Jacques Tillier

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Jacques Tillier est un journaliste français et un patron de presse. Il est grièvement blessé en 1979 par Jacques Mesrine alors qu'il travaillait pour Minute. Il fut notamment directeur du Journal de l'île de La Réunion et du pôle Champagne-Ardennes-Picardie (CAP) du groupe Hersant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille pied-noir, ancien de la Direction de la surveillance du territoire (DST)[1] et ami proche de Lucien Aimé-Blanc, il se fait connaître dans le milieu journalistique, après des reportages au Viêt-nam et au Cambodge[2], en réussissant, en mars 1974, à prendre des clichés de Georges Pompidou alors gravement malade[3].

Il écrit dans Minute, l'hebdomadaire alors d'une droite nationaliste anti-gaullienne, où il se fait la réputation « d'être un excellent journaliste d'investigation »[3]. Il rédige en 1979 un article osé dans le but d'obtenir de l'ennemi public numéro un de l'époque, Jacques Mesrine, une interview exclusive. Celui-ci accepte, mais lui tend un piège et, avec son complice, le torture et le blesse gravement avec une arme à feu le . Lui reprochant d'avoir écrit des articles mensongers et d'être un indicateur de la police, il le laisse pour mort[4].

Après cette affaire qui l'aura marqué à vie, Jacques Tillier quitte Minute pour travailler de 1980 à 1990 au Journal du dimanche avec lequel il collaborait depuis 1974 sous le pseudonyme de « Jacques Langeais » participant à certains scoops[2].

Il quitte la France métropolitaine pour jouer le rôle de conseiller auprès de plusieurs chefs d'État africains, notamment Paul Biya au Cameroun et Lansana Conté en Guinée. Cette période s'achève quand, selon ses dires, un journaliste « inspiré par Maître Spizner, à la demande du RPR », place sa photo à la une de L'Événement du jeudi avec pour titre : « L’espion blanc pour présidents africains. »[2]

Il est alors recruté par Henri Morny, un des dirigeants du groupe Hersant, qui lui demande de s'installer sur l'île de La Réunion où il est nommé, au début des années 1990, rédacteur en chef du Journal de l'île de La Réunion (JIR), qui vient d'être racheté par le groupe France Antilles, une filiale du groupe Hersant. Il en devient par la suite le directeur, puis le président-directeur général. Le tirage du journal passe en quelques années de 6 000 à 32 000 exemplaires[2].

Réputé pour sa plume aisée, mais assassine, il choisit comme sujet de prédilection de son éditorial la découverte des abus de biens sociaux et des scandales politiques locaux. Celui-ci génère une augmentation d'un tiers des ventes du journal chaque samedi d'après le concurrent communiste Témoignages, mais est également la cause de coûteuses condamnations pour diffamation.

Dans son éditorial du , intitulé « On s'en tamponne mister Président », il annonce qu'il quitte le Journal de l'île de La Réunion. Il deviendra, avant la fin du premier semestre 2008, le nouveau président directeur général du quotidien L'Union de Reims.

Jusqu'en avril 2012, il dirige le pôle Champagne-Ardennes-Picardie (CAP) du groupe Hersant (L'Union, L'Ardennais, L'Est-Éclair, Libération-Champagne et L'Aisne nouvelle) dont la plupart des titres ont été revendus en octobre 2012 au groupe belge Rossel sous la pression des banques. Concernant le déclin des ventes de ces quotidiens régionaux, il avance: « Vous ne pouvez pas faire un journal digne de ce nom avec une quarantaine de journalistes qui travaillent sur 138. »[5]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Une plume libre. De Mesrine à Sarkozy, souvenirs d'un journaliste pas comme les autres, éditions Pygmalion, 2013.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Comment Xavier Bertrand a fait main basse sur l'Aisne Nouvelle », RÉGIS SOUBROUILLARD, marianne2.fr, 11 février 2009
  2. a, b, c et d Jacques Tillier : « QUAND MESRINE VOULAIT ME TUER », entretien, revue-medias.com, no 26
  3. a et b Jacques Tillier ou le parcours d’un loup solitaire, Jean-Claude Lauret, bvoltaire.fr, 14 mars 2013
  4. Jacques Tillier parle de Jacques Mesrine, Dailymotion
  5. Un journaliste pas comme les autres, lhebdoduvendredi.com, 22 février 2013