Congrès national indien

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Congrès national indien
भारतीय राष्ट्रीय कांग्रेस
Indian National Congress
Image illustrative de l'article Congrès national indien
Logo officiel
Présentation
Présidente Sonia Gandhi
Fondation 1885
Siège New Delhi, Delhi
Drapeau de l'Inde Inde
Vice-président Rahul Gandhi
Premier ministre Manmohan Singh
Idéologie Sécularisme, nationalisme, progressisme, socialisme démocratique, social-démocratie
Affiliation internationale Alliance mondiale des démocrates
Alliance progressiste
Coalition Alliance progressiste unie
Couleurs Orange, vert et blanc
Site web www.inc.in/
Drapeau
Drapeau
Symbole électoral
Symbole électoral
Présidents de groupe
Lok Sabha Sushilkumar Shinde
Rajya Sabha Manmohan Singh
Représentation
Lok Sabha
44 / 545
Rajya Sabha
71 / 245
Ministres en chef
11 / 30

Le Congrès national indien (en anglais : Indian National Congress) est un des principaux partis politiques d'Inde.

Fondé en 1885, le Congrès est associé à la lutte pour l'indépendance du pays avec des figures comme Gandhi ou Nehru. Après l'indépendance, il domine la vie politique indienne jusque dans les années 1970 et reste dirigé, pour la majeure partie de son histoire, par la famille Nehru-Gandhi.

Le Congrès est considéré comme au centre gauche du paysage politique indien. Depuis 2004, il est au pouvoir au sein du gouvernement de coalition de l'Alliance progressiste unie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création et lutte pour l'indépendance[modifier | modifier le code]

Le Congrès est fondé le 28 décembre 1885 avec pour objectif de trouver une place dans le gouvernement de l'Inde pour des Indiens ayant reçu l'éducation nécessaire, sans remettre cependant en cause la présence anglaise sur le sol indien. C'est l'Anglais Allan Octavian Hume qui organise son premier rassemblement à Bombay, avec l'assentiment de Lord Dufferin, le vice-roi de l'époque. Sa simple création témoigne de la capacité des Britanniques très tôt, à déléguer le pouvoir des colonies aux colonies, car même si ce parti acquiert finalement assez tard la vocation d'indépendance, il reste néanmoins dès ses débuts une formation politique importante avec laquelle le Royaume-Uni doit rapidement composer.

Insatisfait par le gouvernement, ses exigences deviennent, par la suite, plus radicales et le parti joue un rôle majeur dans le mouvement pour l'indépendance, notamment sous la présidence de Jawaharlal Nehru dès 1929 et l'autorité charismatique du Mahatma Gandhi, en menant des campagnes de désobéissance civile et de boycott des produits britanniques (développé en concept d’auto-suffisance économique, le swadeshi). Durant cette période, deux tendances cohabitent au sein du Congrès : le Garam Dal plutôt extrémiste envers les Britanniques, et le Naram Dal plutôt modéré.

La domination du parti[modifier | modifier le code]

On dit que la position de Gandhi était que le parti devait être une structure au service de l'indépendance, mais qu'il ne devait pas lui survivre. Mais contrairement à ce souhait, le Congrès continua à dominer la vie politique indienne après 1947, dirigeant le gouvernement sans discontinuer pendant trente ans.

Sous la direction de Jawaharlal Nehru, Premier ministre de 1947 à 1964, le gouvernement congressiste préside à l'industrialisation et la planification de l'économie, initie la révolution verte et lance le Mouvement des non-alignés. Après la mort de Nehru et de celle de son successeur Lal Bahadur Shastri (1964-1966), sa fille Indira Gandhi lui succède.

Divisions et déclins[modifier | modifier le code]

Rassemblement de partisans du Congrès à Delhi.

Alors que le Congrès avait accueilli en son sein toutes les tendances politiques indiennes, Indira Gandhi, qui devient Première ministre en 1966 impose une discipline plus stricte sur le parti. Alors que le Congrès fait face à une concurrence électorale plus forte à partir de 1967, perdant les élections dans plusieurs États du nord, elle prend une orientation populiste, adoptant le slogan Garibi hatao ("éliminer la pauvreté"), et se rapproche de l'URSS. En 1969, Indira fait face à une contestation interne de la part de la droite du parti et décide de fonder son propre parti, le "New Congress" ou Congrès (R) pour "Ruling", qu'elle fait reconnaitre comme le "vrai" Congrès national indien par la Commission électorale indienne. Le reste du parti est appelé "Old Congress" ou Congrès (O) pour "Organisation".

Parallèlement, Indira Gandhi met en place un gouvernement autoritaire : condamnée pour fraude électorale en 1975, elle met en place l'état d'urgence pour rester au pouvoir, limitant les pouvoirs de la justice et emprisonnant ses opposants. Ce régime policier, levé en 1977, n'empêche pas l'opposition de se regrouper sous la bannière du Janata Party alors que le Congrès, désormais connu comme Congrès (I) comme Indira, subit de nouvelles scissions. Lors des élections de 1977, le Congrès perd pour la première fois le pouvoir au profit du Janata Party.

Profitant des divisions de l'opposition, le Congrès gagne les élections de 1980 et Indira Gandhi redevient Première ministre jusqu'à son assassinat en 1984. Son fils, Rajiv Gandhi lui succède alors. Cependant, de nombreuses affaires de corruption (dont l'affaire Bofors) ternissent l'image du parti alors que sa base électorale est captée par des partis régionaux ou de castes. Revenu au pouvoir en 1991, le Congrès ne remporte qu'une majorité relative. Le nationalisme hindou du BJP devient son plus sérieux concurrent politique direct. Le Congrès lance alors des réformes économiques libérales qui heurtent de nombreux partisans.

Alliance progressiste unifiée[modifier | modifier le code]

De 1998 à 2004, le Congrès est dans l'opposition alors que le BJP forme le gouvernement. Sonia Gandhi, veuve de l'ancien Premier ministre Rajiv Gandhi, devient présidente du Congrès en 1998.

Après la défaite de l'Alliance démocratique nationale sortante en 2004, Sonia Gandhi réunit une nouvelle coalition autour du Congrès, l'Alliance progressiste unifiée (UPA), et obtient l'appui du Front de Gauche communiste. Cependant, confrontée à une vive opposition en raison de ses origines italiennes, elle décide de se désister en faveur de Manmohan Singh, qui devient Premier ministre le 22 mai 2004. L'UPA est reconduite en 2009 et le Congrès obtient son meilleur score depuis 20 ans avec 206 sièges à la Lok Sabha.

Rahul Gandhi, fils de Sonia et Rajiv Gandhi, est vu comme probable successeur de Manmohan Singh en tant que Premier ministre. Secrétaire général du Congrès de 2007, il a été nommé président du Comité de coordination chargé de préparer les élections de 2014[1] puis Vice-président du parti en 2013[2].

Idéologie et politique[modifier | modifier le code]

Mur aux couleurs du Congrès dans le Kerala.

Historiquement, le Congrès est perçu comme un parti de gauche favorisant les paysans, les ouvriers, les syndicats et les minorités ethniques et religieuses. Mais depuis le début des années 1990, il a adopté une position plus centriste ou social-démocrate, président à la libéralisation de l'économie indienne. Cependant, le gouvernement actuel continue d'insister sur sa volonté d'éradication de la pauvreté via des programmes comme le National Rural Employment Guarantee Scheme censé offrir du travail à tous les chômeurs dans les zones rurales.

Traditionnellement opposé à des politiques de quotas (reservations) en faveur des basses castes au nom de la promotion du mérite et de l'éradication du système des castes dans son ensemble, le Congrès a changé de position sous la pression de nombreux partis de castes et a autorisé la mise en place de quotas pour les Other Backward Classes dans l'enseignement supérieur.

Enfin, le Congrès est resté attaché à la laïcité de l'État.

Organisation[modifier | modifier le code]

L'organisation du Congrès est toujours basée sur celle adoptée par le Mahatma Gandhi entre 1918 et 1920.

Dans chaque État ou territoire, il existe un Pradesh Congress Committee (Comité d'État du Congrès) responsable campagnes politiques de l'État et dirigé par un président. Le All India Congress Committee (Comité du Congrès pour toute l'Inde) est composé de délégués des comités des États. Le président du Congrès est le leader national du parti. Le président est souvent le candidat du Congrès au poste de Premier ministre.

Le Congress Parliamentary Party regroupe les membres de la Lok Sabha et de la Rajya Sabha élus sous la bannière du Congrès.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rahul Gandhi heads Congress coordination committee for 2014 polls, consulté le 16 novembre 2012.
  2. Inde: Rahul Gandhi devient le numéro 2 du parti du Congrès au pouvoir, El Watan, 20 janvier 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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