Les Fusiliers du Saint-Laurent

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Les Fusiliers du Saint-Laurent
Insigne des Fusiliers du Saint-Laurent 2iem. rue Rimouski
Insigne des Fusiliers du Saint-Laurent 2iem. rue Rimouski

Période 9 avril 1869
Pays Drapeau du Canada Canada
Branche Armée canadienne
Type Infanterie
Fait partie de 35e Groupe-brigade du Canada
Devise J'y suis en garde
Marche Rêves Canadiens
Guerres Guerre des Boers
Première Guerre mondiale
Batailles Arras (1917)

Les Fusiliers du Saint-Laurent (Fus du St-L[1]) sont un régiment d'infanterie du 35e Groupe-brigade du Canada de la Première réserve de l'Armée canadienne des Forces canadiennes. Son quartier général est situé à Rimouski au Bas-Saint-Laurent au Québec. Le régiment fut d'abord fondé en 1869 sous l'appellation de 89e Bataillon, Témiscouata et Rimouski. Les membres du régiment travaillent pour la plupart à temps partiel occupant un autre emploi civil ou étant encore aux études.

Structure[modifier | modifier le code]

Manège de la compagnie de Matane

Le régiment est composé principalement de militaires s'entraînant à temps partiel qui sont des étudiants ou des travailleurs civils[2]. Le régiment fait partie du 35e Groupe-brigade du Canada dans le Secteur du Québec de la Force terrestre dans l'Armée canadienne[1],[2]. Il comporte entre 200 et 300 soldats de tous grades[2],[3]. Le régiment est divisé en trois compagnies : une à Rivière-du-Loup, une à Rimouski et une à Matane. Son quartier général est situé à Rimouski[1]. Le régiment est commandé par le lieutenant-colonel Pierre Boucher, CD[4]. Son sergent-major régimentaire est l'adjudant-chef Réjean Caron, CD[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Formation du régiment (1776-1900)[modifier | modifier le code]

Dès l'invasion américaine de 1776, plusieurs localités le long du fleuve Saint-Laurent hébergent des compagnies de la milice dont Rivière-du-Loup, Cacouna, L'Isle-Verte, Trois-Pistoles et Rimouski[8]. L'Acte de l’Amérique du Nord britannique approuvée par la reine Victoria le 28 mars 1867 prévoit la formation de la Milice canadienne. Une loi votée le 1er octobre 1868 divise les troupes en Armée active et en Armée de réserve. L’effectif total doit atteindre 40 000 hommes. Le 9 avril 1869, les bataillons provisoires de Rimouski et de Témiscouata sont créés[8],[9]. Le bataillon provisoire de Témicousta est divisé en quatre compagnies : la première à Fraserville (aujourd'hui Rivière-du-Loup), la seconde à Trois-Pistoles, la troisième à Cacouna et la quatrième à Saint-Arsène[9]. Le bataillon provisoire de Rimouski est quant à lui divisé en cinq compagnies : la première à Rimouski, la seconde à Matane, la troisième à l'Anse-au-Sable, la quatrième au Bic et la cinquième à Saint-Anaclet-de-Lessard[9].

Le 12 janvier 1883, les deux bataillons provisoires de Rimouski et de Témiscouata sont fusionnés en un seul bataillon nommé 89th Temiscoua and Rimouski Battalion of Infantry, littéralement « 89e Bataillon d'infanterie de Rimouski et de Témiscouata »[8],[9]. Le quartier général du bataillon est situé à Fraserville et son premier commandant est le lieutenant-colonel Émile Hudon[8],[9]. Ce bataillon comporte huit compagnies : la première à Fraserville, la seconde à Rimouski, la troisième à Cacouna, la quatrième à Baie-des-Sables, la cinquième à Saint-Anaclet-de-Lessard, la sixième au Bic, la septième à Saint-Arsène et la huitième à L'Isle-Verte[9]. Le 8 mai 1900, le bataillon devient un régiment et est renommé 89e Régiment Témiscouata et Rimouski[8].

Seconde Guerre des Boers (1899-1902)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Seconde Guerre des Boers.

Les membres du 89e Régiment se firent remarquer au combat pour la première fois lors de la Seconde Guerre des Boers[8]. Bien que le 89e ne se rend pas en Afrique du Sud en tant qu'unité autonome, plusieurs de ses membres sont intégrés à d'autres unités pour y participer[8]. Ceux-ci se font remarqués de manière honorable notamment aux batailles de Paardeberg, de Poplar Grove, de Driefontein, d'Ibounek et de Zoud River ainsi qu'aux expéditions dans la colonie de la rivière Orange et dans le Transvaal[8]. En 1902, le régiment pris part aux festivités entourant le couronnement d'Édouard VII, puis, en 1911, à celles du couronnement de George V en Angleterre[8]. En 1911 également, le régiment reçoit ses drapeaux royal et régimentaire[8],[10].

Première Guerre mondiale (1914-1918)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Première Guerre mondiale.
Buste de Joseph Keable dans le monument aux Valeureux d'Ottawa

Le 4 août 1914, l’armée allemande envahit la Belgique. Le Canada déclare la guerre à l'Allemagne le 3 octobre. La 1re division du Corps expéditionnaire canadien quitte le Canada pour l’Angleterre et passe en France le 11 février après une période d’entraînement. Pour combler les vides et servir de renfort aux troupes en action sur les champs de bataille, le ministre de la Milice et de la Défense (en) appelle en service actif diverses unités de milice.

Le 10 janvier 1916, le 89e Régiment Témiscouata et Rimouski fournit les éléments nécessaires incluant la majorité des officiers pour former le 189e Bataillon sous le commandement du lieutenant-colonel P.A. Piuze qui s'embarque le 27 septembre à Halifax en Nouvelle-Écosse pour se rendre à Liverpool en Angleterre au sein de la 3e Division[8],[11]. Plusieurs Malécites font alors partie des rangs de ceux qui rejoignent le 189e Bataillon dont le sergent Jacques Athanase décoré de la Croix de Saint-Georges de Russie ainsi que Joseph Arthur Thomas et Thomas Paquette tous deux décédés au cours de la bataille de la crête de Vimy[11]. En Angleterre, le 189e Bataillon est intégré au 69e Bataillon qui sert de réserve[8].

Suite à la bataille de Flers-Courcelette (en), plusieurs membres du 69e Bataillon sont envoyés comme renfort au 22e Bataillon qui est la seule unité canadienne française au front et qui deviendra plus tard le Royal 22e Régiment[8]. D'ailleurs, le caporal Joseph Keable et le lieutenant Jean Brillant qui se distinguent brillamment et qui sont tous deux décorés de la croix de Victoria, la plus haut distinction du Commonwealth, sont issus du 189e Bataillon et sont natifs du Bas-Saint-Laurent[8],[12],[13]. D'ailleurs, après la guerre, le gouverneur-général du Canada, le duc de Devonshire, se rend à Rimouski afin de remettre ses croix aux familles de ces deux hommes décédés au champ d'honneur[8].

L'entre-deux-guerres (1918-1939)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Entre-deux-guerres.

En 1920, le 189e Bataillon devient le 1er Bataillon du Régiment de Témiscouata et Rimouski[8]. Le second étant l'ancien 89e. La même année, l’Ordre général 206 renomme le régiment Les Fusiliers du Saint-Laurent[8],[9]. Le régiment est aussi réorganisé comme suit[8],[9] :

  • Quartier-général à Rimouski
  • Compagnie A à Rivière-du-Loup
  • Compagnie B à Mont-Joli
  • Compagnie C à New Carlisle
  • Compagnie D à Gaspé.

En mai 1922, l’Ordre général 79 enlève l’article du nom du régiment qui devient simplement Fusiliers du Saint-Laurent[9]. Le 24 juin 1924, le régiment adopte l'insigne qu'il porte aujourd'hui[8].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article connexe : Seconde Guerre mondiale.

Le 1er septembre 1939, l’armée allemande envahit la Pologne. Le 7 septembre, la Chambre des communes du Canada entre officiellement en guerre. Un décret de la loi des mesures de guerre ordonne la mise sur pied immédiate de l’armée active, des unités et des éléments de la milice active non-permanente. En vertu de cette loi des mesures de guerre, les Fusiliers du Saint-Laurent sont appelés en service actif et reçoivent les tâches de défendre le pays, d'instruire des recrues et de fournir des soldats pour combler les effectifs militaires sur les champs de bataille européens[8]. Il est officiellement appelé en service actif le 1er septembre 1940[8]. Tout comme lors de la Première Guerre mondiale, des militaires des Fusiliers du Saint-Laurent intégrés à d'autres unités se distinguent au combat dont le capitaine Paul Triquet qui est décoré de la Croix de Victoria[8]. Bien qu'il a fait carrière avec le Royal 22e Régiment, il est issu des Fusiliers du Saint-Laurent et est natif de Cabano au Bas-Saint-Laurent[8].

L'après-guerre et la réorganisation du régiment (1946-1969)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Après-guerre.

Le 1er septembre 1954, le régiment est intégré au Royal 22e Régiment en devant son cinquième bataillon, mais il conserve son insigne régimentaire et ses couleurs[8],[9]. Il est ainsi renommé Les Fusiliers du St-Laurent(5th battalion, Royal 22e Régiment). En 1964, le ministère de la Défense nationale (MDN) effectue une nouvelle réorganisation en intégrant la Milice à l’armée régulière[9]. Dans le cadre de cette réogarnisation, les compagnies de Gaspé et de New Richmond sont intégrées aux Fusiliers du Saint-Laurent[9]. En 1963, le nom du régiment est francisé en Les Fusiliers du Saint-Laurent (5e Bataillon, Royal 22e Régiment)[8].

En 1969, le MDN effectue une réduction des effectifs militaires canadiens qui a pour conséquence de réduire le régiment à seulement trois compagnies[9]. Celles-ci sont réparties ainsi[9] :

  • Compagnie A : Rivière-du-Loup
  • Compagnie B : Rimouski (comprend également le quartier général)
  • Compagnie C : Matane

Le régiment redevient indépendant du Royal 22e Régiment en 1968[8],[9].

Histoire récente (1970-2011)[modifier | modifier le code]

En 1972, le régiment reçoit ses drapeaux royal et régimentaire en tant que Fusiliers du Saint-Laurent[10]. Les précédents avaient été reçus en 1911 en tant que le 89e Bataillon, Témiscouata et Rimouski[8],[10].

Les Fusiliers du Saint-Laurent sont appelés de temps à autres à aider les autorités civiles dans le cadre d'opérations domestiques. En 1990, lors de la Crise d'Oka, les Fusiliers du Saint-Laurent fournissent une quarantaine de militaires afin de servir de renfort aux unités régulières. En janvier 1998, 69 membres des Fus du St-L sont déployés dans la région de la Montérégie dans le cadre de l’ppération Récupération afin d’assister le pouvoir civil lors de la tempête de verglas.

De plus, des membres des Fusiliers du Saint-Laurent rejoignent parfois des unités régulières pour participer à des opérations outremers. En fait, depuis 1992, 150 membres des Fus du St-L ont pris part à des missions à l'étranger sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU) ou de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord[3].

Traditions[modifier | modifier le code]

Postes honoraires[modifier | modifier le code]

Léo Morissette est le colonel honoraire des Fusiliers du Saint-Laurent depuis novembre 2002[14],[15]. Il est un militaire retraité qui a commencé sa carrière comme soldat avec les Fusiliers du Saint-Laurent en 1959[15]. Il a reçu sa commission d'officier en 1963 et a servi par la suite dans divers rôles au sein de quartiers généraux[15]. Au civil, Léo Morissette était un enseignant qui a aussi occupé des postes de direction le Centre de l'Institut maritime du Québec[15]. Aujourd'hui, il siège sur divers conseils d'administration d'organismes bénévoles[15]. Il a été le lieutenant-colonel honoraire du régiment de septembre 1998 à novembre 2002[15].

Bernard Imbeault est le lieutenant-colonel honoraire du régiment depuis octobre 2009[14],[16]. Il est un homme d'affaires surtout connu pour avoir fondé Pizza Delight[16]. Il a reçu plusieurs prix dont celui d'être nommé chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur française et deux doctorats honorifiques[16].

Insigne[modifier | modifier le code]

L'insigne des Fusiliers du Saint-Laurent est composée d'une grenade dorée surmontée de 15 flammes d'or. Chacune de ces flammes représente les 15 endroits où le régiment a été situé. Un libellé marqué d'or sur du lapis inscrit le nom de l'unité et marqué à sa base un feuille d'érable. Au centre, une tour, en reconnaissance des services rendus, surtout lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Droits de cité[modifier | modifier le code]

Les Fusiliers du Saint-Laurent ont reçu le droit de cité à :

Couleurs[modifier | modifier le code]

Les Fusiliers du Saint-Laurent ont deux drapeaux qui font partie de leurs couleurs : le drapeau royal et le drapeau régimentaire. L'unité a reçu ses premiers drapeaux en 1911 en tant que le 89e Bataillon, Témiscouata et Rimouski[8],[10]. Elle a reçu ses drapeaux en tant que Fusiliers du Saint-Laurent en 1972[10]. Le 10 mai 2010 dans la cathédrale Saint-Germain de Rimouski, le régiment a reçu de nouveaux drapeaux[10]. La cérémonie était cocélébrée par l'aumônier général des Forces canadiennes, le brigadier-général David C. Kettle, et l'archevêque de Rimouski, monseigneur Pierre-André Fournier[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Les Fusiliers du Saint-Laurent (Fus du St-L)' sur le site de l'Armée de terre canadienne, page consultée le 27 février 2011
  2. a, b et c Les Fusiliers du St-Laurent sur le site du 35e Groupe-brigade du Canada, page consultée le 27 février 2011
  3. a et b Assiciation des anciens des Fusiliers du Saint-Laurent, page consultée le 27 février 2011
  4. Lieutenant-colonel Denis Bossé, CD Commandant du régiment des Fusiliers du St-Laurent sur le site des Fusiliers du Saint-Laurent, page consultée le 27 février 2011
  5. a et b Adjudant-chef Réjean Caron, CD Sergent-major régimentaire du régiment les Fusiliers du St-Laurent sur le site des Fusiliers du Saint-Laurent, page consultée le 27 février 2011
  6. Les commandants sur le site des Fusiliers du Saint-Laurent, page consultée le 27 février 2011
  7. Les sergents-majors régimentaires sur le site des Fusiliers du Saint-Laurent, page consultée le 27 février 2011
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa et ab Les Fusiliers du Saint-Laurent (5e Bataillon du Royal 22e Régiment) sur le site du Royal 22e Régiment, page consultée le 1er décembre 2009
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Historique de l'unité sur le site des Fusiliers du Saint-Laurent, page consultée le 27 février 2011
  10. a, b, c, d, e, f et g Le Régiment reçoit ses nouveaux drapeaux, Le soldat de la Côte !, volume 1, numéro 1, p. 4, document consulté en ligne le 27 février 2011
  11. a et b 125e anniversaire de formation du 89è bataillon, Le soldat de la Côte !, volume 1, numéro 1, septembre 2009, p. 2, document consulté en ligne le 27 février 2011
  12. Caporal Joseph Kaeble, VC, MM sur le site du Royal 22e Régiment, page consultée le 27 février 2011
  13. Lieutenant Jean Brillant, VC, MC sur le site du Royal 22e Régiment, page consultée le 27 février 2011
  14. a, b, c et d Histoire et rôles des honoraires sur le site des Fusiliers du Saint-Laurent, page consultée le 27 février 2011
  15. a, b, c, d, e, f, g et h Colonel (H) Léo Morissette, CD Colonel honoraire du régiment les Fusiliers du St-Laurent sur le site des Fusiliers du Saint-Laurent, page consultée le 27 février 2011
  16. a, b, c et d Lieutenant-colonel honoraire Bernard Imbeault sur le site des Fusiliers du Saint-Laurent, page consultée le 27 février 2011

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]