Église Saint-Médard de Paris

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Église Saint-Médard
Vue de l'église.
Vue de l'église.
Présentation
Culte Catholique romain
Dédicataire Saint Médard de Noyon
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Paris
Début de la construction XVe siècle
Fin des travaux XVIIIe siècle
Style dominant Gothique flamboyant
Protection Logo monument historique Classé MH (1906)
Site web saintmedard.orgVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 50′ 23″ nord, 2° 21′ 01″ est
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Église Saint-Médard
Géolocalisation sur la carte : 5e arrondissement de Paris
(Voir situation sur carte : 5e arrondissement de Paris)
Église Saint-Médard

L'église Saint-Médard est située au no 141 rue Mouffetard à Paris, sur la rive gauche de la Seine, au sud-est de la montagne Sainte-Geneviève.

Édifiée du XVe au XVIIIe siècle, elle est l'église paroissiale des fidèles d'une partie du 5e arrondissement, quartier du Jardin-des-Plantes et partiellement quartier du Val-de-Grâce, ainsi que d'une partie du 13e arrondissement, parties des quartiers Croulebarbe et de la Salpêtrière.

Depuis la séparation des Églises et de l'État de 1905, elle est la propriété de la Ville de Paris et affectée (droit d'usage exclusif et gratuit) au culte catholique.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Elle est dédiée à saint Médard de Noyon (456-545), évêque de Noyon.

Historique[modifier | modifier le code]

Le faubourg Saint-Marceau[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Médard a été construite dans le quartier qui portait jusqu'à la Révolution le nom de faubourg Saint-Marceau[1] et dans lequel plusieurs églises situées autrefois à proximité ont totalement disparu[2] pendant la tourmente révolutionnaire et avec les transformations de Paris sous le Second Empire :

La chapelle Saint-Médard initiale[modifier | modifier le code]

À l'époque mérovingienne, des tombes chrétiennes[5] sont déjà réunies à quelques mètres des murs de l'église actuelle, comme l'ont montré des fouilles réalisées au 43 rue Daubenton. Un cimetière chrétien et sans doute déjà un oratoire, selon l'usage de l'époque, existent donc déjà au VIe siècle ou VIIe siècle. Dès le IXe siècle, après les invasions normandes, une chapelle dédiée à saint Médard aurait été construite le long d'une voie romaine qui menait de Lutèce à Lyon au point du franchissement de la Bièvre. L'existence d'une église et d’une paroisse rattachées au domaine de l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris est attestée en 1163 dans une bulle du pape Alexandre III.

Du XVe au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Église Saint-Médard sur le plan de Truschet et Hoyau (c.1550).
Vue de l'église Saint-Médard avec le château de Bisetre (sic) dessin de Philippe de Champaigne en 1656.
Portes murées rue Daubenton.

L'église actuelle a été édifiée du début ou du milieu du XVe au XVIIIe siècle.

Au XVIe siècle, la construction est interrompue par les guerres de Religion et particulièrement, en décembre 1561, par le Tumulte de Saint-Médard, une dispute entre protestants et catholiques qui entraîne le saccage de l'église par les protestants[6].

Au XVIIe siècle, alors qu'elle dépendait jusque-là du seul abbé de Sainte-Geneviève, la paroisse est placée, en 1655, sous la juridiction directe de l’archevêque de Paris. Elle reste confiée à des curés-prieurs, religieux de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris (ou génovéfains) jusqu'à la Révolution française. La paroisse, proche de Port-Royal, est fréquentée par de nombreux jansénistes, dont Pierre Nicole inhumé dans l'église, Blaise Pascal et le diacre François de Pâris.

Au XVIIIe siècle, les convulsionnaires se réunissent, à partir de 1727, sur la tombe du diacre François de Pâris située dans le petit cimetière du chevet de l'église pour y rechercher des transes mystiques, des guérisons et toutes sortes de miracles ; le Roi décide, en 1732, d'en faire interdire l'accès ; un inconnu malicieux pose une affichette sur la palissade fermant le cimetière, avec ces mots : « De par le Roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu »[6] (on peut toujours voir des portes murées à l'angle de la rue Daubenton et de la rue de Candolle cependant il semble que ce n'était pas celle du cimetière qui était situé au sud de l'église).

La paroisse est un lieu de forte résistance à la bulle Unigenitus publiée en 1713 et en particulier à partir de mars 1752 avec la question des billets de confession (voir Christophe de Beaumont).

L'église est embellie, notamment en 1784 par Louis François Petit-Radel qui fut l’architecte de la chapelle de la Vierge et du presbytère qui jouxte l'église.

Durant la Révolution, l'église est fermée et le culte aboli en novembre 1793. Elle est rouverte par un décret de la Convention de mai 1795. La paroisse partage son église avec les théophilanthropes et avec le culte décadaire ; elle s'appellera Temple du Travail pendant dix mois.

Les transformations des XIXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, des personnalités du Muséum national d'histoire naturelle (Jussieu (1803), Geoffroy Saint-Hilaire (1826) prennent part à la vie de la paroisse dans son conseil de fabrique. Sœur Rosalie Rendu (béatifiée par le pape Jean-Paul II en 2003), responsable de la maison des Filles de la Charité de la rue de l'Épée-de-Bois, est reconnue pour son dévouement vis-à-vis des malades, des pauvres et... des émeutiers de juillet 1830 et de février 1848. C'est à sœur Rosalie que les fondateurs de la Société de Saint-Vincent-de-Paul s'adresseront pour organiser leurs actions de Charité (citons en particulier Frédéric Ozanam, béatifié par le pape Jean-Paul II en 1997 lors des Journées mondiales de la jeunesse)[7].


À cette époque, de nombreux aménagements intérieurs et extérieurs sont entrepris dans l'église ; le grand cimetière sud est transformé en square (square Saint-Médard).

En 1901, la chapelle des Catéchismes est édifiée sur l'emplacement de l'ancien cimetière où fut enterré le diacre Pâris. En 1906, l'église est classée au titre des monuments historiques[8]. Des transformations intérieures ont lieu en 1960 ; l'église est ravalée en 1974.

En 2011, sous l’impulsion du père Emmanuel Boudet curé, un réaménagement liturgique a rétabli un autel en pierre dans le chœur de l'église. Celui-ci a été dédicacé par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, le 11 septembre 2011.

[9]Description[modifier | modifier le code]

Plan[modifier | modifier le code]

Le plan de l'église dépourvue de transept reflète son histoire avec trois ensembles homogènes :

- la nef et la façade occidentale (celle-ci mutilée aux XVIIIe et XIXe siècle et ses parties basses totalement modifiées) sont estimées du début ou du milieu du XVe siècle. L'architecte a dû raccourcir les trois dernières travées occidentales.

- le choeur date de la période 1562-1620.

- la chapelle axiale de la Vierge a été construite en 1784.

Plan de l'église.

Extérieur[modifier | modifier le code]

L'extérieur de l'église a été partiellement dégagé des maisons en 1868-1869.

Sur sa façade sud-est est gravée un cadran solaire[10].

Vues extérieures

Intérieur[modifier | modifier le code]

La nef gothique flamboyante a été construite au début ou au milieu du XVe siècle. Au centre des voûtes d'ogives quadripartites se voient cinq clés imagées.

Le chœur est plus large et plus haut, il a été commencé en 1550 et achevé en 1632. Il a été recouvert en 1622 d'une voûte en bois (faute de fonds pour construire une voûte de pierre) qui est toujours en place, de façon unique à Paris.

Nefs et collatéraux[modifier | modifier le code]

Chœur et autel[modifier | modifier le code]

Déambulatoire[modifier | modifier le code]

Les remaniements se manifestent particulièrement au niveau de chapiteaux illustrant le Gothique, la Renaissance et le Classique.

Information Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Patrimoine artistique et mémoriel de l'église Saint-Médard[modifier | modifier le code]

Le Christ mort, anonyme XVIIe siècle.

L'église est ornée de nombreuses œuvres d'art. Plus d'une centaine sont classées Monument historique[11].

Chapelle des fonts baptismaux[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Jean-Baptiste (ou des Morts)[modifier | modifier le code]

  • Baptême du Christ (avec inscription portée sur la bordure de la robe de l'ange : donné par Jean Boutet, 1685, cette inscription rappelant que ce tableau est un don de Jean Boutet, marchand-tanneur et marguillier comptable de la Fabrique).

Chapelle Saint-Joseph[modifier | modifier le code]

  • Saint Paul et saint Barnabé à Lystra, signé Caze (un des fils de Pierre-Jean Cazes ?), au milieu du XVIIe siècle.

Chapelle Sainte Anne[modifier | modifier le code]

  • L'Éducation de la Vierge ; Le Christ enfant entre la Vierge et saint Joseph, soit deux tableaux de l'École française du XVIIe siècle
La Promenade de l'Enfant Jésus par Francisco Zurbaran, vers 1635.

Chapelle Saint-Louis[modifier | modifier le code]

  • La promenade de Saint Joseph et de l'enfant Jésus, toile de Francisco de Zurbarán, vers 1635 (tableau restauré en 2021) : il n'y a que deux toiles de grands maîtres espagnols conservées dans les églises parisiennes, celle-ci et Le mariage de la Vierge d'Antonio de Pereda dans l'église Saint-Sulpice. Le tableau de Zurbaran avait été peint pour le maître-autel du couvent de la Merci déchaussée de Séville.
  • Le martyre de saint Étienne, tapisserie, copie de 1847, de la Manufacture des Gobelins.

Chapelle du Sacré-Cœur[modifier | modifier le code]

  • le Christ mort, du XVIIe mais attribué à tort à Philippe de Champaigne (1602-1674), par rapprochement avec son Christ mort, au musée du Louvre.

Chapelle Sainte-Catherine[modifier | modifier le code]

Triptyque du XVIe.

- Triptyque : Le Christ mort sur les genoux de la Vierge, Saint Vincent, Saint Honoré (anonyme français du XVIe siècle).

Chapelle de l'Annonciation[modifier | modifier le code]

  • L'Annonciation et six prophètes (Isaïe, David, Aggée, Salomon, Jérémie, Moïse), daté 1617, anonyme français. Dans la lunette : Dieu le Père envoyant le Saint-Esprit, adoré par les anges (mais d'une autre main, car style plus relâché).
  • Sainte Cécile, anonyme du XVIIIe.

Chapelle Sainte Geneviève[modifier | modifier le code]

  • Sainte Geneviève gardant ses moutons, toile considérée longtemps comme une œuvre de Watteau, mais actuellement attribuée à Charles-Dominique-Joseph Eisen (exposée au Salon de 1764).
    Le mariage de la Vierge.

Chapelle de la Vierge[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Antoine[modifier | modifier le code]

  • Saint Joseph et l'Enfant Jésus, école espagnole du XVIIe siècle.

Chapelle Saint-Fiacre[modifier | modifier le code]

  • Le Christ à la piscine, copie réduite, 1753, du tableau de Jacques Restout au musée du Louvre.

Chapelle de la Trinité[modifier | modifier le code]

  • La Sainte Trinité, école française, vers 1612. Donnée par Pierre Thévenin, marchand de vin, bourgeois de Paris, demeurant grand'rue Mouffetard, et Anne Cramoisy, sa femme.
  • Saint-Antoine-de-Padoue sculpture de Marthe Baumel-Schwenck.
  • Le chemin de croix a été peint par Simone Lorimy-Delarozière, Simone Latron-Flandrin, Marthe Flandrin.

L'église possède également de nombreux vitraux, anciens (fragments du XVIe siècle) ou contemporains (1941) de Jean Hébert-Stevens, Paul Bony et Pierre Cellier.

Les orgues[modifier | modifier le code]

Les grandes orgues de Saint-Médard.
Détail.

Les grandes orgues, placées au-dessus de la porte principales en tribune, sont classées monument historique depuis 1980, aussi bien pour le buffet que pour la partie instrumentale.

Le buffet est l’œuvre du menuisier Germain Pillon - peut-être petit-fils du célèbre sculpteur Germain Pilon - qui l'exécuta de 1644 à 1650[12]. Il a été remanié en 1767 par la maison Daublaine Callinet (orgue).

La partie instrumentale est des facteurs Stoltz & Frères (Edouard et Eugène) (1880), dans le ton, des facteurs François et Alexandre Thierry, facteurs d'orgue du Roi. Il possède 32 jeux (42 rangs), avec trois claviers de 56 notes et un pédalier de 30 notes à traction mécanique avec machine Barker pour le grand orgue.

Entre 1952 et 1967, c'est André Isoir qui est titulaire du grand orgue et maître de chapelle. Le titulaire actuel est Jean Galard.

Composition :

I. Grand orgue
56 notes
II. Positif
56 notes
III. Récit expressif
56 notes
Pédale
30 notes

Bourdon 16'
Montre 8'
Bourdon 8'
Cymbales 5 rgs 6'
Prestant 4'
Plein-jeu III-V rgs 4' à 8'
Cornet V rgs 8'
Bombarde 16'
Trompette 8'
Clairon 4'

Bourdon 16'
Bourdon 8'
Flûte harmonique 8'
Salicional 8'
Unda-maris 8'
Flûte 4'
Kéraulophone 8'
Trompette 8'
Clarinette 8'
Clairon 4'

Bourdon 8'
Gambe 8' (registre muet)
Voix céleste 8'
Flûte octaviante 4'
Octavin 2'
Trompette 8'
Cor de Chamois 8'
Voix humaine 8'

Soubasse 16'
Flûte 8'
Bombarde 16'
Trompette 8'
Tremblant 8'

L'orgue de chœur Roethinger a été construit en 1964 et installé dans une chapelle latérale du chœur. Il est doté de deux claviers de 56 notes et d'un pédalier de 30 notes. Les tractions sont mécaniques pour les notes et pour les jeux. Il possède quatorze jeux.

L'église Saint-Médard dans la littérature et au cinéma[modifier | modifier le code]

Cimetière Saint-Médard (1952) est un roman de Pierre Molaine autour de l'affaire des convulsionnaires de Saint-Médard.

L'église Saint-Médard est au centre de l'énigme dans le livre L'élu du serpent rouge (2004) de Jean-Paul Bourre.

Dans Sans famille d'Hector Malot, l'orphelin Rémi a rencontré son ami Mattia alors qu'il passait devant Saint-Médard.

Dans les Misérables, livre quatrième (la masure Gorbeau), chapitre IV (les remarques de la principale locataire), Jean Valjean « allait volontiers à Saint-Médard qui est l’église la plus proche »

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station de métro Censier - Daubenton sur la ligne (M)(7).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M. Brongniart, La paroisse Saint Médard au faubourg Saint-Marceau, Paris, 1951.
  2. Marquis de Rochegude, Promenade dans toutes les rues de Paris par arrondissements, Paris, 1910
  3. Sur le Concile de Paris et les textes qui y furent adoptés voir Jean Gaudemet, Conciles gaulois du IVe siècle Sources chrétiennes 241, Le Cerf, Paris, 1977, p. 89-99.
  4. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 283-284 [lire en ligne]
  5. Michel Fleury, « l'Origine mérovingienne de l'église Saint-Médard », les Cahiers de la Rotonde, Paris, no 2,‎ , p. 79-82, 3 fig.
  6. a et b Panneau Histoire de Paris devant l'église.
  7. cfr. Gérard Cholvy Frédéric Ozanam L'engagement d'un intellectuel catholique au XIXe siècle, Fayard, Paris, 2003
  8. Notice no PA00088417, base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. Agnès Bos, Les églises flamboyantes de Paris, Paris, A. et J. Picard, , 366 p., p. 231-232
  10. « Cadrans solaires de Paris », CADRANS SOLAIRES,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. « Recherche - POP », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  12. « Recherche - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]