Baden-Baden

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Baden Baden)
Aller à : navigation, rechercher
Baden-Baden
Image illustrative de l'article Baden-Baden
Blason de Baden-Baden
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Bade-Wurtemberg
District
(Regierungsbezirk)
Karlsruhe
Arrondissement
(Landkreis)
Baden-Baden (ville-arrondissement)
Nombre de quartiers
(Ortsteile)
12
Bourgmestre
(Bürgermeister)
Margret Mergen (CDU)
Code postal 76530–76534
Code communal
(Gemeindeschlüssel)
08 2 11 000
Indicatif téléphonique +49-7221, +49-7223
Immatriculation BAD
Démographie
Population 53 012 hab. (31 décembre 2013)
Densité 378 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 45′ 46″ N 8° 14′ 28″ E / 48.7629, 8.241148° 45′ 46″ Nord 8° 14′ 28″ Est / 48.7629, 8.2411
Altitude 160 m
Superficie 14 018 ha = 140,18 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

Voir la carte administrative d'Allemagne
City locator 14.svg
Baden-Baden

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

Voir la carte topographique d'Allemagne
City locator 14.svg
Baden-Baden
Liens
Site web www.baden-baden.de

Baden-Baden Prononciation du titre dans sa version originale Écouter est une ville allemande, située dans le Land de Bade-Wurtemberg. La ville est connue en tant que centre de villégiature, station thermale et pour ses festivals internationaux. En 1997, le titre de Ville olympique est décerné à Baden-Baden par le Comité international olympique.[réf. nécessaire] Au , la ville comptait 53 012 habitants.

Baden-Baden fait partie du district de Karlsruhe et de l'Aire urbaine Mittlerer Oberrhein.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1931, la ville portait le nom de Baden (« Les Bains » en français), en référence aux thermes romains à l’origine de la ville. Mais on l'appelait la plupart du temps Baden in Baden (c’est-à-dire « Les Bains en Bade »), afin de la distinguer d’autres villes germanophones portant le même nom, sachant que le pays de Bade doit également son nom à la ville, d'où l'origine du double nom de la cité[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La plus grande partie de la ville, située à environ 60 km de Strasbourg et 40 km de Karlsruhe, est encaissée dans la vallée de l'Oos, petite rivière affluent de la rive droite du Rhin. La ville s'est constituée par annexions successives de quartiers situés toujours plus à l'ouest, jusqu'à son débouché dans la plaine du Rhin, où se trouvent concentrées la plupart des activités industrielles.

En dépit de l'urbanisation progressive des coteaux de la Forêt-Noire, l'essentiel du tissu urbain se trouve concentré en une longue bande d'une dizaine de kilomètres de long, située dans la vallée.

Seule la frange occidentale de la commune n'est pas bordée par des surfaces boisées : de n'importe quelle partie de la ville, on peut marcher moins de 2 km (voire beaucoup moins) et se retrouver en pleine forêt.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce sont les Romains qui fondèrent la ville en 80 ap. J.-C., profitant de la présence d'une source thermale chaude (68 °C), ils y construisirent des thermes et la cité prit le nom de Aquae Aureliae (ou Aurelia Aquensis).
Aujourd'hui, deux complexes thermaux proposent soins et relaxation grâce à toutes sortes de bains : de froid à très chaud (68°C), à remous ou de vapeur. Quelque 800 000 litres d'eau thermale jaillissent chaque jour des profondeurs de la terre via douze sources.

Vers l’an 260, la ville fut prise par les Germains, puis tomba au VIIIe siècle sous la domination franque.

Après la division du margraviat de Bade sous l'autorité de trois branches distinctes de la maison de Zähringen, Baden-Baden échut à la branche dite de Baden-Baden, du XIIe siècle jusqu'à la courte réunification de 1503 à 1527.

On connaît de précieux renseignements sur la vie à Bade au début du XVe siècle grâce à la correspondance de l'humaniste italien Poggio Bracciolini, dit Le Pogge, venu y prendre les eaux en 1416-1417, alors qu'il se trouvait au Concile de Constance[2].

Les guerres de religion provoquèrent une nouvelle division du margraviat en 1527, Baden-Baden étant le siège de la nouvelle branche catholique de la famille, qui finit par s'éteindre en 1771, le margraviat étant alors réunifié entre les mains de la branche luthérienne dite de Baden-Durlach, résidant à Karlsruhe.

Baden-Baden fut dévastée le par les troupes françaises.

Galerie extérieure de la Trinkhalle, l'établissement thermal, garnie de fresques.

À la fin du XVIIIe siècle, la ville devint une station thermale réputée dans toute l'Europe, et très mondaine (têtes couronnées, etc.).
Le 4 juillet 1796 eut lieu la bataille de Baden entre les troupes autrichiennes et françaises.

Stéphanie de Beauharnais, fille adoptive de Napoléon Ier et grande-duchesse de Bade en avait fait son lieu de villégiature[3].

Pendant le XIXe siècle la famille du tsar de Russie visita à plusieurs reprises la ville de Baden-Baden et on appelait Baden-Baden la capitale « officieuse » de Russie. Y séjournèrent notamment Tourgueniev durant sept ans, Tolstoï et Dostoïevski. Des princesses russes firent construire un lieu de culte orthodoxe, l'église de la Transfiguration, et en firent leur sépulture[3].

Des Anglais créèrent par ailleurs un club de tennis et un golf, les premiers d'Allemagne ; la demi-sœur de la reine Victoria vivait à Baden-Baden. Les Américains aussi commencèrent à priser la ville, en témoignent des villas de style bostonien, le long de la Maria-Vitkoria-Strasse[3].

Les thermes Friedrich, inaugurés en 1877, restent l'un des plus beaux établissements thermaux au monde et un des plus modernes lors de sa création. De style néo-Renaissance, doté d'une coupole au-dessus du bassin central, le bâtiment a conservé les cuivres, les stucs, les fresques et les carreaux de faïence peints.

L'essor de la ville date du XIXe siècle, avec le lancement du casino conçu par un homme d'affaires français, Jacques Bénazet[3], surnommé le « roi de Bade ». Depuis lors, les joueurs se sont succédé à la roulette ou à l'hippodrome, comme Léon Tolstoï ou Marlène Dietrich.

Jusqu'en 1931, la ville porte le nom de Baden. Elle est ensuite renommée pour la différencier d'autres communes allemandes du même nom[3].

En 1945, après l'effondrement du Troisième Reich, la ville, épargnée par les bombardements alliés, devint le siège du commandement en chef des Forces françaises en Allemagne (FFA), avec construction d'une véritable ville française dans les quartiers ouest de Baden-Baden, dans laquelle vivaient environ 5 000 Français (militaires du contingent, officiers, familles) disposant de nombreuses infrastructures : supermarchés (les « économats »), écoles et lycée français (écoles « Bretagne », « Normandie », « Paris », lycée Charles-de-Gaulle) de la Direction de l'enseignement français en Allemagne (dont le siège pour toute l'Allemagne y était installé), église catholique, etc. Cette présence a pris fin le 17 décembre 1999 mais les anciens quartiers français ont conservé leurs noms d'origine. Cependant, l'église catholique française est devenue un théâtre d'art et essai et le mess des officiers (« La Tour d'Auvergne »), le siège d'une maison d'édition[3].

Le , au plus fort de la contestation du pouvoir politique en France; le général Jacques Massu, alors commandant en chef des forces françaises en Allemagne, y accueillit, dans sa résidence de fonction située sur une colline à l'écart de la ville (Jagdhaus), le général de Gaulle et l'assura de la fidélité de l'armée[3].

La ville a gardé sa vocation touristique, notamment avec l'ouverture des « thermes de Caracalla » en 1985 (chalets, saunas et piscines) et d'un opéra de 2500 places (l'un des plus grands d'Europe) en 1998, bâti dans l'ancienne gare construite pour l'empereur Guillaume II, agrémentée d'un bâtiment contemporain avec une façade vitrée[3].

Communes absorbées[modifier | modifier le code]

  • Absorptions par la ville de Baden-Baden (Stadt Baden-Baden) :
  • Absorptions par le Stadtkreis de Baden-Baden :
    • 1939 : Balg
    •  : Ebersteinburg (jusque-là dépendant du Landkreis de Rastatt)
    •  : Neuweier, Steinbach et Varnhalt (jusque-là dépendants du Landkreis de Bühl)
    •  : Haueneberstein (jusque-là dépendant du Landkreis de Rastatt)
    •  : Sandweier (jusque-là dépendant du Landkreis de Rastatt)

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Baden-Baden

Armes d'usage de la ville de Baden-Baden, jamais adoptées officiellement. Blasonnées d'or, à la bande de gueules, surmontée d'une couronne murale de trois tours de sable, elles reprennent les armes traditionnelles des premiers margraves de Bade, remises en vigueur en 1830 par le grand-duc de Bade, auxquelles elles ajoutent une couronne maçonnée. (Revoir la couleur de l'illustration ; en héraldique "sable" : noir)

Transports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gare de Baden-Baden.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le casino Kurhaus.
L'hôtel Brenner.

Religion[modifier | modifier le code]

Plusieurs religions sont présentes à Baden-Baden : catholicisme, luthéranisme, orthodoxie, évangélisme, islam... mais le catholicisme romain et le luthéranisme en restent les principales.

Baden-Baden fait partie du doyenné catholique de Baden-Baden (Katholisches Dekanat Baden-Baden), qui fait lui-même partie de l'archidiocèse catholique romain de Fribourg-en-Brisgau (en allemand « Erzdiozese Freiburg »), qui couvre le Pays de Bade. La ville est également sise dans la province évangélique de Bade (Evangelische Kirche in Baden), pour ce qui est de l'Église Évangélique d'Allemagne (Evangelische Kirche Deutschlands, ou EKD).

Les heures des offices, en ce qui concerne les deux églises principales de la ville (catholique et luthérienne) sont officiellement indiquées à l'entrée de la ville par un panneau.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Églises[modifier | modifier le code]

  • Catholiques :
    • Stiftskirche (église catholique principale de la ville, style baroque)
    • Sankt Michael Kirche
    • Herz Jesu Kirche
    • Sankt Jakobus Kirche
    • HI. Geist Kirche
    • Klosterkirche
    • Sankt Bonifatius Kirche
    • Sankt Katharina Kirche
    • Sankt Josef Kirche
    • Spitalkirche (Église de l'ancien hôtel-Dieu. Une communauté vieille-catholique s'en sert actuellement comme lieu de culte)
    • Sankt Bernhards Kirche
    • Sankt Eucharius Kirche
    • Sankt Antonius Kirche
    • Sankt Dyonisius Kirche
    • Sankt Bartholomäus Kirche
    • Autobahn-Kirche (église située sur une aire autoroutière)
    • Drei Eichen Kapelle
    • Stifskirche
  • Luthériennes :
    • Evangelische Stadtkirche (église luthérienne principale de la ville, style néogothique)
    • Matthäus Gemeinde
    • Luther Gemeinde
    • Friedenskirche
    • Paulus Gemeinde
    • Johannis Kirche (anciennement : All Saints Anglican Church)
  • Autres :
    • Église néo-apostolique
    • Église méthodiste
    • Église adventiste du septième jour

Mosquée[modifier | modifier le code]

  • Une mosquée administrée par la DİTİB (turque) se trouve dans le « quartier » (ancienne commune devenue « Ortsteil ») de Steinbach.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

L'urbanisation croissante et le développement de la croissance automobile, conjugués à la topographie très particulière de la ville, ont conduit la municipalité à de grands travaux dans les années 1980 : ont ainsi été construits deux tunnels routiers à flanc de montagne, pour décongestionner le centre-ville, périodiquement embouteillé aux heures de pointe. L'un de ces tunnels, le Michaelstunnel, est long d'environ 1 500 m. Le financement de ces équipements a été relativement aisé, en raison de la richesse de la ville, qui reçoit de considérables revenus en raison de la présence du casino depuis le XIXe siècle.

Le départ des Forces françaises stationnées en Allemagne (FFSA, ex-Forces françaises en Allemagne, FFA), en 1999, a conduit à la reconstruction ou à la rénovation complète de plusieurs quartiers qui abritaient auparavant les « cités cadre » abritant les familles de militaires et de civils français (plusieurs milliers de personnes), ainsi que des équipements collectifs (écoles, collège et lycée, supermarchés) et de la caserne de l’armée de terre. Ces anciennes cités, qui portaient les noms de « Cité Bretagne », « Cité Normandie », « Cité Paris » et « Cité Thiérache », sont désormais usuellement désignées sous le nom collectif de « Stadtteil Cité ». L'ancienne « Cité Paradis » (qui tirait son nom de la Paradiesstraße), qui abritait les villas des officiers de haut rang ainsi que la Mission militaire soviétique de liaison auprès du commandement en chef des FFA, est désormais intégrée au quartier résidentiel environnant.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Célébrités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 285036195X)
  2. Lire les extraits d'une lettre adressée par Poggio Bracciolini à son ami Nicolo en mai 1416
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Philippe Viguié-Desplaces, « Une fugue à Baden-Baden », Le Figaro Magazine, semaine du 24 octobre 2014, pages 80-91.
  4. Source : site Web de l’Internationales Oldtimer-Meeting.
  5. (de) Stadtverwaltung Baden-Baden, « Ehrenbürger im 20. Jahrhundert »,‎ [non daté] (consulté le 20 janvier 2015)
  6. (de) dpa/lsw, « Baden-Baden feiert einen Tag lang den Komponisten Pierre Boulez », welt.de,‎ (lire en ligne)
  7. (de) Stadtverwaltung Baden-Baden, « OB Mergen verleiht Pierre Boulez die Ehrenbürgerwürde »,‎ [non daté] (consulté le 20 janvier 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :