Philippe Grosvalet

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Philippe Grosvalet
Illustration.
Philippe Grosvalet.
Fonctions
Président du conseil général puis départemental de la Loire-Atlantique
En fonction depuis le
(8 ans, 2 mois et 16 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur Patrick Mareschal
Conseiller général puis départemental de la Loire-Atlantique
En fonction depuis le
(21 ans, 2 mois et 25 jours)
Élection 22 mars 1998
Réélection 28 mars 2004
27 mars 2011
29 mars 2015
Circonscription Saint-Nazaire-Est (1998)
Saint-Nazaire-2 (2015)
Prédécesseur Maxime Batard
Biographie
Date de naissance (61 ans)
Lieu de naissance Saint-Nazaire (France)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste
Profession Cadre associatif
Présidents du conseil général de la Loire-Atlantique

Philippe Grosvalet, né le à Saint-Nazaire, est un homme politique français, membre du Parti socialiste (PS).

Cadre de la fédération Léo-Lagrange et engagé au Parti socialiste, il est élu en conseiller municipal de Saint-Nazaire. Il devient adjoint du maire Joël-Guy Batteux en , puis se fait élire trois ans plus tard conseiller général du canton de Saint-Nazaire-Est contre un proche du maire. Il tente en de lui disputer la mairie, mais le PS confirme son soutien au premier magistrat sortant.

Après le basculement à gauche du conseil général de la Loire-Atlantique en , il est désigné vice-président de l'institution par Patrick Mareschal et s'occupe principalement des dossiers économiques. À la suite du retrait de Mareschal de la vie politique, Grosvalet est choisi par les socialistes pour lui succéder. Il est ainsi élu président du conseil général en .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts[modifier | modifier le code]

Philippe Grosvalet est né à Saint-Nazaire, au sein d'une famille de six enfants. Son père est charpentier fer au chantier naval de la ville, et sa mère est fille d'agriculteurs venant du Morbihan. Il pratique la course cycliste dans sa jeunesse, et fréquente alors Patrice Bulting, futur fondateur du festival Les Escales. Il quitte le lycée avant la fin de ses études, et quitte le foyer familial. Il devient un temps acteur de théâtre, lorsque Armand Gatti fait produire la pièce Le canard sauvage à Saint-Nazaire. Il devient adhérent de la fédération Léo-Lagrange, mouvement d'éducation populaire proche des socialistes, puis devient à 19 ans directeur régional de cette structure[1].

Élu de Saint-Nazaire[modifier | modifier le code]

En 1989, il est élu membre du conseil municipal de Saint-Nazaire, sur la liste de Joël-Guy Batteux, maire sortant issu du PS. Celui-ci le désigne adjoint au maire après les élections municipales de 1995. Également président du groupe des élus socialistes[2], ses relations avec Joël-Guy Batteux se tendent rapidement.

Ainsi aux élections cantonales de 1998, il défait au premier tour dans le canton de Saint-Nazaire-Est le sortant Maxime Batard, adjoint au maire, membre du Mouvement des citoyens (MDC) et proche de Batteux[3]. Dans la perspective de l'élection municipale de 2001, il est choisi comme chef de file du PS. La direction nationale confirme cependant Batteux comme tête de liste[1].

Il est alors réélu conseiller municipal, puis se rapproche de la tendance Nouveau Parti socialiste dirigée alors par Arnaud Montebourg et Vincent Peillon[1].

Ascension[modifier | modifier le code]

Patrick Mareschal nomme Philippe Grosvalet vice-président à l'Économie.

À l'issue des élections cantonales des 21 et 28 mars 2004, au cours desquelles il est réélu au second tour avec 74,3 % des voix face à l'UDF Emmanuel James[4], le conseil général bascule à gauche, sous la présidence de Patrick Mareschal. Il est alors désigné vice-président de l'institution, chargé de l'Agriculture, des Entreprises, de l'Emploi et de la Formation. Sa délégation est modifiée en 2008, conservant les compétences de l'Économie et de l'Emploi.

Président du conseil général (puis départemental)[modifier | modifier le code]

Le , Philippe Grosvalet devient président du conseil général de Loire-Atlantique.

Après l'annonce, en , du retrait de la vie politique de Patrick Mareschal[5], il est choisi comme chef de file des socialistes de la Loire-Atlantique pour les élections cantonales des 20 et 27 mars 2011. Il est réélu à cette occasion par 64,56 % des suffrages face à Michèle Viau, candidate d'Europe Écologie Les Verts (EELV)[6], alors même que les socialistes perdent quatre cantons, la majorité de gauche conservant toutefois trente-sept sièges sur cinquante-neuf. Il avait pour suppléante Laurianne Deniaud, présidente nationale du Mouvement des jeunes socialistes (MJS).

Il est officiellement porté à la présidence du conseil général lors de la séance d'installation du 31 mars, recueillant la totalité des voix des élus de gauche[7].

Aux élections départementales de 2015, associé à Lydia Meignen, il est élu conseiller départemental avec 68,32 % face au binôme présenté par le Front national Lydia Poirier et Jean-Claude Blanchard[8]. Il est réélu à la tête de l'assemblée départemental le 2 avril 2015[9].

Prises de positions[modifier | modifier le code]

Au sein du Parti Socialiste[modifier | modifier le code]

Lors de la primaire socialiste de 2011, il soutient dès le premier tour la candidature de François Hollande[10].

Il annonce en appuyer la candidature de David Samzun, adjoint à l'Urbanisme, pour l'investiture de la tête de liste socialiste à l'élection municipale nazairienne de mars 2014. Sa position rejoint celle de la députée Marie-Odile Bouillé et du sénateur Yannick Vaugrenard[11].

Il prend position en faveur de Vincent Peillon pour la primaire socialiste de 2017. Il est alors membre de son comité politique, et avec Nicolas Soret est chargé du projet Aménagement du territoire & Collectivités territoriales du candidat[12]. Après la défaite de ce dernier au premier tour de la primaire, il indique ne vouloir voter pour aucun des deux candidats finalistes, Benoît Hamon et Manuel Valls[13].

Projet d'aéroport du Grand Ouest[modifier | modifier le code]

Il soutient le projet d'aéroport du Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes. Il dénonce notamment les zadistes en indiquant qu'« on ne peut construire son mode de vie sur le dos des autres »[14]. Très opposé à la position de Ségolène Royal qui ne soutient pas le projet, il tweete à la ministre de l'Écologie pour lui demander en 2015 de « fermer sa g...ou de démissionner »[15].

Rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne[modifier | modifier le code]

Le drapeau breton continue de flotter devant l'hôtel du département.

Lors de sa prise de fonction comme président du conseil général, il affirme que le Gwenn ha Du, installé par son prédécesseur, continuera de flotter devant l'hôtel du département. Alors que Patrick Mareschal fait partie des fondateurs de Bretagne réunie, association militant pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne, Philippe Grosvalet se dit « ni pour, ni contre » car selon lui « avant cette question se pose celle de la décentralisation et de l'autonomie des régions. Cela suppose une vraie vision au plan national et européen »[16]. Il se déclare en opposé à un référendum sur ce sujet, car « c’est un sujet clivant qui ne déboucherait pas sur une solution satisfaisante »[14].

Il poursuit le travail de coopération entamé par ses prédécesseurs avec la région Bretagne, et déclare lors d'une réunion de travail en 2012 que « la Loire-Atlantique appartient à la Bretagne historique, au-delà des frontières administratives et politiques »[17]. Le , il estime que si le gouvernement souhaite opérer la fusion des Pays-de-la-Loire et de Poitou-Charentes, alors « la Loire-Atlantique ne peut pas ne pas aller avec la région Bretagne »[18]. Le suivant, il prend position pour la fusion de la Bretagne et des Pays de la Loire car il s'agit de « la bonne réponse en termes de périmètre ». Il appelle « tous les partisans de la réunification de la Bretagne à opter pour l’union des Pays de la Loire et de la Bretagne, c’est la seule occasion qu’ils auront » et affirme que « si on doit rester dans le statu quo, on y restera très longtemps »[19].

Proposition de référendum[modifier | modifier le code]

À la suite de la pétition signée par au moins 100 000 électeurs demandant la tenue d'une consultation pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, il se prononce le en faveur d'un référendum décisionnel, organisé par l'État dans les quatre départements bretons et les cinq départements des Pays-de-la-Loire, et adresse un courrier en ce sens au président de la République Emmanuel Macron[20].

Lors d'une session du conseil départemental convoquée trois jours plus tard, il décide de soumettre directement aux élus la question de l'appartenance régionale de la Loire-Atlantique, plutôt qu'une proposition visant à organiser une consultation des électeurs sur le sujet, non sans s'être préalablement assuré qu'il bénéficiait d'une majorité pour rejeter le déclenchement du « droit d'option ». Par 30 voix pour, 13 contre et 15 abstentions, l'assemblée refuse en effet cette possibilité. Toutefois, pour ne pas prêter le flanc à la critique d'une posture anti-démocratique, il fait voter un vœu reprenant sa proposition référendaire transmise au chef de l'État, adopté par 55 suffrages favorables. Pour le quotidien Le Télégramme, Philippe Grosvalet a ainsi « réussi à s'extirper avec maestria » d'un piège[21].

Dès le lendemain au Sénat, la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault rejette l'idée d'un référendum décisionnel, arguant que la loi en l'état ne le permet pas et renvoie le débat aux assemblées délibérantes concernées[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Marc Le Duc, « Grosvalet, un Nazairien président du Département », dans Ouest-France, le 31 mars 2011, consulté sur saint-nazaire.maville.com le 19 décembre 2018
  2. « La « nouvelle vie » de Philippe Grosvalet », saint-nazaire-infos.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 19 décembre 2018).
  3. « Titanicland. Jojo est-il naz’ ? », La Lettre à Lulu,‎ (lire en ligne, consulté le 19 décembre 2018).
  4. (fr) « LOIRE ATLANTIQUE (44) - Canton de SAINT-NAZAIRE-EST (39) », Ministère français de l'Intérieur, consulté le
  5. (fr) « Patrick Mareschal prêt à quitter la politique », nantes.maville.com, le
  6. (fr) « Le futur président Philippe Grosvalet réélu à Saint-Nazaire Est », Ouest-France, le
  7. « Philippe Grosvalet élu président du conseil général de Loire-Atlantique », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  8. Résultats élections départementales 2015 - Canton Saint-Nazaire-2
  9. Philippe Grosvalet réélu à la tête du conseil départemental sur loire-atlantique.fr
  10. « Primaire socialiste. Royal à Rennes, Aubry puis Hollande à Nantes », dans Le Télégramme, le 16 septembre 2011, consulté sur www.letelegramme.fr le 19 décembre 2018
  11. « Municipales: Philippe Grosvalet soutient la candidature Samzun », Ouest-France,‎ (lire en ligne, consulté le 19 décembre 2018).
  12. « Primaire à gauche. Peillon détaille son organigramme de campagne », ouest-france.fr, 23 décembre 2016.
  13. « Primaire de la gauche. Philippe Grosvalet ne choisit ni Hamon ni Valls », dans Ouest-France, le 31 janvier 2017, consulté sur www.ouest-france.fr le 19 décembre 2018
  14. a et b Frédéric Brenon, « Loire-Atlantique. Le gwenn ha du continuera de flotter devant l'hôtel du département », 20 Minutes,‎ (lire en ligne, consulté le 18 décembre 2018).
  15. « Aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Grosvalet est furieux contre Royal », dans Ouest-France, le 12 novembre 2015, consulté sur www.ouest-france.fr le 19 décembre 2018
  16. « Loire-Atlantique. Le gwenn ha du continuera de flotter devant l'hôtel du département », Le Télégramme,‎ (lire en ligne, consulté le 18 décembre 2018).
  17. « Bretagne-Loire-Atlantique : le travail en commun continue », Ouest-France, 5 mars 2012, consulté sur www.ouest-france.fr le 6 mars 2012
  18. « Fusion des régions. La Loire-Atlantique privilégie l'option Bretagne », Ouest-France, 23 mai 2014
  19. « Réforme. Philippe Grosvalet (PS) "enterre définitivement" la Bretagne réunifiée ... », Ouest-France,‎ (lire en ligne, consulté le 18 décembre 2018).
  20. Arnaud Wajdzik, « Le président de la Loire-Atlantique réclame un référendum sur la réunification de la Bretagne », Ouest-France,‎ (lire en ligne, consulté le 18 décembre 2018).
  21. « Réunification. C'est Paris qui décidera », Le Télégramme,‎ (lire en ligne, consulté le 19 décembre 2018).
  22. « Réunification : le gouvernement dit non au référendum », France Bleu,‎ (lire en ligne, consulté le 19 décembre 2018).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]