Philippe Bilger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bilger.

Philippe Bilger

Naissance 31 août 1943 (70 ans)
Metz
Nationalité française
Profession Magistrat
Activité principale Avocat général
Autres activités
Directeur de l'Institut de la parole

Philippe Bilger, né le 31 août 1943 à Metz[1], est un magistrat français. Juge d'instruction, puis avocat général, il est resté au service de la justice pendant près de quarante années, connu surtout pour avoir été en charge du service de la Cour d'assises au sein de la Cour d'appel de Paris. Il est l'auteur de nombreux ouvrages[2]

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Joseph Bilger, un autonomiste Alsacien-Lorrain, Philippe Bilger naît à Metz, pendant la seconde annexion allemande. Il est scolarisé, après la guerre, dans l'établissement scolaire Saint-Louis à Montargis[3]. Il débute sa carrière dans la magistrature en 1970. La condamnation de son père, Joseph Bilger, à dix ans de travaux forcés pour faits de collaboration[4] reste, pour Philippe Bilger, une injustice qui n'a pas été sans incidence sur le choix de sa carrière de magistrat et sur sa manière d'exercer sa fonction[5].

Philippe Bilger est remarié avec une journaliste[6] et a six enfants.

Les frères de Philippe Bilger, François et Pierre, ont été respectivement économiste et capitaine d'industrie.

Carrière judiciaire[modifier | modifier le code]

Juge d'instruction à Lille en 1972, substitut à Bobigny en 1976 puis à Paris en 1982, il y poursuit sa carrière, à partir de 1999, comme avocat général hors hiérarchie[1],[7].

Philippe Bilger représente l'accusation notamment aux procès de Christian Didier, François Besse, Bob Denard et Émile Louis[6].

En 2004, il est avocat général au procès de Maxime Brunerie, qui a essayé de tuer Jacques Chirac. Dans son réquisitoire il décrit alors, en ce qui concernerait l'accusé, un « désir de lustre étincelant effaçant une vie de grisaille » ; le verdict dépasse ses réquisitions[8]. Maxime Brunerie, à sa sortie de prison, lui propose de préfacer son livre ; Philippe Bilger refuse[9].

En 2006, au procès d'Hélène Castel, il requiert et obtient que l'accusée, quinze ans après les faits et repentante, soit condamnée à une peine dimensionnée de manière à ce qu'elle soit libérée à l'issue du procès[10].

En 2009, Philippe Bilger représente le ministère public au procès relatif à l'affaire « du gang des barbares ». Ses réquisitions sont dans l'ensemble suivies par la cour, notamment en condamnant le principal accusé à la peine maximale, et il déclare que « les débats et l’arrêt rendu ont été exemplaires »[11],[12]. N'ayant pas demandé cette peine maximale pour certains complices, il est attaqué pour son traitement de cette affaire par Bernard-Henri Lévy et par l'avocat des parties civiles Francis Szpiner[13].

Le 1er septembre 2009, Philippe Bilger est admis à la retraite et maintenu en activité comme substitut général[14], et ce jusqu'au 1er septembre 2012[15],[16]. Le 3 octobre 2011, il quitte la magistrature et rejoint le Cabinet D'Alverny Demont et Associés en qualité de conseiller spécial jusqu'en décembre 2012. Il préside depuis l'Institut de la Parole qui dispense des formations pour l’amélioration de la communication orale[17],[18],[19].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Comme Gilbert Thiel, Philippe Bilger intervient régulièrement sur des sujets politiques ou de justice, dans les médias ou sur son blog[20]. Homme de conviction, il n'hésite pas à faire entendre sa voix, au risque de se faire des ennemis[21].

Présenté comme de droite, se définissant comme « réactionnaire »[22], Philippe Bilger défend les peines plancher, ou, du moins initialement, la suppression du juge d'instruction. S'agissant de cette dernière réforme, il indique qu'à ses yeux elle devrait être assortie d'une réelle indépendance structurelle du parquet, estimant que cette réforme permettrait de « sortir d'une justice d'autorité pour entrer dans une justice de contradiction et d'explication »[23].

Estimant qu'il a « pr[is] [s]es désirs pour des réalités », il finit par revenir sur cet optimisme[24], comme sur la politique de Nicolas Sarkozy : il joint sa voix aux protestations de la magistrature du début 2011[25].

Sa défense de la liberté d'expression l'a notamment conduit à s'opposer à la loi Gayssot et à soutenir Éric Zemmour avant son procès pour diffamation raciale et appels à la discrimination et à la haine raciale[26],[27].

Publications[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Philippe Bilger est chevalier de la Légion d'honneur[1].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Annuaire de la magistrature, DSJ.
  2. Notice d'autorité sur bnf.fr/
  3. Association des anciens élèves de l'école Saint-Louis de Montargis.
  4. « Joseph Bilger avait pris le risque d'un dialogue dangereux avec l'occupant ».
  5. "20 minutes pour la mort, Robert Brasillach : le procès expédié", de Philippe Bilger : Bilger rejuge Brasillach (lemonde.fr), article du 07 février 2011 (consulté le 5 mars 2014).
  6. a et b Anne-Sophie Lechevallier, « Philippe Bilger, torero dans l’arène », Paris Match, 21 août 2009 [1].
  7. Décret du 20 juillet 1999.
  8. Patricia Turancheau, « Brunerie condamné à dix ans de réclusion », Libération, 11 décembre 2004 [2].
  9. François Bayrou ne veut pas de Maxime Brunerie, 29 juillet 2011.
  10. « Procès exemplaire » Jacqueline Remy, L'Express, 12 janvier 2006.
  11. Vanessa Ratignier, « Pas en mon nom », Libération, 3 août 2009 [3].
  12. Éditorial du Monde, 14 juillet 2009 [4].
  13. Francis Szpiner et moi devons-nous être poursuivis disciplinairement ? maitre-eolas.fr, 1er août 2009.
  14. Arrêté du 27 mars 2009.
  15. Conformément aux dispositions de la loi organique no 88-23 du 7 janvier 1988, article premier.
  16. Par arrêté du 10 février 2011, il est admis à cesser ses fonctions à compter du 1er octobre 2011.
  17. Site de l'Institut de la Parole.
  18. Le Nouvel Observateur, 25 mars 2011.
  19. Sonya Faure, « Au revoir, monsieur l’avocat général », Libération, 17 septembre 2011.
  20. Justice au singulier sur philippebilger.com
  21. "Petits meurtres entre amis" sur lejdd.fr
  22. Entretien avec Philippe Bilger sur LePost [5].
  23. a et b « Interview de Philippe Bilger, avocat général près la cour d'appel de Paris, par François Sionneau », NouvelObs.com, 13 octobre 2010.
  24. « Le juge d'instruction est-il sauvé ? ».
  25. « Une France qui se paie de maux ».
  26. Philippe Bilger : « Brasillach a été condamné à mort uniquement pour ce qu'il avait écrit », Enquête & Débat (enquete-debat.fr), 8 janvier 2010
  27. Affaire Zemmour : Bilger convoqué par le procureur général, lemonde.fr, 25 mars 2010