitulé The Antics Roadshow[13].

À partir du , il réalise des œuvres à New York, mêlant graffitis et installations dans des camions[14]. Il intitule cette prestation Better out than in. Son premier graffiti est rapidement vandalisé[15]. Il est aussi, à cette occasion, pisté par les fans. L'un d'eux dépose un pisteur dans un des camions qu'il a redécoré [16], tandis qu'un autre diffuse une photo d'une personne qui serait Banksy prise alors qu'un de ses camions était tombé en panne[17].

En août 2015, il ouvre son parc d'attractions Dismaland à Weston-super-Mare, qui est une sombre parodie de Disneyland et qui s'avère être une exposition gigantesque réunissant des œuvres de Banksy ainsi que d'une cinquantaine d'artistes[18]. Le , le parc ferme ses portes au public avec un dernier concert après cinq semaines d'ouverture[19]. L'artiste a fait savoir que le bois utilisé pour la construction du parc serait récupéré et envoyé à Calais afin d'être utilisé pour construire des abris pour les réfugiés[20].

Techniques[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Banksy sont, pour la plupart de ses peintures, effectuées avec des pochoirs. Dans son livre Wall and Piece, Banksy explique cette décision : il travaillait lentement lors de ses débuts, et se faisait souvent prendre en flagrant délit. Les pochoirs permettent de travailler beaucoup plus rapidement sur les lieux, car une partie du travail peut être préparée.

Il effectue également de nombreuses installations très variées.

Installation Stonehenge fabriquée à partir de toilettes de chantier lors du festival de Glastonbury en 2007.
Kissing Policemen, Bristol (2005).
ATM attacking a girl, Rosebery Avenue, Londres (2008).

Principales œuvres et faits[modifier | modifier le code]

  • Banksy est entré dans l'enclos des manchots du zoo de Londres et y a peint en lettres de 2 mètres de haut « We're Bored of Fish » (« On en a assez du poisson »).
  • Il s'est également introduit dans l'enclos des éléphants du zoo de Bristol et a laissé le message « I want out. This place is too cold. Keeper smells. Boring, boring, boring. » (« Je veux sortir de là. Il fait trop froid ici. Le gardien sent mauvais. Je m’ennuie, je m’ennuie, je m’ennuie. »)
  • En mars 2005, il place des œuvres factices ou subversives au MoMA, au Met, au Brooklyn Museum, au musée américain d'histoire naturelle de New York, ainsi qu'à la Tate Britain ou au British Museum, qui, lorsque la supercherie est découverte (un faux artefact représentant au fusain un homme préhistorique poussant un chariot de supermarché en chassant des animaux), décide d'inclure l'objet dans sa collection permanente.
  • En août 2005, Banksy peint neuf images sur la barrière de séparation israélienne, dont l'image d'une échelle qui atteint le haut du mur, et une représentant des enfants creusant un trou pour atteindre l'autre côté.
  • En avril 2006, il crée une sculpture représentant une cabine téléphonique rouge. Cette cabine, cabossée et fendue par une pioche, et qui semble saigner, fut placée dans une rue de Soho. Elle a été rapidement enlevée par les autorités.
  • En septembre 2006, il place une poupée gonflable en taille réelle à Disneyland (Californie), qui porte un uniforme orange comme ceux du camp de Guantánamo, au milieu du décor du parcours des montagnes russes. La sécurité de Disneyland bloque le train, puis interpelle un complice (Mr Brainwash) qui le filme, puis le libère faute de preuve, il réussit ainsi à sortir avec la vidéo de la performance.
  • En septembre 2006, Banksy « pirate » la sortie du disque de Paris Hilton avec environ 500 disques achetés en magasin. Le disque est remixé par Danger Mouse, la pochette et les photos modifiées par Banksy, et les copies remises discrètement en rayon, avec code barres d'origine, dans différents magasins britanniques. Les titres de chansons modifiées étaient, par exemple, « Why am I famous ? » (« Pourquoi suis-je célèbre ? ») ou « What have I done ? » (« Qu'ai-je fait ? »). La pochette avec les photos de la star retouchées est estampillée de slogans comme : « 90 % of success is just showing up » (« 90 % du succès, c'est déjà être au rendez-vous »). Sur les sites internet de ventes aux enchères ces disques se négocient à environ 1 000 € pièce.
  • De nombreux pochoirs de Banksy se retrouvent sur les murs des villes britanniques comme Bristol ou Londres, et certains étant menacés de destruction ou d'être recouverts par de la peinture voient des pétitions se créer pour défendre les créations de Banksy[21],[22].
  • Slave Labour, pochoir exécuté à Londres en 2012, arraché du mur en 2013 par son propriétaire et destiné à être vendu aux enchères.
  • No Ball Games, pochoir exécuté à Londres en 2009, arraché du mur en 2013 et destiné à être vendu aux enchères par le Sincura Group[23].
  • 2013 : Dans le cadre de son exposition Better Out Than In (« Mieux vaut dehors que dedans »), Banksy installe incognito un stand éphémère sur le trottoir de Central Park pour y vendre certaines de ses œuvres à 60 $ pièce[24]. Durant cette journée il vend sept œuvres pour un total de 420 $ ; celles-ci sont estimées à 160 000 $ l'unité.
  • 2014 : une de ses œuvres représentant un groupe de pigeons adressant à une hirondelle des pancartes « Les migrants ne sont pas les bienvenus », « Retourne en Afrique » et « Laissez-nous nos vers de terre » sur un mur de la ville de Clacton-on-Sea est effacée par la mairie car jugée « offensante et raciste », les responsables de la mairie ayant expliqué qu'ils ne savaient pas qu'il s'agissait d'une œuvre de Banksy et que l'aspect satire politique de l'œuvre leur avait échappé[25].
  • Début 2015, Banksy se rend à Gaza, en Palestine, de manière clandestine en empruntant un réseau de tunnels souterrains. Sur place, il réalise plusieurs graffitis qui dénoncent la destruction de la ville et la vie quotidienne qui en résulte, et tourne une vidéo de deux minutes postée sur sa chaîne YouTube[26].
  • Fin 2015, Banksy poursuit son engagement à Calais en y réalisant plusieurs œuvres sur la crise des migrants. Un portrait de Steve Jobs défraye notamment la chronique : en représentant le créateur d'Apple portant un ordinateur et un baluchon, Banksy rappelle que celui-ci est le fils d'un immigré Syrien, arrivé aux États-Unis dans les années 1950. L'artiste réalise par ailleurs deux autres fresques. Sur l'une d'elles, un jeune garçon regarde au loin à travers une longue vue, sur laquelle s'est posé un vautour. A ses pieds, une valise symbolise le long voyage que doivent effectuer les migrants avant de tenter d'atteindre le Royaume-Uni. Une troisième fresque emploie l'image du célèbre Radeau de la Méduse, les naufragés faisant cette fois appel à un yacht passant au loin[27].
  • Il est considéré comme un artiviste[28].

Certaines de ses créations se vendent en salle de vente aux enchères :

Barrière de séparation israélienne[modifier | modifier le code]

Certains dessins au pochoir ont été réalisés sur la barrière de séparation israélienne.

Banksy dans l'art[modifier | modifier le code]

Littérature
  • Élise Fontenaille, Banksy et moi, collection DoAdo, Rouergue, 2014 - roman adolescence autour de Banksy[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Plusieurs ont d'ailleurs été vendues, notamment à Christina Aguilera ou encore Kate Moss[5],[6].
Références
  1. a, b, c, d et e Beaux Arts, décembre 2010
  2. http://www.universalis.fr/encyclopedie/banksy/
  3. (en) « Faces of the week », BBC News,‎ (consulté le 3 mars 2011)
  4. http://news.bbc.co.uk/2/hi/entertainment/7504132.stm
  5. Aguilera invests 25,000 £ in Banksy
  6. Kate Moss : elle s'offre les services de l'artiste Banksy pour 200 000 euros !
  7. Imdb,  : article Children of Men - Trivia
  8. Ipag.fr
  9. (en) Spiegel Online staff in Jerusalem, « Tourism in the Holy Land: Taking a 'Banksy Tour' in Bethlehem », sur SPIEGEL ONLINE,‎ (consulté le 15 mai 2016)
  10. Film : faites le mur !
  11. Bristol City Council, 28-08-2009
  12. « Festival de Sundance » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2013-03-20
  13. Romain Blondeau, « Un film de Banksy sur la culture anarchiste disponible en ligne », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne).
  14. Site officiel de Banksy
  15. Smart crew swaps out banksy's graffiti is a crime sign with their own, Animal New York
  16. Meatpacking district, Site de Banksy
  17. Banksy démasqué à New York, Le Journal du geek
  18. « Découvrez Dismaland, le parc d'attraction subversif de Banksy », sur L'Express,‎ (consulté le 22 août 2015).
  19. Dismaland de Banksy ferme ses portes sur un dernier baroud d'honneur
  20. Banksy offre son parc Dismaland aux réfugiés !
  21. The Telegraph : Businessman to paint over Banksy artwork 'because he doesn't like art'
  22. BBC News : Artist's saucy stencil for city
  23. No Ball Games
  24. [1]
  25. (en) Keith Perry, « Bungling council erases £400,000 'racist' Banksy », The Telegraph,‎ (lire en ligne)
  26. Amy Willis for Metro.co.uk, « Banksy sneaked into a warzone to paint a picture of a cat » (consulté le 23 mars 2015)
  27. http://www.lavoixdunord.fr/region/migrants-de-calais-l-artiste-britannique-banksy-ia33b48581n3214283
  28. « artivisme », sur www.editionsalternatives.com (consulté le 26 février 2016)
  29. Artvalue.fr
  30. Artvalue.fr
  31. Ouvrage Banksy et moi : article et émission de radio L'attrape-livre, France Inter, du 13 mai 2014.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Banksy, Guerre et Spray [« Banksy, Walls and Piece »], Paris, Éditions Alternatives, , 240 p. (ISBN 978-286227-673 1)
  • (en) Gary Shove, Patrick Potter, Banksy: you are an acceptable level of threat and if you were not, you would know about it, Carpet Bombing Culture, (ISBN 978-1908211088)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Au cinéma
À la télévision

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]