Bande dessinée française

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La bande dessinée française est une bande dessinée publiée en France ou par des auteurs français.

Définition[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

En 1889, l'éditeur Armand Colin est le premier en France à lancer un périodique qui chaque semaine publie histoire en images. Intitulé Le Petit Français illustré sa série phare est La Famille Fenouillard de Christophe. Dans le même journal, il est créé par la suite Les Facéties du sapeur Camember en 1890, L'Idée fixe du savant Cosinus en 1893 et Les Malices de Plick et Plock en 1894. De nombreuses maisons d'édition se lancent dans le périodiques illustrés. Avec entre autres en 1902, Le Jeudi de la Jeunesse publié Jules Tallandier avec de nombreuses histoires en images par des auteurs comme Raoul Thomen et Louis Forton ou encore La Jeunesse illustrée publié l'année suivante par Fayard qui a comme principaux auteurs Benjamin Rabier et Georges Omry. Les éditions Gautier-Languereau lancent en 1905 le périodique pour petite fille sage La Semaine de Suzette avec son héroïne Bécassine par Joseph Pinchon[1].

En 1904, les cinq frères Offenstadt, créent un journal léger pour l'armée La Vie en culotte rouge. Fort du succès, ils lancent l'année suivante un périodique pour les plus jeunes, L'Illustré (renommé Le Petit Illustré deux plus tard). En 1908, ils publient L'Épatant un illustré qui se veut volontairement de mauvais goût. Quelques semaines après son lancement, Louis Forton créé la série Les Pieds nickelés. Pour répondre au succès de La Semaine de Suzette sur le marché du périodique pour jeune fille, les frères Offenstadt lancent en 1909 Fillette avec notamment la série Lili par Jo Valle et André Vallet[1].

Durant la Première Guerre mondiale, les séries deviennent patriotes pour soutenir les soldats au front, mais le rythme de parution ne ralentit pas. Après le conflit, les illustrés entre dans une certaine monotonie sans chercher à se renouveler. Les éditeurs préfèrent miser sur les héros d'avant-guerre qui ont fait leur preuve que sur des nouveautés. La publication des premières bandes dessinées américaines au début des années 1920, permettent l'intrusion des véritables bandes dessinées sur le marché français des histoires en images[2]. Parmi les nouveautés marquantes, la création de la série Bibi Fricotin par Louis Forton dans Le Petit illustré en 1924[1].

L'âge d'or des illustrés[modifier | modifier le code]

Dans son no 114 du , le périodique Dimanche illustré publie la première véritable bande dessinée française. Pour remplacer une publicité, le dessinateur Alain Saint-Ogan a l'idée de créer la série Zig et Puce. C'est la première bande dessinée d'un français qui comporte des phylactères. Malgré le fort succès de Zig et Puce, les auteurs français n'abandonnent que rarement l'histoire en image pour le phylactère[3].

En 1928, Paul Winkler créé Opera Mundi, une agence de presse qui représente la King Features Syndicate et Walt Disney en France. Ne parvenant pas à placer les bandes dessinées dans les journaux, il décide de créer son propre support périodique[4]. Le , parait Le Journal de Mickey avec du matériel américain, mais des véritables bandes dessinées avec des phylactères. Le succès est immédiat et oblige les autres maisons d'éditions à réagir[5]. Librairie Moderne lance Jumbo en 1935 et Aventures l'année suivante. Ces deux journaux sont réalisés avec des bandes dessinée étrangères. Les Éditions Mondiales créent Hurrah ! en 1935 et L'Aventureux en 1936[6]. Cette même année, Paul Winkler récidive en publiant Robinson pour publier notamment de la science-fiction[7], puis Hop-là ! l'année suivante avec une grande part pour la bande dessinée humoristique[8]. Fondé en 1933, Mon camarade est le premier journal de la mouvance communiste à avoir une diffusion relativement importante[9].

Les frères Offenstadt (devenus la Société parisienne d'édition en 1919) répliquent en lançant Junior et L'As aux contenues américains, alors que leurs périodiques précédents franco-centrés s'effondraient et stoppaient leurs publications. Le premier est publié en 1936 et comporte quelques auteurs français comme Jean Trubert ou Mat. Le second en 1937 avec des auteurs français comme Gaston Callaud, qui a repris Bibi Fricotin, Edmond-François Calvo, René Giffey, ou encore Albert Badert[10]. Les bandes dessinées américaines coûtent alors beaucoup moins chère à produire que les bandes dessinées françaises, puisque leurs coûts sont amortis dans plusieurs pays[11]. Cette domination de la production d'outre-atlantique, fait que de nombreux auteurs français rejoignent la presse d'humoristique et à la fin des années 1930, il n'y a plus qu'une vingtaine de dessinateurs français de bandes dessinées[10]. Néanmoins en 1937, René Pellos publie Futuropolis dans le journal Junior. La première bande dessinée française qui parvient à rivaliser avec la qualité des séries américaines[11]. En 1937, le quotidien Le Petit Parisien lance Le Journal de Toto pour les jeunes. Rob-Vel y créé le personnage titre de Toto, qui plus tard allait l'inspirer pour créer le personnage de Spirou pour le journal belge du même nom[12].

La guerre[modifier | modifier le code]

Jusqu'au mois de juin 1940, les journaux paraissent à peu près normalement avec parfois des restrictions de papiers ou des arrêts de séries pour cause de dessinateurs au front. Avec la défaite de l'armée française lors de la bataille de France, les journaux partent pour le sud et tentent de survivre en zone libre[11]. Les bandes dessinées américaines disparaissent peu à peu et définitivement en 1942. Les journaux sont alors obligé de se tourner vers des auteurs français[13].

Dans la zone occupée, Aventures s'arrête en septembre 1941, Hurrah ! disparait en avril 1942 et L'Aventureux en mai 1942[13]. Avant de disparaitre, René Brantonne, René Giffey, ou encore Raymond Poïvet y publient des séries de bonnes qualités en s'inspirant fortement des séries américaines qui viennent de disparaitre du marché français[14]. En zone libre, Le Journal de Mickey, privé du matériel américain est regroupé avec Hop-là !. Avec Robinson, il parvient à survivre jusqu'en juillet 1944[13]. Si les bandes dessinées françaises publiées dans Le Journal de Mickey et Hop-là ! réunis sont sans intérêts hormis quelques histoires de Georges Sogny. Robinson parvient à réunir quelques auteurs de qualité comme René Pellos ou Pierre Billon[14]. Jumbo quant à lui parait jusqu'en novembre 1944 avec des auteurs comme Chott[13].

Publications[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]