Lémurie

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Kumari Kandam ni Mu (continent).
Carte de la Lémurie (en rouge) surimposée aux continents actuels selon William Scott-Elliot dans The Story of Atlantis and Lost Lemuria.

La Lémurie est un continent hypothétique (hypothèse infirmée) situé dans l'océan Indien, parfois confondu avec le continent Mu situé dans le Pacifique.

Hypothèse[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, à une époque où la dérive des continents n'était pas encore connue des géologues, le zoologiste Philip Sclater cherche à expliquer la distribution de certains mammifères, dont les lémuriens, dans des zones géographiques éloignées. Il forge alors le mot « Lémurie » pour désigner un continent hypothétique situé dans l'océan indien, qui aurait autrefois été un « pont » par delà l'océan Indien.

Le naturaliste allemand Ernst Haeckel (1834–1919) popularise cette hypothèse en 1870 : il induit de la présence de lémuriens à Madagascar et en Malaisie l'existence d'une Lémurie dans l'océan Indien. Le scientifique français Jules Hermann reprend également cette idée dans Les Révélations du Grand Océan, publié à titre posthume en 1927.

Les connaissances en géologie infirment aujourd'hui cette hypothèse.

Récupération et propagation du mythe[modifier | modifier le code]

Se basant sur les hypothèses émises par les chercheurs de son époque, Helena Blavatsky, fondatrice de la Société théosophique en 1875, reprend le thème d'un continent présent dans l'actuel océan indien, aujourd'hui disparu dans Isis dévoilée (1877). Elle n'en parle alors que très sommairement et le mot de « Lémurie » n'y est d'ailleurs cité qu'une seule fois. Le théosophe A. P. Sinnett en traite ensuite dans son livre Le Bouddhisme ésotérique (1883)[1]. Helena Blavatsky en parle de nouveau dans La Doctrine Secrète (1888).

« En ce qui concerne l'Évolution de l'humanité, la Doctrine secrète postule trois nouvelles propositions, qui sont en complète opposition avec la Science Moderne, comme aussi avec les dogmes religieux qui ont cours. Elle enseigne :

  • l'évolution de sept Races-Racines, sur sept différents mondes ou sphères (globes, les sept Râjamsi du Rig Véda) ;
  • la naissance du corps astral avant le corps physique ;
  • elle enseigne enfin que, durant cette Ronde, l'homme a précédé (sous sa forme astrale) tous les mammifères - y compris les anthropoïdes - dans le règne animal. (...)


I. On propose donc de donner au premier continent, ou plutôt à la première terre ferme sur laquelle la Première Race fut évoluée par les divins Progéniteurs, le nom de : Terre Sacrée Impérissable. C'est le berceau du premier homme. (...)

II. Le continent Hyperborée. Tel sera le nom choisi pour le second Continent, la terre qui étendait ses promontoires au sud et à l'ouest du Pôle Nord, pour recevoir la Seconde Race qui englobait tout ce qu'on appelle aujourd'hui l'Asie du Nord. C'est le nom que les plus anciens Grecs donnaient à cette région lointaine et mystérieuse, où, suivant leur tradition, Apollon l'Hyperboréen se rendait tous les ans. (...) C'était un continent réel, une terre bona fide [de bonne foi, honnête], qui ne connaissait pas l'hiver à cette époque primitive (...)

III. La Lémurie. Nous proposons d'appeler le troisième continent Lémurie. Ce nom est une invention ou une idée de M. P.L. Sclater, qui, entre 1850 et 1860, affirma, en s'appuyant sur des faits zoologiques, l'existence réelle aux époques préhistoriques d'un continent qui s'étendait, d'après lui, de Madagascar à Ceylan et Sumâtra.

IV. L'Atlantide.

V. L'Europe. (...) La Doctrine Secrète assigne une durée de quatre à cinq millions d'années à la période qui s'est écoulée entre les débuts de l'évolution finale de la Quatrième Race-Mère, sur les continents Lémuro-Atlantéens, une durée d'un million d'années à la Cinquième Race ou Race Aryenne, jusqu'à nos jours, et une durée d'environ 850.000 ans depuis la submersion de la dernière vaste péninsule de la grande Atlantide. »[2]

Le théosophe William Scott-Elliot en dit quelques mots également en 1896 dans son livre l'« Histoire de l'Atlantide » [3]. En 1904, Rudolf Steiner publie des articles sur ce sujet dans la revue théosophique allemande « Lucifer-Gnosis », lesquels furent ensuite publiés dans le recueil « Chronique de l'Akasha »[4]. En 1904, W. Scott-Elliot y consacra un petit ouvrage « La Lémurie perdue ». Les ouvrages de James Churchward[5], publiés à partir de 1926, reprennent la Lémurie en l'amalgamant à Mu comme un seul grand continent englouti. Certains auteurs associent aussi la Lémurie au continent légendaire de Kumari Kandam.

Dans les œuvres de fiction moderne[modifier | modifier le code]

L'auteur de fantasy Lin Carter a repris le nom de Lémurie pour son Cycle de Thongor, qui se situe sur un continent imaginaire.

Le groupe suédois de métal symphonique Therion, connu pour s'inspirer de mythes et légendes réelles dans ses textes, a sorti un album appelé Lemuria en 2004.

L'intrigue du jeu vidéo Golden Sun tourne en partie autour d'une mystérieuse île perdue au milieu des mers, dissimulée par une brume perpétuelle et nommée Lémuria. Les protagonistes y font un bref séjour dans Golden Sun : l'Âge Perdu.

Dans la BD Requiem, Chevalier vampire, le continent correspondant à l'océan indien se nomme la lémurie.

Archéologie[modifier | modifier le code]

L'hypothèse de la disparition d'un continent entier dans l'océan indien ne repose sur aucun fondement géologique sérieux, et la Lémurie de Sclater constitue bien une hypothèse scientifique infirmée. Il reste tout à fait possible que la montée des océans depuis la fin du paléolithique ait recouvert de petites portions de territoires en Inde, comme le montre la découverte des ruines d'une cité presque aussi ancienne que Harappa ou Mohenjo-daro dans l'ancien estuaire du fleuve Sarasvatî. Ces éléments archéologiques, parfois présentés comme des « preuves » de l'existence de la Lémurie, sont bien sûr à remettre dans leur contexte, et n'apportent a priori rien d'autre qu'une meilleure connaissance du peuplement primitif de l'Inde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Percy Sinnett, Le Bouddhisme ésotérique, Éditions Adyar, Paris 1975, Traduit de l'anglais (page 96).
  2. Helena P. Blavatsky, La Doctrine secrète (1888), t. III : Anthropogenèse, trad. de l'an., Adyar, p. 3-11.
  3. Scott-Elliot, L'Histoire de l'Atlantide, Publications théosophiques, Paris 1901, Traduit de l'anglais
  4. Rudolf Steiner, Chronique de l'Akasha, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève 1980
  5. James Churchward, MU, le continent perdu, Éd. J'ai Lu, 1969

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Hermann, Les révélations du grand océan, 1927.
  • Walter Scott Elliot, La Lémurie Perdue, Editions Adyar, Paris, 1930.
  • Georges Barbarin, La Danse sur le Volcan - Atlantide, Lemurie, Les Continents Futurs aux édition Adyar, 1938.
  • Wishar Spenle Cervé, La Lémurie : continent perdu du pacifique, Edition Rosicrucienne, 1974.
  • Patrick Gence, Songes d'Apocalypse ou la Nouvelle Lémurie, Edition la Pensée universelle, 1980.
  • Walter Scott Elliot, La Lémurie Continent perdu du Pacifique Le peuple mystérieux du Mont Shasta, Edition Rosicrucienne, 1982.
  • Adrien Le Bihan, Retour de Lémurie, Éditions François Bourin, Paris, 1993.
  • Dianne Robbins, Aurelia Louise Jones, Telos : Révélations de la Nouvelle Lémurie, Edition Ariane, 1998.
  • Walter Scott Elliot, L'Histoire de l'Atlantide précédée de La Lémurie Perdue, Edition Alexandre Moryason, 2005.

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Site traitant de la Lémurie.