Éléonore Denuelle de La Plaigne

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Éléonore Denuelle de la Plaigne, maîtresse de Napoléon Ier.
Tombe d'Eléonore Denuelle de la Plaigne

Louise Catherine Éléonore Denuelle, puis Denuelle de La Plaigne née le 3 septembre 1787 à Paris, en la paroisse Saint-Eustache, décédée le 30 janvier 1868 à Paris, âgée de 81 ans. Elle fut l'une des nombreuses maîtresses de Napoléon Bonaparte. Ayant été la première à lui donner un fils (déclaré comme Léon Denuel, et appelé le comte Léon), né le 13 décembre 1806, elle prouva ainsi à l'Empereur qu'il pouvait engendrer des enfants.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louise Catherine Éléonore Denuelle de La Plaigne est la fille de Françoise-Charlotte-Eléonore Couprie (1767-1850) et de Dominique Denuelle v 1748 - 1821. Son père est un bourgeois parisien, titulaire de plusieurs charges royales, qu’il perd lors de la Révolution.

Fille de bonne famille, elle est admise au pensionnat de Madame Campan, où elle fait la connaissance des sœurs de Napoléon.

À 17 ans, le 15 janvier 1805, elle épouse Jean-Honoré-François Revel, capitaine au 15e régiment de dragons. Deux mois plus tard, le jeune mari se révèle n’être qu’un aventurier et un escroc. Arrêté, il est condamné à deux ans de prison.

Éléonore fait alors appel à l’amitié de Caroline Murat, devenue princesse Murat et altesse impériale. Celle-ci la prend à son service comme lectrice. Très vite, Éléonore devient la maîtresse du mari de sa bienfaitrice, puis, sur la recommandation de ce dernier, de l'Empereur en personne[1].

Le 13 décembre 1806, sept mois et demi après le prononcé de son divorce, Éléonore met au monde un fils[2], Charles Léon. Le père en est Napoléon, qui est informé de l’événement le 30 décembre 1806, à Pułtusk. Éléonore ne reverra pourtant jamais le père de son enfant. Lorsqu’elle se présentera au château de Fontainebleau, l’année suivante, l'Empereur refusera de la recevoir.

La jeune mère est cependant pourvue d’une rente annuelle confortable et d’un mari honorable en la personne d’un jeune lieutenant au 15e régiment d'infanterie de ligne, Pierre-Philippe Augier de la Sauzaye. Le mariage, richement doté, a lieu le 4 février 1808, à la mairie du 10e arrondissement ancien.

Moins de cinq ans plus tard, après la mort de son conjoint, disparu au passage de la Bérézina, Éléonore s’installe à Mannheim. La grand-duchesse de Bade, Stéphanie de Beauharnais, une autre ancienne condisciple du pensionnat de Madame Campan, l’y a invitée.

Éléonore rencontre en Allemagne son troisième époux, le comte Charles-Auguste-Émile-Louis de Luxbourg, avec qui elle s’unit le 23 mai 1814. Malgré les efforts de son premier mari, réapparu à la fin de la même année et qui essaie de faire annuler leur divorce, Éléonore connaîtra cette fois une union durable, qui ne prendra fin que trente-cinq ans plus tard, à la mort du comte, le 1er septembre 1849. Entre temps, le couple aura partagé sa vie entre Paris et Mannheim.

Lorsqu’elle devient veuve pour la seconde fois, il reste encore à Éléonore près de vingt années à vivre. Elle meurt à Paris, dans son appartement du 20 boulevard Malesherbes, le 30 janvier 1868, et se fait enterrer, dans la 41e division du Cimetière du Père-Lachaise[3], avec au cou la chaîne et la médaille pieuse que lui avait offertes Napoléon.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]

  • Gérard Walter. Article "Denuelle de la Plaigne (Éléonore)" de la Notice in Emmanuel-Augustin-Dieudonné de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, Gallimard, 1956. 2 vol. (Bibliothèque de la Pléiade)
  • État-civil Paris, Saint-Germain-en-Laye

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Jean Savant, Éléonore Denuelle de la Plaigne fut : "Une fille qui coûta cher aux finances du pays comme à celles de beaucoup de messieurs sous l’Empire et au delà."
  2. Ce fils, que l'Empereur ne lui laissa pas appeler Napoléon, et qui se fit connaître sous le nom de comte Léon fut pour elle un fardeau. Il alla jusqu’à la traîner en justice pour tenter de lui soutirer de l’argent.
  3. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 275-276

Lien externe[modifier | modifier le code]