Roland Moreno

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Roland Moreno

Description de cette image, également commentée ci-après

Roland Moreno, en mars 1996.

Naissance 11 juin 1945
Le Caire, Drapeau : Égypte Royaume d'Égypte
Décès 29 avril 2012 (à 66 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau de France Français
Profession Inventeur
Formation Autodidacte
Distinctions Officier de la Légion d'honneur (2009)
Prix Eduard Rhein (1996) en catégorie technologie

Roland Moreno, né le 11 juin 1945 au Caire et mort le 29 avril 2012 à Paris[1], est un inventeur français. Il est célèbre notamment pour avoir inventé la carte à puce en 1974.

Sommaire

Parcours professionnel [modifier]

Passionné d'électronique, il crée dans sa jeunesse différents gadgets, une machine à tirer à pile ou face, une calculatrice biaisée, ainsi que le « radoteur », système basé sur un algorithme de génération de mots nouveaux à partir d'une liste de mots issus du dictionnaire — une tentative pour automatiser la création de néologismes ou de noms de marques. Cette dernière invention est inspirée d'une idée de Claude Shannon qu'a fait connaître Léon Brillouin et que Walter Lewino utilisera dans un jeu minitel.

Dans Les Choses de la vie, le fils de Michel Piccoli, interprété par Gérard Lartigau, est inspiré de Roland Moreno[2]. Il inspire aussi l'inventeur du Love Computer dans Les sous-doués en vacances (1982) de Claude Zidi. Roland Moreno est par ailleurs crédité au générique des films Les parapluies de Cherbourg et Les demoiselles de Rochefort depuis leur remasterisation en 32 bits (1999) par Agnès Varda[3].

Il est successivement :

Innovatron [modifier]

En mars 1972, il crée l'association Innovatron puis, dès juillet, une société de même nom, « pour vendre des idées ». L'entreprise commercialise à partir de 1975 des noms de marques ou de produits, conçus pour des sociétés à l'aide du Radoteur et de quelques retouches humaines. Depuis un quart de siècle, le Radoteur est exploité commercialement (sous licence) par la société NOMEN créée par Marcel Botton (voir onomastique).

Publications [modifier]

Roland Moreno publie en 1990 La Théorie du bordel ambiant (éd. Belfond), ensemble de réflexions sur le monde. On y trouve la séquence algorithmique complète du Radoteur dont plusieurs versions[notes 1] sont réalisées et publiées. Ce livre est suivi de quatre rééditions, dont celle enrichie d’un 14e chapitre, publiée par l’Archipel en 2002[notes 2]. La même année, et chez le même éditeur, il publie Carte à puce : l’histoire secrète, puis en 2011 Victoire du bordel ambiant.

Carte à puce [modifier]

Carte SIM livrée au format carte de crédit. La partie centrale se détache pour pouvoir être insérée dans les téléphones.
Carte à puce utilisée pour le remboursement des soins de santé en France (carte Vitale).
Les informations et images sur la carte sont volontairement erronés

En mars 1974, il dépose le brevet de base de la carte à puce qu'il présente sous forme d'une bague ; six mois plus tard, il crée la société Innovatron dont l’objectif est l’exploitation du brevet de base du 25 mars 1974. La paternité de cette invention lui est contestée et revendiquée par Daniel Vesque[5], ingénieur à l’époque au Centre national d'études des télécommunications (CNET). La société créée élargit peu de temps après la protection industrielle par le dépôt de plusieurs certificats d’addition et brevets qui s’appuient sur le brevet de base et le réaxe — il n’est alors plus question de bague mais d'objet portatif —, et par des dépôts dans onze pays. Ces brevets, et en premier lieu le brevet de base (revendications nos 1, 2, 8, 13 et 20), décrivent un objet portable à mémoire revendiquant des moyens inhibiteurs (assurant la protection des données stockées) associés à « un comparateur avec un compteur d’erreurs » (combinaison utilisée typiquement pour l'évaluation du code secret associé à la carte)[6]. Un rôle particulièrement méritoire a été celui du rédacteur de ces brevets Jean Moulin[7].

Parmi les applications de la carte à puce, on peut citer la carte téléphonique, la carte de crédit bancaire, la carte Vitale, la carte SIM des téléphones portables, ou encore la carte Moneo. L'invention est par ailleurs réutilisée à travers les puces lisibles à distance comme celle que contient la carte Navigo pour les transports publics parisiens, créée initialement par Innovatron lors d'un partenariat avec la RATP. Voir l'article[8] carte à puce.

Aujourd'hui, la société Innovatron a pour activité la vente de licences liées à la technologie des badges, cartes et tickets sans contact.

Suite aux travaux de Serge Humpich et de l'affaire des yes-cards, Moreno propose le 14 mars 2000 une prime d'un million de Francs[9] à quiconque parviendrait dans un délai de trois mois, par n'importe quel moyen logique, à écrire un bit dans la zone préservée par le brevet « Inhibiteur » du 17 mars 1975 et à lire un bit dans la zone préservée par la combinaison des brevets « Comparateur » et « Compteur d'erreurs ». Sans réponse le 16 juin 2000, Roland Moreno publie sa victoire.

Célimènes [modifier]

Moreno réalise en janvier 2001 le premier prototype de Célimène[10], ce qu'il appellera plus tard de la « musique augmentée » en référence au « livre augmenté » d'iGutenberg[11]. Cette invention superpose la mélodie d'une musique avec le texte d'une pièce de théâtre, d'un poème, d'une chanson. L'arrangeur Sylvain Robert parvient à fusionner de très grandes pages musicales (Bach, Ravel, Beethoven, Albeniz) avec des textes de Molière, Brassens et Vian.

La première réalisation, Prélude de la VIe suite pour violoncelle seul, est suivie par le prélude n° 3 du Clavecin bien tempéré (1er livre) et le premier mouvement du 5e des Concertos Brandebourgeois. La grande tirade de Célimène dans Le Misanthrope de Molière vient se superposer à la mélodie de chacun de ces morceaux. Cette superposition est possible grâce notamment à l'écriture en alexandrin du Misanthrope et de la composition des musiques avec des phrases de quatre mesures à trois temps. Dans les réalisations qui suivent, le Boléro de Ravel et l'Hymne à la joie (Symphonie n° 9 de Beethoven - 4e mouvement) se distinguent pour les musiques[12], Georges Brassens et Jacques Brel pour les textes.

Vie personnelle [modifier]

Roland Moreno
en novembre 2010

Né le 11 juin 1945 au Caire, fils de Charles Moreno et Fernande Bahbout, il fréquente les lycées Montaigne et Condorcet à Paris[13]. Après son baccalauréat, il abandonne la fac[14]. Le 31 décembre 1976 (à 31 ans), il épouse Stephany Stolin avec qui il a deux enfants. En 2008, il est victime d'une première embolie pulmonaire[15]. À sa mort, le 29 avril 2012 (à 66 ans), il était divorcé.

Patrimoine [modifier]

Une puce de radio-identification EPC utilisée par Wal-Mart

L'invention de la carte à puce, avant qu'elle ne tombe dans le domaine public en 1998, lui a rapporté 150 millions € . Depuis il vivait grâce aux excédents de trésorerie[16].

En 2002, il a revendu ses parts de la société Gemplus, le fabricant français de carte à puce. Mais il est resté à la tête de sa société Innovatron, qui continue à percevoir des droits sur les cartes sans contact comme celle du pass Navigo. Un procédé nommé RFID basé sur la transmission radio de données qu'Innovatron avait développé avec la RATP.

Vidéo [modifier]

Un reportage sur Roland Moreno fut diffusé en 1968[17].

Roland Moreno par lui-même [modifier]

Pour expliquer sa géniale invention, il expliquait au quotidien France Soir en 2006 : « J'ai trouvé la solution dans mon sommeil en rêvant. En vérité, je suis un gros paresseux et j'ai une très faible productivité ». « Je suis jaloux, très dépensier, totalement sédentaire et distrait. J'ai indiscutablement un côté professeur Nimbus ».

Distinctions [modifier]

Inventions [modifier]

  • Carte à puce, dont le brevet de base a été déposé par Roland Moreno le 25 mars 1974.
  • Le Radoteur, 1975.
  • Les Célimènes, 2003.

Publications [modifier]

Ouvrages préfacés [modifier]

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Windows et Macintosh
  2. Deux cent dix mille exemplaires vendus

Références [modifier]

  1. Florian Loisy, « Décès de Roland Moreno, l'inventeur de la carte à puce », sur http://www.leparisien.fr, Le Parisien, 29 avril 2012. Mis en ligne le 29 avril 2012, consulté le 29 avril 2012.
  2. Tirade de l'oiseau
  3. Production Tamaris Demy/Varda. Voir aussi Internet Movie Data Base IMDB.
  4. biographie sur biobble.
  5. Pascal Colombani, Le Dossier noir des cartes bancaires, 2001 (ISBN 2-912362-56-3).
  6. Publication officielle des cinq brevets où sont décrits en 1975 les brevets inhibiteurs du plus simple au plus élaboré, notamment le pilier dont les circuits furent reproduits explicitement sur une carte téléphone en guise de défi aux experts-amateurs.
  7. Jean Moulin selon Louis Guillou, « Histoire de la carte à puce du point de vue d’un cryptologue », dans Actes du Septième Colloque sur l’Histoire de l’Informatique, 16-18 novembre 2004, p. 126.
  8. [PDF] Et enseignements de référence (notamment Arts & Métiers).
  9. Expliquez-vous Roland Moreno Inventeur de la carte à puce, PDG de la société Innovatron, L'Humanité, 17 Mars 2000
  10. Application dont Apple fait la promotion type 1901 sans but commercial.
  11. « livre augmenté » introduit en 2009 par iGutenberg.
  12. Résumé disponible . Podcast toutes plates-formes (feed XML)
  13. Biobble - e-portait & postérité, « Roland Moreno ». Consulté le 1er mai 2012
  14. biographie sur le site factibus.
  15. L'inventeur de la carte à puce est mort, Le Figaro, 29 avril 2012.
  16. Roland Moreno, l'inventeur de la carte à puce, disparaît, Le Figaro, 29 avril 2012
  17. (fr) [vidéo] « Roland Moreno, Matapof AVANT la carte à puce » sur YouTube.
  18. Stagora.com/news - © DR, « Mort de Roland Moreno : La carte à puce en deuil ». Consulté le 1er mai 2012
  19. [lire en ligne]

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]