Sjenica

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Sjenica
Сјеница
Blason de Sjenica
Héraldique
Mosquée à Sjenica
Mosquée à Sjenica
Administration
Pays Serbie Serbie
Province Serbie centrale
Région Raška/Sandjak de Novipazar
District Zlatibor
Municipalité Sjenica
Code postal 36 310
Démographie
Population 13 056 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 43° 16′ 23″ N 19° 59′ 58″ E / 43.2731, 19.999443° 16′ 23″ Nord 19° 59′ 58″ Est / 43.2731, 19.9994  
Altitude 1 026 m
Localisation

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Sjenica

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Sjenica
Municipalité de Sjenica
Administration
Maire
Mandat
Hazbo Mujović (SDA)
2012-2016
Démographie
Population 25 248 hab. (2011)
Densité 24 hab./km2
Géographie
Superficie 105 900 ha = 1 059 km2
Liens
Site web Site officiel

Sjenica (en serbe cyrillique : Сјеница) est une ville et une municipalité de Serbie situées dans le district de Zlatibor. Au recensement de 2011, la ville comptait 13 056 habitants et la municipalité dont elle est le centre 25 248 habitants[1].

Sjenica est située dans la région de la Raška, que les Musulmans appellent également Sandžak.

Géographie[modifier | modifier le code]

Sjenica est située au sud-ouest de la Serbie, dans la région de la Raška. Dans les environs se trouvent les monts Jadovnik (1 732 m) et Zlatar (1 627 m) au nord-ouest, Ozren (1 693 m) et Giljeva (1 499 m) au sud-ouest et au sud, Jarut (1 428 m) et Ninaja (1 362 m), respectivement au sud-est et à l'est, Javor (1 519 m) et Golija (1 833 m) au nord. Tous ces sommets, à l'exception des monts Javor et Golija, constituent la partie la plus orientale des Alpes dinariques et appartiennent à la chaîne du Zlatar. Au sud de la municipalité se trouve le plateau de Pešter, qui se trouve entre 900 et 1 200 m d'altitude[2].

Sjenica est située à proximité du confluent de l'Uvac et de la Vapa[2].

La municipalité est entourée par celle de Tutin et par le territoire de la Ville de Novi Pazar à l'est, par la municipalité d'Ivanjica au nord et par celles de Nova Varoš et Prijepolje à l'ouest. Au sud, elle est bordée par la frontière entre le Monténégro et la Serbie[3].

Climat[modifier | modifier le code]

Depuis 1925, le climat de la région est observé par la station météorologique de Sjenica, située à 1 038 m d'altitude, coordonnées 43° 17′ N 20° 00′ E / 43.283, 20[4]. Pour la période 1961-1990, la température moyenne annuelle était de 6,1 °C[5] et de 6,9 °C pour la période 1991-août 2008[6]. Selon les relevés de cette station, dans la période 1961-1990, le mois le plus froid de l'année a été le mois de janvier, avec une température moyenne annuelle de -5 °C, et le mois le plus chaud juillet, avec une moyenne de 15,3 °C[5]. Pour la période 1991-2008, le mois le plus froid de l'année a été le mois de janvier, avec une température moyenne annuelle de -3,6 °C et le mois le plus chaud celui de juillet, avec une température moyenne annuelle de 16,8 °C[6]. La température la plus basse jamais enregistrée à la station a été de -38 °C, le 26 janvier 1954, et la température la plus élevée a été de 35,6 °C, le 20 août 1946[4]. Le plateau de Pešter, au sud du Zlatar, est connu pour son microclimat, particulièrement rude pendant les mois d'hiver, qui lui vaut son surnom de « Sibérie des Balkans »[7]. La température la plus basse jamais mesurée en Serbie, -39,5 °C, y a été enregistrée le 13 janvier 1985, au village de Karajukića Bunari[8].

Pour la période 1961-1990, la moyenne annuelle des précipitations était de 712,6 mm[5] ; elle a été de 607 mm entre 1991 et 1997[6]. Le jour le plus pluvieux fut le 17 juin 1999, avec 66,4 mm enregistrés en une seule journée[4]. Entre 1961 et 1990, on comptait une moyenne de 60 jours avec des chutes de neige et, en tout, 101 jours d'enneigement par an[5] ; entre le 27 janvier et le 4 février 1947, a été atteint le record d'enneigement, avec une couverture de 76 cm. Sur la même période, Sjenica comptait également 93 jours de brouillard et 153 jours d'ensoleillement (moins de 0,1 mm de pluie)[5].

Nuvola apps kweather.png  Relevés à la station météorologique de Sjenica (1 038 m)
Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures moyennes 1961-1990 (°C)[5] -5 -2,7 1,3 6,1 10,9 13,7 15,3 15,0 11,7 7,0 2,3 -2,6 6,1
Températures moyennes 1991-août 2008 (°C)[6] -3,6 -2,5 2,0 6,5 11,6 15,2 16,8 16,7 12,0 7,8 2,7 -2,5 6,9
Précipitations moyennes 1961-1990 (°C)[5] 49,7 38,2 38,6 48,7 73,9 85,2 68,5 67,3 59,9 57,2 71,5 53,9 712,6
Précipitations moyennes 1991-2007 (mm)[6] 31,7 36,2 36,4 51,0 54,3 64,1 61,7 51,9 69,0 51,6 54,5 44,6 607

Histoire[modifier | modifier le code]

Sjenica est mentionnée pour la première fois en 1253, comme une étape et un péage sur une route empruntée par les marchands de Dubrovnik. À cette époque, la ville faisait partie de l'État médiéval serbe de Rascie. En 1455, le sultan Mehmed II « le Conquérant », qui venait également de prendre Constantinople, signa un traité avec le despote serbe Đurađ Branković. Aux termes de cet accord, l'ancienne Rascie (Raška) devint officiellement une terre ottomane[9] et Sjenica fut intégrée au Sandjak de Novipazar, une subdivision de l'Empire turc. Les Ottomans y édifièrent une forteresse (aujourd'hui détruite) et, autour des fortications, une čaršija, un quartier turc, y fut construite, avec des magasins et des maisons d'habitation en bois. Aux XVIe et XVIIe siècles, Sjenica fut une ville commerçante située sur la route de Dubrovnik à Novi Pazar.

Au début du XIXe siècle, les Serbes se soulevèrent contre les Ottomans. Le chef de la rébellion, Karađorđe (Karageorges ou « Georges le noir », s'empara de la ville en 1809 mais il dut abandonner le Sandjak et se replier en Šumadija (Choumadie) et Sjenica resta sous contrôle ottoman. La ville ne fut reprise par les Serbes qu'au cours de la Première Guerre balkanique, le 10 octobre 1912[réf. nécessaire].

Occupée par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, Sjenica fut libérée le 9 janvier 1945.

Localités de la municipalité de Sjenica[modifier | modifier le code]

Localisation de la municipalité de Sjenica en Serbie

La municipalité de Sjenica compte 101 localités :

Sjenica est officiellement classée parmi les « localités urbaines » (en serbe : градско насеље et gradsko naselje) ; toutes les autres localités sont considérées comme des « villages » (село/selo).

Démographie[modifier | modifier le code]

Ville[modifier | modifier le code]

Évolution historique de la population dans la ville[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1948 1953 1961 1971 1981 1991 2002 2011
3 805 4 478 5 124 8 552 11 136 14 445 13 161[10] 13 056[1]


Pyramide des âges (2002)[modifier | modifier le code]

Répartition de la population par nationalités dans la ville (2002)[modifier | modifier le code]

Municipalité[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges (2002)[modifier | modifier le code]

Répartition de la population par nationalités dans la municipalité (2002)[modifier | modifier le code]

Les localités à majorité de peuplement serbe sont les suivantes : Bagačiće, Bačija, Blato, Boguti, Božov Potok, Boljare, Boroviće, Brnjica, Buđevo, Veskoviće, Visočka, Višnjeva, Višnjice, Vrapci, Vrbnica, Gornje Lopiže, Goševo, Gradac, Grgaje, Donje Goračiće, Donje Lopiže, Dragojloviće, Družiniće, Zahumsko, Jezero, Kalipolje, Kneževac, Kokošiće, Krajinoviće, Krivaja, Krstac, Lijeva Reka, Milići, Plana, Pralja, Raspoganče, Skradnik, Strajiniće, Stup, Sušica, Trešnjevica, Tutiće, Uvac, Ušak, Crvsko, Crčevo, Čedovo, Štavalj et Šušure.

D'autres localités sont à majorité de peuplement bosniaque : Aliveroviće, Bioc, Borišiće, Breza, Vapa, Vrsjenice, Goluban, Grabovica, Doliće, Draževiće, Dubnica, Duga Poljana, Dujke, Dunišiće, Žabren, Žitniće, Zabrđe, Zaječiće, Jevik, Kamešnica, Kanjevina, Karajukića Bunari, Kijevci, Kladnica, Koznik, Krnja Jela, Krće, Ljutaje, Mašoviće, Medare, Međugor, Papiće, Petrovo Polje, Ponorac, Raždaginja, Rasno, Rastenoviće, Raškoviće, Sjenica, Sugubine, Trijebine, Tuzinje, Ugao, Ursule, Fijulj, Caričina, Cetanoviće, Čipalje, Čitluk et Šare.

Trois localités sont majoritairement peuplées de Musulmans (nationalité) : Bare, Borišiće et Poda.

Religion[modifier | modifier le code]

Sur le plan religieux, la municipalité de Sjenica est aux trois quarts peuplée de Musulmans. Les Serbes orthodoxes, qui représentent une forte minorité religieuse de la municipalité, relèvent de l'éparchie de Mileševa (en serbe cyrillique : Епархија милешевска ; en serbe latin : Eparhija mileševska), qui a son siège au monastère de Mileševa.

Religion Nombre %
Musulmans 21 149 75,61
Orthodoxes 6 510 23,27
Catholiques 7 0,03
Athées 7 0,03
Protestants 3 0,01
Religions orientales 0 0,00
Juifs 0 0,00
Autres[14]

Politique[modifier | modifier le code]

À la suite des élections locales serbes de 2008, la coalition de la Liste bosniaque pour un Sandžak européen (en serbe : Bošnjačka lista za evropski Sandžak), conduite par Nusret Nuhović, a remporté 14 des 39 sièges à l'Assemblée municipale. Nusret Nuhović, membre du Parti d'action démocratique du Sandžak (SDA) de Sulejman Ugljanin, a été élu président de la municipalité de Sjenica (en serbe : predsednik opštine Sjenica)[15]. Outre la Liste bosniaque pour un Sandžak européen, sa majorité est constituée par la Ligue pour Sjenica et G17 Plus, la liste Dosta je (« C'est assez ! ») et par la Liste unique (Jedinstvena lista)[15].

Économie[modifier | modifier le code]

Le plateau de Pešter est une zone importante zone d'élevage ovin et bovin ; on y produit un fromage réputé, le Fromage de Sjenica (en serbe : Sjenički sir)[16].

Les sociétés les plus importantes de Sjenica, sont l'usine de vêtement Vesna, la mine de charbon de Štavalj et le combinat agro-forestier Pešter, spécialisé dans la productions agricole et l'élevage, ainsi que dans le commerce des produits agricoles.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Sjenica possède un bon potentiel touristique. La ville est située dans la chaîne du Zlatar, qui offre des possibilités aux amateurs d'espaces naturels (randonnée), aux chasseurs et aux pêcheurs. Les monts Golija, quant à eux, situés à proximité, ont été déclarés Réserve de biosphère, dans le cadre du programme sur l'homme et la biosphère de l'UNESCO[17]. Trois sites classés au Patrimoine mondial de l'humanité sont situés non loin de la municipalité : le monastère de Studenica[18] (monts Golija), le monastère de Sopoćani et la ville médiévale de Stari Ras[19] (près de Novi Pazar).

Coopération internationale[modifier | modifier le code]

Sjenica a signé des accords de partenariat avec les villes suivantes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (sr)(en)[PDF] « Recensement de la population, des ménages et des logements dans la République de Serbie 2011 », sur http://webrzs.stat.gov.rs, Site de l'Institut de statistiques de la République de Serbie,‎ 10 novembre 2011 (consulté le 6 avril 2013)
  2. a et b (sr)(en) Serbia and Montenegro road map (ISBN 963 00 8053 2)
  3. (sr) « Site de la Conférence permanente des villes et des municipalités de Serbie » (consulté le 4 février 2011)
  4. a, b et c (en) « Sjenica (founded in 1925) », sur http://www.hidmet.gov.rs, Site de l'Office hyrdrométéorologique de la République de Serbie (consulté le 4 février 2011)
  5. a, b, c, d, e, f et g (sr) « Monthly and annual means, maximum and minimum values of meteorological elements for the period 1961 - 1990 », sur http://www.hidmet.gov.rs, Site de l'Office hyrdrométéorologique de la République de Serbie (consulté le 4 février 2011)
  6. a, b, c, d et e (en) « Historical Weather : Sjenica, Serbia and Montenegro », sur http://www.tutiempo.net (consulté le 4 février 2011)
  7. (en)[PDF] « Peštersko polje », sur http://www.wetlands.org/reports/ris/3RS006_RIS2006.pdf, Wetlands International,‎ 2006 (consulté le 4 février 2011)
  8. (sr)(en) « Temperature regime in Serbia », sur http://www.hidmet.gov.rs, Site de l'Office hyrdrométéorologique de la République de Serbie (consulté le 4 février 2011)
  9. (fr) Dušan T. Bataković, Histoire du peuple serbe, L'Âge d'Homme, 2005, p. 85 (ISBN 2-8251-1958-X)
  10. (sr) Livre 9, Population, analyse comparative de la population en 1948, 1953, 1961, 1971, 1981, 1991 et 2002, données par localités, Institut de statistique de la République de Serbie, Belgrade, mai 2004 (ISBN 86-84433-14-9)
  11. (sr) Livre 2, Population, sexe et âge, données par localités, Institut de statistique de la République de Serbie, Belgrade, février 2003 (ISBN 86-84433-01-7)
  12. (sr) Livre 1, Population, origine nationale ou ethnique, données par localités, Institut de statistique de la République de Serbie, Belgrade, février 2003 (ISBN 86-84433-00-9)
  13. a et b (en)[PDF] « Population par nationalités ou groupes ethniques, par sexe et par âge dans les municipalités de la République de Serbie », Institut de statistique de la République de Serbie, Belgrade,‎ 24 décembre 2002 (consulté le 11 février 2010)
  14. (en)[PDF] « Langues et religions », sur http://webrzs.stat.gov.rs, Site de l'Office national de statistique de la République de Serbie (consulté le 4 février 2011)
  15. a et b (sr) « Intervju: Nusret Nuhović, predsednik opštine Sjenica », sur http://sjenica.com (consulté le 17 novembre 2008)
  16. (sr) « Sjenički sir, sudžuk i jagnje u užem izboru », sur http://www.sandzakinfo.net, Sandžačke Internet Novine,‎ 27 mai 2010 (consulté le 6 février 2011)
  17. (en) « Golija-Studenica », sur http://www.unesco.org, Site de l'UNESCO (consulté le 6 février 2011)
  18. (fr) « Monastère de Studenica », sur http://whc.unesco.org, Site de l'UNESCO (consulté le 6 février 2011)
  19. (fr) « Vieux Ras avec Sopoćani », sur http://whc.unesco.org, Site de l'UNESCO (consulté le 6 février 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]