Jeanne Louise Henriette Campan

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Madame Campan

Description de cette image, également commentée ci-après

Huile sur toile représentant Jeanne-Louise-Henriette Campan par Joseph Boze (1786).

Nom de naissance Henriette Genet
Naissance
Paris
Décès (à 69 ans)
Mantes
Nationalité Française
Pays de résidence France
Profession Lectrice
Femme de chambre
Éducatrice
Ascendants
Edme-Jacques Genet (père)
Marie-Anne-Louise Cardon (mère)
Conjoint
Pierre Dominique François Berthollet dit Campan

Jeanne Louise Henriette Genet Campan, née Henriette Genet le à Paris et morte le à Mantes, est une éducatrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien régime[modifier | modifier le code]

Elle était la fille d’Edme-Jacques Genet, Premier commis aux Affaires étrangères, et de Marie-Anne-Louise Cardon, et la sœur d’Edmond-Charles Genêt. Son père lui permit d’étudier l’anglais et l’italien en plus de cours de chant et de diction.

Elle fut d’abord nommée lectrice des filles de Louis XV en octobre 1768, puis fut attachée à la personne de Marie-Antoinette et reçut le titre de « Femme de chambre » en 1770 et de « Première femme de chambre » le 13 juillet 1786, en survivance de Madame de Misery, fille de Monsieur de Chémant, qui avait délaissé sa charge depuis longtemps, retirée la majeure partie de l'année sur ses terres de Biaches, près de Péronne. Elle se maria le 11 mai 1774 — lendemain de la mort du roi — avec Pierre Dominique François Berthollet dit Campan, maître de la garde-robe de la comtesse d'Artois et officier de la chambre de la dauphine, le fils de Pierre-Dominique Berthollet (ou Bertholet), régisseur du petit théâtre de la Reine. Ils eurent un fils en 1784. Le mariage ne fut cependant pas heureux, car le conseil du Châtelet prononça la séparation des biens du couple Campan le 4 juin 1790. Elle soigna cependant son mari jusqu'à sa mort en 1797.

Lors de la fuite du Roi et de la Reine à Varennes en juin 1791, elle s’éloigna de la famille royale. Madame Campan continua de servir la reine en la suivant au château des Tuileries jusqu'à la « prise des Tuileries »[réf. nécessaire], le 10 août 1792. Elle revit Marie-Antoinette peu après, lors de l’arrestation de celle-ci, témoignant de manière épistolaire de sa sollicitude.

Après la prise des Tuileries le 10 août 1792, la maison de Madame Campan fut pillée et brûlée, et elle dut se réfugier au château de Coubertin dans la vallée de Chevreuse, en compagnie de sa sœur Madame Auguié (ou Auguier), elle aussi femme de chambre de la reine. Sur le point d’être arrêtée et envoyée sur l’échafaud en 1794, Mme Auguié se suicida ; Mme Campan recueillit ses trois filles :

Premier Empire[modifier | modifier le code]

Jeanne Campan née Genest (1752-1822), Louise Rose Julie Duvidal de Montferrier (1798-1865), 1re moitié du XIXe siècle, musée national du Château de Versailles.

Elle fonda alors à Saint-Germain-en-Laye l’« Institution nationale de Saint-Germain », un pensionnat de jeunes filles qui devint bientôt florissant et où furent élevées les filles de la haute bourgeoisie comme les sœurs et les filles adoptives du général Bonaparte, Pauline et Caroline Bonaparte, et Hortense de Beauharnais, future reine de Hollande ou Stéphanie de Beauharnais, future grande-duchesse de Bade.

Parvenu à l’Empire, Napoléon la plaça en 1807 à la tête de la « Maison impériale d’Écouen », une maison d'éducation de la Légion d'honneur où devaient être élevées les filles des officiers de la légion d'honneur.

Elle perdit cette position à la Restauration, lorsque Louis XVIII fit fermer la maison et rendit le château à ses cousins Condé. Madame Campan, considérée comme trop proche de Napoléon, tomba en disgrâce et se retira à Mantes auprès de l’une de ses anciennes élèves.

Décès et legs[modifier | modifier le code]

Elle mourut le 16 mars 1822. L’épitaphe suivante fut gravée sur sa tombe :

« Elle fut utile à la jeunesse et consola les malheureux ».

Cette femme distinguée s’attachait surtout, dans l’éducation des femmes, à former des mères de famille.

Écrits[modifier | modifier le code]

Ses mémoires ne furent publiés qu’après sa mort. Elle avait écrit :

  • des mémoires sur Marie-Antoinette, 1822 [lire en ligne]
  • un Traité de l’Éducation des femmes, 1823 ;
  • un Journal anecdotique de Mme Campan, ou Souvenirs recueillis dans ses entretiens, 1824, [lire en ligne]
  • Conseils aux jeunes filles éditeur:H. Baudouin et Bigot, 1830, [lire en ligne]
  • une Correspondance avec la reine Hortense, 1835.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Jeanne Louise Henriette Campan, sous le nom de Henriette Campan est l'une des protagoniste du roman Les Adieux à la reine de Chantal Thomas publié 2002.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Le personnage de Madame Campan est interprété au cinéma par[1] :

Sources[modifier | modifier le code]

  • Mémoires de Madame Campan, Mercure de France, (ISBN 2-7152-2181-9)
  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.imdb.com/character/ch0150684/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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