Laurence Sterne

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Laurence Sterne

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Laurence Sterne (1713-1768)

Activités Écrivain
Naissance 24 novembre 1713
Clonmel, Drapeau de l'Irlande Irlande
Décès 18 mars 1768
Londres, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Langue d'écriture anglais

Œuvres principales

Laurence Sterne (24 novembre 1713 Clonmel, Irlande - 18 mars 1768 Londres) romancier et ecclésiastique britannique. Ses œuvres les plus célèbres sont The Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman (Tristram Shandy), et A Sentimental Journey Through France and Italy (Voyage sentimental à travers la France et l'Italie) mais Sterne publia aussi des sermons, écrivit des mémoires et prit part à la vie politique locale. Il mourut à Londres après avoir lutté contre la tuberculose qui mina les dernières années de sa vie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Laurence Sterne naquit le 24 novembre 1713 à Clonmel, Comté de Tipperary, Irlande. Son père était enseigne dans l'armée britannique. Envoyé à l'école près de Halifax (Yorkshire) à l'âge de dix ans, il ne vit plus jamais son père et fut admis en tant que sizar, c’est-à-dire comme étudiant chargé d’un travail en échange de la gratuité des cours au Jesus College de Cambridge en juillet 1733 à l'âge de 20 ans. Il obtint le grade de Bachelor of Arts (licence) en janvier 1737 et revint pendant l'été 1740 pour recevoir le titre de Master of Arts (maîtrise).

Sterne, dont l'arrière-grand-père Richard avait été archevêque d'York, se tourna vers une carrière ecclésiastique. Il fut ordonné diacre en mars 1737 et prêtre en août 1738 et, peu après, nommé à Sutton-on-the-Forest dans le Yorkshire.

Sterne épousa Elizabeth Lumley en 1741, mais le mariage s'avéra rapidement un échec, notamment du fait de la maladie mentale qui frappa Elizabeth. Les Sterne eurent deux filles, mais la première mourut à la naissance.

En 1744, il obtint la responsabilité de la paroisse de Stillington et s'investit dans la vie politique, publiant des pamphlets et des textes religieux. Mais, victime de polémiques publiques, il dut renoncer à son espoir d'obtenir un jour l'archevêché de York. En 1759, stimulé par le succès de ses premiers articles, il commença à écrire Tristram Shandy. Le succès fut immédiat et énorme. Le baron Fauconberg le récompensa en le nommant à la cure de Coxwold, dans le nord du Yorkshire.

Il fit un long séjour en France en 1762, puis en Italie en 1765, à la recherche d'un climat qui lui permettrait de soigner sa tuberculose. En France aussi, Sterne fut acclamé comme l'auteur de génie de Tristram Shandy. En 1767, il rencontra Elizabeth Drapier, l'épouse d'un employé de la Compagnie des Indes orientales. Ils vécurent une liaison brève et intense. En 1768, Sterne publia les deux premiers tomes du Voyage sentimental, inspirés par son voyage sur le continent. Il mourut en mars de la même année de la tuberculose dans son logement de Londres, à l'âge de 54 ans. On l'enterra au cimetière de l'église Saint George, à Londres.

La tombe de Sterne à Coxwold

Par un curieux tour des choses, digne de Shandy, il semble que la dépouille de Sterne fut volée peu après son inhumation et vendue à un anatomiste. Quelqu'un qui le connaissait le reconnut et le fit discrètement ré-inhumer. Lors de travaux dans le cimetière de Saint George dans les années 1960, son crâne fut exhumé (de manière plutôt appropriée pour qui s'était choisi le surnom de « Yorick »[1]), partiellement identifié par le fait qu'il était le seul des cinq crânes présents dans la tombe de Sterne à porter des marques de dissection, et les restes furent transférés vers le cimetière de Coxwold en 1969.

L'Œuvre[modifier | modifier le code]

Illustration de H.W. Bunbury pour Tristram Shandy, 1773.

Laurence Sterne fait partie, avec Cervantes et Rabelais qu'il admirait, des fondateurs du roman moderne. Son nom est surtout associé à la technique de narration différée, consistant à repousser indéfiniment le déroulement de l'histoire. Ainsi, si Tristram Shandy s'ouvre sur la conception du héros et narrateur, sa naissance n'intervient que plusieurs centaines de pages plus loin. Cette technique fut imitée par Diderot dans Jacques le Fataliste.

L'œuvre de Sterne expérimente les limites de la forme romanesque, aussi bien sur le plan matériel (jeu avec la typographie, pages noires ou marbrées) que par rapport aux autres genres (collage, digressions, commentaires réflexifs). Son style est très imagé et les jeux de mots abondent. Les phrases sont fréquemment interrompues, ce qui renforce le caractère elliptique et allusif de sa prose. Le ton passe sans transition d'un sentimentalisme pré-romantique à l'humour le plus graveleux. En faisant délibérément du roman un anti-roman qui brise les codes narratifs classiques et de ses héros des anti-héros, Sterne pose non seulement le problème du sens ou des ambitions de la littérature, mais aussi redéfinit le rapport des instances narratives (narrateur-narrataire) à l'histoire par le jeu constant des intrusions et la rupture de l'illusion référentielle.

Sterne connut de son vivant un succès phénoménal qui s'étendit rapidement à toute l'Europe. Au XIXe, l'engouement pour son œuvre faiblit quelque peu au Royaume-Uni mais resta important ailleurs. Ses audaces littéraires continuent aujourd'hui d'être une source d'inspiration pour de nombreux écrivains. Parmi les nombreux écrivains s'étant déclarés redevables de Sterne, Diderot, Jean Paul, Hoffmann, Balzac, Nodier, Machado de Assis, James Joyce, Perec, Milan Kundera, Julián Ríos et Javier Marías. Il a également influencé le Je suis un chat de Natsume Sôseki[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Œuvres de Laurence Sterne sur Projet Gutenberg

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Hamlet
  2. Jean-Pierre Lioger, Les écrits de Natsume Sôseki avant 1900 : la formation d'un écrivain au seuil du XXe siècle, thèse, Université de Paris III, 1982