Groupe Hersant Média

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Groupe Hersant Média

Description de l'image  Groupe_Hersant_Media_2006_logo.png.


Fondateurs Robert Hersant
Personnages clés Philippe Hersant
Forme juridique Société anonyme
Siège social France
Direction Philippe Hersant, Dominique Bernard, Karim Stambouli
Activité médias, presse, hors-presse
Produits Groupe La Provence, Groupe Nice-Matin, Groupe Union de Reims, Paris Normandie, Paru Vendu
Effectif 7 500
Site web www.groupehersantmedia.com
Chiffre d’affaires 960 millions € (2007)

Le groupe Hersant Média (GHM) est un groupe de presse français, qui a pris cette dénomination en octobre 2006, après s'être longtemps appelé groupe France-Antilles.

Le groupe[modifier | modifier le code]

Le groupe joint est né en 1985, de la division, en deux entités distinctes du groupe Hersant (la Socpresse et France-Antilles), pour contourner la loi sur la concentration de la presse (loi Fillioud-Mauroy). Dix ans après la création de La nouvelle république, Centre Ouest, et de Bonjour/Paru Vendu en 1974 par Claude Cauvé, ce groupe contrôlait à l'époque 38 % de la presse nationale française et un cinquième de la presse régionale.

Le groupe est dirigé par Philippe Hersant, fils de Robert Hersant, en recourant aux méthodes de son père, surnommé « le papivore »: de nombreuses acquisitions, financées à crédit, et jamais d'interviews.

Premier actionnaire avec 20 % du capital, aux côtés d'une douzaine de membres de la famille Hersant, il réside à Genève et développe ses propres affaires, dans un autre groupe de sociétés, consacré à la presse suisse. Après l’achat de Filanosa SA (La Côte, en Suisse en juillet 2001, Philippe Hersant a réalisé au printemps 2002 l’acquisition de la Société neuchâteloise de presse (L’Express de Neuchâtel et L’Impartial de La Chaux-de-Fonds)

Concernant son groupe français, l'endettement a permis au chiffre d’affaires de passer de 618 millions d’euros en 2004 à 660 millions d'euros en 2006. Il devait augmenter de 220 millions d’euros avec l’acquisition en 2007 de La Provence et Nice-Matin pour 160 millions d’euros.

Dans l'est, il a souffert d'avoir été dimensionné en fonction d’activités de presse gratuite que son pôle sœur, le groupe Comareg, devait lui apporter[1].

En octobre 2012, les banques obligent le groupe à céder plusieurs titres[2]: L'Union de Reims, Paris-Normandie, L'Ardennais, L'Est-Éclair, Libération Champagne et L'Aisne nouvelle, représentent une audience de près de 600.000 lecteurs par jour[1].

En octobre 2012, des banques représentant la majorité de la dette parviennent à échapper au dépôt de bilan, qui auraient mené à une annulation de la dette et un changement de propriétaire du groupe. Elles mettent en place une recapitalisation partielle de la famille Hersant, via une augmentation de capital de 48 millions d'euros, dont la moitié est apportée par Bernard Tapie et l'autre par Philippe Hersant. Les banques acceptent en échangent d'abandonner 75 % de leurs créances. Celles qui sont également créancières de l'autre groupe de presse de Philippe Hersant, en Suisse, obtiennent ainsi que leur débiteur conserve les quatre quotidiens français, tous rentables, permettant de rembourser l'autre partie de la dette de Philippe Hersant.

Titres[modifier | modifier le code]

L'activité du groupe se divise en quatre pôles. Enfin, le groupe possède des participations dans divers groupes de médias, tels L'Est Républicain (27 %).

Pôle Outre-Mer[modifier | modifier le code]

En 2005 le groupe Hersant Média contracte un accord de licence exclusive de la marque Trace et de l'activité radio en Guadeloupe, en Martinique et en Guyanea au près de Alliance Trace Media[3]. GHM alors propriétaire de SUN FM en Guadeloupe et en Martinique rebaptise la radio Trace FM le 18 mars 2006 après autorisation du CSA intervenu lz 14 février 2006[4].

En janvier 2014 le groupe Hersant Media (GHM) cède Trace FM à l'Alliance Trace Media avec qui il avait un accord de licence[3].

Médias en France métropolitaine[modifier | modifier le code]

Le pôle de presse payante du Groupe Hersant est divisé en fonction des types de publications (quotidiens, hebdos…) et de leur localisation géographique.

Il y a d'une part les quotidiens régionaux. Le Groupe Hersant a commencé son emprise sur les régions du bassin parisien : la Champagne-Ardenne (L'Union de Reims, L'Ardennais), la Picardie (L'Aisne nouvelle) et la Normandie (Paris-Normandie, Le Havre libre, Le Havre Presse). Le 13 août 2007, le Groupe Hersant s'est développé en acquérant les journaux quotidiens régionaux du Groupe Lagardère dont notamment La Provence, Nice-Matin, Var-Matin et Corse-Matin. Le groupe Hersant Média était également propriétaire d'une part de 28 % du groupe L'Est Républicain. Il a été dilué suite au rachat par L'Est Républicain du groupe Le Progrès, qui inclut Le Dauphiné et les quotidiens de Bourgogne, qui a été mené contre son gré par M. Lignac, patron de L'Est Républicain. Cette opération financée par le Crédit Mutuel, a donné naissance à EBRA, premier groupe de presse régionale en France, qui comprend également Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Le groupe détient également la radio Champagne FM à Reims.

À la fin de 2011 et au début de 2012, les discussions reprennent entre GHM et le groupe Rossel, groupe de presse belge déjà propriétaire de quotidiens régionaux, pour former une filiale 50/50 qui regrouperait notamment les titres de la région PACA[5],[6]. Juste avant l'été 2012, après huit mois de négociations, les discussions s'interrompaient, laissant le groupe en suspens[7].

Il y a d'autre part les hebdomadaires régionaux. Le groupe était principalement implanté sur deux régions : la façade Atlantique et la Normandie. Les hebdomadaires régionaux de Normandie étaient réunis au sein du groupe Hebdos normands, il comprenait une dizaine de titres (La Renaissance - Le Bessin, Les Nouvelles de Falaise, Le Pays d'Auge, L'Orne combattante, La Voix - Le Bocage, La Dépêche (Evreux - Louviers - Verneuil-sur-Avre), Le Courrier de l'Eure, Le Journal d'Elbeuf, L'Action Républicaine…). Le pôle a été cédé au groupe Publihebdos, filiale d'Ouest-France, le 29 août 2007.

Le 19 octobre 2012, Le Groupe Rossel a été retenu comme repreneur des journaux et activités que le groupe de presse Hersant Media (GHM) détient en Champagne-Ardennes et en Picardie. Les titres concernés par cette reprise sont « l’Union », « l’Ardennais », « Est Eclair » , "Libération Champagne" et "l'Aisne Nouvelle" auxquels s’ajoute aussi la radio « Champagne FM »[8].

Le 14 janvier 2013, la reprise par le Groupe Rossel du pôle "Champagne/Ardennes/Picardie est effective, Champagne FM devient une filiale de la radio Contact FM, L'Aisne Nouvelle devient une filiale du Courrier Picard. Les journaux L'union, l'Ardennais, L'Est Eclair et Libération Champagne ainsi que la régie publicitaire CAP Regies sont regroupés sous le nouveau pôle « Pole CAP »[9].

Le même jour, le tribunal de commerce de Paris officialise la reprise de l'ensemble du groupe par Bernard Tapie et une partie de la famille Hersant. Ce rachat, pour 51 millions d'euros, vient confirmer l'accord de restructuration de la dette de GHM, et annule les trois quarts des 215 millions de créance du groupe (165 millions d'euros)[10].

En février 2013, une enquête préliminaire de la brigade financière est lancée concernant les flux financiers du groupe Hersant Média[11].

Pôle télévision locale - Antennes locales[modifier | modifier le code]

Le Groupe Hersant Média est également actionnaire aujourd'hui à 100 % d'Antennes locales, premier opérateur français de chaînes de télévision locales. Le Groupe Hersant Media est actif dans la télévision locale depuis mars 2004, date à laquelle il prend 34 % de cette société aux côtés de ses fondateurs Jacques Rosselin et Emmanuel des Moutis, ainsi que Pierre Bergé. Antennes locales regroupe cinq chaînes de télévision locales : TéléGrenoble, TéléMiroirNîmes), Canal 32Troyes), CityzenTVCaen) et ParisCap (devenu Cap 24, à Paris). Le groupe est également présent au capital de TV8 Mont-Blanc et d'Antilles Télévision. Sa chaîne locale parisienne est un des quatre lauréats de l'appel à candidatures pour une fréquence de la TNT en Île-de-France, dans le dossier Côté Seine, aux côtés de la Caisse d'épargne, du groupe Lagardère, de Coriolis et de la société de Xavier Gouyou-Beauchamp, mais a disparu en octobre 2010, après un an et demi d'existence. À Genève, Philippe Hersant est également présent dans l'actionnariat de la télévision locale 'Léman Bleu Télévision'.

Le groupe ayant des difficultés financières se désengage désormais de la télévision locale. Tous les projets de développements sont annulés et les chaînes sont vendues. Mi-2010, il ne contrôle plus que Télé Grenoble Isère et Canal 32 à Troyes.

Pôle presse gratuite - ParuVendu[modifier | modifier le code]

En 2003, suite au rachat de la Comareg au Groupe Vivendi, le groupe GHM possède 280 journaux gratuits d'annonces. Ils sont regroupés pour la plupart sous le titre de ParuVendu. Le chiffre d'affaires de ce pôle est de 342,8 millions d'euros en 2005. Suite à une chute brutale du CA et une mauvaise gestion de l'entreprise, le 3 novembre 2011, le tribunal de commerce de Lyon prononce la liquidation judiciaire de la Comareg et d'Hebdoprint, son centre d'impression[12],[13]. 1650 personnes sont ainsi licenciées, sachant que 750 autres salariés avaient eux été aussi licenciés au mois de juin 2011. C'est ainsi qu'avec plus de 2300 personnes en 1 an que ParuVendu deviendra le plus gros plan de licenciement en France en 2011, sans aucune médiatisation ni soutien politique et gouvernemental[14].

L'implantation en Suisse[modifier | modifier le code]

Depuis 2001, Philippe Hersant, via la société Éditions Suisses Holding SA, s'implante dans le paysage de la presse de Suisse romande. Cette société est cependant censée agir indépendamment du Groupe Hersant Média. Cette branche représente en 2005 un chiffre d'affaires de 50 millions CHF.

Cette société mène une politique dynamique d'implantation en Suisse romande, qui commence avec l'acquisition, en juillet 2001, du quotidien La Côte de Nyon.

Au printemps 2002, elle achète aux héritiers Wolfrath la Société neuchâteloise de presse avec les quotidiens L'Exress de Neuchâtel et L'Impartial de La Chaux-de-Fonds et une imprimerie très performante à Neuchâtel, qui a permis de remplacer le centre d'impression de Thonon-les-Bains qui était dépassé. Le groupe contrôle aussi désormais L'Écho Rollois, le Journal du district de Cossonay, Le Courrier du Val-de-Ruz, le journal gratuit L'Arc Hebdo de Delémont.

Au total, début 2004, le groupe d'Hersant employait en Suisse romande 300 salariés pour un CA de 33 millions d'euros.

Son principal concurrent en Suisse romande était le groupe Edipresse, racheté par le groupe de presse zurichois TAmedia. Il reste encore quelques titres indépendants comme Le Courrier de Genève, La Liberté de Fribourg ou Le Quotidien Jurassien (Delémont) que le Journal du Jura (Bienne), sans oublier un journal gratuit à grand tirage, indépendant, centré sur l'immobilier mais traitant aussi d'emploi et de politique, Tout l'immobilier à Genève. L'administrateur délégué du groupe en Suisse, Jacques Richard se borne à déclarer : « Si d'autres opportunités se présentent, nous sommes prêts à les examiner. Les gens savent que nous sommes là. » En août 2010, le quotidien valaisan Le Nouvelliste est tombé dans l'escarcelle du groupe Hersant. Après le groupe alémanique Tamedia, le groupe Hersant est le principal éditeur de Suisse romande, où tous les grands titres (24 Heures (Lausanne), la Tribune de Genève, Le Matin (Lausanne), L'Express-L'Impartial (Neuchâtel), Le Nouvelliste (Sion) ont été vendus a des groupes hors-sol. Le paysage de la presse écrite romande a ainsi été quasi complètement bouleversé en moins de deux décennies. La seule publication quotidienne d'envergure qui résiste est La Liberté, à Fribourg qui devrait partager néanmoins de plus en plus de pages avec L'Express et Le Nouvelliste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b "Le groupe belge Rossel reprend le pôle Champagne-Ardennes-Picardie du groupe Hersant Média" par Bernard Marchant, à Bruxelles, dans le Courrier picard, le 19 octobre 2012 [1]
  2. Des investisseurs intéressés par le rachat de Nice-Matin, Enguérand Renault, Alexandre Debouté, Le Figaro.fr, 4 novembre 2012
  3. a et b Thierry Wojciak, « GHM cède Trace FM au groupe Trace », sur cbnews.fr,‎ 27 janvier 2014
  4. Décision no 2006-179 du 14 février 2006 modifiant la décision du Conseil supérieur de l'audiovisuel no 2003-215 du 22 avril 2003 portant reconduction d'un service de radio par voie hertzienne terrestre en modulation de fréquence dénommé Radio Sun FM
  5. Les belges histoires du Groupe Hersant dans le mensuel provencal le Ravi, janvier 2012
  6. Où va le groupe hersant article du site d'actualité marsactu, novembre 2011
  7. La Provence et Nice Matin encore dans la tourmente, article de Marsactu, 27 juin 2012
  8. « PICARDIE Le groupe belge Rossel reprend le pôle Champagne-Ardennes-Picardie du groupe Hersant Média », Le Courrier Picard,‎ 2012 (consulté le 20 octobre 2012)
  9. « Nouvelle gouvernance dans les sociétés du pôle Champagne-Ardennes-Picardie », Service Communication Rossel,‎ 2013 (consulté le 17 janvier 2013)
  10. Groupe Hersant: la reprise des titres par Bernard Tapie homologuée, L'express.fr, 14 janvier 2013
  11. La justice enquête sur les mécomptes du groupe Hersant, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Le Monde.fr, 5 février 2013
  12. « L'éditeur de « Paru Vendu » est mis en liquidation judiciaire », sur le Monde,‎ 3 novembre 2011.
  13. « Vivendi Universal clôture la cession de la Comareg », sur Vivendi,‎ 28 mai 2003.
  14. Les belges histoires du Groupe Hersant dans le mensuel provençal le Ravi, janvier 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]