Jean Orizet

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Jean Orizet

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Jean Orizet en octobre 2009

Activités Écrivain, éditeur, critique
Naissance 5 mars 1937 (77 ans)
Marseille (Drapeau de la France France)
Langue d'écriture Français
Genres Poésie, prose
Distinctions
* Prix Max Jacob (1975)

Œuvres principales

Jean Orizet, né le 5 mars 1937 à Marseille, est un poète et un prosateur français dont l'œuvre s'inscrit dans la lignée des écrivains voyageurs et humanistes.

Cofondateur à Paris de la revue Poésie 1 en 1969 et des éditions du Cherche midi en 1975, Orizet effectue également des missions pour les services culturels du ministère des Affaires étrangères et pour l'Alliance française.

Traduite en plus de vingt langues, son œuvre est couronnée par de nombreux prix. Il est membre de l'académie Mallarmé, de l'association internationale de la critique littéraire et président d'honneur du PEN club français. On lui doit l'invention du concept d'« entretemps » qui sous-tend l'ensemble de ses écrits[1],[2],[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Orizet est né à Saint-Henry, entre L'Estaque et Marseille. Son père, Louis Orizet, est ingénieur agronome, sa mère enseigne les mathématiques et son grand-père maternel travaillait dans la construction navale. Un grand-oncle instituteur lui apprend à lire avant qu'il ne fréquente l’école communale de Saint-Henry.

La guerre venue, son père est mobilisé comme sous-lieutenant de cavalerie et sa mère s’installe à Dijon, puis à Mâcon, en 1942. C’est là qu'il fait ses études primaires puis secondaires classiques (latin-grec), au lycée Lamartine, où l’un de ses professeurs de lettres, Maurice Chervet, lui fait lire Gérard de Nerval, lecture qui va profondément le marquer.

À l’âge de douze ans, il découvre sous la houlette d’un père jésuite archéologue, les cités de l’Afrique romaine : Cherchell, Tipaza, Lambèse, Timgad, Hippone. Ce voyage est à l’origine de son goût pour les cités en ruines qui « conservent et stimulent l’orgueil d’anciennes prouesses » (Roger Caillois).

À la découverte de l’Amérique[modifier | modifier le code]

Le voyage initiatique d’Afrique du Nord n’est que le premier d’une longue série. Une bourse d’études lui permet, en 1953, de séjourner un an dans une école américaine de la côte est des États-Unis. À son retour, en 1954, il rencontre à Mâcon Claude Érignac qui va devenir son meilleur ami et le restera jusqu’à son assassinat, à Ajaccio, début février 1998.

À Saint-Andrew’s School, Orizet perfectionne son anglo-américain et commence d’apprendre l’espagnol. Il va poursuivre l’étude de ces langues, d’abord au lycée français de Madrid puis à l’école d’interprètes de l’université de Genève. En 1958, il s’inscrit à l’Institut d'études politiques de Paris, où il passe trois ans. Entre-temps, il voyage en Allemagne et au Danemark. En 1963, il devient attaché à la présidence de la société Ricard à Marseille, retour au pays natal entrecoupé d’autres voyages en Yougoslavie, en Grèce, en Italie, en Irlande et aux États-Unis.

Il publie, en 1962, son premier recueil, intitulé Errance, qui regroupe les poèmes de jeunesse écrits entre 14 et 22 ans.

Retour à la terre[modifier | modifier le code]

Jean Orizet quitte la société Ricard en 1965 et rejoint la propriété du Beaujolais, où sa famille s’est installée dans les années 1960. Il collabore avec son père à des publications viti-vinicoles et aide à la conduite du vignoble.

En 1966, il publie L’Horloge de vie chez Guy Chambelland, recueil qui lui vaudra le prix Marie-Noël qu’il ira recevoir à Dijon.

L’aventure de Poésie 1[modifier | modifier le code]

Il effectue de fréquents voyages à Paris où il rencontre, en 1967, sur la recommandation de Guy Chambelland, Michel et Jean Breton qui viennent d’ouvrir une librairie, 184 boulevard Saint-Germain, et projettent la fondation d’une revue appelée Poésie 1, parce qu’elle sera vendue 1 franc, le prix d’un ticket de métro de l’époque, le manque à gagner devant être compensé par de la publicité. Pour participer au projet, Orizet s’installe à Paris, où il gagne sa vie en collaborant à des publications professionnelles ayant trait à la cuisine et au vin. Il devient membre de l’AFPGT, l'Association française de la presse gastronomique et touristique.

En 1967, il rencontre Isabelle Constantin, administrateur à l’Assemblée nationale, avec laquelle il se marie en juin 1968. Ils auront deux filles, Juliette, née en 1969 et Anne, née en 1970. Cette même année 1968, la revue Poésie 1 est lancée avec cinq numéros tirés à 20 000 exemplaires chacun. C’est un succès salué par toute la presse. Le Monde des livres titre : « Prenez le métro de la poésie ».

L’éditeur et le voyageur[modifier | modifier le code]

À dater de ce moment, la vie de Jean Orizet sera consacrée aux livres et à la poésie. Il effectuera aussi de nombreux voyages qui le conduiront dans le monde entier, soit à titre privé, soit dans le cadre de missions pour le compte de l’Alliance française ou de la direction culturelle, scientifique et technique du ministère des Affaires étrangères et, aujourd'hui, de l'Institut Français.

Jean Orizet fonde avec Philippe Héraclès, en 1975, les éditions du Cherche midi, qu’il dirigera jusqu’en 2005, date à laquelle la maison est vendue au groupe Editis.

Dans ces années 1970 apparaît dans sa poésie et dans sa prose l’idée d’« entretemps » qu’il formalisera et explicitera dans L’Histoire de l’Entretemps (La Table Ronde, 1985).

En 1981, il est élu à l’académie Mallarmé dont il sera, au fil des années, secrétaire général, puis président. De même, il sera membre, secrétaire général puis président, en 1993, du PEN Club français. De 1984 à 1994, il assure la chronique de poésie du Figaro Magazine après le décès de Luc Bérimont.

Entre 1962 et 2008, Jean Orizet a publié trente ouvrages de poésie et de prose et vingt anthologies vendues à des centaines de milliers d’exemplaires.

Fonctions en 2014[modifier | modifier le code]

  • Éditeur au Cherche midi - www.cherche-midi.com
  • Conférencier pour le compte de l'Institut Français.
  • Membre de l’Association internationale de la critique littéraire, membre des jurys des prix de l’Académie Mallarmé, Max Jacob, Alain Bosquet, Omar Khayam des Journées Nationales du Livre et du Vin [1]
  • Membre de la Société des gens de lettres (SGDL)
  • Président de Biblionef, association correspondante auprès de l’Unicef et de l'Unesco.
  • Président d’honneur du Pen club français
  • Membre de l’Académie Alphonse Allais, de l’Académie Mallarmé et de l’Académie européenne de poésie
  • Membre de l’association des Amis d’Alain Bosquet
  • Administrateur de la fondation Raymond Devos, reconnue d'utilité publique
  • Membre du Grand Conseil du Cercle de l'Union interalliée
  • Membre de l'association de l'Œuvre du Perpétuel secours, reconnue d'utilité publique
  • Membre du Conseil de rédaction de la revue Phœnix
  • Président de l'Association des écrivains combattants(A.E.C), reconnue d'utilité publique
  • Membre du Comité d'honneur de l'association Les Passagères, pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine culturel, littéraire et artistique francophone représenté par les revues

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Jean Orizet a reçu, depuis 1966, les prix Marie-Noël, Charles-Vildrac de la Société des gens de lettres (SGDL), Max-Jacob, Apollinaire.

En 1991, le Grand Prix de poésie de l'Académie française récompense l’ensemble de son œuvre. En 1993, il reçoit le Grand Prix des poètes de la Sacem et, en 2009, le Grand Prix de poésie de la SGDL pour l’ensemble de son œuvre.

Décorations[modifier | modifier le code]

Commentaires critiques[modifier | modifier le code]

Dans son Histoire de la poésie française (Albin Michel, 1988), Robert Sabatier écrit :

« Chez Orizet, le sentiment du mystère se mêle à un sentiment panique de l’univers dont il inventorie les merveilles à travers la nature comme parmi les créations de l’homme, car s’unissent songe et réalité, monde de genèse et monde industriel, époques diverses, mots anciens et modernes, s’opèrent des métamorphoses comme si la vie et ses amples mouvements se déroulaient sous nos yeux. »

Dans le Dictionnaire universel des littératures (PUF, 1994), Marie-Claire Bancquart et Vénus Khoury-Ghata notent[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13],[14],[15],[16],[17] :

« La poésie de ce grand voyageur traduit depuis 1960 une errance sensuelle et pessimiste à la fois, qui s’est longtemps préservée sous le masque d’un certain dandysme. Orizet accepte franchement de prendre l’espace comme la figure d’un destin regardé avec lucidité, mais rêvé avec amour, dans une inquiétude dont le frémissement n’est jamais grandiloquence. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie et prose[modifier | modifier le code]

  • Errance, éd. la Grisière (1962)
  • L’Horloge de vie, Librairie Saint-Germain-des-Prés (1966)
  • Miroir oblique, Librairie Saint-Germain-des-Prés (1969)
  • Silencieuse entrave au temps, Librairie Saint-Germain-des-Prés (1972)
  • Dupont le poète, conte moral, dessins de Christian de Calvairac, Éd. Saint-Germain-des-Prés (1972)
  • En soi le chaos : poésie 1960-1974, Éd. Saint-Germain-des-Prés (1975)
  • Poèmes cueillis dans la prairie, Éd. Saint-Germain-des-Prés (1978)
  • Niveaux de survie, Belfond (1978)
  • Le Voyageur absent, Grasset (1982)
  • Dits d’un monde en miettes, Éd. Saint-Germain-des-Prés (1982)
  • Schneider, Éd. La Différence, (1984)
  • Histoire de l'entretemps, La Table ronde (1985)
  • La Peau du monde, Belfond (1987)
  • Poèmes, 1974-1989, Le Cherche midi (1990)
  • L’Épaule du cavalier, Le Cherche midi (1991)
  • Le Miroir de Méduse, Le Cherche midi (1994)
  • Hommes continuels, Belfond (1994)
  • La Poussière d’Adam, Le Cherche midi (1997)
  • La Vie autrement, Le Cherche midi (1998)
  • Les Aventures du regard, Jean-Pierre Huguet (1999)
  • Entretiens avec Claude Mourthé, À voix nue, France Culture, Jean-Pierre Huguet (2000)
  • Réédition Errance, la Grisière Mélis (2001)
  • L’Homme fragile, Le Castor astral (2002)
  • Lettre à Claude Érignac, l’ami assassiné, Le Cherche midi (2003, 2008)
  • La Peau bleue des rêves, Le Cherche midi (2003)
  • Jean-Marc Brunet, monographie, Fragments éditions (2003)
  • Le Voyageur de l’entretemps, Mélis (2004)
  • L’Entretemps, brèves histoires de l’art, La Table ronde (2005)
  • La Cendre et l’étoile – poèmes 1978-2004, Le Cherche midi (2005)
  • L’Attrapeur de rêves, Mélis (2006)
  • Le Regard et l’Énigme. Œuvre poétique 1958-2008, Le Cherche midi (2008)
  • Cuisine-moi des étoiles, entretiens avec Antoine Westermann, Le Cherche midi (2009)
  • Kâma Sutra, textes sur des œuvres de Michel Four, Fragments international (2009)
  • En collaboration, Yves Piaget, orfèvre du temps, dialogues avec Jean Orizet, Le Cherche midi (2010)
  • Les Forêts de l'impossible, œuvre en prose 1, Le Cherche midi (2011)
  • Mémoires d'entretemps, œuvre en prose 2 Le Cherche midi (2012)

Anthologies (comme éditeur et/ou auteur)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Entretien avec Jean Orizet - Bernard Fournier in LittéRéalité, vol. XX, n° 1, printemps/été 2008, Université York-Toronto-Ontario-Canada.
  2. Jean Orizet - Entretiens avec Claude Mourthé pour À voix nue, France Culture, du 4 au 8 octobre 1993.
  3. Marie-Claire Bancquart, professeur émérite à la Sorbonne : notice sur Jean Orizet in Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours, sous la dir. de Michel Jarrety, Paris, PUF, 2001.
  4. « Jean Orizet, le sismographe de l'indicible », entretien avec Marie-Luce Townsend, n° 51 de la revue Sarraf (Société des amis de la région de Rambouillet et de sa forêt), novembre 2009.
  5. Pierre Kyria, « Jean Orizet en un "nouvel état de vivre" », in le Monde des livres, 11 juin 1999
  6. Alain Bosquet, « Jean Orizet, Derrière le miroir », in le Figaro, 3 avril 1997
  7. Patrice Delbourg, « Là-bas, sur la ligne d'Orizet », in L'Événement du jeudi, 14 janvier 1999
  8. Nicolas d'Estienne d'Orves, « Les plaisirs majuscules de Jean Orizet », in Le Figaro, 20 février 1999
  9. Jacques Lovichi, rédacteur en chef de la revue Autre Sud, « Jean Orizet debout dans l'Entretemps », in Autre Sud, numéro spécial Jean Orizet, septembre 1999
  10. Alain Bosquet, « Jean Orizet ou le temps arrêté », Le Figaro, 26 octobre 1994
  11. Vincent Landel, « Des miettes d'éternité », article sur L'Histoire de l'entretemps, in Le Monde des livres, 24 mai 1985
  12. Nicolas Catanoy, « Jean Orizet, le voyageur absent », in World literature today, printemps 1983
  13. Robert Sabatier, Jean Orizet in Histoire de la Poésie française, La Poésie du XXe siècle, tome III (Albin Michel, 1998)
  14. Michel Pougeoise, notice sur Poèmes de Jean Orizet, in Dictionnaire des œuvres du XXe siècle, Le Robert, 1995
  15. Entretien avec Bernard Mazo dans la revue Autre Sud, septembre 1999
  16. Jean-Yves Debreuille, professeur à l'université Lyon III Louis Lumière, « L'Univers distendu », in revue La Bartavelle, de Jean Orizet sur l'ensemble de l'œuvre, octobre 1997
  17. Jean Orizet - Le Voyage d'un voyage, entretien avec Rodica Draghincescu in Poésie/première n°28, mars-juin 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes et sources[modifier | modifier le code]