Vinícius de Moraes

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Vinícius de Moraes

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Vinicius de Moraes en 1970

Informations générales
Surnom Poetinha
Nom Marcus Vinícius da Cruz de Melo Moraes
Naissance
Rio de Janeiro, Drapeau du Brésil Brésil
Décès (à 66 ans)
Rio de Janeiro
Activité principale Musicien (compositeur, chanteur, pianiste, parolier)
Genre musical Bossa nova, Samba, MPB
Années actives 1927-1980
Site officiel http://www.viniciusdemoraes.com.br/site/

Vinícius de Moraes (né le à Rio de Janeiro et mort le dans la même ville), Marcus Vinícius da Cruz de Melo Moraes de son nom complet, mais souvent appelé Vinícius, ou poetinha (« petit poète »), était un personnage clef de la musique brésilienne contemporaine. Comme poète il a écrit les paroles de nombre de chansons devenues des classiques. Mais on lui doit aussi quelques mélodies et il se fit l'interprète de ses chansons. C'était en outre une personnalité très dynamique qui a encouragé de nombreux artistes à s'engager dans la chanson populaire de qualité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Né dans une famille musicienne, il s'est mis très tôt à composer de la poésie. À 14 ans, il se lia avec les frères Paulo et Haroldo Tapajós, composant avec ce dernier sa première chanson, Loura ou Morena. En 1929, il s'inscrivit pour des études de droit à Rio. À partir de 1932, il écrivit les paroles de dix chansons qui furent enregistrées par les frères Tapajós. C'est à cette période qu'il rencontre l'écrivain Otávio de Faria (pt), qui le convainc de collaborer à la revue O Ordem, du Centro Dom Vital, une organisation catholique ultra-conservatrice [1].

Ses études finies, il fit publier ses livres Caminho Para a Distância (1933) et Forma e Exegese. Plus tard, il s'occupa de censure cinématographique pour le Ministère de la Santé et de l'Éducation (1935) et composa son troisième livre Ariana, a Mulher (1936).

Études et débuts[modifier | modifier le code]

Parti pour le Royaume-Uni en 1938 avec une bourse du gouvernement britannique pour étudier la littérature à Oxford, il écrivit Novos Poemas. Il se maria par procuration. Fuyant la Seconde Guerre mondiale, il revint à Rio en 1941 et se mit à écrire sur le cinéma dans des journaux et revues. C'est à cette époque qu'il eut l'idée de transposer le mythe d'Orphée et Eurydice dans une version moderne, dans les favelas et commença à écrire le livret de Orfeu da Conceição, pièce qui ne sera créée que des années après faute de temps et de financement. Deux ans plus tard, il rejoignit le corps diplomatique brésilien et publia Cinco Elegias. En 1946, on le nomma à Los Angeles comme vice-consul. Ce fut son premier poste diplomatique. Il publia Poemas, Sonetos e Baladas.

Il s'en retourna au Brésil en 1950, à la mort de son père. Sa première samba (cocomposée avec le musicien Antônio Maria) fut Quando Tu Passas por Mim en 1953, l'année où il se rendit en France comme second secrétaire d'ambassade. C'est à Paris qu'il rencontra le producteur Sacha Gordine et lui présenta ce livret démarré plus de 10 ans auparavant, imaginant un Orphée Noir. Le livret d'Orfeu da Conceição remporta le premier prix du concours de théâtre à l'occasion du quatrième centenaire de la ville de São Paulo, puis eut une version publiée dans la revue Anhembi, en 1954[2]. L'année suivante, il écrivit des paroles pour des pièces de musique de chambre de Cláudio Santoro. On lui présenta alors un pianiste inconnu, Tom Jobim, à qui il demanda d'écrire la musique de la pièce Orfeu da Conceição ; Jobim composa la musique de Se Todos Fossem Iguais a Você, Um Nome de Mulher et de plusieurs autres chansons. Puis Vinícius fit jouer pour la première fois Orfeu da Conceição au théâtre municipal de Rio le 25 septembre 1956 alors que le projet du film Orfeu Negro, produit par Sacha Gordine et réalisé par Marcel Camus prenait forme. Pour la musique du film, Camus fit appel à Tom Jobim et à Luiz Bonfá Reparti en France puis en Uruguay pour ses activités diplomatiques (il fut d'ailleurs consul du Brésil au Havre en France), Vinícius publia Livro de Sonetos et Novos Poemas II.

Les débuts de la Bossa nova[modifier | modifier le code]

En 1958 la chanteuse Elizeth Cardoso enregistra son album Canção do Amor Demais : ce furent les prémisses de la bossa nova. Cet album était uniquement composé de chansons de Jobim et/ou Vinícius (notamment : Canção do Amor Demais, Luciana, Estrada Branca, Chega de Saudade, et Outra Vez), et João Gilberto y intervenait sur deux pistes. Ce disque fut suivi de ceux de Gilberto seul, qui firent le succès de nombreuses compositions du duo.

Années 1960 et 1970[modifier | modifier le code]

Pendant ce temps Orfeu Negro, dont la bande originale était due à Vinícius, Luis Bonfá et Jobim, gagnait de nombreux prix (notamment l'Oscar du meilleur film étranger, la Palme d'Or du Festival de Cannes...).

A Paris en 1972 avec son ami et éditeur Pierre Seghers. Photo Alecio de Andrade

À partir des années 1960, Vinícius se mit à collaborer avec d'autres musiciens brésiliens, déjà renommés ou qui allaient le devenir : Carlos Lyra, Pixinguinha, Baden Powell, Ary Barroso, Edu Lobo, Francis Hime et surtout Toquinho (son partenaire le plus durable et son meilleur ami). Ses chansons Para uma Menina com uma Flor et Samba da Bênção (composées par Baden Powell) figurent sur la B.O. de Un homme et une femme de Claude Lelouch en 1966.

Les lois sur la censure ayant été renforcées par le régime militaire, il dut quitter ses fonctions diplomatiques à partir de 1968. Il se mit alors à se produire sur scène plus intensivement, notamment aux côtés de Toquinho (mais aussi de Joyce, Jobim...), et surtout hors du Brésil dans un premier temps.

Il meurt, victime d'un œdème pulmonaire, le dans sa maison de Gavea (Rio de Janeiro) en compagnie de Toquinho et de sa dernière épouse.

Postérité[modifier | modifier le code]

Vinícius est coauteur de plus de 400 chansons, dont quelques standards du jazz et un bon nombre de classiques de la chanson brésilienne.

Pour ce qui est de son œuvre proprement poétique, il lui donna moins de sérieux sur la fin de sa vie, mais n'en continua pas moins à publier, enregistrant des disques de poèmes récités.

C'était un original très exubérant, en perpétuel besoin de romantisme (il semblait qu'il se remariait tous les deux ou trois ans), un éternel adolescent dont on s'étonna à sa mort qu'il eût déjà 67 ans.

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Vinicius de Moraes começa sua trajetória fora da música, Abril, 8 juillet 2008
  2. D'après Eliane Vasconcelos, Inventário do Arquivo Vinícius de Morais, Rio de Janeiro, Fundação Casa de Rui Barbosa, 1999, p. 18 (ISBN 85-7004-202-7) (en ligne) : Vinicius note que sa pièce fut « rédigée en 1942, 1948 et 1953 ». Mais Maria Lúcia Levy Candeias (une spécialiste du théâtre brésilien) indique : « Écrite à l'origine en 1942, réécrite en 1955 et montée en 1956. ». La version de référence d'Orfeu da conceição : (tragédia carioca), est celle publiée par la Livraria São José à Rio en 1960 (Cf. le catalogue Sudoc).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Choix discographique[modifier | modifier le code]

  • Vinícius de Moares en la Fusa con Maria Creuza y Toquinho

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Recette de femme, cinq élégies et autres poèmes, préface de Véronique Mortaigne et traduction de Jean-Georges Rueff, édition bilingue, Chandeigne, 2012.