Uther Pendragon

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Uther Pendragon, UtHer Pendradon, gallois : Wthyr Bendragon, Pen Draig également qui signifie tête de dragon en gallois, et à l'origine Petr Penndrogn, est dans la littérature galloise – en particulier l’Histoire des rois de Bretagne (Historia regum Britanniae) — et la légende arthurienne, un roi de Bretagne en lutte contre les Saxons, et le père du roi Arthur.

Uther Pendragon
Illustration d'Howard Pyle (1903)

Nom[modifier | modifier le code]

Pen-dragon est traditionnellement interprété comme signifiant « tête(s) de(s) dragon(s) » en gallois. La légende d’Uther Pendragon l’associe effectivement à cet animal fantastique : dans une vision, lui apparaît une comète en forme de dragon dont il s'inspire pour créer deux étendards ou insignes. Une autre tradition prétend qu'il portait à sa selle les têtes de deux dragons, un blanc et un rouge, qui vivaient autrefois sous terre ; réveillés par le poids de la tour que le roi Vortigern faisait construire au-dessus d'eux, ils s'entretuèrent en sortant de terre.

Néanmoins, il est vraisemblable que le nom Uther Pendragon résulte d’une lecture erronée de Petr Penndrogn, « parfait chef de troupe » (Petr: "4/parfait/très", Penn: "chef/tête" & Drogn: "troupe")[1]. Le draco était l'étendard ou oriflamme de la cavalerie du bas Empire romain, d’où le nom de « dragons » pour désigner les cavaliers. Le Penndrogn serait donc le magister equitum, à savoir le général, ou commandant, de la cavalerie. Cette interprétation est étayée par le fait qu'Uther est présenté comme le frère du roi Ambroise Aurèle et le chef de ses armées.

Uther Pendragon dans les sources galloises[modifier | modifier le code]

Sources mineures[modifier | modifier le code]

Uther Pendragon apparait brièvement dans quelques poèmes gallois, parfois présenté comme le père d’Arthur : Pa gur yv y porthaur (Qui est l'homme qui garde le portail?), Chant funèbre d’Uther Pen, l’un des poèmes anciens du Livre de Taliesin. Dans les Triades galloises, il est aussi magicien, auteur d’un des trois enchantements de l’île de Bretagne.

Histoire des rois de Bretagne[modifier | modifier le code]

La source principale pour sa légende est l’Histoire des Rois de Bretagne de Geoffroy de Monmouth. Uther y est le plus jeune fils du roi Constantin II. L’aîné, Constans, héritier du trône de Bretagne, est tué par l’usurpateur Vortigern. Ambrosius Aurelianus, puîné, et Uther se réfugient en Bretagne continentale. Lorsque l’alliance contractée avec les Saxons par Vortigern tourne à son désavantage, les deux frères reviennent. Ambrosius Aurélianus élimine Vortigern et devient roi.

Promu chef des armées, Uther se rend en Irlande pour en rapporter avec Merlin les pierres de Stonehenge et bat Paschent, fils de Vortigern, et ses alliés saxons. Il a auparavant eu la vision d’une comète en forme de dragon que Merlin interprète comme le présage de sa victoire et de la mort de son frère. Effectivement, Uther trouve à son retour ce dernier agonisant, empoisonné par un assassin.

Devenu roi à son tour, il adopte le nom de Pendragon et fait faire deux dragons d’or dont un lui sert d’insigne. Il poursuit avec succès la lutte contre les Saxons. L’un de ses hommes est Gorlois, duc de Cornouailles. Une guerre éclate entre eux car Uther convoite sa femme, Igerne. Bien que celle-ci soit mise en sûreté au château de Tintagel, Uther la rejoint une nuit, ayant pris les traits de son mari grâce à la magie de Merlin ; de cette rencontre naîtra Arthur. Gorlois ayant été tué durant cette même nuit, Uther épouse Igerne qui lui donnera une fille nommée Anna. Le thème de la naissance illégitime se perpétuera dans les romans arthuriens avec Mordred, engendré par Arthur, et Galaad, fils de Lancelot.

Uther entreprend sa dernière campagne alors qu’il est si malade que les Saxons le surnomment « le roi mort-vivant ». Ses troupes battent néanmoins Octa fils d’Hengist à Verulamium (St Albans). Uther meurt non loin de là en buvant l’eau d’une source empoisonnée par l’ennemi

Famille[modifier | modifier le code]

Le roi Constantin de Bretagne, donné comme le père d'Uther Pendragon dans l'Histoire des rois de Bretagne, y apparait plutôt comme une figure composite inspirée de Constantin III, de Constantin de Domnonée (VIe siècle) et d’un troisième Constantin mentionné dans les Généalogies Galloises. Le personnage de Constant de Bretagne, frère aîné d'Arthur selon l' Histoire, semble inspiré Constant le fils de Constantin III; le supposé puîné Ambrosius Aurelianus est un personnage réel, mais aucune autre source historique ne lui donne de frères nommés Constans ou Uther.

Arthur et l’aigle, poème écrit par un contemporain de Geoffrey de Monmouth, mentionne Madoc, père d’Eliwlod, comme fils d'Uther.

Selon Geoffroy, sa fille Anna épouse le roi Lot et donne naissance à Gauvain et Mordred. Cependant, ailleurs dans son œuvre, il affirme que le roi Lot avait épousé la sœur d'Aurelius durant le règne de celui-ci. Dans des romans plus tardifs, Anna devient Morgause, fille du premier mari d’Igerne ; elle n’est que demi-sœur d'Arthur et a pour sœur Morgane ; c’est généralement Elaine, fille d'Igerne et de Gorlois, qui est la mère de Gauvain.

Geoffroy mentionne une lignée de rois de Bretagne péninsulaire dont le premier est Hoel fils d’Anna (bien que dans certains passages sa mère soit la sœur d’Uther). Dans les Généalogies Galloises où Uther Pendragon n’est pas mentionné, il est également fils d’Anna. Il semble (à qui ?) que les sources de Geoffroy donnaient Hoel et non Gauvain comme son fils (?). Des narrateurs ultérieurs ont tenté de résoudre les contradictions entre sources en faisant du royaume de Hoel un fait arthurien (??).

Hypothèse historique[modifier | modifier le code]

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Selon une théorie de David Sims et Mick Baker[réf. souhaitée], Uther Pendragon pourrait être la représentation épique du roi gallois Einion l'Impétueux, ainsi yrth (impétueux) aurait pu donner Yrthr (Uther) ; en tant que chef de la famille royale de Gwynedd, Einion portait le titre de Pen Draig « Chef de troupe». Yrthr Pen Draig n'est pas sans rappeler Uther Pendragon. Son fils, Owain Ddantgwyn (Owain Dents-Blanches), serait alors l’Arthur historique.

On peut caler l'épisode royal d'Uther Pendragon entre deux dates :

  • en 469, Riothame (épithète donné pour Ambroise Aurèle), est battu à Déols, près de Châteauroux, par Euric, le roi wisigoth d'Aquitaine, et meurt empoisonné peu de temps après.
  • mercredi 1er mai 474 : date de la bataille de Carohaise, à laquelle participe le tout jeune 'roi Arthur'. Cette année-là, depuis le 9 février, Jules Népos est césar (vice-empereur pour l'Occident, Jules le césar > Jules César)
  • ainsi, on doit pouvoir fixer la date de la mort d'Uther vers le 11 novembre 473.

Uther Pendragon dans les autres littératures[modifier | modifier le code]

Littérature médiévale[modifier | modifier le code]

Dans le Parzival de Wolfram d'Eschenbach, un certain Mazadan se rend avec une fée nommée Terdelaschoye, au pays de Feimurgan. On retrouve là l’écho déformé d’une source relatant l'alliance de Mazadan avec la Fée Morgane de la Terre de la Joye. Mazadan devient père de deux fils, Lazaliez et Brickus. Ce dernier engendre Utepandragun, lui-même père d'Arthur, tandis que Lazaliez engendre Gandin d'Anjou père de Gahmuret, lui-même père de Parzival/Perceval. Tant Uther Pendragon qu'Arthur apparaissent ici comme les rejetons d'une branche mineure d'une « Maison d'Anjou » imaginaire du V/VIe siècle.

Dans Lancelot-Graal, Uther Pendragon affirme être né à Bourges. Il rassemble une armée pour se rendre en Bretagne afin de combattre le roi Claudas de Bourges, situation évoquant l’expédition en Bretagne au Ve siècle du chef britannique Riothamus qui voulait combattre des pillards basés à Bourges.

Dans le Merlin de Robert de Boron, Uther Pendragon tue le Saxon Hengist (équivalant à Angis ou Augis) alors que ce dernier s'introduit dans le camp britannique avec l'intention de l'assassiner. C'est pour lui que Merlin l'Enchanteur crée la Table Ronde.

Littérature moderne[modifier | modifier le code]

Dans The Once and Future King (1958) de T.H. White, Uther le Conquérant est un roi anglo-normand ayant régné de 1066 à 1216. Dans les deux premiers livres de la saga arthurienne de Mary Stewart, The Crystal Cave et The Hollow Hills (1970), Uther Pendragon est l’oncle de Merlin présenté comme un fils illégitime d’Ambrosius. Bernard Cornwell dans The Warlord Chronicles (1985-1989) en fait un roi de Domnonée et le Grand Roi de Bretagne. Selon Jack Whyte, auteur de The Camulod Chronicles (1992-2003), Uther est roi des Pendragon, peuple celtique de Cambrie, cousin de Caius Merlyn Britannicus et d’Ambrose Ambrosianus Britannicus. Dans le Cycle de Pendragon (1987-1999), Stephen R. Lawhead se distingue en attribuant la paternité d’Arthur à Aurelius dont il fait le premier mari d’Igerne. Dans Le Cycle d'Avalon (1983-2000) de Marion Zimmer Bradley, Uther est le neveu d’Aurelianus, lui-même fils d’un empereur romain. Dans le roman La Dernière Légion (2003) de Valerio Massimo Manfredi, Uther n’est autre que le dernier empereur romain Romulus Augustus lui-même qui, parti en Bretagne à la recherche des derniers fidèles de l’empire, s’y fixe et donne naissance à Arthur.

Uther Pendragon dans les autres médias[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. La littérature arthurienne (Juliette Capart, Université d'Artois)

Voir aussi[modifier | modifier le code]