Édouard Lartet

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Édouard Lartet
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Edouard Lartet
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Édouard Lartet, né le [1] à Castelnau-Barbarens (Gers) et mort le à Seissan (Gers), est un préhistorien et paléontologue français. Il fait partie avec Jacques Boucher de Perthes des fondateurs de la préhistoire française[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Hommage aux préhistoriens, dont Lartet et Christy, les deux amis. Les Eyzies de Tayac, Dordogne.

Édouard Lartet est issu d'une famille de propriétaires terriens aisés établie dans son village natal de Seissan depuis cinq siècles. Excellent élève au Lycée Impérial d'Auch, il reçoit les félicitations de Napoléon en 1808 lors de son passage dans cette ville[3]. Il est bachelier à 18 ans. Après des études de droit à Toulouse où il obtient une licence en 1820, puis un très court séjour à Paris, il s'intéresse aux sciences naturelles et suit des cours au Collège de France. Il se nourrit en particulier des travaux de Cuvier. De retour dans le Gers à Ornézan[4], il dirige le domaine familial et exerce quelques années en tant qu'avocat. Il consacre d'abord ses loisirs, puis tout son temps grâce à ses rentes, à sa passion pour la paléontologie et la géologie.

En 1833, en payement de conseils juridiques, le berger Joseph Debat lui donne une dent de mastodonte provenant du lieu-dit "lo camp de los osses" car les labours de ce champ font apparaître des morceaux d'os. Lartet découvre le gisement tertiaire de Sansan où il identifie plus de 90 genres et espèces fossiles de mammifères et de reptiles. Les premières publications datent de 1834. Ces travaux ont immédiatement un grand retentissement et François Guizot, ministre de l'Instruction Publique, lui octroie des crédits pour fouiller le gisement.

En 1836, il découvre à Sansan la mâchoire du premier grand singe fossile, le Pliopithecus antiquus, espèce qu'il décrit en 1837. Cette découverte va à l'encontre de la théorie fixiste de Georges Cuvier, mort trois années auparavant, qui avait affirmé que les singes fossiles ne pouvaient pas exister. Une commission d'enquête est nommée, présidée par Henri-Marie Ducrotay de Blainville qui a succédé à Cuvier à la chaire d'anatomie comparée du Muséum national d'histoire naturelle à Paris et elle confirme la découverte. Pour Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, c'est la confirmation des théories de l'évolution qui avaient opposé Cuvier et son père Étienne Geoffroy Saint-Hilaire : « La découverte de la mâchoire fossile de singe de M. Lartet me parait appelée à commencer une ère nouvelle du savoir humanitaire ». Lartet se permet d'affirmer que « l'existence paléontologique de l'homme est une supposition qui n'a rien d'invraisemblable », ouvrant ainsi la chasse à l'homme fossile[5].

En 1840, il épouse Léonnie Barrère dont il aura un fils, qui sera également préhistorien : Louis. Les fouilles continuent à Sansan et l'État rachète le site en 1848[6]. 78 espèces seront reconnues sur le site, 27 sont encore valides aujourd'hui[3].

En 1852, soucieux de l'éducation de Louis la famille quitte le Gers pour s'installer pendant deux années à Toulouse.

En 1856, il publie un article sur le Dryopithecus fontani découvert près de Saint-Gaudens et longtemps considéré comme un ancêtre potentiel de l'homme[7].

Pelagornis - Gélasien

En 1857, il décrit le genre Pelagornis (oiseau à dent) du Gélasien à partir d'un humérus trouvé dans le Gers[8].

En 1860 il visite la fouille de Massat et en entreprend une à Aurignac[9]. Ses constatations contribuent à démontrer la contemporanéité de l'Homme avec des espèces animales disparues, prouvée dès 1851 par Jean-Baptiste Noulet. En 1861, il propose une chronologie du Quaternaire fondée sur les espèces successives de grands mammifères dominants, à partir desquelles il pensait pouvoir dater les industries lithiques paléolithiques: l'âge de l'ours des cavernes, l'âge de l'éléphant et du rhinocéros laineux (ou du mammouth et du rhinocéros laineux), l'âge du renne et l'âge de l'auroch[3].

Au début des années 1860, il fouille certains des sites majeurs du Périgord, dont Aurignac (1860)[9] et, en 1863-1864 avec l'Anglais Henry Christy, Le Moustier (1860), la Madeleine[10], Laugerie-Haute, Laugerie-Basse et le Pech-de-l'Azé[11]. À la Madeleine, la découverte d'objets gravés apporte une preuve décisive de l'existence d'un art préhistorique. Sa renommée nationale est au plus haut.

En 1866, Henry Testot-Ferry et Adrien Arcelin, qui ont découvert le site de la roche de Solutré, font appel à ses services pour les aider à valider un certain nombre d'hypothèses. Il se déplace donc en Saône-et-Loire pour parcourir ce site d'importance, puis poursuit une longue correspondance avec les deux hommes.

En 1867, il préside le Congrès International d'Archéologie et d'Anthropologie préhistorique.

En 1869, il est nommé professeur de paléontologie au Muséum national d'histoire naturelle à Paris. Affaibli par la maladie, il retourne dans sa région natale et meurt le , le jour de l'entrée des troupes de Guillaume Ier dans Paris, avant d'avoir inauguré son enseignement[3].

Son fils Louis Lartet effectue lui aussi des recherches et découvre notamment le célèbre Homme de Cro-Magnon aux Eyzies-de-Tayac.

Principaux travaux[modifier | modifier le code]

Voir « Édouard Lartet », sur gallica.bnf.fr. pour les publications en ligne disponible sur Gallica.

  • [1856] « Note sur un grand singe fossile qui se rattache au groupe des singes supérieurs », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, t. 43,‎ , p. 219-223.
  • [1860] « Sur l'ancienneté géologique de l'espèce humaine dans l'Europe occidentale » (texte non publié dans les C.R. Acad. Sc. par l'obstruction d'Élie de Beaumont alors secrétaire de l'Académie des Sciences) (note présentée à l’Académie des Sciences me 19 mars 1860), Compte-rendu de l'Académie des Sciences, vol. 4, no 14,‎ .
  • [Lartet & Christy 1864] Édouard Lartet et Henry Christy, « Sur des figures d'animaux gravées ou sculptées et autres produits d'art et d'industries rapportables aux temps primordiaux de la période humaine », Revue archéologique, vol. 9,‎ (lire en ligne [sur books.google.fr]).
  • [Lartet & Christy 1865-1875] (en) Édouard Lartet, Henry Christy et Thomas Rupert Jones (éd.) (2 parties en 1 vol., 10 livraisons parues, inachevé), Reliquiae Aquitanicae: being contribution to the Archaeology and Paleontology of Perigord and the adjoining provinces of Southern France, Londres, Williams and Norgate (H. Baillière), 1865-1875, sur gallica (lire en ligne).

Galerie de la Collection Lartet au Muséum de Toulouse[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • [Brézillon 1969] Michel Brézillon, Dictionnaire de la préhistoire, Larousse, (ISBN 2-03-075437-4)
  • [Goulven 1993] Laurent Goulven, « Édouard Lartet (1801-1871) et la paléontologie humaine », Bulletin de la Société préhistorique française, t. 90, no 1,‎ , p. 22-30 (lire en ligne [sur persee]).
  • [Gran-Aymerich 2001] E. Gran-Aymerich, Dictionnaire biographique d'archéologie 1798-1945, Paris, CNRS Éditions, , sur xxx.
  • [Groenen 1994] Marc Groenen, Pour une histoire de la préhistoire. Le Paléolithique, Grenoble, éd. Jérôme Millon, coll. « L'Homme des Origines », , 603 p. (ISBN 2-905614-93-5).
  • [Richard 1992] L'invention de la Préhistoire, Presses Pocket, (ISBN 2-266-04243-2)

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Archives départementale du Gers - Etat civil », sur www.archives32.fr (consulté le 2 avril 2021)
  2. [Hurel & Coy 2011] Arnaud Hurel et Noël Coy, Dans l'épaisseur du temps. Archéologues et géologues inventent la préhistoire, Paris, Publications scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle, , 442 p. (ISBN 978-2-85653-666-7).
  3. a b c et d [Bon, Dubois & Labails 2010] François Bon, S Dubois et Marie-Dominique Labails, Le Muséum de Toulouse et l'invention de la préhistoire, Toulouse, Éditions du Muséum, , 228 p. (ISBN 978-2-906702-18-9, présentation en ligne).
  4. André Père, « Excursion du 4 mars 1962 dans les vallées du Gers et du Cédon », Bulletin de la Société archéologique, historique littéraire et scientifique du Gers,‎ premier trimestre 1962, p. 148 (lire en ligne [sur gallica]).
  5. Francis Duranthon, Histoires de mammifères, Éditions Bréal, , p. 59.
  6. Georges Courtès (dir.), Communes du département du Gers, vol. I : Arrondissement d'Auch, Auch, Société Archéologique et Historique du Gers, , 460 p. (ISBN 2-9505900-7-1, notice BnF no FRBNF39151085)
  7. Lartet 1856.
  8. [Milne-Edwards 1867-1868] Alphonse Milne-Edwards, Recherches anatomiques et paléontologiques pour servir à l'étude des oiseaux fossiles, t. 1, Paris, Victor Masson & Fils, 1867-1868, 474 p., sur gallica (lire en ligne), p. 273.
  9. a et b [Cleyet-Merle & Marino-Thiault 1990] Jean-Jacques Cleyet-Merle et Marie-Hélène Marino-Thiault, « Les premières fouilles de Lartet et Christy et la reconnaissance de l'homme antédiluvien en Périgord », Paléo, no hors-série « Une histoire de la préhistoire en Aquitaine »,‎ , p. 19-24 (lire en ligne [sur persee]), p. 20.
  10. [Dutkiewicz & Floss 2015] Ewa Dutkiewicz et Harald Floss, « La grotte de La Verpillère I à Germolles, site de référence paléolithique en Bourgogne méridionale. Historique des 150 ans de recherches », La Physiophile, no 162,‎ , p. 13-32 (lire en ligne [sur researchgate.net], consulté le 21 septembre 2018), p. 15.
  11. Cleyet-Merle & Marino-Thiault 1990, p. 23.