Ahed Tamimi

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Ahed Tamimi
Mauricio Valiente recibe a Ahed Tamimi y reitera el compromiso del Ayuntamiento con los Derechos Humanos y con el pueblo palestino 04.jpg
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
عهد التميميVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Bassem al-Tamimi (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Janna Jihad (en) (cousine germaine)
Ahlam Tamimi (en) (tante)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Cheveux
Yeux
Bleus (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Condamnée pour
Voie de fait (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Ahed Tamimi (en arabe : عهد التميمي), ou Ahed al-Tamimi, née le [1] à Nabi Salih, est une adolescente activiste palestinienne qui agit contre l'occupation des territoires palestiniens.

Le , en Cisjordanie, à Nabi Salih, village du territoire palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans[2], elle bouscule, frappe et gifle un militaire israélien appuyé sur un muret, dans la cour de sa maison[3]. L’incident se produit en marge de manifestations contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël[4],[5] et après un incident impliquant son cousin, blessé à la tête par une balle en caoutchouc[6] tirée par un soldat israélien, et plongé temporairement[7] dans un coma artificiel à l'hôpital où il a été transporté[8]. La scène de la gifle est filmée puis diffusée rapidement dans les médias[4],[9]. Ahed Tamimi est arrêtée le par les militaires de l'armée israélienne. Condamnée à huit mois d’emprisonnement, elle est libérée le 29 juillet 2018.

Biographie[modifier | modifier le code]

Environnement[modifier | modifier le code]

Ahed Tamimi vit dans le village de Nabi Salih dans le district de Ramallah en Cisjordanie[10], peuplé de moins de 600 habitants fidèles au Fatah, tous liés par le sang ou le mariage et partageant presque tous le nom de Tamimi[11].

Elle est la seule fille de la fratrie de quatre enfants du couple formé par l'activiste palestinien Bassem al-Tamimi (en)[10] et Nariman Tamini. Ses deux parents sont devenus des symboles de la lutte contre l’occupation israélienne en Cisjordanie[12]. En effet, depuis 2009, sa famille et d'autres villageois accompagnés souvent de juifs ou militants pro-palestiniens[11],[13] manifestent pacifiquement chaque semaine leur opposition à l'expansion des colonies israéliennes, à l'expropriation des Palestiniens au profit de la colonie voisine de Halamish[10] installée dans les années 1970 dans l'ancien fort britannique, et tout particulièrement contre le partage des ressources d'eau[6].

Contexte familial[modifier | modifier le code]

Manifestation en 2016 avec la famille Tamimi en tête de cortège : à gauche Bassem le père, au centre la fille Ahed, à droite Nariman la mère, et la tante maternelle.

Le père d'Ahed Tamimi, Bassem, est un maître d'école se revendiquant pacifique, qui organise ces manifestations hebdomadaires. Il a été condamné plusieurs fois pour processions illégales et incitations à la violence[14] (jets de pierre qu'il considère comme « des messages »[11]). Invité en octobre 2015 dans le Massachusetts, Bassem Tamimi a dit que les sionistes « intimidaient » les médias américains et a accusé Israël d'utiliser l'Holocauste comme un prétexte pour ses actions[15]. Il a ajouté que les Israéliens, à la différence d'Hitler, « ne mettent pas (les Palestiniens) dans des fours »[16]. Et, pour lui, s'il doit y avoir une troisième Intifada, elle partira de son village, Nabi Saleh[17].

La mère d'Ahed Tamimi, Nariman, a publié en 2015, un graphique explicite pour les agresseurs potentiels afin de leur indiquer où cibler leurs coups de couteau sur le corps humain pour qu'ils soient le plus dommageables pour les victimes[18],[19],[20],[21][réf. insuffisante]. Elle a soutenu Ahlan Tamimi, co-responsable d'un attentat-suicide à Jérusalem à la pizzeria Sbarro, qui a fait de nombreuses victimes en 2001[13],[19],[21].

Elle a aussi publié une video où Ahed appelle à des protestations internationales et justifie la violence — rendant Trump responsable de toute violence employée par les Palestiniens — dans des termes qui lui vaudront d'être poursuivie pour avoir tenté d’influencer l’opinion publique « d’une manière qui pouvait bien perturber la sécurité ou l’ordre publics » (« tried verbally and in other ways to influence public opinion in the area in a manner that could well disturb public safety or public order ») :

« J’espère que tout le monde participera aux protestations car c’est la seule solution pour obtenir un résultat. Notre force est dans nos pierres et j’espère que le monde entier sera uni pour libérer la Palestine car Trump a annoncé une décision et ils doivent porter la responsabilité de toute réponse qui viendra de nous - que soit une attaque à coup de couteau ou un attentat suicide ou un lancer de pierres, chacun doit faire quelque chose et s’unir pour que notre message soit entendu par ceux qui veulent libérer la Palestine. »[22].

D'autres membres de la famille Tamimi ont été impliqués dans des actions sanglantes comme Ahlan Tamimi[23] dans l'attaque terroriste à la pizzeria Sbarro de Jérusalem en 2001, qui a fait 15 victimes dont 8 mineurs et 130 blessés[18],[24] ; certains Tamimi sont morts dans ce contexte terroriste[11].

Montée en notoriété[modifier | modifier le code]

Popularité internationale : « Free Ahed », Lisbonne, Portugal, 2018.

Une grande partie de la popularité d'Ahed Tamimi provient d'images et de vidéos virales[10]. Figure de la résistance palestinienne[4] ou « pasionaria de la lutte contre l’occupation »[9], elle est surnommée du côté israélien « Shirley Temper » (en référence à l'actrice des années 1930-40 Shirley Temple, enfant star de renommée internationale), incarnant une figure de Pallywood ou l'effort de mise en scène palestinien pour discréditer Israël[10], et qualifiée de « provocatrice qui sait médiatiser ses actes »[18],[25] via les smartphones l'accompagnant quand elle provoque les soldats et l'exploitation qu'en fait sa famille (pages Facebook, chaîne YouTube, blogs, Twitter, e-mailings aux journalistes, etc.)[11],[25]. Le quotidien israélien Haaretz la compare à Jeanne d'Arc[26], tandis qu'Amnesty International la qualifie de « Rosa Parks palestinienne »[27],[6].

France-culture signale que pour ses détracteurs, « il s’agit d’un personnage particulièrement sulfureux notamment pour son rapport à la violence pour le moins ambigu, bien éloigné du pacifisme affiché et revendiqué des militants de la cause »[28],[18]

Pour la psychiatre Samah Jabr interrogée par le journal Le Monde, « si Ahed avait été brune et voilée, elle n’aurait pas reçu la même empathie de la part des médias internationaux. Un tel profil [brune et voilée] est plus facilement associé à l’islamisme et donc au terrorisme. Son attitude aurait alors été aussitôt liée à de la violence plus qu’à de l’héroïsme, comme c’est le cas aujourd’hui. »[29],[30].

En , à l'âge de 11 ans, elle est photographiée en pleurs alors qu'elle tente de provoquer des soldats israéliens[31] dans des scènes sciemment orchestrées devant les caméras présentes[32],[33], levant le poing face à des soldats israéliens.

Elle rencontre par la suite, Mahmoud Abbas, président de l'État de Palestine, qui la félicite pour son courage, malgré l'absence évidente de danger et la passivité des soldats israéliens. Ces actes sont pour la plupart perpétrés pour tenter d'obtenir des images où les soldats israéliens feraient preuve de violence envers la jeune fille ; entreprise vaine, les soldats restant calmes.

Deux nouvelles confrontations ont lieu en novembre puis en . A l'occasion de ce dernier incident, Ahed Tamimi, accompagnée de sa mère Nariman, est accueillie en triomphe[34] à Istanbul, où elle est reçue par le Premier ministre Recep Erdogan qui partage son avion privé avec elle[11]. Elle reçoit le prix Hanzala du courage attribué par la municipalité de Başakşehir en Turquie, pour avoir critiqué les soldats israéliens qui ont arrêté son frère, Mohamed Tamimi[35],[36],[37].

Le , elle est filmée par une demi-douzaine de journalistes palestiniens devant son père qui n'intervient pas, avec d'autres membres de sa famille criant et molestant un soldat israélien, armé et masqué, qui tente d'arrêter son frère Mohamed pour avoir lancé des pavés à la tête d'un soldat[18]. Dans une vidéo qui est devenue elle aussi virale, on la voit hurler sur le soldat, puis devant son manque de réaction, frapper le soldat et le mordre à la main[38],[39].

Le , elle participe à une conférence intitulée Le rôle des femmes dans la résistance populaire palestinienne, au Parlement européen[40],[41], aux cotés de Leila Khaled, du Front populaire de libération de la Palestine.

L'incident du 15 décembre 2017[modifier | modifier le code]

Le se déroule à Nabi Salih en Cisjordanie, une nouvelle manifestation illégale de quelque 200 personnes[10] contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël[4],[42], et que l'armée cherchait à contenir malgré quelques jets de pierre[10]. Une vidéo prise lors de ces événements par sa mère[43] qui n'intervient pas, montre Ahed Tamini provoquer, bousculer, donner des coups de pied et gifler deux militaires israéliens appuyés sur un muret, dans la cour de sa maison[3]. Ces derniers ne répliquent pas[44]. Bientôt Ahed Tamimi et sa cousine sont rejointes par d'autres habitantes et finissent par former une chaîne humaine pour bloquer l’entrée du domicile[29].

Les images sont diffusées rapidement sur les réseaux sociaux à partir de la page Facebook de Nariman Tamimi, la mère d'Ahed[45] et dans les médias[4],[9]. Selon ses proches, « Ahed s'est emportée après que son cousin [de 15 ans[1]] Mohammed al-Tamimi a été touché [plus tôt le même jour] à la tête par une balle en caoutchouc » tirée par un soldat israélien[46],[47].

Après que la vidéo est devenue virale sur Internet[48], Ahed Tamimi est arrêtée le par les militaires de l'Armée israélienne[42]. Le , elle est présentée devant un tribunal militaire israélien, siégeant en Cisjordanie, qui retient douze chefs d’inculpation contre elle[30] ; elle est poursuivie pour avoir agressé un soldat[42]. Sa cousine Nour Tamimi et sa mère Nariman Tamimi sont simultanément interpellées ; celle-ci est poursuivie pour incitation au terrorisme pour la période du 7 mai au 17 juin 2017[49].

Réactions[modifier | modifier le code]

Une mobilisation sur les réseaux sociaux et une campagne d'affichage à Londres demandent la libération d'Ahed Tamimi[50].

Dans l’autre camp, on accuse la famille Tamimi de tourner et publier ce genre de vidéos dans un but lucratif, ou de manipulation de la presse à travers notamment l'agence de presse (en) TP Tamimi Press ; le père d'Ahed Tamimi s’en défend en arguant qu’il utilise une caméra non pas pour faire de la propagande, mais pour dénoncer une occupation militaire violente[51].

Selon le New York Times, la réaction des Palestiniens est ambivalente : s'ils louent tous le courage de la jeune fille, ils se demandent s'ils n'ont pas déprécié leur cause en montrant des soldats israéliens se conduisant humainement ou s'ils l'ont aidée en montrant que la résistance, même désarmée peut être efficace[52].

Le site israélien de nouvelles Ynetnews considère pour sa part que les images d'Ahel Tamimi sont la preuve que « les manifestants palestiniens utilisent des enfants pour aiguillonner des soldats israéliens dans l'espoir de provoquer une réaction violente »[11].

Si le 5 janvier, Nour Tamimi — sa cousine de quatre ans plus âgée que l'on voit sur la vidéo bousculer avec Ahed les militaires — est remise en liberté sous caution[53], un juge militaire israélien décide le le maintien en détention d'Ahed Tamimi jusqu'à la fin de la procédure (potentiellement plusieurs mois), arguant que « la gravité des faits dont elle est accusée n’offre pas d’alternative à la détention »[54]. À la suite de cette décision, la directrice adjointe d'Amnesty International pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, Magdalena Mughrabi, demande sa libération immédiate et indique que rien ne peut justifier sa détention[55], [1], et James Heeran, chef du bureau local du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, se dit « profondément préoccupé » par la prolongation de sa détention provisoire[56].

Le 22 janvier 2018, le chanteur israélien Yehonathan Geffen publie un poème sur Instagram dédié à Ahed Tamimi

« Une jolie fille de 17 ans a commis une terrible action et quand un fier officier israélien a encore une fois envahi sa maison, elle lui a donné une gifle. Elle est avec ça et avec cette claque avec cinquante ans d’occupation et d’humiliations. Et quand le jour viendra où l’histoire de cette lutte sera racontée, toi, Ahed Tamimi, la rousse, comme David qui a giflé Goliath, feras partie des rangs de Jeanne d’Arc, Hannah Szenes et Anne Frank. »

La comparaison à Anne Frank, qualifiée par certains d'outrancière et douloureuse, provoque de vives réactions en Israël. Le ministre de la Défense Avigdor Liberman tente sans succès d'interdire les passages du chanteur sur la radio militaire[57]. Yehonathan Geffen s’en excuse une semaine plus tard, affirmant avoir voulu montrer qu'à l'instar des Israéliens qui ont fabriqué des héros nationaux tels que Trumpeldor ou Moshé Dayan, les Palestiniens ont le droit de créer les leurs et que le chanteur aurait tout aussi bien pu faire figurer Wonder Woman et Gal Gadot[58]. Le poème demeure cependant sur son compte Instagram.

Ahed Tamimi fête ses 17 ans en prison[3],[2].

En avril 2018, le député israelien Bezalel Smotrich considère qu'il « aurait fallu lui tirer dessus, ne fut-ce que dans le genou. Au moins, elle aurait été assignée à résidence pour le reste de sa vie »[59].

Le 28 juillet 2018, soupçonnés par la police des frontières israélienne « d’abîmer et de vandaliser le mur de sécurité dans la zone de Bethléem »[2], deux Italiens et un Palestinien sont arrêtés pour avoir peint le visage de Ahed Tamimi sur le mur de séparation à Bethléem, en Cisjordanie[60].

Le procès d'Ahed Tamimi[modifier | modifier le code]

Le procès d'Ahed Tamimi débute le 13 février 2018 à Ofer (Cisjordanie), devant un tribunal militaire israélien, à huis clos[61]. Elle est défendue par une avocate israélienne originaire du Mexique, maître Gaby Lasky, connue pour son combat pour les droits de l'homme et pour être l'avocat d'activistes non-violents palestiniens et israéliens[62],[63],[64].

Le , l'accusée et le procureur concluent un accord de « plaider coupable » contre huit mois de prison et le paiement d'une amende de 5 000 shekels (1 166 euros)[65],[66]. En conséquence, le tribunal militaire abandonne huit des douze charges retenues à l’origine contre elle — certaines remontant à 2016 dont pour jets de pierres[67]. Les quatre chefs d'accusation retenus sont l'enregistrement vidéo de la gifle et des coups de pied, l'incitation à la violence via la publication de la vidéo et deux autres agressions contre des soldats[68],[67].

Impliquées dans la vidéo du 15 décembre, sa cousine Nour Tamimi écope de 16 jours de prison et d'une amende de 2 000 shekels (473 euros) tandis que sa mère Nariman Tamimi est condamnée à huit mois de prison et à une amende de 6 000 shekels (1 400 euros)[67].

Libération[modifier | modifier le code]

La jeune fille et sa mère sont libérées le 29 juillet 2018 après avoir purgé leur peine[3],[69].

Poursuite du militantisme[modifier | modifier le code]

En août 2018, Ahed Tamimi publie une vidéo où elle rend hommage à Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, et précise qu« 'il est impossible que cette terre (de Palestine) appartienne à deux peuples »[70].

Fête de l'Humanité, septembre 2018.

En septembre 2018, Ahed Tamimi, avec sa famille, fait une tournée en France qui, après Paris, la conduit à Nantes, Grenoble et Nancy. Elle donne plusieurs interviews à des rédactions dont France 24, cheveux lâchés et yeux fardés, où elle se présente comme une icône de la paix et regrette que les Israéliens soient « nourris à la haine » et à « tuer les Palestiniens »[18]. Le 14 septembre, elle est invitée à la fête de l’Humanité à la Courneuve où elle s'exprime et reçoit de chaleureux soutiens de la part de Pierre Laurent, secrétaire national du parti communiste, de Clémentine Autin de la France Insoumise[71], et de sympathisants anonymes ; elle s'y prête volontiers à tous les selfies d'admirateurs[72].

Le journaliste et chercheur Mohamed Sifaoui s'interroge alors sur la présence d'Ahed Tamimi à la fête populaire de l'Humanité, qu'il dit «  instrumentalisée par le Hezbollah » quand elle « rend hommage au chef terroriste antisémite » Hassan Nasralah (sur la chaîne TV libanaise Al-Jadeed[70])[71]. Cet hommage a aussi été critiqué par le poète et écrivain syrien Maher Charan Eddine[73]. Le journaliste et réalisateur Khaled Abou Toameh considère que pour certains Arabes qui doutent d'elle, Ahed Tamimi qui a posé avec un membre du Polisario « n'est plus une icône »[73].

Le 19 septembre, elle est reçue par le socialiste Philippe Grosvalet au Conseil Départemental de Loire-Atlantique et par le maire d'En Marche de Rezé. Elle y est accompagnée de ses parents et deux de ses frères qui participent à une réunion publique à la salle festive Nantes-Nord, organisée par l'association France-Palestine[74].

Invitée par l'association France-Palestine-Solidarité (AFPS) le 21 septembre, elle est accueillie en héroïne près de Grenoble où elle dénonce dans un meeting les « très mauvais traitements » et le racisme de ses geôliers israéliens, et appelle à l'union des partis politiques palestiniens « pour l’intérêt national et non pour leurs intérêts personnels », en affirmant n'appartenir elle-même à aucun parti politique. Le meeting se termine en standing ovation. Willy Beauvallet, maître de conférence en science politique à l'université Lyon II, considère que « l'extrémisme du gouvernement Netayahou et la levée des ambiguïtés du gouvernement américain dans ce conflit offrent une nouvelle opportunité, une nouvelle perspective de mobilisation non violente, qui vient relayer des générations qui se sont trouvées compromises par les enjeux des deux dernières décennies »[75]

En Grèce avec sa famille le 22 septembre 2018, Ahed Tamimi s'exprime lors d'une conférence de presse organisée par la Jeunesse communiste du pays (le KNE relevant du KKE), auprès de Marwan Tubasi, ambassadeur palestinien en Grèce. Elle y explique que les luttes palestiniennes ont besoin du « soutien international » pour « aider à faire pression sur Israël » et répond quand on l'interroge sur son traitement en prison israélienne qu'elle y a beaucoup lu. Elle projette d'étudier pour pouvoir défendre la cause palestinienne à un niveau international[76].

Le 30 septembre, l'« icône palestinienne » poursuivant sa tournée européenne, est reçue avec sa famille à Madrid en Espagne par Emilio Butragueno, vice-président du club de football Real Madrid, qui lui offre dans ses locaux un maillot à son nom devant les photographes du quotidien sportif madrilène « Marca »[77], après qu'elle a rendu visite aux joueurs. Des responsables israéliens réagissent immédiatement : Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministre israélien des Affaires étrangères, trouve « honteux » qu'un club aussi prestigieux que le Real de Madrid « embrasse une terroriste qui incite à la haine et à la violence ». Dans la même tonalité, l'ambassadeur d'Israël en Espagne, Daniel Kutner, précise qu'« Ahed Tamimi ne combat pas pour la paix, elle défend la violence et la terreur. Les institutions qui l'ont reçue et célébrée encouragent indirectement l'agression et non le dialogue et l'entente dont nous avons besoin »[78],[79].

Après la France, la Belgique, la Grèce et l'Espagne, il est prévu que la jeune militante se rende en Algérie et en Tunisie[80].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « Palestinian teen who slapped Israeli soldier jailed for duration of trial », ABC News,‎ (lire en ligne)
  2. a, b et c « Ahed Tamimi, la jeune Palestinienne qui avait giflé des soldats israéliens, a été libérée », sur Le Monde, (consulté le 30 juillet 2018)
  3. a, b, c et d « Libération de la jeune palestinienne qui avait giflé des soldats israéliens », sur Le Figaro (consulté le 29 juillet 2018)
  4. a, b, c, d et e Aude MAZOUÉ, « Ahed Tamimi, nouvelle figure de proue de la résistance palestinienne », sur le site france24.com, (consulté le 30 décembre 2017).
  5. Luc Vinogradoff, « La jeune activiste palestinienne Ahed Tamini arrêtée par l'aréme israélienne à la suite d'une vidéo virale », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. a, b et c « L’acharnement israélien à l’encontre des adolescents Tamimi », sur Le Monde Blog : Jean Pierre Filiu, (consulté le 30 juillet 2018)
  7. (en) « Cousin filmed slapping soldiers with Ahed Tamimi indicted on assault », sur The Times of Israel,
  8. (en) Nour Tamimi, « I’m Ahed Tamimi’s cousin. », sur Washington Post,
  9. a, b et c « La Palestinienne Ahed Tamimi, pasionaria de la lutte contre l’occupation », sur le site Liberation.fr (lien archivé), (consulté le 30 décembre 2017).
  10. a, b, c, d, e, f et g (en) Ruth Eglash, « Israelis call her ‘Shirley Temper.’ Palestinians call her a hero. », sur le site du Washington Post, (consulté le 31 décembre 2017).
  11. a, b, c, d, e, f et g (en) Ben Ehrenreich, « Is This Where the Third Intifada Will Start ? », New York Times,‎ (lire en ligne)
  12. « Ahed Tamimi, le visage juvénile de la résistance palestinienne », Paris Match,‎ (lire en ligne)
  13. a et b (en) Dexter Van Zile, « Christian peacemakers’ creepy crush », sur Jerusalem Post,
  14. (en) « Palestinian protester cleared of incitement charge : Israeli military trial acquits Bassem Tamimi of main charge but convicts him of soliciting protesters to throw stones », Harriet Sherwood, The Guardian, 20 mai 2012. Lire en ligne.
  15. « Tamimi spoke of how Zionists “bully” the media in the United States and accused Israel of using the Holocaust as an excuse for its actions », D. Van Zile, op. cit.
  16. « The Israelis kill the Palestinians with 22-millimeter bullets but do not put them into ovens,” he said. », D. Van Zile, op. cit.
  17. Guillaume Gendron, « Palestine: Ahed Tamimi, visage viral », sur Libération,
  18. a, b, c, d, e et f Daniel Pomerantz, « Ahed Tamimi’s Global Propaganda Tour », sur HonestReporting (ONG),
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  20. (en) Bradley Martin, « Ahed Tamimi’s terrorism runs in the family », sur Algemeiner,
  21. a et b (en) Petra Marquardt-Bigman, « The Deceptive Campaign for Ahed Tamimi », sur Algemeiner,
  22. (en) Yotam Berger, Yaniv Kubovich, « Ahed Tamimi, Palestinian Teen Who Slapped Israeli Soldier in Video, Charged With Assault », sur Haaretz,
  23. AhlanTamimi, condamnée à la prison à vie pour sa participation active à l'attentat sanglant de 2001, a été libérée dans le cadre des échanges de terroristes contre l'otage franco-israélien Guilad Salit, en 2011. A cette occasion, la télévision de l'Autorité palestinienne a envoyé ses « meilleurs voeux de fidélité » à Ahlan Tamimi. Voir (en) Professeur Alan Johnson, [« Quels sont vos héros ? Le cas de Ahlam Tamimi »], sur Hurryunpharry.org, 18/10/2011.
  24. Frimer Roth, (en) « Se souvenir des bombardements de Sbarro cinq ans après », Haaretz, 11 Août 2006. Lire en ligne.
  25. a et b Sylvia Revello, « Ahed Tamimi, icône ou marionnette de la résistance palestinienne? », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  26. (en) Uri Avnery, « Opinion Joan of Arc in a West Bank Village », Haaretz,‎ (lire en ligne)
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  28. « Ahed Tamimi : l’adolescente contre l’occupation », sur France culture,
  29. a et b « Ahed Tamimi, icône ou marionnette de la résistance palestinienne? », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  30. a et b Claire Bastier (Jérusalem correspondance), « Ahed Tamimi, jeune figure familière de la résistance palestinienne », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  31. (en) « PHOTOS: Israeli forces crack down on weekly protest in Nabi Saleh », sur le site 972mag.com, (consulté le 30 décembre 2017).
  32. « Arrestation d'Ahed Tamimi: "pasionaria" palestinienne ou adolescente manipulée? », FRANCE 2 MOYEN-ORIENT,‎ (lire en ligne)
  33. (en) Tamar Sternthal, « Cheap shots: Palestinians put kids in the line of fire », sur le site The Times of Israel, (consulté le 30 décembre 2017).
  34. « She (Ahed) and Nariman were invited to Istanbul, where, to their surprise, Nariman said, they were greeted at the airport by dozens of children wearing T-shirts printed with Ahed's photo. They drove past billboards displaying Ahed's image. Reporters followed them everywhere. Crowds gathered when they walked in the streets. They were taken to Prime Minister Recep Tayyip Erdogan in the southeastern city of Urfa, Nariman said, and flew back with him to Istanbul on his plane. », The New Yord Times, op. cit., 15/03/2013. Lire en ligne.
  35. (he) « הפרקליטות תתנגד לשחרור מוקדם של יונתן היילו שהרג את אנסו » [« Le bureau du procureur de l’État s'opposera à la libération anticipée de Yonatan Haileu, qui a tué Anso »], sur le site Mako.co.il,‎ (consulté le 28 décembre 2017).
  36. (he) « סערת ההפגנה בכפר הפלסטיני: "בני זרק אבנים? הוא עם יד שבורה" » [« Manifestation dans un village palestinien: "Mon fils a jeté des pierres, il est avec un bras cassé" »], sur le site news.walla.co.il,‎ (consulté le 28 décembre 2017).
  37. (he) « מול המצלמות: פלסטינית מתגרה בחיילים בנבי סאלח » [« Devant les caméras: Une Palestinienne provoque des soldats à Nabi Saleh »], sur le site news.walla.co.il (consulté le 28 décembre 2017).
  38. (en) Lawahez Jabari, « West Bank Teen Ahed Tamimi Becomes Poster Child for Palestinians », sur le site NBC News, (consulté le 31 décembre 2017).
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