Pierre Bayard

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Pierre Bayard, né en 1954, est professeur de littérature française à l'université de Paris VIII et psychanalyste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Bayard est surtout connu pour son essai Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?, dans lequel il critique l'idée reçue selon laquelle il y aurait une frontière nette entre lecture et non-lecture, et invite le lecteur à construire avec le texte littéraire un rapport plus libre, moins complexé.

« Ce qui m’intéresse dans la littérature, c’est son indécidabilité. Elle et la psychanalyse sont alliées dans les espaces complexes qu’elles ouvrent contre un certain type de discours politique, aujourd’hui porté à la caricature » (in Philippe Lançon, Bayard m'a tuer, Libération, 16 janvier 2008). La spécificité de cet universitaire réside spécifiquement dans son approche critique des textes: il met en place un dispositif d'analyse anticonformiste, et se sert de ce dispositif comme base pour une réflexion théorique ou critique approfondie.

Son ouvrage, Le Plagiat par anticipation, est une illustration de sa démarche: à partir d'une impossibilité logique se déploie un discours sur la modernité de certains auteurs qui se voient très paradoxalement accusés de plagiat : derrière cette irrévérence se masque un hommage à la modernité de Voltaire, Maupassant et d'autres que l'on incrimine par antiphrase pour mieux montrer leur génie et leur modernité. L'humour est considéré comme un préalable à une vraie réflexion dans la mesure où il permet un décalage de ton propice à l'intéressement du plus grand nombre. Et dans le cadre du jeu inter-textuel, le paradoxe n'est pas incompatible avec la réflexion littéraire approfondie.

Son ouvrage le plus connu, Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?, rend compte de la tentative de désacralisation opérée par l'auteur ; mais cette désacralisation, si elle vise à réconcilier la littérature avec le plus grand nombre, ne reste pas moins très révérencieuse à l'égard des textes. Le paradoxe est ainsi omniprésent chez ce critique qui n'hésite pas à reprendre les méthodes de création de suspense des grands écrivains qu'il étudie pour établir son analyse dans Qui a tué Roger Ackroyd ?, la réflexion sur le rôle du lecteur dans l'œuvre et dans la constitution du sens de l'œuvre passe par une reconstitution à suspense du roman policier, et par un démontage systématique des indices qui permettent d'aboutir à la résolution finale, le tout sous la forme d'une enquête policière. Ainsi, cette démarche littéraire hétérodoxe peut surprendre, voire déranger, mais il n'en reste pas moins que les spécificités des textes que Pierre Bayard étudie sont toujours analysées avec finesse et rigueur, et le rôle du lecteur méticuleusement mis en avant, comme le veut la tradition herméneutique. Et l'humour, si éloigné des textes critiques universitaires habituels, est un bon excipient pour faire passer des considérations pointues et pertinentes.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Balzac et le troc de l'imaginaire. Lecture de La Peau de chagrin (Lettres modernes-Minard, 1978).
  • Symptôme de Stendhal. Armance et l’aveu (Lettres modernes-Minard, 1980).
  • Il était deux fois Romain Gary (Presses universitaires de France, 1990).
  • Le Paradoxe du menteur. Sur Laclos (Minuit, 1993).
  • Maupassant, juste avant Freud (Minuit, 1994).
  • Le Hors-sujet. Proust et la digression (Minuit, 1996).
  • Qui a tué Roger Ackroyd ? (Minuit, 1998 et « Reprise », 2002).
  • Lire avec Freud. Pour Jean Bellemin-Noël, dir. Pierre Bayard (Presses universitaires de France, 1998).
  • Comment améliorer les œuvres ratées ? (Minuit, 2000).
  • Enquête sur Hamlet. Le Dialogue de sourds (Minuit, 2002).
  • Le Détour par les autres arts. Pour Marie-Claire Ropars, dir. Pierre Bayard et Christian Doumet (L’Improviste, 2004).
  • Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse (Minuit, 2004).
  • Demain est écrit (Minuit, 2005).
  • Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? (Minuit, 2007).
  • L'Affaire du chien des Baskerville (Minuit, 2008).
  • Le Plagiat par anticipation (Minuit, 2009).
  • Et si les œuvres changeaient d'auteur ? (Minuit, 2010).
  • Comment parler des lieux où l’on n’a pas été ? (Minuit, 2012).
  • Aurais-je été résistant ou bourreau ? (Minuit, 2013).
  • Il existe d’autres mondes (Minuit, 2014).

Ouvrages collectifs

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Zimmermann et Collectif, Pour une critique décalée - Autour de Pierre Bayard, Editions Cécile Defaut,‎ 2010, 224 p. (ISBN 978-2350180922)