Mahatma

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Mahātmā signifie en sanscrit : Grande âme; (महात्मा mahātmā; महा mahā "grande" et आत्मं ātma ou आत्मन ātman "âme"); il a un usage similaire au terme chrétien saint[1]. Un Mahâtma est un "Grand sage", un "Maître de sagesse".

Dans l'hindouisme[modifier | modifier le code]

L'épithète Mahātmā est communément attribuée à des personnalités comme Mohandas Karamchand Gandhi et Jyotirao Phule. De nombreuses sources, telles que Rabindranath Tagore: An Anthology de Dutta et Robinson, racontent que c'est Rabîndranâth Tagore qui le premier accorda le titre à Gandhi[2]. D'autres sources mentionnent que Mahātmā a d'abord été donné à Gandhi le 21 janvier 1915 par Nautamlal Bhagavanji Mehta à l'école Kamribai de Jetpur[3].

Le terme est aussi utilisé pour désigner des initiés, experts ou mystiques.

Dans la théosophie[modifier | modifier le code]

Le mot Mahātmā a été popularisé chez les théosophes quand la fondatrice de la société théosophique, Helena Petrovna Blavatsky, nota, dès 1851, que ses enseignants étaient des adeptes ou Mahatmas qui résidaient au Tibet ou à Shambala et formaient une Grande Loge Blanche, une Fraternité Universelle[4] Selon Jacques Lantier, « H.P.B. [Helena Petrovna Blavatsky] croyait en l'existence de 'Mahatmas' ou "grandes âmes" », c'est-à-dire de personnages ayant acquis des pouvoirs surnaturels grâce à leur élévation intellectuelle et morale.

Leur hiérarchie irait du Seigneur du monde jusqu'aux adeptes et aux simples initiés. Selon elle, Platon, Moïse, saint Paul étaient des théosophes initiés. Quelques adeptes secrets demeurent proches de la terre ; ils forment une fraternité occulte, dite la Grande Fraternité blanche. Blavatsky, Olcott et Besant ont cité parmi ces grands êtres :

  • Le Maître M (Morya). [4] « Chef du 1er Rayon, assistant et successeur de Manu ». il détient, de plein droit, la possibilité d'user du pouvoir du premier rayon : le pouvoir de la force. Il vit à Shamballa et a autrefois contribué à la fondation de la Société Théosophique.
  • Le Maître K. H. (Kout Houmi) [Koot Hoomi]. « Chef du 2e Rayon, représentant le Seigneur Maitreya ou Seigneur du monde ». Sa note dominante est la sagesse. Il a été le grand philosophe Pythagore. Son corps a l'aspect d'un brahmine du Kashmir. Il vit au Tibet.
  • Le Maître Vénitien. Chef du 3e Rayon. L'astrologie est en liaison avec ce rayon. Il fut autrefois Plotin.
  • Le Maître Sérapis. Chef du 4e Rayon. Sa note dominante est l'harmonie et la beauté.
  • Le Maître Hilarion. Chef du 5e Rayon, grand maître de la science. Il a inspiré La voix du silence à H.P.B. Il a été Jamblique.
  • Le Maître Djual Khool. Il appartient au 6e Rayon, il était l'élève du Maître K. H.
  • Le Maître Prince Rakoczi. Chef du 7e Rayon, chargé du cérémonial magique. Il surveille la politique de l'Europe et de l'Amérique du Nord. Son corps est hongrois. Il a été autrefois le comte de Saint-Germain. Annie Besant l'a rencontré, en 1895, au cours d'un voyage à Londres[5].

En juin 1884 le peintre d'art Hermann Schmiechen a fait un portrait idéalisé des Maîtres de sagesse d'HPB[6]. Les Mahātma auraient transmis des lettres, en particulier à Sinnett[7], mais certains théosophistes, dont Annie Besant en 1894, estiment que ces lettres ont été rédigées par William Quan Judge, un compagnon de recherche de HPB[8].

En 1850, Me Blavatsky rencontre à Londres celui qu'elle n'avait connu que dans des visions - un Indien rajpoute, qu'elle désignera comme son « Maître », ou le Maître Morya. À cette époque, il faisait partie de la suite du Premier Ministre du Népal en ambassade à Londres. Il laisse entrevoir à la jeune femme la mission qui l'attend.

A partir de 1904, Rudolf Steiner parle fréquemment de "Maîtres de sagesse et l'harmonie du sentiment" dans ses leçons ésotériques. La loge blanche serait constituée de douze maîtres, il en nomme quatre[9]:

  • Maître Morya : Force, fortifie la volonté
  • Maître Kuthumi : Sagesse, Maître véritable de la Vérité
  • Maître Saint-Germain : "on recourt à lui dans les difficultés quotidiennes"
  • Maître Jésus : Il s'adresse à l'intimité de l'être humain, au niveau du coeur, Guide de son Eglise.

Bien que les Maîtres agissent de concert pour l'évolution de l'humanité, les Maîtres Morya et Kuthumi ont une affinité avec l'Orient et les Maîtres Saint-Germain et Jésus une affinité avec l'Occident[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The A to Z of Hinduism par B.M. Sullivan publié par Vision Books, page 126, ISBN 8170945216
  2. Dutta, Krishna and Andrew Robinson, Rabindranath Tagore: An Anthology, p. 2.
  3. Kamdartree.com
  4. [1].
  5. Jacques Lantier, La théosophie, Culture, Arts, Loisirs, 1970, p. 174-176.
  6. [2].
  7. Lettres des Mahatmas M. et K.H. à A.P. Sinnett (The Mahatma Letters to A.P. Sinnett from the Mahatmas M. and K.H.) (1923), Paris, Éditions Adyar, 1970, xxxvii + 607 p. Lettres de 1880 à 1885. M = Morya ; K.H. = Koot Hoomi.
  8. [3]
  9. a et b Rudolf Steiner, Leçons ésotériques Tome 1, 1904-1909, EAR.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lettres des Mahatmas M. et K.H. à A.P. Sinnett (titre original : 'The Mahatma Letters to A.P. Sinnett from the Mahatmas M. and K.H.'), Paris, librairie Adyar, 1970, xxxvii + 607 p. [M = Morya ; K.H. = Koot Hoomi]
  • Dutta, Krishna and Andrew Robinson. Rabindranath Tagore: An Anthology. Picador/Macmillan: London, 1997.
  • Leadbeater, Invisible Helpers, 1896. (Théosophie)
  • Krishnamurti, Au pied des Maîtres 1910, trad., Editions Adyar. Son initiation par le Maître Koot Hoomi).
  • Peter Washingtton, La saga théosophique. De Blavatsky à Krishnamurti (1993), Chambéry, Éditions Exergue, 1999.

Liens externes[modifier | modifier le code]