Natsume Sōseki

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Natsume Sōseki

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Sōseki Natsume en 1912.

Activités Écrivain
Naissance 9 février 1867
Edo, Drapeau du Japon Japon
Décès 9 décembre 1916
Tōkyō, Drapeau du Japon Japon
Langue d'écriture Japonais

Œuvres principales

Sōseki Natsume (夏目 漱石, Natsume Sōseki?, 9 février 1867 à Edo - 9 décembre 1916 à Tokyo) est un auteur japonais de romans et de nouvelles, représentatif de la transition du Japon vers la modernité, pendant l'ère Meiji.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kinnosuke Natsume est né le 9 février 1867 dans le quartier d'Ushigome à Edo (aujourd'hui Tokyo) dans l'arrondissement actuel de Shinjuku. Sa naissance précède d'un an le début de l'ère Meiji (1868-1912), une modernisation du Japon.

Il prendra comme nom de plume, en 1888 « Sōseki » (littéralement : « se rincer la bouche avec une pierre »)[1]. Il s'agit des deux premiers caractères d'une expression chinoise des Anecdotes contemporaines et nouveaux propos de Liu Yiqing : shù dàn zhěn liú (漱石枕流, en japonais : sōsekichinryū) signifiant littéralement : « Se rincer la bouche avec une pierre et faire de la rivière son oreiller. » Selon l'anecdote, il s'agissait d'une erreur de Sun Zijing, qui, en parlant avec Wang Wuzi, avait inversé deux caractères de la phrase « prendre une pierre pour oreiller et se rincer la bouche avec l'eau de la rivière » (枕石漱流). Wang Wuzi, voyant l'erreur, lui demanda comment on pouvait se rincer la bouche avec une pierre et faire de la rivière son oreiller, et Sun Zijing lui répondit « si quelqu'un veut faire de la rivière son oreiller, c'est qu'il veut se laver les oreilles, et s'il veut se rincer la bouche avec une pierre, c'est qu'il veut se brosser les dents ». Le sens de cette expression a donc évolué jusqu'à signifier quelqu'un d'obstiné, qui refuse de reconnaître ses erreurs, quitte à inventer des arguments tirés par les cheveux.

C'est un enfant non désiré, d'une mère âgée qui le rejette. A deux ans, il est confié à un couple de serviteurs jusqu'à l'âge de neuf ans. De retour dans son foyer, il continue à être rejeté par son père et sa mère meurt en 1881, alors qu'il vient d'avoir 14 ans.

Au collège, il se passionne pour la littérature chinoise et se destine à l'écriture. Mais quand il entre à l'université de Tokyo en septembre 1884, il est obligé de commencer des études d'architecture et étudie en même temps l'anglais.

En 1887, il rencontre Masaoka Shiki qui le pousse à écrire et l'initie à la composition des haïkus. En 1890, il entre au département d'anglais de l'université de Tokyo et obtient son diplôme en 1893. Au cours de ses études, il écrit plusieurs articles, notamment sur les poètes anglais et sur le roman Tristram Shandy, de Laurence Sterne. Il commence à enseigner en 1893.

En 1895, il est nommé professeur à Matsuyama et son expérience donnera lieu dix ans plus tard à l'écriture de Botchan.

Le gouvernement japonais l'envoie étudier en Angleterre, d'octobre 1900 à janvier 1903. Mais il manque d'argent et passe beaucoup de temps enfermé et plongé dans des livres. De cette confrontation avec l'Occident, Sōseki laisse des textes très variés qui relatent son expérience londonienne ; certains sont empreints de rêveries historiques, d'autres particulièrement cocasses.

À son retour, il se voit confier la tâche de succéder au prestigieux Lafcadio Hearn comme lecteur de littérature anglaise à l'université de Tokyo, poste qu'il va abandonner pour se consacrer entièrement à l'écriture à partir de 1907, grâce à un contrat avec un grand journal de Tōkyō, Asahi Shimbun, pour lequel il rédige de nombreux ouvrages. C'est d'ailleurs par le biais ce même journal qu'il aidera par la suite un de ses élèves, Kansuke Naka, a publier son premier roman intitulé Gin no saji (« La cuillère en argent ») entre 1911 et 1913.

Son premier livre, Je suis un chat, paraît en 1905. C'est une vision ironique, à travers les yeux naïfs d'un chat vivant chez un professeur d'anglais désabusé, du Japon de son temps. Cette œuvre devient vite un grand succès, de même que Botchan l'année suivante.

Le second voyage, d'agrément celui-là, le mène en Mandchourie, sous domination japonaise en ce temps, puis en Corée, de septembre à octobre 1909. Invité par l'un de ses meilleurs amis occupant un poste-clef dans l'administration coloniale, il parcourt le pays avec intérêt.

De 1909 à 1910, il écrit la trilogie Sanshirô, Sorekara (Et puis), Mon (La porte).

À partir de 45 ans, la santé de Sōseki se dégrade rapidement. Il sort avec difficulté de chez lui. Il se rapproche des pratiques religieuses, nommées sokutenkyoshi, de détachement de soi. Malgré sa maladie, il continue d'écrire romans et nouvelles ; sa souffrance se ressent dans ses écrits, à caractère souvent autobiographique, à l'image de Choses dont je me souviens.

Il meurt d'un ulcère à l'estomac le 9 décembre 1916, laissant un dernier roman Meian (Clair-Obscur) d'une ampleur exceptionnelle, inachevé.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Portrait de Sōseki Natsume sur un billet de 1 000 yens
  • 1899 : Copeaux de bois, extraits de Bokusetsu-roku, œuvre en kanbun.
  • 1905 : Je suis un chat (Wagahai wa neko de aru - 吾輩は猫である)
  • 1906 : Botchan (坊っちゃん) ou Le jeune homme
  • 1906 : Oreiller d'herbe (Kusamakura - 草枕)
  • 1906 : Le 210e jour (二百十日)
  • 1907 : Le mineur (Kōfu - 坑夫)
  • 1908 : Dix rêves (夢十夜), dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines Tome II
  • 1909 : Petits contes de printemps (Eijitsu shōhin - 永日小品)
  • 1909 : Sanshirô (三四郎)
  • 1909 : Et puis (Sorekara - それから)
  • 1910 : La porte (Mon - 門)
  • 1910-1911 : Choses dont je me souviens (Omoidasukoto nado - 思い出す事など)
  • 1911 : La civilisation japonaise moderne (Gendai Nihon no Kaika - 現代日本の開化), dans Cent ans de pensée au Japon Tome I
  • 1911 : Haltes en Mandchourie et en Corée
  • 1912 : À l'équinoxe et au-delà (Higansugi made 彼岸過迄)
  • 1913 : Le voyageur ou L'homme qui va (Kōjin - 行人)
  • 1914 : Le pauvre cœur des hommes (Kokoro - こころ)
  • 1914 : Mon individualisme (Watashi no kojinshugi - 私の個人主義)
  • 1915 : À travers la vitre (Garasudo no naka - 硝子戸の中)
  • 1915 : Les herbes du chemin (Michikusa - 道草)
  • 1916 : Clair-obscur, inachevé (Meian - 明暗)
  • 2013 : Conférences sur le Japon de l'ère Meiji (1907-1914), Hermann
  • 2014 : Une journée de début d’automne, Philippe Picquier

Auteurs occidentaux[modifier | modifier le code]

Le nom de Natsume Sōseki est fortement lié à la découverte par les Japonais de la culture occidentale. Dans ses articles et dans ses œuvres, il cite entre autres Charles Dickens, Laurence Sterne, Walt Whitman, William James, Gabriele D'Annunzio, ou encore Balzac, Mérimée ou Goethe.

Références à Sōseki Natsume[modifier | modifier le code]

  • Le mangaka Jirō Taniguchi évoque longuement le Japon de l'ère Meiji avec la vie de Sōseki en fil conducteur dans sa saga Au temps de Botchan.
  • Le petit garçon de Ponyo sur la falaise de Hayao Miyazaki porte le nom d'un personnage de « la Porte ».
  • Natsume Sōseki apparaît dans le roman Neige de Maxence Fermine (1999).
  • Dans Kafka sur le rivage de Haruki Murakami, le héros Kafka Tamura tient une discussion littéraire sur l’œuvre de Natsume Sōseki, et plus précisément sur son roman moins connu, Le Mineur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir pages 11-12 in Chaos and order in the works of Natsume Sōseki, Angela Yiu, University of Hawai'i Press, 1998

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Edwin Van C.Gessel, Three modern novelists, Sôseki, Tanizaki, Kawabata, Kodansha Biographies, 1993
  • (en) Edwin Mc Clellan, Two Japanese novelists : Sôseki and Tôson, ed. Charles E.Tuttle, Boston, 1971
  • Thèse de doctorat de Jean-Pierre Lioger, Les écrits de Natsume Sôseki avant 1900: la formation d'un écrivain au seuil du XXième siècle, Université Paris III, 1982, directeur de recherches Jean-Jacques Origas