Henri Fontaine (missionnaire et géologue)

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Henri Fontaine
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Henri Fontaine est un missionnaire catholique français, né le à Saint-Fraimbault dans l'Orne (Normandie)[1]. Il est également géologue/paléontologue du pré-tertiaire, spécialiste des coraux paléozoïques et archéologue.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir été admis aux Missions étrangères, il est ordonné prêtre en 1948 et envoyé à Hanoï (Viêt Nam) en 1951[2]. Il y est nommé professeur au Petit Séminaire et en même temps il commence à étudier les coraux fossiles [3] du Dévonien de l’Indochine et du Yunnan. Quand le Viêt Nam a été divisé en deux en 1954, il s'établit à Saïgon.

1954-1975[4][modifier | modifier le code]

Quand il arrive à Saigon, en géologie, il n’y a ni service géologique ni géologues. À la demande du Gouvernement de la République du Viêt Nam, il fonde et supervise le Service géologique, puis entame les études des calcaires et du charbon en vue de développer une cimenterie et une mine de charbon. Il mène également la recherche des sables silicieux très purss pour les verreries et des sources minérales [5] pour l’eau potable et médicinale. L'eau minérale de la source de Dangun (Province de Binh Thuân) a été exploitée et mise en bouteille sous la marque de Laska et dont l'étiquette portant son nom comme le découvreur.

Il relance la publication de l’unique revue annuelle en géologie Archives géologiques du Viêt Nam, dont le premier numéro a paru à Hanoï en 1952 sous la direction d’Edmond Saurin[6], le dernier chef du Service géologique de l'Indochine. Depuis cette année jusqu’en 1975, 16 autres numéros ont vu le jour sous sa responsabilité.

Début 1960, après avoir obtenu son doctorat ès sciences à l’université de Paris (Sorbonne, France), il est officiellement nommé expert-géologue auprès du Service géologique par le Service de coopération culturelle et technique (Direction générale des relations culturelles scientifiques et techniques, ministère des Affaires étrangères de France) auquel il est attaché jusqu’en 1976.

Il fonde le département de géologie de l’université de Hué (ancienne capitale impériale) et soutient des étudiants postuniversitaires à la Faculté des sciences de Saïgon.

Ses recherches permettent d’améliorer des cartes géologiques 1/2 000 000 de l’ancienne Indochine[7], de mieux connaître la géologie des régions côtières [8],[9], des îles du Golfe de Thaïlande [10],[11],[12], de la formation des alluvions du Quaternaire ancien au nord-ouest de Saigon[13]….Il contribue également à élaborer des avant-projets de barrages sur plusieurs fleuves dont La Nga, Dông Nai, à explorer des minéraux lourds dans les dunes de sable de la côte est, et de la bauxite sur les plateaux des terres rouges.

En faisant la géologie sur le terrain, il découvre le site préhistorique de Phuoc Tân (sur la route de Bà Ria) et en étudie d'autres (Ngai Thang, Cù Lao Rùa…) [14],[15]. En même temps, il s'intéresse aussi à l'archéologie. En 1971, avec Hoang Thi Than, ils découvrent et fouillent des jarres funéraires à Phu Hoà (province de Dông Nai)[16],[17]. Il étudie également d'autres sites : Dâu Giây [18], Phan Thiet [19]). Les sites de Phu Hoà et de Hoà Vinh appartiennent à la Culture de Sa Huynh [20].

Fin 1975, quelques mois après l’installation du régime communiste dans le Sud, il rentre en France.

1976-1977[4][modifier | modifier le code]

Il rejoint l’Institut catholique de Paris et poursuit sa recherche.

1978-2013[4][modifier | modifier le code]

Fin 1978, il est officiellement nommé expert de coopération auprès du CCOP (Coordinating Committee for Coastal and Offshore Geoscience Programmes in East and Southeast Asia)[21] qui est basé à Bangkok (Thaïlande ) et patronné jusqu'en 1991 par les Nations unies, financé depuis par les pays membres et par les pays coopérants. Depuis 1973, le CCOP conduit un projet de recherche intitulé « Les Potentiels du Pétrole pré-tertiaire de la Région du CCOP » (Pre-Tertiary Petroleum Potentials in the CCOP Region) avec le soutien du gouvernement français qui met à sa disposition des experts en géologie et paléontologie du pré-tertiaire[22]. Fin 1978, Père Fontaine prend donc le relais d’un autre géologue français, André Bonnet[22], et consacre chaque année plusieurs mois en Asie.

Suivant des programmes prédéfinis, il réalise de multiples missions sur le terrain, accompagné des géologues des pays membres du CCOP (Cambodge, Chine, Corée, Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande). Plusieurs milliers d’échantillons sont récoltés. À partir desquels, des lames minces ont été préparées au début en France (au Muséum national d'histoire naturelle) et plus tard en Thaïlande. Elles ont été étudiées en France avec la coopération de ses collègues français. Il écrit lui-même une large majorité de ses articles.

Ses recherches permettent de découvrir et de fournir de nouvelles données sur la stratigraphie, la paléontologie et la paléogéographie du Sud-Est Asiatique. Les roches du Carbonifère ont été déterminées pour la première fois à différentes localités dans l’est, nord-est, nord-ouest et au centre de la Thaïlande, à quelques endroits en Malaisie et en Indonésie (Sumatra). Le Permien a été étudié avec plus de détails dans ces pays et aux Philippines. Le Trias, quant à lui, a été identifié à la place du Permien à plusieurs localités en Thaïlande et en Malaisie. La présence du Jurassique marin dans l’ouest de la Thaïlande qui était pratiquement inconnue, a été mise en évidence par la découverte des fossiles.

Atteint par limite d’âge dans les années 1980, il poursuit sa recherche sur le terrain, à titre bénévole[4], avec le soutien des Services géologiques nationaux et des géologues des pays de l’Asie du Sud-Est, tout en gardant des contacts avec le CCOP.

En 2013, à l’orée de ses 90 ans, il effectue sa dernière tournée géologique sur le terrain en Thaïlande avec des géologues thaï.

2014 -[modifier | modifier le code]

Il continue son travail de recherche, à un rythme moins soutenu, et affectionne l’analyse de sa longue liste de publications qui devrait atteindre trois cents articles[23] répartis dans plusieurs revues scientifiques en Asie et en Europe.

Sa carrière scientifique et internationale est exceptionnellement longue (une soixantaine d’années).

Bibliographie sélectionnée[23][modifier | modifier le code]

(Voir aussi Références)

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://archives.mepasie.org/notices/notices-biographiques/fontaine
  2. Gérard Moussay, Bibliographie des Missions Etrangères_Civilisations, Religions et Langues de l'Asie, Paris, Les Indes savantes, (ISBN 978-2-84654-179-4)
  3. Fontaine Henri, « Etude et révision des Tabulés et Héliolitidés du Dévonien d'Indochine et du Yunnan », Archives géologiques du Viet Nam, no 2,‎ , p. 86
  4. a b c et d Entretiens entre 2013 et 2015
  5. Fontaine Henri, « Les sources thermominérales du Viet Nam méridional », Archives géologiques du Viet Nam, no 4,‎ , p. 35-123
  6. (en) Fontaine Henri, « Edmond Saurin (1904-1977) », Asian¨Perspectives, no 23(1),‎ , p. 1-8
  7. « Viet Nam-Kampuchia-Lao, carte géologique 1/2 000 000 »,
  8. Fontaine Henri, « Remarque sur des formations littorales quaternaires du Centre Viet Nam méridional », Archives géologiques du Viet Nam, no 15,‎ , p. 73-104
  9. (en) Fontaine Henri et Délibrias G., « Ancient marine levels of the Quaternary in Viet Nam », Journ. Hong Kong Archeol.Soc., no 4,‎ , p. 29-33
  10. Fontaine Henri, « Note sur le Golfe de Thailande », Archives géologiques du Viet Nam, no 11,‎ , p. 119-147
  11. Fontaine Henri, « Remarque sur Phu Quôc et l'Archipel d'An Thoi », Archives géologiques du Viet Nam, no 12,‎ , p. 109-115
  12. Fontaine Henri, « Note sur les îles Ba Lua, Da Lua, Rê, Mong-Tay et Hon Son (Golfe de Thaïlande) », Archives géologiques du Viet Nam, no 12,‎ , p. 157-175
  13. Fontaine Henri et Hoang Thi Than, « Alluvions anciennes du Nam Phân septentrional », Archives géologiques du Viet Nam, no 14,‎ , p. 145-168
  14. Fontaine Henri, « Enquête sur le Néolithique du bassin inférieur du Dong Nai », Archives géologiques du Viet Nam, no 14,‎ , p. 47-116
  15. Fontaine Henri, « Deuxième note sur le Néolithique du bassin inférieur du Dong Nai », Archives géologiques du Viet Nam, no 15,‎ , p. 123-129
  16. Fontaine Henri, « Nouveau champ de jarres dans la province de Long Khanh », Bull. Soc. Et. Indoch., no nouvelle série 47(3),‎ , p. 397-486
  17. Fontaine Henri et Hoang Thi Than, « Nouvelle note sur le champ de jarres funéraires de Phu Hoa, avec une remarque sur la crémation au Viet Nam », Bull. Soc. Et. Indoch., no nouvelle série 50(1),‎ , p. 7-73
  18. Fontaine Henri, « Note sur la découverte de perles au site de Dâu-Giây », Bull. Soc. Et. Indoch., no 48(4),‎ , p. 619-620
  19. (en) Fontaine Henri et Davidson J.H.C.S., « The archaeological site of Hoa Vinh near Phan Thiet, Central Viet Nam », Asian Perspectives, no 23(1),‎ , p. 71-98
  20. (en) Fontaine Henri, « On the extent of the Sa Huynh Culture in continental Southeast Asia », Asian Perspectives, no 23(1),‎ , p. 67-69
  21. « Coordinating Commitee for Geoscience Programmes in East and Souteast Asia », sur www.ccop.or.th (consulté le 21 avril 2015)
  22. a et b (en) Fontaine Henri, Ten years of CCOP Research on the Pre-Tertiary of East Asia, Bangkok, CCOP, , 375 p.
  23. a et b Fontaine Henri, Publications of Henri Fontaine 1954-2013, ce document n'est pas encore publié.

Liens externes[modifier | modifier le code]