Bécassine (bande dessinée)

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Bécassine
Image illustrative de l’article Bécassine (bande dessinée)

Nom original Annaïk (parfois écrit Annaïck) Labornez[1],[2]
Origine Picardie (de 1905 à 1913),
puis Bretagne
Sexe féminin
Activité bonne à tout faire, infirmière, etc.
Caractéristique Bouche généralement invisible
(quelquefois repréentée par un point ou un léger trait)
Entourage Marquise de Grand-Air,
Loulotte

Créé par Émile-Joseph-Porphyre Pinchon
Jacqueline Rivière
Première apparition , La Semaine de Suzette

Bécassine, est un personnage de bande dessinée, créé par la femme de lettres Jacqueline Rivière et le dessinateur Émile-Joseph-Porphyre Pinchon, qui apparaît pour la première fois dans le premier numéro de l'hebdomadaire pour jeunes filles dénommé La Semaine de Suzette, daté du .

Dans certains albums, à compter de 1913, elle est nommée Annaïk Labornez ou Annaïck Labornez.

Le personnage a fait l'objet de plusieurs adaptations au cinéma, dont deux films et un long métrage d'animation, tous français, intitulé Bécassine et le Trésor viking.

Historique[modifier | modifier le code]

Personnage de Bécassine lors du carnaval du Boeuf gras à Nantes en 1921

L'histoire, initialement prévue pour boucher une page blanche du de la revue en raison de la défection d'un auteur malade (ou selon une autre version d'un annonceur publicitaire), fut écrite par la rédactrice en chef du magazine français La Semaine de Suzette Jacqueline Rivière[3], et dessinée par Joseph Pinchon (1871-1953), relate une bévue réellement commise par la servante bretonne de l'auteur. Le nom de Bécassine est choisi par élimination pour faire référence à cette bévue : Bêtise, Bécasse puis Bécassine qui désigne une jeune fille ronde et naïve[4]. Bécassine rencontre un tel succès que le personnage réapparaît en première page du no 23 pour « Le livre d'or de Bécassine » en juillet 1905 puis dans de nouvelles planches qui paraissent régulièrement, toujours en guise de remplissage ponctuel[5]. Cette naissance littéraire de Bécassine est cependant infirmée par Pinchon qui prétend que le fondateur de La Semaine de Suzette, Maurice Languereau, lui a demandé dès 1904 d'illustrer « l'histoire d'une petite Bretonne à son départ de village pour venir se placer à Paris[6] ».

À partir de 1913, le personnage de Bécassine est repris par le scénariste Caumery, pseudonyme de Maurice Languereau, neveu et associé d'Henri Gautier dans la maison d'édition Gautier-Languereau, éditrice de la Semaine de Suzette. Caumery la dote d'une psychologie plus dense et lui donne à cette occasion son vrai nom, Annaïk (parfois écrit Annaïck) Labornez. Toujours dessinée par Pinchon (qui s'inspirait à l'origine du folklore amiénois pour dessiner la bonne), c'est Caumery qui lui donne les traits d'une bretonne devenant l'héroïne d'histoires beaucoup plus structurées[7].

De 1913 à 1952 sont parues plusieurs aventures de Bécassine, toutes dessinées par Pinchon (sauf deux, dessinées par Édouard Zier) et scénarisées par Maurice Languereau jusqu'en 1941 (année de son décès), remplacé, de 1948 à 1950, par d'autres personnes signant « Caumery ». D'autres albums et recueils sont parus après la mort de Pinchon en 1953, notamment une série dessinée par Trubert à partir de 1959.

Apparue trois ans avant Les Pieds nickelés, la naissance de Bécassine marque celle de la bande dessinée moderne, la transition entre les histoires illustrées et la vraie bande dessinée. Son style de dessin, au trait rond, vif et moderne, inspirera une ligne graphique : la ligne claire, dont 25 ans plus tard Tintin sera le plus beau fleuron [8].

Bécassine, la Picardie et la Bretagne[modifier | modifier le code]

Un personnage picard puis breton[modifier | modifier le code]

Une bécassine.

Au départ, le personnage créé par l'Amiénois Joseph Pinchon en 1905 représente la bonne « provinciale », fille de ferme, telle que la voyait la bourgeoisie. Le dessinateur s'inspire des costumes[9], coiffes picardes et du nom d'oiseau Bécassine, bien connu des riverains et des visiteurs de la baie de Somme[10],[11],[12].

Ce n'est qu'en 1913 que la scénariste d'origine, Jacqueline Rivière, est remplacée par Maurice Languereau (qui signe du pseudonyme Caumery), lequel fait du personnage une Finistérienne en lui donnant, en plus du surnom Bécassine, le nom breton d'Annaïk Labornez.

Brigitte Leblanc, directrice éditoriale des éditions Gautier-Languereau explique lors d'une interview publié dans le Figaro l'origine (fictive) du nom du personnage[13] :

« le surnom de Bécassine vient du fait que le jour de sa naissance un vol de bécasses est passé au-dessus de Clocher-les-Bécasses. Son oncle Corentin trouvait qu'elle avait un nez tout court et tout rond, pas du tout comme le nez des bécasses. Et donc pour rire, et par plaisanterie, il a décidé de l'appeler Bécassine. »

Cependant, de par la volonté des auteurs, Bécassine représente l'esprit français, bien au-delà d'une simple représentation d'une petite bonne bretonne vivant dans son propre monde. L'album Bécassine chez les alliés, publié en 1917, donc avant la fin de la guerre, témoigne de l'attitude engagée de l'héroïne, son auteur n'hésitant pas à lui faire déclarer à la fin de l'album [14] :

« Il m'agaçait ce gros qui pleurniche tout le temps, alors je lui ai crié "ça durera ce que ça durera, mais les boches, on les aura ǃ" Et tous les autres [militaires] m'ont applaudie en disant que j'avais parlé comme une vraie française. »

Particularités du personnage[modifier | modifier le code]

Particularité physique[modifier | modifier le code]

La bouche de Bécassine ne semble généralement pas apparaître dans les différents albums (particulièrement dans les premières éditions), ce qui fera dire à certains militants bretons qu'il s'agissait d'empêcher le personnage de pouvoir « protester en breton »[15]. On peut cependant deviner, lors de certaines postures du personnage, le dessin d'un point, voire d'un léger trait pour représenter la bouche[16].

Aspect psychologique[modifier | modifier le code]

La Citroën B2 1925 évoque la voiture de Bécassine

Malgré l'image d'une jeune femme un peu sotte, voire arriérée qui lui colle à la peau (surtout à ses débuts), on se rend compte au fur et à mesure de la sortie des albums que Bécassine sait non seulement lire et écrire (elle écrit ses mémoires dés le premier album), mais elle passe son permis de conduire afin de voyager dans sa propre automobile (de marque Excelsior) qu'elle baptise du doux nom de « fringante » (album : L'automobile de Bécassine), fait encore peu banal pour une femme en 1927. Peu de temps avant, elle s'était engagée personnellement pour soutenir le moral des troupes durant la Première guerre mondiale (albums : Bécassine pendant la Guerre, Bécassine chez les Alliés, Bécassine mobilisée). Elle sait jouer de la pelote basque (album : Bécassine au Pays Basque) et n'hésite pas à enseigner aux enfants (album : "Bécassine maîtresse d'école"). Elle prend l'avion (album : Bécassine en aéroplane), le bateau (album : Bécassine en croisière) et se déplace jusqu'en Amérique (album : Bécassine voyage). Elle apprend les rudiments du ski alpin (album : Bécassine dans la neige) et semble être capable de savoir tout faire (album : Les cent métiers de Bécassine).

Le métro parisien au début des années 1930

Malgré son rôle de bonne provinciale au service d'une famille riche puis de nounou, normalement contrainte de vivre dans un univers bourgeois et aseptisé, Bécassine adore vivre dehors où elle admire les panneaux publicitaires de style Art déco et court toutes expositions à la mode comme celle de l'exposition coloniale de 1931. En compagnie de Loulotte, sa petite protégée, elle arpente l'avenue des Champs-Élysées, admire le pont Alexandre III, la Rive gauche et le Jardin du Luxembourg et discute avec tout le monde, depuis la fleuriste, jusqu'à la marchande de journaux en passant par les bonimenteurs de rue et ce sergent de ville qui l'aide à traverser des rues déjà encombrées de voitures. Elle découvre le chantier de la construction du métro, puis, plus tard, elle s'engouffre dedans, dés que celui-ci est en fonctionnement. Bécassine est l'archétype de la femme des années folles, bien intégrée dans son époque[17].

Aspect politique[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Pascal Ory, Bécassine, à l'instar des rédacteurs (et des abonnés) du journal La Semaine de Suzette, s'engage du côté de l'ordre. En 1919, elle applaudit à une grève brisée par les ingénieurs. Cependant au fil des années et des albums, le lecteur assiste à la promotion d'une jeune femme issue des classes populaires, dans le sens d'une sorte de promotion d'un prolétariat ancillaire, alors que les élites traditionnelles semblent décliner. Fidéle à l'idée de ses auteurs, Bécassine reste d'une forme de compromis entre les classes sociales [18].

Durant l'occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis interdiront la diffusion des album de Bécassine parus à a fin des années 1930[19].

Études sur Bécassine[modifier | modifier le code]

Poupée bécassine

De nombreux universitaires ou chercheurs montrent que le personnage de Bécassine tel qu'il transparait à travers la plupart des albums témoigne de la vision négative que la bourgeoisie parisienne avait du menu peuple breton[20]. James Eveillard et Ronan Dantec, qui ont consacré un ouvrage à la représentation des Bretons dans la presse illustrée française, définissent Bécassine comme l'« incarnation du mépris dont les Bretons ont souvent souffert »[21]. Alain Croix et Christel Douard parlent littéralement de « syndrome de Bécassine » quant à eux[22].

Dans La Bretagne, ouvrage publié dans la collection « idées reçues », l'ethnologue François de Beaulieu voit dans ce personnage un « mélange de bonté et de bêtise entêtées qui a ses racines dans le vieux mythe de la « Bretagne arriérée mais pure ». » Selon lui, dans les années 1970, l'image de Bécassine change en raison de divers détournements, comme sur une affiche d'Alain Le Quernec qui la présente le poing dressé, protestant contre les marées noires répétitives qui souillent alors les côtes bretonnes[23].

Henri Boyer, professeur en sciences du langage à l'Université de Montpellier III, indique que les différents épisodes de Bécassine fondent cependant « sa réputation de simple d'esprit » et que l'époque de la Bretagne romantique est alors révolue. « L'image du Breton têtu, courageux, borné, plouc, alcoolique s'impose. Le plus grave est sans doute la manière dont les Bretons ont eux-mêmes intégré cette image qui leur est renvoyée, il est vrai, de multiples façons[24]. »

En 1995, à l'occasion des 90 ans du personnage, le journal France-Soir se demande à propos de Bécassine : « Est-elle devenue moins gourde ? »

Dans un ouvrage de vulgarisation paru en 2003, l'historien Jérôme Cucarull explique que l'Histoire économique de la Bretagne a récemment tiré profit d'une recherche fructueuse qui a abouti notamment à rectifier nettement l'image qui prévalait jusqu'« il n'y a pas encore si longtemps », « d'une Bretagne rurale arriérée dont Bécassine pouvait constituer un symbole commode[25]. »

Hommages, représentations et contestations[modifier | modifier le code]

Deux femmes en costume de Bécassine lors du carnaval de Douarnenez en 2005

Ce personnage de Bécassine est souvent mal perçu par les Bretons (certains condamnent toutes ces rééditions, reprises, commémorations…)[26],[27]. Le Trésor de la langue française écrit à propos du terme « bécassine » : « fig., péj. Femme stupide ou ridicule (...) le sens de « pers. niaise » est peut-être lié au nom de l'héroïne bret. de bandes dessinées due à Maurice Longuereau et J.-P. Pinchon dont les premières aventures furent publiées à partir de 1905 dans la Semaine de Suzette. » À l'entrée « Bécassine », le dictionnaire français Larousse donne comme acception familière : « Jeune fille sotte ou naïve »[28], proche de celle de l'encyclopédie Encarta : « jeune fille un peu niaise »[29]. On remarquera cependant que le Grand Larousse encyclopédique en 10 volumes de 1960 ne donne à « bécassine » aucune autre définition que celle de l'oiseau et pour « Bécassine » écrit simplement : « Type de bonne bretonne, brave mais étourdie, créée par le dessinateur et peintre Joseph Pinchon », sans aucune allusion à sa prétendue sottise, contrairement au Nouveau Petit Larousse illustré de 1949, dans lequel on peut lire à la même entrée : « Jeune fille sotte ou trop naïve »[30], mais sans qu'on indique le moindre lien avec le personnage de la Semaine de Suzette. Le Dictionnaire encyclopédique Hachette de 1994 indique en revanche : « Jeune fille sotte et naïve (en référence au personnage de Bécassine dessiné en 1905 par Pinchon »[31].

Un groupe de Bretons agit le au Musée Grévin à Paris, pour détruire la statue en cire du personnage en la décapitant, car ils la trouvaient trop grotesque et donnait, à leurs yeux, « une image déplorable de la région »[32],[33],[34],[35]. Patrick Guerin, l'un des acteurs de l'époque, s'est livré auprès des Éditions Dalc'homp Sonj en 1983. L'adaptation de la bande dessinée au cinéma par Pierre Caron dans Bécassine en 1939, avec l'actrice Paulette Dubost dans le rôle-titre entraîne un tollé en Bretagne[36],[37].

Chantal Goya

La chanson homonyme de Chantal Goya, sortie en 1979 rend de nouveau très célèbre la petite bonne bretonne, mais le chanteur et guitariste breton Dan Ar Braz, qui a représenté la France à l'Eurovision en chantant en breton, a mis à son répertoire une chanson par laquelle il réfute cette vision condescendante : ce titre est intitulé Bécassine, ce n'est pas ma cousine !. Georges Brassens avait également écrit une chanson intitulée Bécassine quelques années auparavant (1969), mais le rapport avec le personnage de BD reste indirect[38].

Le personnage de Pencassine (au centre).

À la même époque l'émission de télévision Le Bébête show, une émission satirique sur le monde politique présentait Jean-Marie Le Pen sous la forme d'une marionnette parodiant l'héroïne et dénommé « Pencassine » qui remplacera une marionnette précédente dénommée « Frankenpen ». Ce changement sera la conséquence d'un procès intenté par Jean-Marie Le Pen qui n'avait pas apprécié le premier personnage et désirait être représenté par un personnage français[39].

C'est contre cette vue négative que s'élève Bernard Lehembre dans Bécassine, une légende du siècle (Gautier-Languereau, 2005)[40] , en citant des exemples : il rappelle qu'on la retrouve en motocyclette, en aéroplane, en automobile et qu'elle est confrontée au téléphone. Le Nouvel Observateur fait observer lui aussi qu'« elle a escaladé les Alpes, conduit des voitures et piloté un avion. Elle s'est même essayée au cinéma, moderne et trépidante, nonobstant sa coiffe blanche et son parapluie rouge. » Le même article mentionne que la pédiatre et psychanalyste française Françoise Dolto avait signalé ses albums « comme des modèles d'une éducation moderne et d'une compréhension de la psychologie enfantine »[41]. »

La poste française sort en un timbre-poste à l'effigie de Bécassine à l'occasion du centenaire de la parution de sa première (més)aventure, suscitant la réprobation de plusieurs associations bretonnes[42]. Quelques semaines plus tôt, un article du Nouvel Observateur évoquait « les aventures d'Annaïck Labornez, dite Bécassine, la petite Bretonne au cœur d'or, naïve ô combien ! »[41].

Le , à l’occasion du 110e anniversaire de sa création, le moteur de recherche Google met Bécassine à l’honneur sur sa page d’accueil française en affichant un logo spécial[43].

Adaptation en dessin animé[modifier | modifier le code]

Le film d'animation français dénommé Bécassine et le Trésor viking, réalisé par Philippe Vidal (scénario de Béatrice Marthouret et Yves Coulon), est sorti durant la période de Noël, en 2001.Le personnage principal était doublé par l'actrice Muriel Robin.

Lors de la sortie du film, la critique est dans l'ensemble assez positive. Isabelle Fajardo, dans Télérama, évoque la « toujours même bouille ronde de nounou rassurante » de Bécassine et considère le film comme une « sucrerie pour Noël »[44].

Nouvelle adaptation en bandes dessinée[modifier | modifier le code]

Le magazine de bandes dessinées rennais Frilouz, dont le numéro zéro, partiellement repris dans le numéro 8 (février-mars 1984), était un « Spécial Bécassine ».

Le , le personnage de Bécassine sort de l'oubli avec la parution d'un nouvel album dessiné par Béja sur un scénario conçu par Éric Corbeyan dénommé Les vacances de Bécassine[45].

Nouvelle adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Bruno Podalydès.

En juin 2018, le film de Bruno Podalydès dénommé Bécassine ǃ avec Émeline Bayart jouant le rôle-titre, sort dans les salles de cinéma françaises. Ce film reprend le thème de la jeune fille un peu naïve et maladroite d'origine modeste quittant sa Bretagne natale pour tenter sa chance à Paris en se faisant engager par une famille d'aristocrates.

Le , un mouvement indépendantiste breton , « Dispac'h » (« Révolution » en breton) appelle au boycott du film de Bruno Podalydès[46], affirmant que le film est une « pseudo-comédie française potache et soi-disant populaire, qui dès ses premières images en dit long sur l'insulte en termes d'identité et de mémoire qu'il adresse aux femmes et à la Bretagne. » Le réalisateur, dont le film ne paraît que le 20 juin, s'est quant à lui défendu en déclarant qu'il voulait rompre les stéréotypes : « Bécassine n'est pas la fille un peu niaise et stupide que l'on croit. Elle est naïve, certes, et candide, mais aussi curieuse et inventive. Elle a une âme d'enfant dans un corps d'adulte. Dans ce film, je voudrais montrer Bécassine telle qu'elle est: fidèle, sincère, spontanée, innocente, tendre, rêveuse, enthousiaste[47]. »

Expositions[modifier | modifier le code]

Paris, 2015

Du 3 février au , à l’occasion des 110 ans du personnage de Bécassine, le Musée de la Poupée - Au Petit Monde Ancien avait présenté une exposition dénommé « les trésors de Loulotte », la petite fille, personnage des aventures de Bécassine inspiré par la vraie Claude, fille unique de Maurice Languereau, l’éditeur du magazine La Semaine de Suzette, et de son épouse Yvonne[48] . Pour des raison budgétaires, le Musée a fermé ses portes au public deux ans après cette exposition.

Margny-lès-Compiègne, 2016

Du 2 Avril au , une exposition intitulée « J.P. Pinchon, Bécassine, Frimousset, Grassouillet et les autres… », est organisée au Centre Régional de Ressources sur l’Album et l’Illustration, située à Margny-lès-Compiègne. À l'occasion de cette exposition, une conférence dénommée « Bécassine, une légende du siècle » est proposée aux visiteurs le [49].

Albums parus[modifier | modifier le code]

Tombe de Joseph Pinchon avec l'image de Bécassine.

Albums originaux de J.-P. Pinchon[modifier | modifier le code]

De 1913 à 1950 sont parues, dans le périodique illustré La Semaine de Suzette, 27 aventures complètes de Bécassine, presque toutes dessinées par Joseph Porphyre Pinchon et scénarisés par l'éditeur Maurice Languereau dit « Caumery », décédé en 1941. Les aventures ont été reprises dans des albums normalement parus à la fin des publications sur le magazine. Deux aventures ont pourtant été dessinées par Édouard Zier, comme Pinchon était mobilisé pendant la Première Guerre mondiale. Les aventures parues après la Seconde Guerre mondiale ont été scénarisées anonymement par des auteurs signant « Caumery » (Les Petits Ennuis de Bécassine pourrait avoir été scénarisé par Madeleine-Henriette Giraud, rédactrice en chef de la Semaine de Suzette de 1927 à 1949, tandis que Bécassine au studio semble avoir été écrit par un journaliste du Figaro ayant conservé l'anonymat). Cette suite historique comporte aussi trois « hors série » qui sont parus comme albums mais qui n'ont jamais été publiés dans la Semaine de Suzette en raison du fait que ce ne sont pas des aventures.

Les premières éditions des albums comptent 64 pages avant 1937, mais seulement 48 après le premier album « court » dénommé Bécassine cherche un emploi. Cependant, certaines rééditions des années 1950 et 1960 ont été abrégées en 48 pages. Les hors-série sont encore plus courts. La liste suivante présente les titres des albums de Bécassine par année de première parution de l'aventure, et la date de parution de l'album (parfois distante de plusieurs années) :

no  Titre Année
album
1 L'Enfance de Bécassine 1913
2 Bécassine en apprentissage a 1919
3 Bécassine pendant la Guerre b 1916
4 Bécassine chez les Alliés 1917
5 Bécassine mobilisée 1918
6 Bécassine chez les Turcs 1919
7 Les Cent Métiers de Bécassine 1920
8 Bécassine voyage 1921
- L'Alphabet de Bécassine c 1921
9 Bécassine nourrice 1922
10 Bécassine alpiniste 1923
11 Les Bonnes Idées de Bécassine 1924
12 Bécassine au Pays Basque 1925
13 Bécassine, son oncle et leurs amis 1926
14 L'automobile de Bécassine 1927
- Les Chansons de Bécassine c 1927
15 Bécassine au pensionnat 1928
- Bécassine maîtresse d'école cd 1929
no  Titre Année
album
16 Bécassine en aéroplane 1930
17 Bécassine fait du scoutisme 1931
18 Bécassine aux bains de mer 1932
19 Bécassine dans la neige 1933
20 Bécassine prend des pensionnaires 1934
21 Bécassine à Clocher-les-Bécasses 1935
22 Bécassine en croisière 1936
23 Bécassine cherche un emploi 1937
24 Les mésaventures de Bécassine 1938
25 Bécassine en roulotte 1939
26 Les Petits Ennuis de Bécassine e 2005
27 Bécassine au studio f 1992

Notes :
-a.Paru dans la Semaine de Suzette en 1914.
-b. Retitré Bécassine pendant la Grande Guerre en 1968.
-c. Hors série.
-d. Fondé sur l'Alphabet de Bécassine.
-e. Paru dans la Semaine de Suzette en 1948.
-f. Paru dans la Semaine de Suzette en 1950.

Albums originaux de J. Trubert[modifier | modifier le code]

D'autres albums et recueils sont parus après la mort de Pinchon en 1953, notamment une série dessinée par Jean Trubert à partir de 1959. Le scenario de Bécassine revient est signé par Camille François « d'après Caumery et J.-P. Pinchon », celui des autres par « Vaubant » (pseudonyme collective de Robert Beauvais et Pierre Tchernia). Les albums d'aventures ont 44 pages, mais L'Alphabet Bécassine seulement 30. Ces albums ne sont plus actuellement réédités.

Titre Année
album
- Bécassine revient a 1959
- L'Alphabet Bécassine bc 1961
- Bécassine mène l’enquête b 1962


Notes :
-a. Scénario par Camille François.
-b. Scénario par « Vaubant ».
-c. Indépendant de L'Alphabet de Bécassine de Pinchon.

Autres albums[modifier | modifier le code]

Titres à reclasser (dates de parutions non connues) : certains de ces albums sont peut-être sans rapport avec la série « historique » (recueils d'historiettes écrites et dessinées avant 1913, et albums postérieurs à la mort de Pinchon en 1953).

  • Bécassine aux Amériques
  • Bécassine et la petite Loulotte
  • La Franchise de Bécassine
  • Le Noël de Bécassine
  • Les Aventures de Bécassine (probable recueil d'historiettes antérieures à 1913)
  • Les Exploits de Bécassine
  • Les Animaux de Bécassine
  • Les Plaisirs de Bécassine
  • Les Premiers Pas de Bécassine
  • Les Promenades de Bécassine
  • Les Quatre Saisons de Bécassine
  • Les Rencontres de Bécassine
  • Les Souvenirs de Bécassine (collectif, postérieur à 1953)
  • Les Talents de Bécassine (collectif, postérieur à 1953)
  • Sacrée Bécassine !
  • Les Trouvailles de Bécassine
  • Quelle star, cette Bécassine !
  • Plus vite, Bécassine !
  • Pas de panique, Bécassine ! (collectif, postérieur à 1953)
  • Pas de chance, Bécassine !
  • Marie Quillouch et Bécassine
  • 1990 -Loulotte et Bécassine réédition de l'album de 1921

Il existe une série d'albums pour lecteurs débutants dans la collection "Les albums merveilleux" tel le no 73 "Bécassine exploratrice", éditions Gautier-Languereau, Paris 1958, ill. de J.-P. Pinchon Texte d'après Caumery, petit format 16,4 x 20,2 cm 24 pages (couverture incluse). Sur 74 numéros, huit titres présentent Bécassine : 41 Bécassine Enfant, 51 Bécassine fait ses Débuts, 63 Bécassine fait tous les métiers, 64 Bécassine chez les Peaux-Rouges, 66 Bécassine à la Montagne, 68 Bécassine a des Idées, 73 Bécassine exploratrice & 74 Bécassine et sa fille adoptive.

Nouveaux albums d'après Caumery et Pinchon[modifier | modifier le code]

  • 2016 - Les Vacances de Bécassine de Cobeyran (scénario) et Beja (dessin), éditions Gautier Languereau, Paris.
  • 2016 - Hommage à Bécassine, Col (Zep, Uderzo, Loisel, Brétécher, Guérineau, F'murr, Solé, Tébo, Alary, Abolin), éditions Gautier Languereau, Paris.

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrice Février, Cuisiner les bécassines : La chasse aux flaveurs, Le gerfaut, , 197 p. (ISBN 9782351910252, lire en ligne), chap. 90 (« Les Bécassines d'Annaïk »), p. 118
  2. Élodie Boissard, « Bécassine, cousine bretonne star d'une vente aux enchères », L'Express,‎ (lire en ligne)
  3. Née Jeanne Joséphine Spallarossa (1851-1920) épouse de J. H. Bernard de la Roche.
  4. Alain Fourment, Histoire de la presse des jeunes et des journaux d'enfants, 1768-1988, Editions Eole, , p. 211.
  5. « Cent dix ans après la « brave » Bécassine, les héroïnes de BD à l’honneur », sur bigbrowser.blog.lemonde.fr, .
  6. Laurence Olivier-Messonnier, Guerre et littérature de jeunesse (1913-1919): analyse des dérives patriotiques dans les périodiques pour enfants, Éditions L'Harmattan, , p. 28.
  7. Hélène Davreux, Bécassine ou l'image d'une femme, Labor, , p. 19.
  8. Site du journal L'Obs, article de Pascal Riché du 20 juin 2018 "dix choses à savoir sur cette bécasse de Bécassine", consulté le 11 novembre 2018
  9. « Dans la région d'Amiens, le vert, teinte de la robe de Bécassine, est la couleur des fils, le symbole de la folie. » selon Bernard Lehambre, Bécassine, une légende du siècle, Gautier-Languereau/Hachette Jeunesse, 2005.
  10. Une sculpture du personnage de Bécassine à Noyon, https://culturebox.francetvinfo.fr/livres/jeunesse/becassine-une-bretonne-aux-racines-picardes-213627
  11. http://www.encyclopedie.picardie.fr/Becassine-et-Joseph-Pinchon.html
  12. http://www.courrier-picard.fr/28027/article/2017-05-04/noyon-becassine-resiste-grace-aux-bd
  13. Site le figaro.fr, article "Brigitte Leblanc : Bécassine incarne une forme d'émancipation de la femme", publié le 20 juin 2018
  14. Google livre, Extrait de bande dessinée "Bécassine chez les alliés, consulté le 12 novembre 2018
  15. Ronan Dantec et James Eveillard, Les Bretons dans la presse populaire illustrée, Rennes, Ouest-France, , 128 p. (ISBN 2-7373-2801-2).
  16. Yves Frémion, « Huit idées fausses sur Bécassine », sur http://bandedessinee.blog.lemonde.fr, (consulté le 11 novembre 2018).
  17. Site cairn info revue "Sociétés & Représentations 2004/1 (n° 17)", article "Bécassine dans la capitale" par"Irène Pennacchioni, page 275 à 290, consulté le 12 novembre 2018
  18. Site de France Culture, article "Bécassine, moins raciste que Tintin", article de Camille Renard du 20 juin 2018, publiée le 12 novembre 2018
  19. site détours en France, page "Bécassine fête ses 110 ans", page consultée le 13 novembre 2018
  20. Angelina Etiemble et Pascale Petit-Sénéchal, Hommes & Migration : Bretagne, terre d’immigration en devenir, t. 1260, .
  21. Ronan Dantec et James Eveillard, Les Bretons dans la presse populaire illustrée, Rennes, Ouest-France, , 128 p. (ISBN 2-7373-2801-2), p. 98.
  22. Alain Croix et Christel Douard, Femmes de Bretagne : images et histoire, Rennes, Apogée, , 175 p. (ISBN 978-2-84398-021-3), p. 153.
  23. Francois de Beaulieu, La Bretagne, Le Cavalier Bleu, , 127 p. (ISBN 978-2-84670-167-9).
  24. Stéréotypage, stéréotypes : expressions artistiques, Paris, L'Harmattan, , 288 p. (ISBN 978-2-296-02963-7).
  25. Jérôme Cucarull, Histoire economique et sociale de la Bretagne, Paris, Jean-Paul Gisserot, , 125 p. (ISBN 978-2877476621).
  26. Collectif, Dictionnaire d’histoire de Bretagne, page 94, article « Bécassine », Skol Vreizh, Morlaix, 2008, (ISBN 978-2-915623-45-1).
  27. « Honni par toute la Bretagne » peut-on lire dans un ouvrage de 1968 Histoire et légendes de la Bretagne mystérieuse, Tchou Editeur, , 312 p..
  28. « bécassine », sur larousse.fr (consulté le 28 novembre 2009).
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  31. Marc Moigeon (dir.), Dictionnaire encyclopédique Hachette, Paris, Hachette, , p. 147.
  32. L'affaire est racontée dans Paris mystérieux et insolite, de Dominique Lesbros, Éditions de Borée, 2005, dans les pages 173 à 175 où l'on montre une Bécassine qui « faisait la joie des tout-petits » démolie par trois énergumènes. On dit en conclusion : « Eux qui pestaient contre l'image stupide de Bécassine ont prouvé qu'on pouvait être breton et mille fois plus stupide que l'infortunée Bécassine. » Dans le catalogue de l'exposition consacrée au peintre Ernest Guérin, père d'un des auteurs de cette affaire, l'histoire est aussi évoquée.
  33. Aurélia Vertaldi, « Et Bécassine fut décapitée il y a 75 ans, le 18 juin 1939 », sur lefigaro.fr, Le Figaro, publié le 18 juin 2014, mis à jour le 19 juin 2014 (consulté le 3 août 2015).
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  35. Leïla Marchand, « Il y a 75 ans, Bécassine était décapitée par trois Bretons », sur france3-regions.francetvinfo.fr, France 3, publié le 18 juin 2014, mis à jour le 23 juin 2014 (consulté le 3 août 2015).
  36. Tangui Perron, Le cinéma en Bretagne, Palantines, , 237 p. (ISBN 2-911-434-59-5).
  37. Jean-Pierre Berthomé et Gaël Naizet, Bretagne et cinéma : cent ans de création cinématographique en Bretagne, Rennes, Apogee, , 215 p. (ISBN 2-909275-63-9).
  38. Site analyse Brassens, fiche sur la chanson "bécassine", consulté le 11 novembre 2018
  39. Google livre, "Les Charmes et tourments de la vie insulaire D' Alexandre Katenidis", consulté le 11 novembre 2018
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  48. Site du Musée de la poupée de Paris, Exposition "les trésors de Loulotte", consulté le 14 novembre 2018
  49. Site du centre André François, page sur l'exposition "J.P. Pinchon, Bécassine, Frimousset, Grassouillet et les autres…", consultée le 14 novembre 2018

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 100 ans après, que reste-t-il de Bécassine ?, dossier publié dans Bretons, numéro 46, août-septembre 2009.
  • Marie-Anne Couderc, Bécassine inconnue, CNRS Éditions, 2001.
  • Yves-Marie Labé, « Bécassine débarque », dans Le Monde, 28 août 2005.
  • Bernard Lehambre, Bécassine, une légende du siècle, Gautier-Languereau/Hachette Jeunesse, 2005.
  • Yann Le Meur, « Bécassine, le racisme ordinaire du bien-pensant », dans Hopala, numéro 21, novembre 2005-février 2006.
  • Anne Martin-Fugier, La Place des bonnes : la domesticité féminine à Paris en 1900, Grasset, 1979. Rééditions 1985, 1998, 2004.
  • Irène Pennacchioni, « dans la capitale », Sociétés & Représentation no 17, 2004.
  • Raymond Vitruve, Bécassine œuvre littéraire, La Pensée universelle, 1991.

Liens externes[modifier | modifier le code]