Hector Malot

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Hector Malot
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Hector Malot.

Naissance
La Bouille (Seine-Maritime)
Décès (à 77 ans)
Fontenay-sous-Bois
Activité principale
écrivain, journaliste
Auteur
Langue d’écriture français
Mouvement réalisme
Genres
roman

Œuvres principales

Hector-Henri Malot dit Hector Malot, né le à La Bouille, non loin de Rouen, et décédé le à Fontenay-sous-Bois, est un romancier français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents d'Hector[modifier | modifier le code]

Les parents d'Hector Malot sont Marie-Anne-Victoire Lebourgeois et Jean Baptiste Malot. Quand ils se marient le 30 septembre 1826, il s'agit pour tous les deux de leur second mariage (p. 18)[1].

En effet, Marie-Anne-Victoire Lebourgeois, née en 1797 à Jumièges s'est mariée, en janvier 1818, à Laurent Narcisse Lelargue, capitaine au long cours. Celui décède six années plus tard de la fièvre jaune aux larges des Antilles (p. 17)[1]. Elle a eu avec lui deux enfants : Zoé Véronique (1820) et Edouard Joseph (1822)[2].

Quant à Jean Baptiste Malot, notaire impérial et maire de La Bouille, il épouse, en 1809, Reine Cécile Boulon avec laquelle il a deux enfants : Cécile (1810) et Prudence (1812). Reine Cécile Boulon décède en 1821[2].

Naissance d'Hector Malot[modifier | modifier le code]

De l'union de Marie-Anne-Victoire et Jean-Baptiste, naît d'abord Victor (qui meurt en bas-âge), puis, Hector, le 20 mai 1830. Celui-ci voit le jour au sein de la demeure familiale de La Bouille, sur les bords de la Seine (p. 15)[1].

Quelques heures après sa naissance, un voilier amarré devant la demeure vire brutalement et dangereusement vers celle-ci. Il brise la vitre de la chambre du nouveau-né avec son mât de beaupré. Lorsque la foule accourt, elle trouve le petit Hector dormant paisiblement comme si rien n'était arrivé : elle y voit là le présage d'une destinée peu commune (p. 17)[1].

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

De la Bouille à Bosc-Bénard-Commin[modifier | modifier le code]

Le petit Hector passe les premières années de son enfance à la Bouille, bercé par l'animation qui règne dans le bourg et sur la Seine. Il observe les navires qui chargent ou déchargent leurs cargaisons, ceux qui partent pour des destinations lointaines ; il observe le passage du bac, les allées et venues des diligences, la clientèle des auberges, etc.

Vue de la Bouille

Alors que le père manifeste un caractère rigide empreint d'une certaine sévérité, la mère, plus conciliante, berce l'enfant de récits de voyages (peut-être inspirés par ceux de son premier époux). Elle développe ainsi son imaginaire et son goût pour les histoires (p. 18)[1]. Lorsqu'à l'âge adulte, Hector s'oppose à la volonté paternelle, préférant la voie des lettres aux études de droit, elle le soutient dans son choix, ayant foi en sa vocation littéraire. En guise de remerciement, il lui dédicacera son premier roman, Les Amants[1],[Note 1].

En octobre 1835, la famille d'Hector quitte les bords de Seine pour s'installer à Bosc-Bénard-Commin dans le département de l'Eure. Ce déménagement fait suite à la cession par Jean-Baptiste Malot de son étude de la Bouille à son gendre. Il devient alors juge de paix du canton de Bourgtheroulde (p. 33)[1].

L'animation des bords de Seine de la Bouille a cédé la place au calme de la campagne. Ce nouvel environnement est propice au développement d'un nouvel imaginaire chez Hector ainsi qu'à la naissance d'un certain goût pour la lecture. Il peut rester en effet des heures enfermé à dévorer des livres, préférant ainsi délaisser ses cours de français pour la lecture de Racine, Lesage ou encore Molière (pp. 33-36)[1].

Malgré le changement de cadre, Hector commence à apprivoiser cette vie à la campagne et à l'apprécier. Il se livre, ainsi, à de nombreuses escapades au cours desquelles « il découvre la nature, le cycle des saisons et des cultures, il s'intéresse aux arbres, aux fleurs, aux insectes, aux animaux... ». Il développe alors un goût pour la nature et pour la botanique qui perdurera sa vie entière (pp. 36-38)[1].

En pensionnat à Rouen[modifier | modifier le code]

À l'âge de 9 ans, au vu des piètres progrès dont il fait preuve dans son éducation intellectuelle, Hector est envoyé en pensionnat à Rouen par son père. Marie-Anne-Victoire, sa mère, mettra tout en œuvre pour retarder l'échéance, mais la décision du père, ferme et inflexible, est prise en août 1839. Le départ d'Hector à lieu en octobre de la même année (p. 39)[1].

Hector arrive donc à Rouen, à l'institution Heudron et Lamardeley, fréquentée essentiellement par des fils de paysans aisés et de notables de la région. Il s'y lie d'amitié avec Jules Levallois qui sera quelque temps le secrétaire de Sainte-Beuve, futur critique littéraire (p. 43)[1].

Trois ans plus tard, en 1842, le jeune Hector entre au lycée Corneille de RouenGustave Flaubert l'a précédé dix ans plus tôt. Ses études ne sont pas brillantes ; il souffre d'un système scolaire dans lequel il ne peut pas s'exprimer. Ses préférences vont à l'histoire dont l'enseignant est un original, à l'esprit libre (p. 45)[1].

Débuts littéraires et vie familiale[modifier | modifier le code]

Arrivée à Paris : des débuts difficiles[modifier | modifier le code]

Hector Malot arrive à Paris en 1847 alors qu'il est âgé de 17 ans. Il y poursuit ses études au lycée Henri-IV où il obtient, au bout de deux ans, son bac. Conformément aux souhaits paternels, il entame des études de droit qu'il poursuivra trois années durant. Cependant, en 1853, contre la volonté de son père, il décide d'abandonner la voie juridique afin de se consacrer à une carrière littéraire (p. 75)[1].

Au cours des années qui suivent, Hector tente en vain de faire représenter une première pièce. Pour assurer sa subsistance, il écrit quelques articles, notamment au Journal pour tous, dans lequel il s'est fait embaucher grâce à ses connaissances en botanique (p. 76)[1].

De Moisselles à Fontenay-sous-Bois[modifier | modifier le code]

Occupé d'un côté par son travail de journaliste et distrait de l'autre par la vie parisienne, Hector se trouve dans l'incapacité de faire avancer l'écriture de son premier roman. Il décide donc de se retirer chez ses parents qui ont quitté la Normandie et se sont installés à Moisselles, près d'Écouen, dans le Val-d'Oise. Ainsi, de retour à la campagne, il peut se consacrer entièrement à son travail d'écrivain et écrire son premier roman, Les Amants. Celui-ci paraît en 1859 alors qu'Hector est devenu journaliste à L'Opinion nationale et connaît un grand succès (p. 78)[1],[Note 2].

En octobre 1862, Marie-Anne-Victoire, la mère d'Hector, décède. Cette disparition bouleverse l'écrivain au plus au point. Il tente, plus tard, d'exorciser cet épisode par l'écriture de Romain Kalbris, roman dans lequel une mère mourrante attend le retour de son fils marin (p. 19)[1].

En 1864, il fait construire à Fontenay-sous-Bois un chalet en bois qu'il habite jusqu'à la fin de sa vie. Il en choisit l'emplacement avec soin et exactitude : au croisement de l'avenue de la Dame-Blanche et de l'avenue de Fontenay, près de la gare, face au bois de Vincennes. Ainsi peut-il se rendre régulièrement à Paris et gagner les gares voisines pour des promenades pédestres qu'il affectionne.

Son père, Jean-Baptiste, alors veuf depuis presque deux ans, vient y habiter. Il y reste jusqu'à son décès, en octobre 1866.

Tombe d'Hector Malot, surmontée de son buste.
Tombe d'Hector Malot au cimetière de Fontenay-sous-Bois.

En 1867, Hector Malot épouse Anna Dariès à Montgeron avec laquelle il a une fille, Lucie (1868). Anna décède en 1880. Hector se remarie l'année suivante avec Marthe Oudinot de La Faverie (1850-1920), jeune femme alors âgée de 31 ans, avec laquelle il accomplit de nombreux voyages.

Parution de "Sans Famille" : Hector Malot au sommet[modifier | modifier le code]

En 1878, Hector Malot fait paraître son œuvre la plus célèbre : Sans famille. Ce roman raconte les aventures d'un enfant abandonné, Rémi, qui est vendu par ses parents adoptifs à un saltimbanque. Parcourant les routes françaises, puis anglaises, Rémi exerce différents métiers et multiplie les recontres avant de se mettre en quête de son identité. Hector Malot a pensé et écrit cet ouvrage pour sa fille, Lucie. Il commence, d'ailleurs, le roman par une dédicace qui lui est destinée[Note 3].

Fin de carrière et retraite à Fontenay-sous-Bois[modifier | modifier le code]

En 1893, un an après l'écriture de En famille, naît sa petite-fille Perrine (son prénom est celui de l'héroïne du roman). Il se montre un grand-père attentif et aimant, curieux de noter l'évolution qu'il observe chez l'enfant.

En 1894, Hector Malot fait paraître son dernier roman Amours de vieux. Il décide de mettre un terme à sa carrière littéraire et de se retirer dans sa demeure de Fontenay-sous-Bois où il planifie de nouveaux voyages. Toutefois, il publie, deux ans plus tard, un ouvrage autobiographique, Le roman des roman et il rédige également, peu de temps avant sa mort, un texte intitulé Le Mousse qui ne paraîtra qu'à titre posthume, en 1997 (pp. 136-137[1]. Ces deux dernières œuvres sont dédiées à sa petit-fille Perrine.

Atteint de paralysie depuis 1905, Hector Malot meurt le à Fontenay-sous-Bois. Il y est inhumé dans le cimetière, où il repose en compagnie de sa première épouse Anna, de son père Jean-Baptiste, de sa fille Lucie, de sa sœur Prudence et de son gendre le général Mesple.

Un écrivain engagé[modifier | modifier le code]

Homme droit, fidèle en amitié, prompt à défendre la cause des opprimés, Hector Malot est surnommé « Malot-la-Probité » par la journaliste Séverine. Il est l'ami de Jules Vallès qu'il soutient dans son exil londonien, lui apportant aide financière et réconfort moral. C'est grâce à lui que le manuscrit Jacques Vingtras, qui devient L'Enfant, est publié.

Soucieux de jouer un rôle dans le siècle, il milite, par le biais de l'écriture romanesque, pour une révision de la loi sur l'internement en hôpital psychiatrique, pour le rétablissement du divorce — supprimé le , au début de la Restauration, par la loi Bonald — pour une reconnaissance des droits de l'enfant naturel, pour une amélioration des conditions de travail, en particulier celles des enfants.

Républicain modéré, il se montre défenseur des libertés.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Hector Malot est à la tête d'une œuvre importante : une soixantaine de romans. Les plus connus aujourd'hui sont ses romans pour enfants : Romain Kalbris, Sans famille, En famille. Un autre roman pour enfants est paru à titre posthume, intitulé Le Mousse.

Le reste de son œuvre est composée de romans pour les adultes. S'ils sont oubliés aujourd'hui, ils connurent de son vivant et jusque dans les années 1930, un succès certain. Ils furent traduits dans de nombreuses langues : anglais, allemand, italien, hollandais, hongrois.... En France, ils parurent en feuilletons dans des journaux comme Le Siècle et Le Temps. Cinq de ces romans sont réédités de nos jours : Un miracle, Complices, Baccara, Un beau-frère et Le Roman de mes Romans (ouvrage rédigé à la fin de sa carrière, qui détaille les conditions d'écriture de ses différents romans).

Son œuvre s'inscrit dans la veine réaliste. À l'instar d'Honoré de Balzac, il veut représenter la société contemporaine : Paris et la province, les différentes classes sociales, et plus particulièrement la bourgeoisie. Comme son prédécesseur, il brosse des types. Dans Le Roman de mes Romans, il se réclame de Stendhal, reprenant la métaphore du miroir pour caractériser ses romans.

Toutefois il fut critiqué — par Émile Zola notamment — pour la prédominance qu'il accorde au récit. Certains ont dénoncé également la prégnance des bons sentiments.

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Adaptations au cinéma[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Rues Hector-Malot[modifier | modifier le code]

Établissements scolaires Hector-Malot[modifier | modifier le code]

  • À Flixecourt, lieu qui inspira l'écrivain pour son roman En famille, un groupe scolaire porte le nom d'Hector-Malot,

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edmond Spalikowski, Hector Malot et La Bouille, 1931.
  • Agnès Thomas-Maleville, Promenades en Normandie avec un guide nommé Hector Malot, éd. Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 1994.
  • Agnès Thomas-Maleville, Hector Malot, l'écrivain au grand cœur, éd. du Rocher, 2000.
  • Anne de La Brunière et Agnès Thomas-Maleville, Hector Malot en Seine, Magellan et Cie, 2007 (ISBN 978-2-35074-069-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hector Malot écrit, en préambule à son roman Les Amants, la dédicace suivante : « À ma mère, je te dédie ce tableau de mœurs dans lequel j'ai voulu retracer fidèlement ce que j'avais observé. Je tiens à placer ce livre sous l'invocation de ta bonté, moins pour sa valeur propre que parce qu'il est mon début dans la carrière des lettres. La veille d'un début, comme le matin d'un départ ou d'un combat, cela doit porter bonheur d'embrasser sa mère ».
  2. Ce premier roman s'inscrit dans le cadre d'une trilogie qui se poursuivra en 1865 avec Les Époux, puis en 1866 avec Les Enfants
  3. À Lucie Malot.
    Pendant que j’ai écrit ce livre, j’ai constamment pensé à toi, mon enfant, et ton nom m’est venu à chaque instant sur les lèvres. – Lucie sentira-t-elle cela ? – Lucie prendra-t-elle intérêt à cela ? Lucie, toujours. Ton nom, prononcé si souvent, doit donc être inscrit en tête de ces pages : je ne sais la fortune qui leur est réservée, mais quelle qu’elle soit, elles m’auront donné des plaisirs qui valent tous les succès, – la satisfaction de penser que tu peux les lire, – la joie de te les offrir.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Anne de la Brunière et Agnès Thomas-Malleville, Hector Malot en Seine, Magellan & Cie,‎ , 143 p. (ISBN 978-2-35074-069-0)
  2. a et b « La mère d'Hector Malot », sur Le canard de Duclair (consulté le 21 avril 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]