Reine Guenièvre

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La reine Guenièvre par William Morris

La reine Guenièvre est un personnage de la légende arthurienne.


Figure archétypale de la dame courtoise, fée, déesse, Guenièvre est un personnage aux multiples facettes qui illustre le foisonnement de l’imagination médiévale. Femme idéalisée ou cristallisation fantasmatique des désirs de l’homme, elle est la projection du désir charnel et des aspirations spirituelles.

Sommaire

[modifier] Famille

Nous avons très peu d'informations sur sa famille. Ce qui est certain, c'est qu'elle est la fille du roi Léodegran de Cameliard qui lui avait de très bonne relations avec le roi Arthur. C'est grâce à ces relations qu'il réussit à faire connaître sa fille, Guenièvre, au roi.

[modifier] L'enlèvement de Guenièvre

Le thème de l’appropriation de Guenièvre, par enlèvement ou séduction, apparaît déjà dans les sources galloises. Dans la Vie de Gildas (av. 1136) du moine Caradoc de Llancarfan, elle est enlevée par Melwas (Méléagant ?), roi d’Aestiva Regio (« Pays de l’Été », peut-être le Somerset), et emprisonnée à Glastonbury. Après une recherche d’un an, Arthur la localise et se prépare à venir la reprendre avec une armée ; la guerre est évitée grâce à l’entremise de Gildas et le couple est réuni. L’archivolte de la Porta della Pescheria (portail nord) de la cathédrale de Modène, construite entre 1099 et 1184, porte une représentation de cet épisode[1]. Selon Geoffroi de Monmouth, Guanhumara (Guenièvre), issue d’une grande famille romaine, est laissée par son mari Arthur à la garde de Mordred lorsque lui-même part sur le continent attaquer l’empereur fictif Lucius Hiberius ; Mordred usurpe le trône et la reine. À partir de Chrétien de Troyes, elle devient l'amante de Lancelot, mais selon une tradition reflétée dans le Roman de Yder (~1210) et La Folie Tristan du manuscrit de Berne[1], son amant serait Yder. En tout état de cause, Guenièvre est souvent enlevée ou séduite. Outre les interprétations psychologiques, morales ou courtoises de son infidélité, des spécialistes ont proposé qu’elle ferait originellement partie des reines symboles de souveraineté : les enlever revient à s’emparer du royaume de leur mari[2]. Le médiéviste Roger Sherman Loomis (1887 –1966) voyait pour sa part Guenièvre comme une sorte de Perséphone celtique. Le fait qu’elle soit souvent tenue prisonnière dans un lieu qui l’isole du monde et la proximité étymologique des noms de son kidnappeur (Mordred, Melwas, Meleagant, Meljakanz, Melianz etc.) ont pu inciter à voir dans ce dernier un personnage surnaturel unique, maître comme Hadès du monde infernal[3]. Le délai d’un an nécessaire pour qu’Arthur récupère Guenièvre dans la Vie de Gildas pourrait aller dans le sens d’un mythe comparable à celui de Perséphone, dont certains voient un équivalent dans l’enlèvement de Bláthnat par Cú Roí de la mythologie irlandaise[4].

[modifier] Adaptations

Dans l'immense littérature relative au Roi Arthur, on signalera les œuvres touchant de plus près le rôle féminin de Guenièvre. Une série de deux tomes contant l'histoire du roi Arthur sous la forme de journal intime de Guenièvre est sortie récemment aux éditions France Loisirs, écrite par Nancy Mc Kenzy.

[modifier] Bande dessinée

[modifier] Cinéma

[modifier] Télévision

[modifier] Actrices ayant joué le rôle de la reine Guenièvre

[modifier] Musique

Lancelot and Guinevere, Herbert Draper

[modifier] Peinture

[modifier] Notes et références

  1. a et b Alison Adams, The Romance of Yder, DS Brewer, p.18 [1]
  2. Manuel Aguirre, “Life, Crown and Queen: Gertrude and the Theme of Sovereignty,” The Review of English Studies 47 (1996): 163-74, at 171.
  3. Georgianna Ziegler, “The Characterization of Guinevere in English and French Medieval Romance,” diss., U of Pennsylvania, 1974 (Ann Arbor, Michigan: University Microfilms International, 1982) 183-4
  4. Tom P. Cross et Clark Harris Slover (traducteurs et éditeurs) “The Tragic Death of Cu Roi Mac Dairi,” Ancient Irish Tales, New York: Henry Holt & Co., 1936 328-32.

[modifier] Sources

Les citations de la section Dame courtoise sont extraites de Lancelot ou le Chevalier à la charrette par Chrétien de Troyes, préface et traduction de Mireille Demaules, Paris, Gallimard, coll. Folio, 1996.

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[modifier] Bibliographie

  • Peter Noble The Character of Guinevere in the Arthurian Romances of Chrétien de Troyes, Lancelot and Guinevere: a casebook, ed. Lori J. Walters (New York: Garland, 1996)
  • Mandy van den Houten Guinevere : The Sovereignty Godess of Arthurian Litterature? mémoire de maitrise d’Études médiévales, Université d'Utrecht, 2007 [2]
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