Acide taririque

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Acide taririque
Image illustrative de l’article Acide taririque
Identification
Nom UICPA acide octadéc-6-ynoïque
No CAS 544-74-1
PubChem 235711
SMILES
InChI
Apparence poudre blanche[1]
Propriétés chimiques
Formule brute C18H32O2  [Isomères]
Masse molaire[2] 280,4455 ± 0,0172 g/mol
C 77,09 %, H 11,5 %, O 11,41 %,
Propriétés physiques
fusion 49 à 50 °C[1],[3],[4]
ébullition 178 à 180 °C ( 40 Pa)[4]

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

L'acide taririque, acide octadéc-6-ynoïque ou encore acide oméga-12-octadécynoïque est un acide gras acétylénique isomère de l'acide linoléique. Présent chez Ximenia americana[5], il est considéré comme le premier produit naturel découvert contenant une liaison triple carbone-carbone[6].

Il fut découvert et isolé par le chimiste français Léon-Albert Arnaud qui l'extrait à partir d'un glucoside de la graine de Tariri du Guatemala[7].

Occurrence naturelle[modifier | modifier le code]

L'acide taririque a été découvert dans différents huiles et graisses végétales. Il fut isolé pour la première fois en 1892 à partir de l'huile de graine d'espèces de la famille des Picramnia[8]. Il est ainsi présent dans Picramnia camboita originaire du Brésil[9], Picramnia carpinterae originaire du Guatemala[10] et Picramnia lindeniana originaire du Mexique[11].

L'acide tartirique est biosynthétisé à partir de l'acide pétrosélinique. Les deux acides gras sont présents ensemble dans les espèces des genres Picramnia et Alvaradoa[12],[13].

L'acide taririque est le principal acide gras des espèces de la famille des Picramniaceae[14].

Propriétés[modifier | modifier le code]

Propriétés physiques[modifier | modifier le code]

L'acide taririque pur est solide à la température ambiante. Il est insoluble dans l'eau mais soluble dans le méthanol

Propriétés chimiques[modifier | modifier le code]

La triple liaison est la partie la plus réactive de l'acide taririque. L'acide, et en particulier ses sels, sont amphiphiles, c'est-à-dire qu'ils comportent à la fois une partie polaire hydrophile (le groupe carboxyle) et une partie apolaire lipophile (la chaîne hydrocarbonée).

Il est possible de synthétiser d'acide taririque pur par bromation puis déshydrohalogénation de l'acide pétrosélinique par l'hydroxyde de potassium. La pureté est vérifiée par chromatographie en phase gazeuse sur colonne capillaire, spectroscopie RMN ou par hydrogénation sélective[15] suivie d'une ozonolyse[16].

Propriétés biologiques[modifier | modifier le code]

L'acide taririque exerce un effet inhibiteur plus fort sur les micro-organismes que l'acide pétrosélinique[17]. Contrairement à ce dernier, l'acide taririque ne peut être complètement éliminé par la catabolisme des mammifères[18].

Production et synthèse[modifier | modifier le code]

L'acide tartirique peut être obtenu par hydrolyse basique des triglycérides extraits de plantes où il est présent, suivie d'un ré-acidification du milieu pour l'obtenir sous sa forme acide. Du fait de la présence de nombreux autres acides, une séparation est nécessaire.

L'acide taririque peut être synthétisé à partir de l'acide pétrosélinique disponible dans le commerce[19].

Détection[modifier | modifier le code]

L'acide tartirique peut être détecté et dosé parmi les autres acides gras par chromatographie en phase gazeuse des esters méthyliques. Il peut aussi être séparés d'autres acides gras insaturés par chromatographie sur couche mince argentique[20].

On peut aussi le détecter par ajout d'eau de brome qui réagit sur les liaisons multiples.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Xing-Cong Li, Melissa R. Jacob, Hala N. ElSohly, Dale G. Nagle, Troy J. Smillie, Larry A. Walker, Alice M. Clark, « Acetylenic Acids Inhibiting Azole-Resistant Candida albicans from Pentagonia gigantifolia », Journal of Natural Products, vol. 66, no 8,‎ , p. 1132–1135 (ISSN 0163-3864)DOI:10.1021/np030196r
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. (en) J.A. Barve, F.D. Gunstone, « Fatty acids, Part 33 The synthesis of all the octadecynoic acids and all the trans-octadecenoic acids », Chemistry and Physics of Lipids, vol. 7, no 4,‎ , p. 311–323 (ISSN 0009-3084)DOI:10.1016/0009-3084(71)90009-0
  4. a et b (en) D. E. Ames, A. N. Covell, T. G. Goodburn, « 164. Syntheses of long-chain acids. Part VI. Acetylenic acids and cis,cis-docosa-5,13-dienoic acid », Journal of the Chemical Society (Resumed),‎ , p. 894 (ISSN 0368-1769)DOI:10.1039/JR9650000894
  5. C18 Acetylenic Fatty Acids of Ximenia americana with Potential Pesticidal Activity. Majekodunmi O. Fatope, Oumar A. Adoum and Yoshio Takeda, J. Agric. Food Chem., 2000, 48 (5), pages 1872–1874, DOI:10.1021/jf990550k
  6. M. Arnaud, Sur la constitution de l'acide taririque, Comt. Rend. 134 (1902) 473
  7. [1] Journal of the Chemical Society, Volume 82, Part 1
  8. M. A. Arnaud, Sur un novel acide gras non saturé de la série CnH2n-4O2, Compt. Rend. 114 (1892) 79
  9. B. Grützner, Ueber einen krystallisirten Bestandtheil der Früchte von Picramnia camboita, Chemiker Zeitung 100 (1893) 1851
  10. Cl. Grimme, Über einige seltene Ölfrüchte, Chemische Revue über die Fett- und Harzindustrie 17 (1910) 156
  11. Cl. Grimme, Über das Fett von Picramnia lindeniana, Chemische Revue über die Fett- und Harzindustrie 19 (1912) 51
  12. G. F. Spencer, R. Kleiman, F. R. Earle et I. A. Wolff, The trans-6 fatty acids of Picramnia sellowii seed oil, Lipids 5 (1970) 285
  13. M. B. Pearl, R. Kleiman et F. R. Earle, Acetylenic acids of Alvaradoa amorphoides seed oil, Lipids 8 (1973) 627
  14. R. Hänsel, 22. Lipide in: R. Hänsel, O. Sticher (Hrsg.) Pharmakognosie Phytopharmazie 9. Auflage (2010) 673–674 Springer, Heidelberg (ISBN 978-3-642-00962-4) (Google Books)
  15. H. Lindlar, Ein neuer Katalysator für selektive Hydrierungen, Helv. Chim. Acta 35 (1952) 446
  16. T. Stuhlfauth, H. Fock, H. Huber, K. Klug: The distribution of fatty acids including petroselinic and tariric acids in the fruit and seed oils of the Pittosporaceae, Araliaceae, Umbelliferae, Simarubaceae and Rutaceae. In: Biochemical Systematics and Ecology. 13, 1985, S. 447–453, DOI:10.1016/0305-1978(85)90091-2.
  17. J. J. Kabara, A. J. Conlay and D. M. Swieczowski, Antimicrobial action of isomeric fatty acids on group A Streptococcus, Journal of Medicinal Chemistry 16 (1973) 1060
  18. K. Bernhard, K. Yekundi und E. Kaempf, 44. Das biologische Verhalten von Fettsäuren mit Dreifachbindung: III. Der Abbau der Tairinsäure, Helvetica Chimica Acta 51 (1968) 373
  19. T. Stuhlfauth, H. Fock, H. Huber and. K. Klug, « The distribution of fatty acids including petroselinic and tariric acids in the fruit and seed oils of the pittosporaceae, araliaceae, umbelliferae, simaroubaceae and rutaceae », Biochemical systematics and ecology, vol. 13, no 4,‎ , p. 447–453 (DOI 10.1016/0305-1978(85)90091-2)
  20. B. Breuer, T. Stuhlfauth and H. P. Fock, « Separation of fatty acids or methyl esters including positional and geometric isomers by alumina argentation thin-layer chromatography », J. Of Chromatogr. Science, vol. 25, no 7,‎ , p. 302–306 (DOI 10.1093/chromsci/25.7.302, lire en ligne)