Avigdor Liberman

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Avigdor Liberman
אביגדור ליברמן
Avigdor Liberman en 2011.
Avigdor Liberman en 2011.
Fonctions
Ministre de la Défense
En fonction depuis le
(3 mois et 30 jours)
Président Reuven Rivlin
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou IV
Prédécesseur Moshe Ya'alon
Ministre des Affaires étrangères

(1 an 5 mois et 25 jours)
Président Shimon Peres
Reuven Rivlin
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou III
Prédécesseur Benyamin Netanyahou
Successeur Benyamin Netanyahou

(3 ans 10 mois et 8 jours)
Président Shimon Peres
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou II
Prédécesseur Tzipi Livni
Successeur Benyamin Netanyahou
Biographie
Nom de naissance Evik Lvovitch Liberman[1]
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Chișinău, République socialiste soviétique moldave
Nationalité Israélienne
Parti politique Likoud, Israel Beytenou
Diplômé de Institut agronomique de Kichinev
Université hébraïque de Jérusalem
Religion Judaïsme

Avigdor Liberman (en hébreu : אביגדור ליברמן), né le 5 juin 1958 à Chișinău (RSSM), est un homme politique israélien.

Fondateur et dirigeant du parti nationaliste Israel Beytenou (« Israël notre maison »), il est sa tête de liste lors des élections législatives de 2006, 2009 et 2015. Il est actuellement ministre de la Défense et a été ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre d'Israël entre 2009 et 2012 et de 2013 à 2015.

Liberman se considère comme le représentant politique des Israéliens d'origine russe. Il est controversé en raison de son vocabulaire violent et de ses positions anti-arabes.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Avigdor Liberman naît sous le nom d'Evik (ou Evit) Lvovitch Liberman à Chișinău, dans une famille juive de la Moldavie soviétique ; il s'appelle Evik en l'honneur d'Eva, une de ses grand-mères. Sa mère est Esther Markovna et son père Lev Yankelevitch Liberman. Comme Juif de Bessarabie, Lev Liberman est, avant 1940, citoyen roumain. Il est membre de l'organisation sioniste de jeunesse Betar. Envoyé au front dans les rangs de l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier par les Allemands. Survivant à cette captivité, il est ensuite déporté par les autorités soviétiques en Sibérie.

En Moldavie, le jeune Evit étudie à l'Institut agronomique de Kichinev et travaille pour une courte période à Bakou (actuel Azerbaïdjan), avant d'émigrer en Israël en 1978. Après avoir fait son service militaire comme caporal[2] pour Tsahal, il est diplômé en relations internationales et en sciences politiques à l'université hébraïque de Jérusalem. Au cours de ces études, il se bat deux fois avec les membres d’un groupe d’étudiants arabes[2]. Durant ses premières années en Israël, il exerce plusieurs métiers, notamment à l'aéroport Ben Gourion et comme videur dans une boîte de nuit[3].

Marié, père de trois enfants et habitant la petite colonie de peuplement Nokdim en Cisjordanie, Avigdor Liberman parle quatre langues : l'hébreu, le russe, le roumain et l'anglais. Il est depuis 1999 rédacteur en chef d'une revue intitulée Yoman Yisraeli.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Avigdor Liberman et Condoleezza Rice, le 11 décembre 2006.

Il occupe un poste à la direction du Likoud de 1993 à 1996, puis la fonction de directeur de cabinet du Premier ministre Benyamin Netanyahou de 1996 à 1997.

En 1999, il fonde le parti russophone Israel Beytenou et est élu député à la Knesset. Il reproche au Premier ministre travailliste Ehud Barak de négliger diplomatiquement la Russie, dont il espère influencer la politique étrangère en la soutenant « dans sa lutte contre le terrorisme islamique en Tchétchénie », sans succès toutefois[4].

En mars 2001, il fait entrer son parti dans la coalition gouvernementale menée par le Likoud d'Ariel Sharon et il est nommé ministre des Infrastructures, mais il en démissionne en mars 2002. Lors de la seconde Intifada, en 2002, il appelle au bombardement des stations d'essence, banques et centres commerciaux palestiniens. En février 2003, il devient ministre des Transports. Il déclare peu après à propos des prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes : « Je propose de les transporter en autocars jusqu'à la mer Morte pour les noyer »[5].

Il s'oppose au plan de désengagement des territoires occupés et propose, en mai 2004, un plan alternatif dans lequel prévoyant une séparation entre Juifs et Arabes pour créer deux États ethniquement homogènes[6]. Il soutient la solution à deux États avec échange de territoires (certaines villes israéliennes à majorité arabe seraient données à l’État palestinien alors que certaines implantations juives seraient données à Israël) parce que selon lui, c'est un moyen de se débarrasser des Arabes qui haïssent Israël et d'éviter qu’Israël ne devienne à terme un État binational. Pour lui, seuls les Arabes ressentant profondément un lien avec l'État d'Israël et de la loyauté pour cet État devraient être admis à y rester, les autres devant en être expulsés, et si deux États devaient être créés, alors les frontières devraient être modifiées afin que la majorité des Arabes israéliens soient alors en Palestine[7]. Ce point de vue est condamné par Ariel Sharon et les adversaires d'Avigdor Liberman lui reprochent d'être populiste et démagogue[8]. Le 4 juin 2004, alors que la tension monte autour du plan de désengagement de la bande de Gaza, Ariel Sharon limoge Liberman du gouvernement.

Aux élections législatives de 2006, son parti profite de l'effondrement du Likoud de Benyamin Netanyahou et remporte 11 sièges à la Knesset. En avril 2006, Avigdor Liberman s'exprime en faveur d'une action israélienne contre l'Iran, dont le programme nucléaire et les discours de son président, Mahmoud Ahmadinejad, sont considérés comme des menaces pour l'existence de l'État d'Israël.

Le 23 octobre 2006, son parti signe un accord avec Kadima et entre dans la coalition au pouvoir. Avigdor Liberman est nommé ministre des Affaires stratégiques, avec rang de sixième vice-Premier ministre dans le gouvernement Olmert. Le 16 janvier 2008, Avigdor Liberman quitte le gouvernement afin de s'opposer aux négociations de paix avec les Palestiniens, initiées le 27 novembre 2007 à la conférence d'Annapolis[9]. Il rompt également la coalition entre Kadima et son parti, Israel Beytenou. En 2009, il critique l'opération Plomb Durci pour l'insuffisance des moyens employés pour vaincre le Hamas.

Lors des élections législatives de février 2009, en obtenant 15 sièges, son parti devient le troisième parti de la Knesset, devançant le Parti travailliste (13 sièges). Il devient alors un interlocuteur indispensable des deux grandes formations, le Likoud et Kadima, en vue de former une coalition qui sera à même de mener le pays. Il apporte son soutien à Benyamin Netanyahou et est coopté avec son parti dans le gouvernement de coalition du centre et de la droite. Il devient ministre des Affaires étrangères, son activité provoquant des tensions avec les pays voisins, notamment l'Égypte[10].

Le , la police israélienne recommande au procureur général de l'État, Menahem Mazouz, d'inculper Avigdor Liberman pour « blanchiment d'argent », « corruption », « fraude », « subornation de témoins » et « entrave à la justice » dans le cadre d'une enquête, ouverte une dizaine d'années auparavant, sur le financement de certaines de ses campagnes électorales[11],[12]. Inculpé le , il démissionne quelques jours plus tard du gouvernement[13]. Il est finalement acquitté des charges de corruption pesant sur lui le [14], et retrouve son poste de ministre des Affaires étrangères le 11 novembre 2013 à la suite d'un vote à la Knesset, 62 députés votant pour, 17 contre[15]. En désaccord avec ce verdict, la procureure chargée du dossier, Avia Alef, démissionne du parquet. Elle affirme que Liberman avait des « taupes » au sein de l'enquête, ce qui lui a permis d'être acquitté[16].

Avigdor Liberman en 2013.

Avigdor Liberman met fin à la coalition politique entre le Likoud et son parti le [17]. La même année, il propose un plan de paix jugé réaliste par la gauche et les États-Unis ; pour certains observateurs, il tente ainsi de s'attirer le soutien d'électeurs centristes[18]. En 2015, selon plusieurs sources israéliennes et palestiniennes, il aurait rencontré secrètement Mohammed Dahlan, ancien homme fort du Fatah évincé en raison de sa rivalité avec le président Mahmoud Abbas[19].

Le 10 mars 2015, lors d’un meeting électoral se tenant dans la ville d'Herzliya, près de Tel Aviv, Avigdor Lieberman déclare que les Arabes israéliens qui ne sont pas fidèles à Israël doivent être décapités : « Ceux qui sont de notre côté méritent beaucoup, mais ceux qui sont contre nous méritent de se faire décapiter à la hache ». Il estime en outre que tous ceux qui dénoncent la politique d'Israël menée contre les Palestiniens méritent d'être condamnés à mort[20]. À la suite de ces déclarations, l'Autorité palestinienne demande à la Cour pénale internationale d'émettre un mandat d'arrêt contre lui[21]. Le 13 janvier 2009, le Jerusalem Post reprend la déclaration suivante d'Avigdor Lieberman, faite à l'université Bar-IIan de Tel Aviv : « Nous devons continuer à combattre le Hamas exactement comme les États-Unis ont combattu le Japon lors de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, l'occupation du pays n'a pas été nécessaire »[22].

Il est nommé ministre de la Défense le 30 mai 2016, à la suite de la démission de Moshe Ya'alon bien qu'il ait affirmé que Netanyahou était « un menteur, un tricheur et une crapule » peu auparavant[23]. Il conditionne sa participation au gouvernement à l'instauration de la peine de mort pour les terroristes et à la réforme des retraites[2]. Sa nomination suscite des critiques en raison de son inexpérience militaire et de ses proposes controversés[2]. C'est la première fois qu'un russophone occupe une fonction aussi élevée au sein d'un gouvernement israélien[1]. Certains observateurs dressent alors un parallèle entre Liberman, connu pour être belliqueux, et Amir Peretz, membre du Parti travailliste et pacifiste convaincu ; Peretz fut le dernier ministre de la Défense sans expérience militaire qu'a connu Israël avant l'arrivée au poste de Lieberman et son passage au ministère de la Défense fut considéré comme un désastre[24]. D'autres temporisent au sujet de sa nomination en faisant valoir que Liberman est un homme politique intelligent et pragmatique qui ne mettra pas ses menaces à exécution et qui sera obligé de modérer ses positions pour ne pas se mettre à dos l'armée israélienne[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Israël : des boîtes de nuit au ministère de la Défense, l'irrésistible ascension de Lieberman, Le Monde.
  2. a, b, c et d « Liberman manque de crédibilité militaire, mais compense par ses opinions », sur The Times of Israël (consulté le 21 mai 2016)
  3. Google.com
  4. Charles Urjewicz, « Russes, Juifs, Israéliens, », Outre-Terre 4/2004 (no 9), p. 227-232,‎ (consulté le 13 août 2011)
  5. Israël : les déclarations surréalistes d'Avigdor Lieberman, Nouvel Obs, consulté le 2 juin 2016.
  6. « La paix selon Avigdor Lieberman », sur Courrier international,‎ (consulté le 21 mai 2016)
  7. Peter Beinart, « La faillite de l'establishment juif américain », Revue internationale et stratégique 3/2010 (n° °79), p. 31-43.,‎ (consulté le 14 août 2011)
  8. « Les vidéos info - Israël : le populiste Avigdor Lieberman nommé ministre de la Défense », sur MYTF1NEWS,‎ (consulté le 21 mai 2016)
  9. Yisrael Beïteinu quitte le gouvernement d'Ehud Olmert Le Monde 16 janvier 2008
  10. Israël et l'Égypte luttent pour le Nil, Infos Eau, mis en ligne le 11 septembre 2009
  11. « La police recommande d'inculper Avigdor Lieberman », NouvelObs.com, mis en ligne et consulté le 2 août 2009
  12. Laurent Zecchini, « Le chef de la diplomatie israélienne soupçonné de blanchiment d'argent », Le Monde,‎ , p. 7.
  13. « Israël: Lieberman a démissionné », Le Figaro, 16 décembre 2012
  14. William Booth, « Israeli politician Avigdor Lieberman acquitted of corruption charges », in washingtonpost.com, 6 novembre 2013.
  15. « Avigdor Lieberman redevient ministre israélien des affaires étrangères », in france24.com, 11 novembre 2013.
  16. Nissim Behard, « Lieberman, un va-t-en-guerre à la Défense », sur Liberation.fr,‎ (consulté le 23 mai 2016).
  17. , « Lieberman met un terme au Likoud-Beitenou » in i24news.tv
  18. (fr) « Israël-Palestine: et l'extrémiste Avigdor Lieberman proposa un plan de paix », sur Slate.fr (consulté le 21 mai 2016)
  19. (fr) « Avigdor Lieberman aurait rencontré Mohammed Dahlan, le rival de Mahmoud Abbas », sur i24news (consulté le 21 mai 2016)
  20. Avigdor Lieberman veut décapiter à la hache les Arabes israéliens infidèles à la patrie.
  21. L'AP va demander à la CPI d'émettre un mandat d'arrêt contre Lieberman
  22. « Lieberman: Do to Hamas what the US did to Japan », sur The Jerusalem Post | JPost.com
  23. « L'ultranationaliste Avigdor Liberman nommé ministre de la Défense d'Israël après la démission de Moshé Yaalon », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  24. « Ce que Liberman pourrait apprendre du dernier chef de la Défense non général d’Israël », sur The Times of Israël (consulté le 21 mai 2016)
  25. « Israël échange-t-il Yaalon contre un épouvantail ? Pas si vite », sur The Times of Israël (consulté le 21 mai 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]