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Archidiocèse de Fribourg-en-Brisgau

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Archidiocèse de
Fribourg-en-Brisgau
(la) Archidioecesis Friburgensis
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Fribourg-en-Brisgau
Cathédrale de Fribourg.
Cathédrale de Fribourg.
Informations générales
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Archevêque Stephan Burger, depuis 2014
Superficie 16 229 km2
Création du diocèse 1007
Élévation au rang d'archidiocèse 1821
Diocèses suffragants Mayence
Rottenburg-Stuttgart
Site web Site de l'archidiocèse
Statistiques
Population 4 901 630 hab. (2023)
Population catholique 1 897 120 fidèles (2023)
Pourcentage de catholiques 38,7 %
Nombre de paroisses 1 048
Nombre de prêtres 862
Nombre de diacres 275
Nombre de religieux 221
Nombre de religieuses 907
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Fribourg-en-Brisgau
Localisation du diocèse
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

L'archidiocèse de Fribourg-en-Brisgau est un archidiocèse métropolitain de rite romain créé le 16 août 1821, succédant au diocèse de Constance. L'archevêché est situé dans la ville de Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne. Son nom latin est Archidioecesis Friburgensis, et son évêque depuis 2014 est Stephan Burger.

L'archidiocèse comprend la partie occidentale du Bade-Wurtemberg et son territoire correspond aux anciens États de Bade, de Hohenzollern-Sigmaringen et de Hohenzollern-Hechingen.

La cathédrale du siège archiépiscopal est celle de Notre-Dame de Fribourg. Le territoire compte également trois basiliques mineures : la cathédrale Notre-Dame de Constance ; L'église abbatiale Sainte-Marie-et-Saint-Marc (de) située sur l'île de Reichenau, faisant partie du complexe de l'abbaye de Reichenau ; et la basilique Saint-Georges (de) à Walldürn. L'abbaye de Reichenau est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le territoire est divisé en 26 doyennés et 1 048 paroisses.

Les premiers messagers de la foi chrétienne sur le territoire de l'ancien archevêché de Fribourg furent, au VIe siècle, les moines Fridolin, Landolin, Trudpert et Gall. Les monastères de Säckingen, sur le Haut-Rhin, et de Schuttern, dans l'Ortenau, sont considérés comme les premiers lieux de culte. Le monastère fondé vers 724 sur l'île de Reichenau, sur le lac de Constance, compte également parmi les plus anciens monastères de l'archevêché.

Afin d'évangéliser les Alamans, l'évêché de Constance fut fondé dès le VIe siècle. Il s'étendait du Saint-Gothard au Neckar moyen et du Rhin à l'Iller. C'est là qu'œuvra de 934 à 975 l'« évêque des Alamans » Conrad de Constance. Une réforme radicale de la vie monastique a donné naissance, entre autres, au monastère Saint-Pierre dans la Forêt-Noire au XIe siècle. Il abrite aujourd'hui le centre spirituel de l'archidiocèse. Au cours du deuxième mouvement de réforme, d'autres monastères ont également vu le jour au XIIe siècle à Salem, au bord du lac de Constance, à Tennenbach (aujourd'hui Freiamt, Emmendingen), et à Lichtenthal, près de Baden-Baden.

Afin de trancher la question controversée du pape légitime, l'empereur Sigismond convoqua de 1414 à 1418 le concile de Constance, alors ville épiscopale, dans la cathédrale de Constance. La Réforme ne laissa pas non plus le territoire de l'ancien archevêché de Fribourg indemne. Le margrave de Bade-Durlach et le prince-électeur palatin de Heidelberg furent deux des souverains les plus connus qui introduisirent le protestantisme dans leurs territoires. Peu après, cependant, la Contre-Réforme fut mise en place, principalement sous l'impulsion des Jésuites et des Capucins. L'église des Jésuites à Mannheim témoigne encore aujourd'hui de cette Contre-Réforme.

La situation politique européenne à la fin du XVIIIe siècle, la Révolution française, le recès de la Diète d'Empire de 1803 et le congrès de Vienne de 1815 ont entraîné la fin du diocèse de Constance. En particulier, à la suite de la suppression du Saint-Empire romain germanique, le territoire du diocèse s'est retrouvé divisé entre deux nouvelles entités politiques, la Confédération germanique et la Suisse ; en vertu du principe de territorialité des Églises, celle de Constance ne pouvait plus survivre[1].

L'archidiocèse de Fribourg a été érigé le 16 août 1821 en vertu de la bulle Provida solersque du pape Pie VII, son territoire provenant du diocèse de Constance, qui a été supprimé dans le même temps, et des parties des diocèses de Spire, Mayence, Worms, Wurtzbourg et Strasbourg qui relevaient du territoire du grand-duché de Bade. À l'origine, la juridiction métropolitaine s'étendait, outre les diocèses de Mayence et Rottenburg, à ceux de Fulda et de Limbourg.

En raison de l'absence d'accord sur la nomination de l'évêque, Ignaz Heinrich von Wessenberg, dernier administrateur du diocèse de Constance, continua à administrer le nouvel archidiocèse jusqu'à la nomination du premier archevêque de Fribourg, Bernhard Boll, en 1827.

Le chapitre des chanoines de la cathédrale, en vertu de la bulle Ad dominici gregis custodiam du 11 avril 1827[2] et du concordat entre le Saint-Siège et la république de Bade du 12 octobre 1932[3], jouit du droit d'élire ses évêques parmi une liste de trois noms proposés par le Saint-Siège ; l'élu reçoit ensuite la nomination formelle et canonique du pape.

L'absence d'un concordat explicite entre le Saint-Siège et le gouvernement du grand-duché de Bade rendit difficiles les relations entre l'Église et l'État au cours des premières décennies d'existence de l'archidiocèse, en particulier pendant l'épiscopat de Hermann von Vicari (1843-1868), qui fut arrêté et emprisonné pendant une semaine dans son palais épiscopal[4]. À la mort de l'archevêque, aucune nouvelle élection n'a été possible et le siège est resté vacant pendant 14 ans, gouverné par l'auxiliaire Lothar von Kübel, évêque titulaire de Leuce (de)[5].

Les relations entre l'État et l'Église s'améliorèrent vers la fin du siècle, notamment avec la nouvelle constitution de l'État de Bade de 1919, qui abolit le contrôle de l'État sur toutes les activités de l'Église. Cela permit, entre autres, la fondation de communautés religieuses dans l'archidiocèse, jusqu'alors interdites[6]

Le 13 août 1930, avec la bulle Pastoralis officii nostri du pape Pie XI, la province ecclésiastique de Fribourg fut restructurée, perdant les suffragants de Limbourg et de Fulda, qui passèrent respectivement aux provinces ecclésiastiques de Cologne et de Paderborn[7]

À partir de 1935, l'archevêque Conrad Gröber s'opposa ouvertement au national-socialisme. Dix-sept prêtres du diocèse furent déportés dans des camps de concentration ; dix d'entre eux y trouvèrent la mort.

Depuis le 1er janvier 2008, l'archidiocèse est divisé en 26 doyennés.

Il reçut la visite du pape Benoît XVI les 24 et 25 septembre 2011.

Évêques et archevêques

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Notes et références

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  1. B. Mols, v. « Constance (diocèse) », Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, vol. XIII, Paris, 1956, coll. 572.
  2. Bulle Ad dominici gregis custodiam, dans Bullarii romani continuatio, tome XVII, Rome, 1855, pp. 54-56, articles I e II.
  3. Concordat, article III.
  4. Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, vol. XIX, col. 56.
  5. Idem, vol. XIX, col. 57.
  6. Idem, vol. XIX, col. 58.
  7. (la) Bulle Pastoralis officii nostri, AAS 23 (1931), pp. 34–41.

Articles connexes

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Liens externes

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