Mademoiselle Mars

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Mademoiselle Mars.
(Aimée Perlet (1823), d'après un tableau de Gérard).

Anne-Françoise-Hippolyte Boutet, dite Mademoiselle Mars, est une comédienne française, née le 9 février 1779 à Paris où elle est morte le 20 mars 1847.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Fille naturelle des comédiens Monvel et Jeanne-Marguerite Salvetat, dite Madame Mars, elle entre à la Comédie-Française par l'entremise de l'actrice Louise Contat en 1795[1].

Elle y joue des rôles d'ingénues et d'amoureuses du théâtre français, principalement dans Molière, et elle est admise comme sociétaire en 1799.

En 1812, après le départ de Mlle Contat, elle trouve d'autres emplois, notamment celui de coquette (Célimène dans Le Misanthrope) ou de marquise dans les pièces de Marivaux.

Paris admire son talent, son charme et son jeu d'actrice. Napoléon lui accorde une entrevue dans un kiosque du jardin de Rambouillet, à la suite de quoi il la protégera ; ils s'apprécient sincèrement.

Après l'Empire[modifier | modifier le code]

Buste de Mademoiselle Mars par le sculpteur David d'Angers (1825).

À la Restauration, Mlle Mars est victime d'une campagne menée à son encontre par les royalistes, qui ne lui pardonnent pas sa carrière sous l'Empire. Louis XVIII lui attribue en revanche une pension de 30 000 livres en récompense de son talent.

Mlle Mars prend le risque de jouer dans les premiers drames modernes et romantiques et réussit à s'adapter à ces rôles parfois difficiles.

Habitant à Paris dans un hôtel particulier de la rue de la Tour-des-Dames dans le quartier de la Nouvelle Athènes, elle fréquente en voisine l'atelier du peintre Ary Scheffer qui exécute son portrait, conservé aujourd'hui au musée de la Vie romantique à Paris, avec son buste et un médaillon de David d'Angers.

Le 31 mars 1841, à l'âge de 62 ans, elle donne sa représentation d'adieux à la Comédie-Française dans le rôle de Silvia du Jeu de l'amour et du hasard[2].

Elle joue en bourse, perdant des sommes énormes, et prêtant beaucoup, mais sa fortune lui permettant de telles extravagances, elle efface les dettes de ses débiteurs avant de mourir en 1847.

Quelques rôles[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire : « Du mercredy dixième (février 1779) fut baptisee Anne-Françoise-Hippolite [sic], fille de Jacques-Marie Boutet, bourgeois de Paris, et de Jeanne-Marguerite Salvetat, son épouse, rue St-Nicaise ; le parrain Jean-François Aladune, caissier des fermes, la marraine Anne Bosse veuve de Joseph Fabre, bourgeois de Marseille ; l'enfant est ne d'hier et ont signé Aladane, Bosse, Boutet, Le Bas, vicaire. » (Registre de St-Germain l'Auxerrois.) « Le Jacques-Marie Boutet, père d'Anne-Françoise Hippolyte, n'était point celui quem nuptiae demonstrant, et l'acte donne à Jeanne-Marguerite Salvetat la qualité d'épouse qu'elle n'avait pas et qu'elle ne put jamais avoir, Boutet, c'est-à-dire Monvel, l'acteur célèbre, ayant oublié ses promesses et pris femme en Suède. À la marge du registre de Saint-Germain-l'Auxerrois, on lit l'extrait d'un jugement du 1er décembre 1847, ordonnant que l'acte de baptême d'Anne-Françoise Hippolyte Boutet, dite depuis Mademoiselle Mars, serait rectifié en ce qu'il y a été dit que Jeanne-Marguerite Salvetat était l'épouse du sr Jacques-Marie Boulet, dont le mariage alors projeté ne s'est jamais réalisé. »
  2. Marivaux, Théâtre complet, vol. 1, Gallimard,‎ 1993, Bibliothèque de la Pléiade, éd. H. Coulet et M. Gilot, p. 1134.