Henri Lagriffoul

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Henri Lagriffoul
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Henri Lagriffoul travaillant sur le Discobole.
Naissance
Décès
Nom de naissance
Henri Albert Lagriffoul
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Distinctions
Prix de Rome en 1932
Œuvres principales

Henri Albert Lagriffoul est un sculpteur et médailleur français, né à Paris le et mort le à Boulogne-Billancourt le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Lagriffoul naît à Paris le , rue du Temple où son père dirige un atelier d’orfèvrerie[1]. Ce milieu à la fois artistique et technique éveille vite sa sensibilité à la beauté des formes et des matériaux. Il est bon élève au lycée Turgot et ses professeurs lui conseillent des études scientifiques, mais il préfère se diriger vers la sculpture. En 1924, il entre à l’École des beaux-arts où il devient l’élève de Paul Landowski[2],[3], pour lequel il gardera toujours une grande admiration[4].

L'avant guerre[modifier | modifier le code]

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En 1932, il remporte le premier grand prix de Rome de sculpture. La villa Médicis à Rome lui est ouverte pour trois ans, temps qu’il va consacrer à la réalisation de ses premières grandes œuvres et à la découverte du monde méditerranéen et de ses chefs-d’œuvre artistiques. Il épouse sa camarade sculptrice, Germaine Rességuier, dont il aura deux enfants.

À son retour, il installe son atelier rue Mazarine à Paris. Comme de nombreux artistes, il travaille pour l’Exposition internationale de 1937 et réalise quatre grands bas-reliefs en bronze doré destinés au théâtre national de Chaillot (actuellement au musée de Mont-de-Marsan). La même année, il livre au Comité France-Amérique, deux grands bustes en bronze de Cavelier de la Salle, qui seront offerts par la France aux États de la Louisiane et du Texas, à l’occasion de la célébration du trois centième anniversaire de la découverte de ces territoires.

Maturité[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative située au 5, rue Mazarine à Paris, où était situé l'atelier du sculpteur.

Il revient de la Seconde Guerre mondiale avec la croix de guerre. Alors que la France se lance dans une politique de reconstruction, il va travailler le plus souvent avec des architectes. Il réalise le premier grand monument aux déportés politiques à Auxerre en 1949, où il exprime à la fois les souffrances des martyrs et leur volonté de ne pas plier devant la tyrannie. Pour la faculté de médecine de Paris, rue des Saints-Pères, il exécute en 1950, trois bas-reliefs en médaillon sur le thème de la médecine égyptienne.

Pour la présidence du Conseil, il réalise en 1952 la grande statue en pierre de l’Automne, placée dans le vestibule de l’hôtel de Montalivet de la rue de Varenne. En 1957, il grave un grand haut-relief sur pierre pour la bourse de commerce du Havre[5]. Il est aussi l’auteur du bas-relief en bronze de la Déportation, un cœur déchiré par des barbelés, pour le mémorial de la France combattante du mont Valérien en 1959.

L’art sacré tient une place relativement importante dans son œuvre. Il sculpte, entre autres, une Vierge de l’Annonciation pour l’église Saint-Médard de Paris et le grand retable en bois de la chapelle des Entrepreneurs avec la Vierge à l’Enfant de la cathédrale de Rouen en 1956.

Dans le cadre du 1 % artistique, il travaille beaucoup pour des établissements scolaires dans toute la France[6].

La Monnaie de Paris fait appel à son talent pour la réalisation de monnaies et de médailles. Il est surtout connu en tant qu’auteur de la face de la pièce de monnaie de 5, 10 et 20 centimes de franc, avec le profil de Marianne, remplacée en 2002 par les centimes d’euro. Parmi une soixantaine d’œuvres, il grave l’insigne du meilleur ouvrier de France, la médaille du mariage du prince Rainier de Monaco et de Grace Kelly en 1956, puis la pièce de 100 francs monégasque en 1958 et la pièce française en 1960. Par l’art de la médaille, il célèbre de nombreux personnages, comme Philippe le Bel, Confucius, Léon XIII, Pablo Picasso, Bertrand Russell, Albert le Grand, François Mansart, Virginia Woolf ou Charles Schneider.

L'enseignant[modifier | modifier le code]

Henri Lagriffoul est nommé professeur de sculpture à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 1944[7] et enseigne la sculpture et le modelage à l’École polytechnique à partir de 1969[8]. Pour lui, l’art ne s’enseigne pas : il se contente d’enseigner les techniques matérielles et intellectuelles, les règles de la composition, l'analyse des formes. Concernant les enjeux esthétiques, il laisse les élèves libres de se trouver et de s’exprimer ; ainsi ils pourront échapper aux académismes.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Henri Lagriffoul échappe aux classifications car ses recherches esthétiques sont diversifiées. Son œuvre aux multiples facettes se caractérise par sa mesure, son harmonie, sa force et sa grandeur. Elle prend sa source dans la tradition de l’art grec, égyptien, roman ou gothique des cathédrales. Grâce à son enseignement, à son contact régulier avec les jeunes générations, ainsi qu’à sa conviction que l’art doit s’adapter aux transformations techniques et aux nouveaux matériaux, son travail présente une constante évolution.[réf. nécessaire]

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maître-orfèvre Lagriffoul et Laval, installé 157, rue du Temple à Paris[réf. nécessaire].
  2. Michèle Lefrançois, Paul Landowski: l'œuvre sculpté, liste d'élèves p. 517 (ISBN 9782354280239).
  3. Le visage d'Henri Lagriffoul, utilisé comme modèle par Paul Landowski est reconnaissable sur le cuirassier une des quatre statues de soldat situées en hauteur sur la façade du Cercle national des armées à Paris, 8, place Saint Augustin[réf. nécessaire].
  4. Henri Lagriffoul réalise en 1961 pour la sépulture de Paul Landowski une réplique du groupe Le Retour éternel selon l'œuvre originale du défunt. Cf. : Pierre Wittmer,Muriel Genthon,Pierre Gaudin,Paul Maximilien Landowski, Paul Landowski à Paris : une promenade de sculpture de 1897 à 1960, p. 227 (ISBN 2-913610-13-7).
  5. Travertin sculpté en haut-relief situé dans le petit hall d'entrée ouest de la bourse de commerce du Havre (cf. « DOCOMO » sur www2.archi.fr).
  6. Discobole, collège Joliot-Curie de Châtillon-sur-Indre (cf. ecl.ac-orleans-tours.fr).
  7. Monique Segré, L'École des beaux-arts : XIXe et XXe siècles, Éditions L'harmattan, p.287 (ISBN 2-7384-6366-5).
  8. Henri Lagriffoul, Conseils Pratiques sur le modelage et la sculpture (ISBN 2-85182-222-5).
  9. Archives nationale de France, Répertoire (19880466/1-19880466/139) de la Commission des dossiers du 1% artistique, p.101.
  10. photo.rmn.fr.
  11. Ministère de la culture, référence IM95000524[réf. non conforme].
  12. Jean-Pierre Thomas, Le guide des effigies de Paris, p. 204 (ISBN 2-7475-2314-4).
  13. Photographie de l'œuvre sur topic-topos.com.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]