Zoé Talon

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La comtesse du Cayla, peinte par Gérard.

Zoé Victoire Talon, comtesse Achille de Baschi du Cayla, née le 25 août 1785 au Boullay-Thierry (Eure-et-Loir), morte en son château de Saint-Ouen le 19 mars 1852.

Biographie[modifier | modifier le code]

Zoé Victoire Talon, comtesse du Cayla (1785-1852), était la dernière favorite, amie et confidente de Louis XVIII durant ses années de déclin. Née le 25 Août 1785 à Boullay-Thierry en Eure-et-Loir. De par son père Antoine-Omer Talon, qui était avocat, elle est issue d’une famille des magistrats. En 1790, une année après la Prise de la Bastille, le père de la future comtesse du Cayla se rend dans la prison du Châtelet où est enfermé le marquis de Favras enfin de l’interroger. Favras est alors accusé du complot visant à faire évader Louis XVI, roi de France. Mais le marquis, agent officieux du comte de Provence, futur Louis XVIII, aurait reçu de celui-ci l’instruction de faire compromettre Louis XVI au bénéfice de son frère Provence. Pressentant sa fin prochaine sur l’échafaud, Favras aurait rédigé un rapport de quatre pages dans lequel il a consigné tous les détails de cette sombre machination. Omer Talon est effrayé en apprenant la vérité de la bouche du marquis. Il lui adjure de remettre le rapport en question et de n’en souffler mot à personne. Le marquis de Favras tiendra parole et montera sur l’échafaud sans avoir rien révélé. De son côté, Talon a apporté la confession de Favras qu’il léguera à sa fille. Peu de temps après, Talon est élu député aux Etats Généraux où il tente de maintenir le pouvoir royal. Il se conseille Louis XVI de se réconcilier avec Mirabeau, puis devant les menaces dont la famille royale est l’objet, conseille au roi de se refugier au milieu des troupes de Broglie. Ce qui ne fait qu’attirer la méfiance de la part de l’Assemblée nationale à son égard. Suspecté par l’Assemblée, Talon est obligé d’émigrer avec sa famille afin de garder la liberté. En 1796, la famille Talon est de retour en France. De son retour , la future Mme du Cayla est placée par ses parents à l’institution de Mme Campan que fréquentent les jeunes filles de l’aristocratie de la nouvelle République où elle se lie d’amitié avec Hortense de Beauharnais ainsi que les futures princesses Bonaparte : ce qui lui vaudra de faire aussi la connaissance du général de Bonaparte, futur Napoléon 1er. Le 3 août 1802, à 17 ans, la jeune Zoé épouse le comte Achille-Pierre-Antoine Baschi du Cayla, marquis d’Aubais et pair de France, issu comme elle, d’une famille farouchement royaliste. C’est un mariage de convenance et les époux prennent de liberté vis-à-vis de la vie commune. Très vite, le mariage ne tarde pas à battre de l’aile : Zoé entame des actions judiciaires contre son mari, elles dureront plus de vingt ans. Dans l’entretemps, Zoé mène une joyeuse existence. Fort jolie, malgré sa petite taille et ses formes arrondies, son charme et la grâce de son esprit lui vaut plusieurs soupirants à qui elle cède leurs avances. Son premier amant est Maurice Balincourt, un jeune gentilhomme fervent royaliste comme elle. En 1804, Omer Talon est arrêté sur ordre de l’Empereur. Omer Talon qui résiste à l’autorité impériale est passible pour peine de mort. Zoé est aussi soupçonnée pour des propos malveillants à l’égard du nouveau régimes. Désespérée, elle demande audience au ministre de la police, Savary, et joue les femmes éplorées. Séduit par le charme de la jeune femme, Savary commute la peine capitale de Talon en l’exil à l’île Sainte-Marguerite. Ce n’est pas tout, il assure à Napoléon que les propos prêtés à Mme du Cayla ne sont que pure médisance. Le ministre devient l’amant de la jeune femme. Neuf mois après, la comtesse du Cayla met au monde son premier enfant, un garçon, Ugolin (qui mourut à 17 ans) qui a plus de chance d’être celui de Savary que de son époux légitime. Deux ans encore en 1807, Zoé du Cayla donne naissance à une fille, Ugoline, future princesse de Beauvau-Craon. La liaison de Zoé et de Savary (devenu duc de Rovigo) durera encore des années. En 1814, après la chute de Napoléon, Zoé est à Paris arborant la cocarde blanche (couleur de la Royauté) en l’honneur du retour de Louis XVIII. En 1817, les époux du Cayla qui vivent sous le même toit, s’affrontent en justice pour obtenir chacun la garde de leurs enfants (qui ne sont probablement pas du comte mais de Rovigo). Pour obtenir gain de cause, la jeune femme se rend aux Tuileries pour demander de l’aide au Roi. Elle est devenue une jeune femme pleine de vie mais qui a souffert dans un mariage malheureux. Munie d’une lettre de sa tante, Mme de Jaucourt, qui fut l’une des dames d’honneur de la défunte épouse de Louis XVIII, elle demande la protection du roi ainsi que son aide pour la garde de ses enfants après avoir divorcé de son époux. Émue par cette jeune femme, le roi ordonne à son ministre Decazes de se charger de l’affaire. La comtesse du Cayla aurait-elle montré la confession de Favras au roi qui s’est empressé de la brûler dans la cheminée ? C’est fort probable. Le roi s’amourache de la comtesse à la grande satisfaction de son frère le comte d’Artois et des autres royalistes. Zoé accepte de servir leur cause si c’est dans son propre intérêt. L’amitié entre Louis XVIII et Mme du Cayla grandit au fil des années et en 1820, après l'assassinat du duc de Berry, Louis XVIII garde Mme du Cayla aussi proche de lui que possible. Les natures de leur relation ont été platoniques, Louis-Stanislas était plus sensible aux plaisirs de l'esprit que ceux de la chair. Le sentiment du roi pour cette jolie femme avait d'abord le caractère d'un amour qui se cache de lui-même, sous le nom de l'amitié, quel que soit l'âge du roi ou la réserve de la femme n'a pas permis d'être avouée, il se sentait une affection paternelle pour elle, et l'appelait sa fille, n'osant pas par respect pour lui-même et respect pour elle, l'appeler par un autre nom. Louis XVIII réserve ses mercredis pour tenir compagnie à madame du Cayla, dans lequel ils jouissent des soirées de jeux poivrées avec beaucoup de réparties spirituelles. Il lui décerne aussi le château de Saint-Ouen comme le sien, ainsi que des bijoux et de la porcelaine. Lorsqu'il n'est pas en sa compagnie, il lui écrit des lettres plusieurs fois par jour. Elle était, paraît-il, le dernier amour plus grand et d'un homme autrement connu pour son complice. Peu à peu, Mme du Cayla a réussi à établir voire même avoir un ascendant sur l'esprit de Louis XVIII, comme elle l'a sur son cœur, et l'a utilisé sans scrupule dans les intérêts de la partie ultra-royaliste. « Depuis le jour, écrit Pasquier, quand M. Decazes avait été pris de lui par la procédure qui avait blessé son cœur, son amour-propre, et son respect pour la dignité royale, le roi ne s'était pas occupé d'affaires de telle sorte qu’il ne doit pas être dit qu'il y avait renoncé. » Alourdi sous le fardeau de ses infirmités, il avait commencé à tomber dans un état d'apathie qui le mettait à la merci de ceux qui résolument s’étaient appliqués à la tâche de le gouverner. Parfois, un scintillement de l'ancien esprit se révélait, mais il ne tardait pas à s’éteindre ; tout ce qu'il désirait maintenant, c'était la paix et la tranquillité, et Mme du Cayla ne lui donnait aucune jusqu'à ce qu'il se soit remis à sa volonté. L’influence de Mme du Cayla peut être tracée sur la chute du noble et patriotique duc de Richelieu, qui avait refusé de se prêter à des plans de Monsieur [Artois] et ses amis ; la nomination de Villèle en tant que Premier ministre, le licenciement ignominieux de Chateaubriand du ministère des Affaires étrangères, et l'acceptation par le Roi du projet de loi septennale de 1824 et d'autres mesures réactionnaires. L'attitude des différents membres de la famille royale vers la grande favorite est intéressante. Monsieur, bien qu'il ne semble pas avoir fait parti de l'intrigue tissée autour de son frère impuissant, tout au moins dans ses premiers stades, n'avait aucun scrupule à profiter de celui-ci, et exhortait à plusieurs reprises Mme du Cayla à « ignorer les choses qui malgré la folie qu’on peut dire contre elle, et de jouir en paix de l'utilisation noble qu’elle faisait de la confiance et l'affection du roi ». La duchesse d'Angoulême, d'autre part, ne put se résoudre à admettre une dame à qui les rumeurs avaient attribué dans sa jeunesse au moins une connexion peu orthodoxe, et non seulement elle le traitait avec froideur, mais elle exprimait aussi son mécontentement face à l'intimité qui existait entre sa dame d'atours , Mme de Choisy, et la favorite. Dans le même temps, Madame du Cayla regrettait tout à fait une intrigue qui, quoique indigne, pouvait mettre un terme aux dissensions dans la famille royale et faisait tellement de choses à promouvoir les intérêts des partis qu'elle honorait par sa protection. Quant à la duchesse de Berry, moins pointilleuse dans son choix d'amis que sa belle-sœur, elle semble avoir été en très bons termes avec la favorite, même si elle n'approuvait pas du tout de l'habitude du roi de se référer à Madame du Cayla, même en présence de sa famille, comme « sa troisième fille », qui semblait mettre cette dame sur un pied d'égalité avec la duchesse d'Angoulême et elle, et, à une occasion, elle a exprimé ses sentiments sur ce point. Cependant, la relation entre les deux dames étaient, dans l'ensemble, excellente, en effet, Mme du Cayla semble avoir manifesté une réelle affection pour la princesse, car elle est restée fidèle à sa cause après la Révolution de 1830, correspondait avec elle fréquemment, et a même intrigué pour son compte. En dépit de tout, c'est Mme du Cayla, qui persuada Louis XVIII de recevoir les derniers sacrements, quand il était mortellement malade. Rien n’a si embarrassé et ennuyé la duchesse d'Angoulême et le comte d'Artois dans les derniers moments de la vie de Louis XVIII, que son obstination à refuser de recevoir l'archevêque et de se soumettre aux cérémonies que l'Église catholique impose dans les derniers moments. Il refusait, comme un homme condamné, pour la visite de son bourreau. Enfin Madame du Cayla lui fait donner son consentement, et ce, faisant fermer la porte de l'appartement du roi à son encontre pour le reste de ses jours. Louis, reconnaissant, fit un testament en sa faveur et le laissa sur son bureau. Mais Charles X entré dans le cabinet de son frère, emporte tous les papiers, brûle le testament, et fait une indemnisation à Madame du Cayla d’une pension de 25 000 francs par an pour le restant de sa vie. Après la mort de son amant, elle se retira dans son château de Saint-Ouen où elle s’occupa d’exploitations agricoles et éleva une race de moutons qui porte encore son nom. Madame de Cayla termine ses jours dans son petit palais de Saint-Ouen en 1852. Alors que certains voyaient en elle une intrigante, d'autres la considéraient comme le dernier véhicule de la grâce pour l'impitoyable Louis XVIII.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

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