Sainte-Chapelle
| Sainte-Chapelle du Palais | ||
| Présentation | ||
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| Culte | catholique romain (désaffectée depuis la Révolution) |
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| Type | sainte chapelle | |
| Rattachement | ministère de la Culture | |
| Début de la construction | 1242 | |
| Fin des travaux | 1248 | |
| Style dominant | gothique | |
| Protection | Patrimoine mondial (1991)[2] |
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| Géographie | ||
| Pays | ||
| Région | Île-de-France | |
| Département | Paris | |
| Commune | Paris | |
| Coordonnées | ||
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La Sainte-Chapelle, dite aussi Sainte-Chapelle du Palais, est une chapelle édifiée sur l’île de la Cité, à Paris, à la demande de Saint Louis afin d’abriter la Couronne d’Épines, un morceau de la Vraie Croix, ainsi que diverses autres reliques de la Passion qu’il avait acquises à partir de 1239.
Avec la Conciergerie, c’est l’un des anciens vestiges du palais de la Cité qui s’étendait sur le site couvrant l’actuel Palais de Justice. Certains décors extérieurs et intérieurs, détruits à la Révolution, sont modernes. La Sainte-Chapelle est gérée par le Centre des monuments nationaux auquel elle a été attribuée à titre de dotation par un arrêté du 2 avril 2008[3].
Desservi par la station de métro Cité, le monument accueille en moyenne, quelque 800 000 visiteurs de plus de 40 nationalités chaque année, en faisant le troisième monument géré par le Centre des monuments nationaux le plus visité après le Mont Saint-Michel et l'Arc de Triomphe.
Sommaire |
Histoire [modifier]
L'acquisition des Saintes Reliques [modifier]
En 1237, le dernier empereur latin de Constantinople Baudouin II de Courtenay arrive en France dans le cadre d'un voyage européen ayant pour but de trouver des alliés pour l'aider à affronter les Bulgares qui assiègent Constantinople[4]. Afin de financer la dépense de son empire, Baudouin met en gage la Sainte Couronne en septembre 1238, à Nicolo Quirino, un marchand vénitien proche du doge de Venise. Il est prévus que le marchand devienne propriétaire de la relique si le gage n'est pas remboursé dans les quatre mois[5].
Peu enclin à l'envoi d'une aide militaire à Baudouin, Saint Louis se montre en revanche intéressé par l'achat de la Sainte Couronne. Après une série de pourparlers afin de vérifier l'authenticité de la relique, il acquière la Sainte Couronne pour 135 000 livres tournois[4],[6], plus de la moitié du revenu annuel du domaine royal[7] qui s'élève alors à 235 285 livres[8]. Sous la conduite du dominicain André de Longjumeau, la relique prend la route de la France en 1239. Le 10 août 1239, elle fait une entrée solennelle à Villeneuve-l'Archevêque (Champagne)[9] accompagnée du roi, de son frère Robert Ier d'Artois et de leur mère Blanche de Castille. Le 18 août, elle entre à Paris et est déposée lors d'une grande cérémonie en la chapelle Saint-Nicolas du palais de la Cité[6].
Deux ans plus tard, en 1241, le roi poursuit son ambition en se portant acquéreur d'un large morceau de la Sainte Croix et de sept autres reliques dominicales, notamment le Saint Sang et la Pierre du Sépulcre. L'année suivante, ce sont des morceaux de la Sainte Lance et de la Sainte Éponge qui furent ajoutées à la Sainte Collection.
Construction de la Sainte-Chapelle [modifier]
Jusqu'à la Révolution [modifier]
Restaurations à l'époque contemporaine [modifier]
Architecture [modifier]
Généralité [modifier]
Les plans sont probablement dus à Pierre de Montreuil qui l’édifia en un temps record : de 1242 à 1248[10].
Ce bâtiment est considéré comme un chef-d’œuvre de l’art gothique, certains auteurs estimant même qu’il marque l’apogée de cet art.
Conçue comme une châsse précieuse devant mettre en valeur les reliques y étant conservées, la Sainte-Chapelle, édifiée dans le palais royal de l'île de la Cité, devait également servir de chapelle royale. Elle superpose deux chapelles : l’inférieure pour les gens du commun, la supérieure pour l’entourage du roi, selon un usage courant dans la construction des palais royaux du Moyen Âge. Dans les premiers temps, la chapelle haute n’était d’ailleurs accessible que par les galeries supérieures du palais, Saint Louis n’ayant pas fait construire d’escalier public.
Pour sa construction, Pierre de Montreuil apporta une véritable innovation technique, le chaînage métallique, très en avance pour l'époque puisqu’il ne fut redécouvert qu’au XXe siècle[11].
À l'origine, un petit bâtiment annexe avait été élevé près de l’abside. Le niveau inférieur servait de sacristie tandis que la pièce située au niveau de la chapelle haute accueillait les actes et les sceaux royaux. Cette annexe a disparu en 1777, lors de la reconstruction de la grande cour.
Au faîte de la toiture se trouve une statue de l’archange Michel.
Élévation extérieure et façade [modifier]
Chapelle basse [modifier]
La chapelle basse, dédiée à la Vierge, était accessible aux gens de service et sert de socle à la chapelle haute. Basse de plafond, bordée de piliers massifs supportant tout le poids de l'édifice, elle n’existe que pour son utilité fonctionnelle et architecturale : permettre d’alléger au maximum la construction en supportant tout le poids de la chapelle haute.
Chapelle haute [modifier]
Architecture [modifier]
Les murs de la chapelle haute sont totalement supprimés et remplacés par de larges baies laissant passer la lumière, seulement séparées par de minces faisceaux de piliers.
Vitraux [modifier]
Les vitraux représentent des scènes religieuses ; celles-ci ont été choisies en fonction de la place occupée par les personnages royaux au cours des offices, les vitraux évoquant le roi David ou le roi Salomon étant placés près du roi. Ils constituent un ensemble homogène, dont les dominantes rouge et bleue donnent à cette chapelle son éclat.
Les fenêtres de la nef, hautes de 15,35 m et larges de 4,70 m, sont divisées en quatre lancettes et surmontées d’une rose à six lobes et deux quadrilobes (éléments en forme de trèfle à quatre feuilles). Les fenêtres de l’abside, d’une hauteur de 13,45 m et d’une largeur de 2,10 m, ne comportent que deux lancettes et trois trilobes (éléments en forme de trèfle).
Les scènes des vitraux représentent : la Genèse ; l’Exode ; le livre des Nombres ; le livre de Josué ; le livre des Juges ; le livre d’Isaïe ; Jean l’Évangéliste et l’enfance du Christ ; la Passion ; la vie de saint Jean Baptiste et le livre de Daniel ; le livre d'Ézéchiel ; les livres de Jérémie et de Tobit ; les livres de Judith et de Job ; le livre d'Esther ; les livres des Rois et l’histoire des reliques de la Passion.
La rose (côté Ouest), de 9 mètres de diamètre, représente l’Apocalypse.
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Détail d’un vitrail (Musée national du Moyen Âge)
Préfiguration et postérité [modifier]
La chapelle Saint-Louis du château de Saint-Germain-en-Laye serait une préfiguration architecturale de la construction parisienne.
Entre le XIIIe et le milieu du XVIe siècle, dix Saintes-Chapelles seront construites sur le modèle de la Sainte-Chapelle de Paris. Six d'entre elles subsistent encore.
La Sainte-Chapelle de Paris et ses vitraux ont servi de modèle à l'Archbishop Quigley Preparatory Seminary de Chicago.
Gestion et tourisme [modifier]
Annexes [modifier]
Notes et références [modifier]
- Notice no PA00086001, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Classement au titre des rives de la Seine
- Arrêté du 2 avril 2008 portant attribution à titre de dotation de divers espaces dépendant d’ensembles immobiliers domaniaux, JORF no 89 du 15 avril 2008, texte no 20, NOR MCCB0805807A, sur Légifrance.
- Dillange et 1994, p. 5
- Donald M. Nicol, Byzantium and Venice: A Study in Diplomatic and Cultural Relations, Cambridge University Press, 1988, p.169
- Éditions du Patrimoine et 1999, p. 4
- Christophe MOREAU, « SAINTE-CHAPELLE DE PARIS - (repères chronologiques) », Encyclopædia Universalis en ligne, consulté le 11 mai 2013.
- Charles Petit-Dutaillis, Étude sur la vie et le règne de Louis VIII (1187-1226), Paris, 1894, p.384
- Louis XI et la couronne d'épines
- J.M. Leniaud, F. Perrot, La Sainte Chapelle, Nathan, Paris, 1991
- Valérie Sasportas, « Le sacre de la lumière à la Sainte-Chapelle », Le Figaro, 20 juin 2008, p. 37 [texte intégral].
- Centre des monuments nationaux - Rapport d'activité 2002
- Centre des monuments nationaux - Rapport d'activité 2003
- Centre des monuments nationaux - Rapport d'activité 2004
- Centre des monuments nationaux - Rapport d'activité 2005
- Centre des monuments nationaux - Rapport d'activité 2006
- Centre des monuments nationaux - Rapport d'activité 2007
- Centre des monuments nationaux - Rapport d'activité 2008
- Centre des monuments nationaux - Rapport d'activité 2009
- Centre des monuments nationaux - Rapport d'activité 2010
- Centre des monuments nationaux - Rapport d'activité 2011
Bibliographie [modifier]
- Jean-Michel Leniaud, La Sainte Chapelle, Paris, Éditions du Patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2007, 213 p.
- La Sainte Chapelle : Palais de la Cité, Paris, Éditions du Patrimoine, Centre des monuments nationaux, 1999, 64 p.
- Michel Dillange, La Sainte Chapelle, Rennes, Éditions Ouest-France, 1994, 31 p.
- Sur la restauration de l'édifice, consulter un autre ouvrage de Jean-Michel Leniaud Jean-Baptiste Lassus (1807-1857) ou le Temps retrouvé des cathédrales, Arts et Métiers graphiques, coll. « Bibliothèque de la Société française d'archéologie », Paris, 1980.
- Jannic Durand (dir.), Le trésor de la Sainte-Chapelle, RMN / Musée du Louvre, Paris, 2001.
Liens externes [modifier]
- Architecture gothique en France
- Chapelle de Paris
- Chapelle monument historique (France)
- Chapelle du Moyen Âge
- Édifice religieux du 1er arrondissement de Paris
- Île de la Cité
- Monument historique classé en 1862
- Monument historique du 1er arrondissement de Paris
- Monument médiéval de Paris
- Patrimoine mondial à Paris
- Sainte-Chapelle
- Édifice géré par le centre des monuments nationaux