François Besse

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François Besse, né le 25 juillet 1944 à Bordeaux au 9 rue Emile Duployé, est un ancien truand français, surnommé le « roi de l'évasion » ou « l'anguille » pour ses six évasions[1]. Il a été l'associé de Jacques Mesrine durant un an à la fin des années 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après quelques vols sans importance, il est accusé de préparer un vol en 1971 ce qui lui vaut sept ans d'emprisonnement à la prison de Gradignan. Il s'en évadera le 9 mai 1971. Après avoir brisé la vitre de sa cellule, en la chauffant avec un briquet puis en jetant dessus de l'eau froide, provoquant ainsi un choc thermique, il saute du 1er étage avec une corde faite de draps. Il cambriole ensuite le drugstore d'Angoulême empochant ainsi 800 000 francs. Suite à la traque d'un autre malfrat, il se retrouve piégé et retourne en prison après avoir évité la mort de justesse. En prison il se marie et va s'évader à nouveau en passant sous un mirador en 1974. Après une cavale de vingt heures, il se fait rattraper par la police et est condamné à 15 ans de prison à Fresnes. Il s'en évade le 20 octobre 1975 en sciant les barreaux de sa cellule. Il cambriole ensuite un bureau de change et est repris puis mis au QHS de Fresnes. En 1978, il fait la connaissance d'un autre détenu, Jacques Mesrine, avec qui il se lie d'une grande amitié. En prison, tous deux vont créer un mouvement de révolte contre les QHS par l'intermédiaire du journal Libération. Au printemps 1978 Mesrine et Besse sont transférés à la prison de la santé.

Complice de Jacques Mesrine[modifier | modifier le code]

Le 8 mai 1978, grâce à un complice au sein du quartier de haute sécurité (gardien ou avocat) qui a introduit des armes dans le parloir, Mesrine et François Besse parviennent à neutraliser leurs surveillants, escalader le mur d'enceinte et s'évader de cette prison pourtant réputée inviolable. Ils laissent derrière eux Carman Rives, un codétenu abattu par la police. L'association des deux hommes permet de réaliser plusieurs coups dans les semaines qui suivent comme le braquage du casino de Deauville, le 26 mai 1978, (80 000 francs de butin)[réf. nécessaire] ou la prise d’otages de la famille d’un banquier de la Société générale (450 000 francs)[2]. Après une année passée ensemble, ils se séparent cependant suite à la tentative d'assassinat du président de la cour d'assises Charles Petit que Mesrine souhaite entreprendre, mais à laquelle Besse ne participe pas. Mesrine la fera sans lui.

Sur sa période passée avec Mesrine, Besse déclare : « Il voulait se venger, je ne voulais pas ». Mesrine qualifiait Besse de « moine » tandis que le côté matamore de Mesrine exaspérait François Besse.

François Besse sera repris en Belgique, mais il réussira à s'évader une fois de plus, le 26 juillet 1979. On découvrira qu'il avait une arme de poing ainsi que les clés d'une moto sous le banc des accusés.

Cavale en solo[modifier | modifier le code]

Sa nouvelle cavale le mène en Belgique, puis en France et enfin en Espagne où il sera arrêté, mais il réussit à s'évader et enlève un douanier qu'il abandonne dans un parking souterrain à Perpignan à côté du palais de justice puis prend en otage un conducteur de taxi qu'il relâchera 48 heures plus tard à Paris.

Par la suite, plusieurs braquages sont faits en France, braquages que l'on attribue à Besse, ensuite il disparaît sans laisser de trace pendant plus de 10 ans. En 1986, alors qu'il est en cavale, il fait croire à son assassinat par un membre du gang des postiches.François Besse vivra à Londres dans le quartier de Swiss Cottage en 1988/1989 se faisant passer pour un trader parisien en congé sabbatique. Il se prénommera René et sa compagne Marie-Ange se fera appeler Françoise (aussi surnommée la vecchia par son ami).Par la suite il retournera en France, notamment en Anjou et en région parisienne.Pendant quatre ans, la police le croit effectivement mort, jusqu'au jour où ses empreintes digitales sont identifiées dans le logement d'un certain Jacques. La traque reprend. Finalement, il est arrêté à Tanger au Maroc, au restaurant Le Gagarine, en novembre 1994. Pendant son incarcération il a essayé de se convertir a l'islam pour éviter son extradition, puis il est extradé vers la France le 14 février 1995. Un an et demi après son extradition le tribunal d'Angoulême le condamne à 5 ans de prison et sa compagne Marie-Ange écope de 18 mois. La cour d'assises des Charentes, le condamne alors à 8 ans, il est emprisonné à la prison de Gradignan. Il comparaît en 2002 devant la cour d’assises de Paris pour l’examen de grandes affaires criminelles datant de 1976 à 1986, pour lesquelles il avait à l'époque été condamné une fois à la peine de mort par contumace et quatre fois à la réclusion criminelle à perpétuité.

C'est un homme transformé que découvrent les juges. Évoquant son parcours, Besse s'adresse en ces termes à la cour : « Aujourd’hui, mon regard sur cette époque est sans conteste un jugement négatif. Je ne revendique rien, je ne peux être un modèle dans cette révolte, je me suis trompé ». Il ajoute avant que le jury se retire « je tiens à bien intégrer en moi le fait que j'ai pu faire du mal et que je me dois de réparer »[3]. L'avocat général, Philippe Bilger le remerciera de « mettre un terme à cette mythologie de l'assassinat libérateur » et reconnaîtra, devant les jurés, être dans une situation particulièrement difficile. Comment juger cet homme qui n'a manifestement plus rien en commun avec le criminel qu'il a été ? Y a-t-il un sens à remettre en prison celui qui s'est déjà repenti ? Philippe Bilger met en avant la gravité des faits, mais aussi leur caractère ancien et le fait que François Besse n'a pas de sang sur les mains. Il exhorte les jurés à opérer « une totale révolution intellectuelle »[3]. Il cite Paul Valéry : « la fonction la plus élémentaire de l'être humain, c'est de créer de l'avenir. C'est ce que je vous souhaite, monsieur Besse, à vous et à tous les détenus »[3]. Il demandera une peine de 13 ans de prison.

Le 12 juin 2002, François Besse écope finalement d'une peine de 8 ans, qualifiée d'indulgente, qui devait théoriquement s’achever en 2009, mais François Besse sort de prison de Saint-Maur dans l'Indre le 27 février 2006[4],[5].

Titulaire du Baccalauréat qu'il passe à 53 ans et d’un diplôme de technicien du son, il a également préparé en prison un diplôme d'études universitaires générales de philosophie[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Besse, Je suis un bandit d'honneur, Paul Legrain, 1984.
  • Mathieu Delahousse, François Besse, la métamorphose d'un lieutenant de Mesrine, Flammarion, coll. « Enquête », 2006.
  • François Besse, Le vesou chorrezien, MckProd, 2008.

Films de Fiction[modifier | modifier le code]

Films Documentaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.affaires-criminelles.com/livre_411.php
  2. http://www.youtube.com/watch?v=_UUPlpP3gEs
  3. a, b et c « La liberté intérieure de François Besse » dans Le Monde, Les grands procès. 1944-2010, p. 440
  4. « L'ex-complice de Mesrine, François Besse, remis en liberté » dans Le Figaro, 28 février 2006
  5. Liberation.fr

Lien externe[modifier | modifier le code]