Avigdor Liberman

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Avigdor Liberman
אביגדור ליברמן
Illustration.
Avigdor Liberman en 2017.
Fonctions
Ministre israélien de la Défense

(2 ans, 5 mois et 17 jours)
Président Reuven Rivlin
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou IV
Prédécesseur Benyamin Netanyahou (intérim)
Moshe Ya'alon
Successeur Benyamin Netanyahou (intérim)
Ministre des Affaires étrangères

(1 an, 5 mois et 25 jours)
Président Shimon Peres
Reuven Rivlin
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou III
Prédécesseur Benyamin Netanyahou
Successeur Benyamin Netanyahou

(3 ans, 10 mois et 8 jours)
Président Shimon Peres
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou II
Prédécesseur Tzipi Livni
Successeur Benyamin Netanyahou
Vice-Premier ministre
Ministre des Affaires stratégiques

(1 an, 2 mois et 19 jours)
Président Moshe Katsav
Dalia Itzik (intérim)
Shimon Peres
Premier ministre Ehud Olmert
Gouvernement Olmert
Prédécesseur Poste créé
Successeur Moshe Ya'alon (indirectement)
Ministre des Transports

(1 an, 3 mois et 9 jours)
Président Moshe Katsav
Premier ministre Ariel Sharon
Gouvernement Sharon II
Prédécesseur Tzachi Hanegbi
Successeur Méir Chétrit
Ministre des Infrastructures nationales

(1 an et 7 jours)
Président Moshe Katsav
Premier ministre Ariel Sharon
Gouvernement Sharon I
Prédécesseur Avraham Shochat
Successeur Effi Eitam
Biographie
Nom de naissance Evik Lvovitch Liberman[1]
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Chișinău (République socialiste soviétique moldave)
Nationalité Israélienne
Parti politique Likoud
Israel Beytenou
Diplômé de Institut agronomique de Kichinev
Université hébraïque de Jérusalem
Religion Judaïsme

Avigdor Liberman (en hébreu : אביגדור ליברמן), né le 5 juin 1958 à Kichinev (RSSM, URSS), est un homme politique israélien.

Après avoir été membre du Likoud, il crée et dirige le parti nationaliste Israel Beytenou, dont il est la tête de liste aux des élections législatives de 2006, de 2009 et de 2015.

À partir de 2001, dans les gouvernements d’Ariel Sharon, d’Ehud Olmert et de Benyamin Netanyahou, il est plusieurs fois ministre (Infrastructures, Transports, vice-Premier ministre et Affaires stratégiques, Affaires étrangères, Défense).

Il se considère comme le représentant politique des Israéliens d'origine russe. Il est controversé en raison de son vocabulaire violent et de ses positions anti-arabes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Avigdor Liberman naît sous le nom d'Evik (ou Evit) Lvovitch Liberman à Kichinev, dans une famille juive russophone de Moldavie soviétique[2] ; il s'appelle Evik en l'honneur d'Eva, une de ses grand-mères.

Sa mère est Esther Markovna et son père Lev Yankelevitch Liberman. Comme Juif de Bessarabie, Lev Liberman est, avant 1940, citoyen roumain. Il est membre de l'organisation sioniste de jeunesse Betar. Envoyé au front dans les rangs de l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier par les Allemands. Survivant à cette captivité, il est ensuite déporté par les autorités soviétiques en Sibérie.

En Moldavie, le jeune Evit étudie à l'Institut agronomique de Kichinev et travaille pour une courte période à Bakou (actuel Azerbaïdjan), avant d'émigrer en Israël en 1978[3]. Après avoir fait son service militaire comme caporal[4] pour Tsahal, il est diplômé d'un baccalauréat universitaire en arts, en relations internationales et en sciences politiques à l'université hébraïque de Jérusalem. Au cours de ces études, il se bat deux fois avec les membres d’un groupe d’étudiants arabes[4]. Durant ses premières années en Israël, il exerce plusieurs métiers, notamment à l'aéroport Ben Gourion et comme videur dans une boîte de nuit[5].

Marié, père de trois enfants et habitant la petite colonie de peuplement de Nokdim, en Cisjordanie, Avigdor Liberman parle l'hébreu, le yiddish, le russe, le roumain et l'anglais[3].

À partir de 1999, il est rédacteur en chef d'une revue intitulée Yoman Yisraeli.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Départ du Likoud[modifier | modifier le code]

Il occupe un poste à la direction du Likoud de 1993 à 1996, puis la fonction de directeur de cabinet du Premier ministre Benyamin Netanyahou de 1996 à 1997, rompant avec lui cette année là, jugeant sa politique trop conciliante vis-à-vis des Palestiniens[2].

Dans les années 1990, il se fait le porte-parole des juifs russophones arrivés en Israël[2].

En 1999, il fonde le parti russophone Israel Beytenou et est élu député à la Knesset. Il reproche au Premier ministre travailliste Ehud Barak de négliger diplomatiquement la Russie, dont il espère influencer la politique étrangère en la soutenant « dans sa lutte contre le terrorisme islamiste en Tchétchénie », sans succès toutefois[6].

Gouvernements Sharon[modifier | modifier le code]

Avigdor Liberman et Condoleezza Rice en 2006.

En mars 2001, il fait entrer son parti dans la coalition gouvernementale menée par le Likoud d'Ariel Sharon : il est nommé ministre des Infrastructures nationales. Il en démissionne en mars 2002. Lors de la seconde Intifada, en 2002, il appelle au bombardement des stations d'essence, banques et centres commerciaux palestiniens. En février 2003, il devient ministre des Transports. Il déclare peu après à propos des prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes : « Je propose de les transporter en autocars jusqu'à la mer Morte pour les noyer »[7].

Il s'oppose au plan de désengagement des territoires occupés et propose, en mai 2004, un plan alternatif prévoyant une séparation entre Juifs et Arabes pour créer deux États ethniquement homogènes[8]. Il soutient la solution à deux États avec échange de territoires (certaines villes israéliennes à majorité arabe seraient données à l’État palestinien alors que certaines implantations juives seraient données à Israël) parce que selon lui, c'est un moyen de se débarrasser des Arabes qui haïssent Israël et d'éviter qu’Israël ne devienne à terme un État binational. Pour lui, seuls les Arabes ressentant profondément un lien avec l'État d'Israël et de la loyauté pour cet État devraient être admis à y rester, les autres devant en être expulsés, et si deux États devaient être créés, alors les frontières devraient être modifiées afin que la majorité des Arabes israéliens soient alors en Palestine[9]. Ce point de vue est condamné par Ariel Sharon et les adversaires d'Avigdor Liberman lui reprochent d'être populiste et démagogue[10]. Le 4 juin 2004, alors que la tension monte autour du plan de désengagement de la bande de Gaza, Ariel Sharon limoge Liberman du gouvernement.

Gouvernement Olmert[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives de 2006, son parti profite de l'effondrement du Likoud de Benyamin Netanyahou et remporte 11 sièges à la Knesset. En avril 2006, Avigdor Liberman s'exprime en faveur d'une action israélienne contre l'Iran, dont le programme nucléaire et les discours de son président, Mahmoud Ahmadinejad, sont considérés comme des menaces pour l'existence de l'État d'Israël.

Le 23 octobre 2006, son parti signe un accord avec Kadima et entre dans la coalition au pouvoir. Avigdor Liberman est nommé ministre des Affaires stratégiques, avec rang de sixième vice-Premier ministre dans le gouvernement Olmert. Le 16 janvier 2008, Avigdor Liberman quitte le gouvernement afin de s'opposer aux négociations de paix avec les Palestiniens, lancées le 27 novembre 2007 à la conférence d'Annapolis[11]. Il rompt également la coalition entre Kadima et son parti, Israel Beytenou. En 2009, il critique l'opération Plomb Durci pour l'insuffisance des moyens employés pour vaincre le Hamas.

Gouvernements Netanyahou[modifier | modifier le code]

Avigdor Liberman et Sebastian Kurz en 2014.

Après les élections législatives de février 2009, en obtenant 15 sièges, son parti devient le troisième parti de la Knesset, devançant le Parti travailliste (13 sièges). Il devient alors un interlocuteur indispensable des deux grandes formations, le Likoud et Kadima, en vue de former une coalition qui sera à même de mener le pays. Il apporte son soutien à Benyamin Netanyahou et est coopté avec son parti dans le gouvernement de coalition du centre et de la droite. Il devient ministre des Affaires étrangères, son activité provoquant des tensions avec les pays voisins, notamment l'Égypte[12].

Le , la police israélienne recommande au procureur général de l'État, Menahem Mazouz, d'inculper Avigdor Liberman pour « blanchiment d'argent », « corruption », « fraude », « subornation de témoins » et « entrave à la justice » dans le cadre d'une enquête, ouverte une dizaine d'années auparavant, sur le financement de certaines de ses campagnes électorales[13],[14]. Inculpé le , il démissionne quelques jours plus tard du gouvernement[15]. Il est finalement acquitté des charges de corruption pesant sur lui le [16], et retrouve son poste de ministre des Affaires étrangères le 11 novembre 2013 à la suite d'un vote à la Knesset, 62 députés votant pour, 17 contre[17]. En désaccord avec ce verdict, la procureure chargée du dossier, Avia Alef, démissionne du parquet. Elle affirme que Liberman avait des « taupes » au sein de l'enquête, ce qui lui a permis d'être acquitté[18].

Avigdor Liberman met fin à la coalition entre le Likoud et son parti le [19]. La même année, il propose un plan de paix jugé réaliste par la gauche et les États-Unis ; pour certains observateurs, il tente ainsi de s'attirer le soutien d'électeurs centristes[20]. En 2015, selon plusieurs sources israéliennes et palestiniennes, il aurait rencontré secrètement Mohammed Dahlan, ancien homme fort du Fatah évincé en raison de sa rivalité avec le président Mahmoud Abbas[21].

Le 10 mars 2015, au cours d’un meeting électoral se tenant dans la ville d'Herzliya, Avigdor Lieberman déclare que les Arabes israéliens qui ne sont pas fidèles à Israël doivent être décapités : « Ceux qui sont de notre côté méritent beaucoup, mais ceux qui sont contre nous méritent de se faire décapiter à la hache ». Il estime en outre que tous ceux qui dénoncent la politique d'Israël menée contre les Palestiniens méritent d'être condamnés à mort[22]. À la suite de ces déclarations, l'Autorité palestinienne demande à la Cour pénale internationale d'émettre un mandat d'arrêt contre lui[23]. Le 13 janvier 2009, le Jerusalem Post reprend la déclaration suivante d'Avigdor Lieberman, faite à l'université Bar-IIan de Tel Aviv : « Nous devons continuer à combattre le Hamas exactement comme les États-Unis ont combattu le Japon lors de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, l'occupation du pays n'a pas été nécessaire »[24].

Avigdor Liberman en 2017.

Il est nommé ministre de la Défense le 30 mai 2016, à la suite de la démission de Moshe Ya'alon bien qu'il ait affirmé que Netanyahou était « un menteur, un tricheur et une crapule » et un « politicien sans couilles » peu auparavant[25]. Il conditionne sa participation au gouvernement à l'instauration de la peine de mort pour les terroristes et à la réforme des retraites[4]. Sa nomination suscite des critiques en raison de son inexpérience militaire et de ses propos controversés[4]. C'est la première fois qu'un russophone occupe une fonction aussi élevée au sein d'un gouvernement israélien[1]. Certains observateurs dressent alors un parallèle entre Liberman, connu pour être belliqueux, et Amir Peretz, membre du Parti travailliste et pacifiste convaincu ; Peretz fut le dernier ministre de la Défense sans expérience militaire qu'a connu Israël avant l'arrivée au poste de Lieberman et son passage au ministère de la Défense fut considéré comme un désastre[26].

Tout en tempérant ses positions, il qualifie en décembre 2016 une conférence internationale organisée par la France de « version moderne du procès Dreyfus » et estime qu’« il est peut-être temps de dire aux Français juifs : la France n'est pas votre pays, ce n'est pas votre terre ; quittez-la et venez en Israël ». Ces propos sont dénoncés par le Conseil représentatif des institutions juives de France[2].

Le , il démissionne de son poste de ministre après la conclusion d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Il qualifie l'accord de « capitulation devant le terrorisme ». Israel Beytenou se retire alors de la coalition gouvernementale[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Israël : des boîtes de nuit au ministère de la Défense, l'irrésistible ascension de Lieberman, Le Monde.
  2. a b c et d Cyrille Louis, « Avigdor Liberman, le glaive d'Israël », Le Figaro Magazine, semaine du 6 janvier 2017, page 24.
  3. a et b http://www.knesset.gov.il/mk/eng/mk_eng.asp?mk_individual_id_t=214
  4. a b c et d « Liberman manque de crédibilité militaire, mais compense par ses opinions », sur The Times of Israël (consulté le 21 mai 2016)
  5. Google.com
  6. Charles Urjewicz, « Russes, Juifs, Israéliens, », Outre-Terre 4/2004 (no 9), p. 227-232, (consulté le 13 août 2011)
  7. Israël : les déclarations surréalistes d'Avigdor Lieberman, Nouvel Obs, consulté le 2 juin 2016.
  8. « La paix selon Avigdor Lieberman », sur Courrier international, (consulté le 21 mai 2016)
  9. Peter Beinart, « La faillite de l'establishment juif américain », Revue internationale et stratégique 3/2010 (n° °79), p. 31-43., (consulté le 14 août 2011)
  10. « Les vidéos info - Israël : le populiste Avigdor Lieberman nommé ministre de la Défense », sur MYTF1NEWS, (consulté le 21 mai 2016)
  11. Yisrael Beïteinu quitte le gouvernement d'Ehud Olmert Le Monde 16 janvier 2008
  12. Israël et l'Égypte luttent pour le Nil, Infos Eau, mis en ligne le 11 septembre 2009
  13. « La police recommande d'inculper Avigdor Lieberman », NouvelObs.com, mis en ligne et consulté le 2 août 2009
  14. Laurent Zecchini, « Le chef de la diplomatie israélienne soupçonné de blanchiment d'argent », Le Monde,‎ , p. 7.
  15. « Israël: Lieberman a démissionné », Le Figaro, 16 décembre 2012
  16. William Booth, « Israeli politician Avigdor Lieberman acquitted of corruption charges », in washingtonpost.com, 6 novembre 2013.
  17. « Avigdor Lieberman redevient ministre israélien des affaires étrangères », in france24.com, 11 novembre 2013.
  18. Nissim Behard, « Lieberman, un va-t-en-guerre à la Défense », sur Liberation.fr, (consulté le 23 mai 2016).
  19. , « Lieberman met un terme au Likoud-Beitenou » in i24news.tv
  20. « Israël-Palestine: et l'extrémiste Avigdor Lieberman proposa un plan de paix », sur Slate.fr (consulté le 21 mai 2016)
  21. « Avigdor Lieberman aurait rencontré Mohammed Dahlan, le rival de Mahmoud Abbas », sur i24news (consulté le 21 mai 2016)
  22. Avigdor Lieberman veut décapiter à la hache les Arabes israéliens infidèles à la patrie.
  23. L'AP va demander à la CPI d'émettre un mandat d'arrêt contre Lieberman
  24. « Lieberman: Do to Hamas what the US did to Japan », sur The Jerusalem Post | JPost.com
  25. « L'ultranationaliste Avigdor Liberman nommé ministre de la Défense d'Israël après la démission de Moshé Yaalon », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  26. « Ce que Liberman pourrait apprendre du dernier chef de la Défense non général d’Israël », sur The Times of Israël (consulté le 21 mai 2016)
  27. « Israël : Avigdor Lieberman, le ministre de la Défense, démissionne après le cessez-le-feu à Gaza », 20minutes.fr, 14 novembre 2018.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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