Sous le ciel de Paris (film)

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Sous le ciel de Paris

Description de cette image, également commentée ci-après

La Seine à Paris

Réalisation Julien Duvivier
Scénario Julien Duvivier
Acteurs principaux
Sociétés de production Regina Films
Filmsonor
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Sortie 1951
Durée 105 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Sous le ciel de Paris est un film français réalisé par Julien Duvivier, sorti en 1951.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Sous le ciel de Paris, durant une journée, nous assistons aux grands et petits événements qui se produisent dans la vie de quelques personnes dont les destins vont s'entremêler. Ainsi, une pauvre vieille demoiselle, après avoir cherché, en vain, toute la journée de quoi nourrir ses chats, reçoit la récompense inespérée d’une mère qui, grâce à elle, a retrouvé le soir sa petite fille égarée depuis le matin. Une jeune fille, rêvant au grand amour, refuse celui de son ami d’enfance pour finir sous les coups de couteau d’un sculpteur sadique. Ce dernier est abattu par un policier qui a accidentellement blessé un ouvrier qui rentrait chez lui après l'heureuse issue d'un mouvement de grève. Hospitalisé d'urgence, le blessé est sauvé grâce à la première opération à cœur ouvert pratiquée par un jeune chirurgien qui vient d'être recalé à son examen d'internat… Sous le ciel de Paris, tout finit comme le dit la chanson :

Mais le ciel de Paris
N'est pas longtemps cruel
Pour se faire pardonner
Il offre un arc-en-ciel…

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Répliques[modifier | modifier le code]

Mathias, le sculpteur fou, qui danse avec Mado au bal en croyant faire la rencontre romantique de sa vie, ne distinguant pas que c’est une prostituée :
— Mathias : Voilà ce qui me plaît en vous, c’est cette sorte de poésie brutale…
— Mado : Mais je suis pas brutale, j’en ai peut-être l’air mais je ne le suis pas, au contraire…
— Mathias : Vous voulez rester avec moi, ce soir ?
— Mado : Pourquoi pas, si vous y mettez le prix…
— Mathias (tombant des nues en réalisant qui elle est) : Ce qui me gêne, c’est pas tellement que vous fassiez ce métier, mais c’est la manière dont vous le faites, qui est ignoble !
— Mado : Non, mais dites-donc vous, c’est pas parce que vous êtes fauché qu’il faut engueuler le monde ! Il râle parce que je lui ai dit qu’il avait une mauvaise mine, mais si j’avais pas été polie, j’y aurais dit qu’il avait une sale gueule ! Non, mais tu te rends compte, j’y en foutrais, moi, de la poésie brutale !

Thèmes et contexte[modifier | modifier le code]

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Le film foisonne d’idées et d’innovations. Montrant les multiples facettes de la capitale et recourant à une multitude d’expressions filmiques, Julien Duvivier provoque un flot d’images. Les commentaires écrits par Henri Jeanson et dits par François Périer en voix off servent de fil rouge en même temps que l'on entend tourner la roue du Destin avec le bruit de celui de la roulette des jeux de hasard. Ces chroniques urbaines, tantôt poétiques, humoristiques, lyriques, gouailleuses et acerbes,lient les multiples aspects de la Ville lumière. Duvivier va du reportage artistique (Christian Dior, la haute couture, la mode) jusqu’au documentaire social et médical (l’occupation de l’usine par les ouvriers, la vie à l’Hôtel-Dieu) en passant par la narration fictive. En même temps, il utilise différents styles esthétiques : images lumineuses pour les scènes au Palais de Chaillot, aux Tuileries, sur la Seine et ses quais, grisaille pour les séquences ouvrières, clair-obscur pour les séquences nocturnes. Le spectateur est abasourdi par la virtuosité et l’avant-gardisme de Duvivier qui a tout inventé bien avant la Nouvelle Vague. Le film se déroule presque totalement en extérieurs. Caméra au poing, 26 ans avant Claude Lelouch (C'était un rendez-vous, 1976), le réalisateur déboule à toute vitesse en voiture écartant devant elle la circulation (fluide à l'époque) des rues pour rallier l’hôpital en temps record. On court d’un quartier à l’autre  : du Champ-de-Mars en passant par Chaillot, Mouffetard, Le Marais, les Champs-Élysées, le village (disparu) de Bercy, Ménilmontant (hommage à Charles Trenet), les Invalides, Montmartre. Mademoiselle Perrier et ses chats  : Sylvie, incarnation de la solitude en pleine ville, aussi grande que la Tour Eiffel, aussi minuscule qu’une fourmi sur l’immense esplanade des Invalides. Denise, provinciale naïve et romantique éperdue, subjuguée et finalement foudroyée par la fulgurance des beautés et des dangers de la Ville (Brigitte Auber). La fillette fugueuse et son petit copain hâbleur, vrai titi, copie conforme de Gavroche, partent à l’aventure sur la Seine suivant la thématique du Bateau ivre d’Arthur Rimbaud (poète qu'affectionnait Duvivier). Les deux gamins « voient », éblouis, avec leurs yeux innocents, les contrées invisibles et mystérieuses qui bordent le fleuve. Le cœur de l’ouvrier, symbole du cœur populaire de Paris (qui, selon Duvivier, doit survivre coûte que coûte) est amoureusement ramené à la vie par l’un des anges-gardiens de la capitale (le médecin Daniel Ivernel). La Seine, artère palpitante du corps de la Ville, draine vie (les enfants en canot) et mort (le cadavre dérivant). En même temps, Duvivier, documentariste et témoin de son temps, nous ramène à nos préoccupations écologistes actuelles  : en 1950, les Parisiens se baignent et pêchent dans la Seine. On plonge depuis les quais du Louvre, on pique-nique sur les quais rive gauche (le bistrotier Paul Frankeur et sa famille) où Duvivier filme sa séquence d’anthologie  : le chanteur Jean Bretonnière entonne avec ferveur, pour la postérité, pour la résistance du peuple de Paris, l’immortelle chanson Sous le ciel de Paris (juste avant l’apparition d’un déploiement répressif des forces de l’ordre, frais stigmates de l’occupation allemande). L’autre chanson du film est Cœur de Paris, interprétée de façon plus guindée par André Claveau, arrive en épilogue du film. Tout cela vient expliquer que c’est la chanson homonyme qui passera à la postérité et le film d’un réalisateur majeur du cinéma.

Liens externes[modifier | modifier le code]