Mademoiselle Mars

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Mademoiselle Mars.
(Aimée Perlet (1823), d'après un tableau de Gérard).

Anne-Françoise-Hippolyte Boutet, dite Mademoiselle Mars, est une comédienne française, née le à Paris où elle est morte le .

Les débuts[modifier | modifier le code]

Fille naturelle des comédiens Monvel et Jeanne-Marguerite Salvetat, dite Madame Mars, elle entre à la Comédie-Française par l'entremise de l'actrice Louise Contat en 1795[1].

Elle y joue des rôles d'ingénues et d'amoureuses du théâtre français, principalement dans Molière, et elle est admise comme sociétaire en 1799.

En 1812, après le départ de Mlle Contat, elle trouve d'autres emplois, notamment celui de coquette (Célimène dans Le Misanthrope) ou de marquise dans les pièces de Marivaux.

Paris admire son talent, son charme et son jeu d'actrice. Napoléon lui accorde une entrevue dans un kiosque du jardin de Rambouillet, à la suite de quoi il la protégera; ils s'apprécient sincèrement.

Après l'Empire[modifier | modifier le code]

Buste de Mademoiselle Mars par le sculpteur David d'Angers (1825).

À la Restauration, Mlle Mars est victime d'une campagne menée à son encontre par les royalistes, qui ne lui pardonnent pas sa carrière sous l'Empire. Louis XVIII lui attribue en revanche une pension de 30 000 livres en récompense de son talent.

Mlle Mars prend le risque de jouer dans les premiers drames modernes et romantiques et réussit à s'adapter à ces rôles parfois difficiles.

Habitant à Paris dans un hôtel particulier de la rue de la Tour-des-Dames dans le quartier de la Nouvelle Athènes, elle fréquente en voisine l'atelier du peintre Ary Scheffer qui exécute son portrait, conservé aujourd'hui au Musée de la Vie romantique à Paris, avec son buste et un médaillon de David d'Angers.

Le , à l'âge de 62 ans, elle donne sa représentation d'adieux à la Comédie-Française dans le rôle de Silvia du Jeu de l'amour et du hasard[2].

Elle joue en bourse, perdant des sommes énormes, et prêtant beaucoup, mais sa fortune lui permettant de telles extravagances, elle efface les dettes de ses débiteurs avant de mourir en 1847.


Les luxueuses chambres à coucher de Mademoiselle Mars...

" En 1924, j'avais pu trouver chez un antiquaire du quai Voltaire, la chambre de Mademoiselle Mars. Un immense lit "bateau", avec quatre cygnes aux ailes déployées; un meuble d'appui; deux banquettes pareilles au lit; un grand guéridon; une table de chevet; quatre chaises et quatre fauteuils en bois de citronnier et d'amarante; lustre et bronzes signés Tomyre (sic - pour Thomire) recouverte de tissu mauve (...) certainement la plus belle au monde ! Quelques éléments (du salon, probablement) se trouvent aux Arts Décoratifs. Elle m'avait coûté 125 000 francs."

(Mary Marquet Ce que j'ose dire..., Jean Dullis, 1974, p.200 ).

La comédienne installa ce lit chez elle rue Jouffroy à Paris, mais quatre ans plus tard, à la suite d'une sorte de crise de jalousie rétrospective de son amant l'homme politique André Tardieu, "affolée par le danger couru par ce dépôt historique", le céda aussitôt au décorateur Stéphane Boudin, directeur de la maison Jansen, pour 250 000 francs; apprenant cette transaction le magnat américain William Randolph Hearst, rival de Tardieu, l'acquit au téléphone pour l'offrir à sa maîtresse, la comédienne Marion Davies...dont, 35 ans plus tard, les héritiers revendirent cet ensemble mobilier unique (localisation ?).


Un autre riche mobilier de chambre à coucher fut réalisé pour la comédienne vers 1825 par Joseph-Marie Bénard pour l'hôtel du 1, rue de la Tour-des-Dames à Paris, édifié en 1821 dans le style néo-classique pour le maréchal de Gouvion-Saint-Cyr par Visconti (qui en termina l'aménagement intérieur et la décoration de 1824 à 1826), qu'elle acquit pour 100 000 francs et où elle vécut de 1824 à 1838.

Il comprend un lit "à l'antique" similaire à celui que l'ébéniste fit un an plus tôt pour Mme Talma (Lisbonne, fondation Gulbenkian), une commode, un meuble de toilette dit "barbière", une paire de fauteuils et une paire de chaises (exemplaire identique à celui acquis par l'Etat en 1871 pour le musée de Lons-le-Saunier), ainsi à l'origine qu'une psyché et un candélabre, et figura dans la vente de succession de son fils en 1874, fut acquis à un antiquaire parisien en 1937, et passa en vente publique à Paris le 20 juin 2006 (succession de l'historienne du meuble Denise Ledoux-Lebard, qui le publia dans ses ouvrages, et à divers).


Quelques rôles[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

David d'Angers, portraits de Mlle Mars : profil en médaillon et petit buste en biscuit de Sèvres, coll. Musée de la Vie romantique, Hôtel Scheffer-Renan, Paris


  1. Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire : « Du mercredy dixième (février 1779) fut baptisee Anne-Françoise-Hippolite [sic], fille de Jacques-Marie Boutet, bourgeois de Paris, et de Jeanne-Marguerite Salvetat, son épouse, rue St-Nicaise ; le parrain Jean-François Aladune, caissier des fermes, la marraine Anne Bosse veuve de Joseph Fabre, bourgeois de Marseille ; l'enfant est ne d'hier et ont signé Aladane, Bosse, Boutet, Le Bas, vicaire. » (Registre de St-Germain l'Auxerrois.) « Le Jacques-Marie Boutet, père d'Anne-Françoise Hippolyte, n'était point celui quem nuptiae demonstrant, et l'acte donne à Jeanne-Marguerite Salvetat la qualité d'épouse qu'elle n'avait pas et qu'elle ne put jamais avoir, Boutet, c'est-à-dire Monvel, l'acteur célèbre, ayant oublié ses promesses et pris femme en Suède. À la marge du registre de St-Germain-l'Auxerrois, on lit l'extrait d'un jugement du 1er décembre 1847, ordonnant que l'acte de baptême d'Anne-Françoise Hippolyte Boutet, dite depuis Mademoiselle Mars, serait rectifié en ce qu'il y a été dit que Jeanne-Marguerite Salvetat était l'épouse du sr Jacques-Marie Boulet, dont le mariage alors projeté ne s'est jamais réalisé. »
  2. Marivaux, Théâtre complet, vol. 1, Gallimard,‎ 1993, Bibliothèque de la Pléiade, éd. H. Coulet et M. Gilot, p. 1134.