Jacques-Raoul Tournouër

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Jacques-Raoul Tournouër
Geologist Raoul Tournouer.jpg
Fonctions
Président de la Société géologique de France
Auditeur au Conseil d'État
à partir de
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Lycée Saint-Louis (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Fratrie
François-Octave Tournoüer (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Henri Tournoüer (d) (neveu paternel)
Philippe Marcotte de QuivièresVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de

Jacques Raoul Tournouër, né le à Paris et mort le à Paris, est un géologue et paléontologue français dans le XIXe siècle, président de la Société géologique de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Paris en , il est le fils du député conservateur de la Côte-d'Or, Jacques-Simon Tournouër, devenu conseiller d’État.

De l’avocat à l’artiste[modifier | modifier le code]

Jacques-Raoul Tournouër exerça de multiples professions : auditeur au Conseil d’État l’an 1846[1], avocat jusqu’au coup d'État du 2 décembre 1851, il devint par la suite artiste[2]. Il épouse Cécile Marie Panckoucke, en 1856.

L’homme de sciences[modifier | modifier le code]

En 1857, il est mentionné dans le Livre d’honneur des élèves de l’Université comme ayant été élève du collège royal Saint-Louis entre 1832 et 1837. En 1859, il commence ses recherches de fossiles et à partir des années 1860, il fait une rencontre essentielle, en la personne de Gaston de Saporta avec qui il commence à étudier la flore du tertiaire et les plantes fossiles, particulièrement en Provence et dans le Vaucluse. Cette collaboration scientifique fera l’objet d’une correspondance nombreuse entre 1864 et 1876, conservée aujourd’hui dans les "Archives Gaston de Saporta" consultables en ligne sur e-corpus.org. En 1861, il se fixe à Bordeaux chez sa belle-mère, madame Panckoucke devenue baronne Morande-Forgeot et il entre à la Société géologique de France[3]. Il voyage aussi en Europe et en Amérique du Sud et à partir des années 1870, il devient un des éminents soutiens des théories transformistes, sur base des études des enchaînements fossiles servant la cause évolutionniste.

Il se rapproche de Albert Gaudry et accentue ses travaux scientifiques avec l’appui de Paul Henri Fischer et de son cousin Albert Moreau, constituant ainsi une riche collection de fossiles de l’ère tertiaire.

Au cours de ses expéditions d’études, il identifie de nombreux mollusques marins (par exemple, Hexaplex austriacus), et il produit de nombreuses communications scientifiques ou publications et il participe au Congrès de Paris de 1878 pour l’avancement des sciences. Il se lie également d’amitié avec Édouard Lartet et Philippe Thomas avec qui il étudie la formation d’eau douce en Algérie avec la découverte d’une grosse Hélice à surface inférieure très bombée.

Il commande un cabinet de minéralogie à Charles Rohault de Fleury, son ami et parent, cousin des Bochet et Marcotte et de ses nombreux membres influents.

Jacques-Raoul Tournouër est mort le , à Paris, âgé de 59 ans, probablement des suites de la maladie du charbon[4]. Son nom est associé au sous-genre Smendovia[5].

Famille[modifier | modifier le code]

Mlle. Cécile-Marie Panckoucke, future Mme. Jacques-Raoul Tournouër (1856)

Son épouse, Cécile Marie Panckoucke, petite-fille de Philippe Marcotte de Quivières - collectionneur de renom - et de Cécile Bochet, était la nièce du peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres à qui l’on avait commandé la réalisation du portrait à la mine de plomb de la nouvelle madame Tournouër en mariée. Ce portrait resta dans la famille du modèle jusqu’en 1956 avant d'être acheté par le Detroit Institute of Arts ; son fils Maurice, devenu officier de cavalerie et marié à Cécile Laffitte, nièce du banquier Jacques Laffitte ; son fils Georges, peintre et dessinateur, mort de tuberculose à 23 ans ; sa fille Suzanne, épouse de l’aquafortiste et sculpteur Maurice Bastide du Lude. Propriétaire d’un hôtel particulier au 43 rue de Lille à Paris, d’un château à Saint-Jean-de-Losne et d’une demeure à Ver-sur-Launette dans l’Oise, ses héritiers ont subi de lourdes pertes avec l’Emprunt russe et durent vendre ce patrimoine immobilier où le géologue avait conservé ses collections et ses ouvrages scientifiques.

Son cercle familial sera un appui pour sa carrière, se retrouvant cousin et parent de nombre personnalités de la seconde moitié du XIXe siècle : Hubert Rohault de Fleury, Cécile Bochet, Edme Bochet, Charles Marcotte d'Argenteuil, Alexandre Legentil, Charles Legentil, Charles Rohault de Fleury, Augustin Marcotte de Quivières, Delphine Ramel, Jean-Auguste-Dominique Ingres, Jean-Louis Lacroix, les Panckoucke, les Dalloz, Alfred Mame, les Jacquin de Margerie, etc.

Son fils cadet, André Tournouër, né en 1871, mort en 1929[2], paléontologue méconnu, d’abord formé par son père, est devenu plus tard géologue et cryptozoologue ; on lui doit quelques découvertes importantes en Terre de Feu, fruit de ses 5 expéditions en Patagonie ; on a de lui, entre autres, quelques Recherches paléontologiques en Patagonie, publiées en 1903 dans les comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences[6]. Proche collaborateur de Albert Gaudry, il avait obtenu en 1902 un prix de cette académie, et épousé Isabelle Latham, membre de la dynastie industrielle havraise propriétaire du château de Maillebois.

Publications[modifier | modifier le code]

Il a par ailleurs collaboré aux ouvrages suivants :

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cédric Grimoult, "le développement de la paléontologie contemporaine", 2000
  • "Revue des deux Mondes", tome 74, 1884
  • "La Société" Bulletin / Société Géologique de France, 1885
  • Daniel Ternois, Lettres d'Ingres à Marcotte d'Argenteuil, Société de l'histoire de l'art français, 2001
  • Metropolitan Museum of New-York, Portraits by Ingres - Image of an epoch
  • Hans Naef, Die Bildniszeichnugnen von J.-A.-D. Ingres
  • Étienne Moreau-Nélaton, Mémorial de famille, 1918

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Société pour le patronage des jeunes détenus et des jeunes libérés du département de la Seine, Assemblée générale tenue à l’Hôtel de ville le 16 août 1846, Paris, imprimerie A. Henry, (lire en ligne), p. 66
  2. a et b Éric Buffetaut, « André Tournouër, paléontologue méconnu et cryptozoologue sceptique », Le Dinoblog, épisode nº 1, sur Dinosauria (musée), (consulté le ) ;
  3. Cédric Grimoult, L’Évolution biologique en France : une révolution scientifique, politique et culturelle, Librairie Droz, , 298 p. (ISBN 978-2-600-00608-8, lire en ligne), p. 154, 187,
  4. H. Crosse, Journal de conchyliologie, vol. xxxi, t. 23e, Paris, chez H. Crosse, (lire en ligne), p. 89-90
  5. Paul-Henri Fischer, Journal de conchyliologie, vol. xxxi, t. 23e, Paris, chez H. Crosse, (lire en ligne), p. 60-62
  6. Cédric Grimoult, Le développement de la paléontologie contemporaine, Paris, Librairie Droz, , 237 p. (ISBN 978-2-600-00459-6, lire en ligne), p. 225 ;
  7. Royal Society, Catalogue of scientific papers, vol. 11, Londres, C. J. Clay and Sons, Cambridge University Press Wahehouse, (lire en ligne), p. 628
  8. Cédric Grimoult, L’Évolution biologique en France : une révolution scientifique, politique et culturelle, Librairie Droz, , 298 p. (ISBN 978-2-600-00608-8, lire en ligne), p. 287 ;
  9. a b et c Royal Society, Catalogue of scientific papers, vol. 11, Londres, C. J. Clay and Sons, Cambridge University Press Wahehouse, (lire en ligne), p. 629
  10. Cédric Grimoult, Le développement de la paléontologie contemporaine, Paris, Librairie Droz, , 237 p. (ISBN 978-2-600-00459-6, lire en ligne), p. 225
  11. ibid.